PORTS
La situation de la ville de Neuchûtcl au bord d'un lac poissonneux , par lequel on communiquait avec les villes ou villages
placés sur ses bords, y appela plusieurs pécheurs et nautonniers dans un temps où des routes qui en suivissent la rive n'étaient pas encore créées. Mais la plagie au devant de la ville et dans ses environs, exposée aux raffales et à la violence des kmes venant de Touest, n'était point sûre, et Tabord en était dangereux pour les bateaux. Il n'y avait pas moyen de construire un port à l'occident de l'embouchure du torrent, à cause de la grande profondeur du lac ; il ne se présentait qu'un abri, c'était le lit même du Seyon, contenu entre des maisons et deux quais ; pour cet effet on scella dans les murs de droite et de gauche du pont du milieu des anneaux en fer pour amarrer les bateaux, ouvrage fait au commencement du XVI* siècle. Ce pont parait avoir été celui des Boutiques, Dès-lors les constructions s'étant étendues sur les deux rives du torrent, et les quais se prolongeant, il y eut pli» d'espace pour mettre les embarcations en sâreté, et le canal fut appelé Port-Seyon, Cependant il n'était pas toujours sàr ; quelquefois dans les tourmentes on ne pouvait y aborder ; d'autres fois l'eau du Seyon, abondante et impétueuse, repoussait les bateaux ; d'autres fois encore son lit était à sec. On employa donc, pour faciliter Tabordage, le moyen des pilotis enfoncés dans l'eau , qui mettaient à couvert les bâtimens, dès le torrent au Crét , contre les violons vents d'ouest , les plus dangereux pour ce rivage. Les plus anciens de ces pilotis paraissent avoir été plantés au devant de la ville à l'est du Seyon, où l'on en voit encore des restes sous l'eau. Ces refoges appelés Ports se multiplièrent toujours plus dans cette direction; ils avaient le double avantage de conserver les embarcations et de couvrir les propriétés riveraines. Cependant tous ces petits ports ne pouvaient contenir chacun qu'un petit nombre de bateaux , et cela ne suflisail pas à l'usage de la ville; il parait donc que dans le XVI® siècle on forma un vrai port , que les pilotis jetés en avant de la presqu'île appelée
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la Salle, terminaient peut-être , car il existait à Textréniité du mur de la ville , auprès de la porte Saint-Maurice.
Ce port, soit Bassin, s'obstrua par le rejet des galets, ou devint insuffisant, car en 4674 Anne Geneviève de Bourbon, veuve d'Henri II, duc de Longueville, voulant donner à la ville L. 42,000 pour témoignage de sa satisfaction (26), et ayant demandé au Magistrat de lui foire connaître à quoi cette somme pourrait être appliquée, il désigna un port; mais la princesse ayant montré plus de préférence pour un autre empFoi, rétablissement d'un nouveau port n'eut lieu qu'au moyen du don que fit en 1706, pour cet objet, Marie d'Orléans, duchesse de Nemours, de la somme de L. 20,000. Le quai oriental du Seyon devint la séparation entre le torrent et le port, qui fut creusé alors dans Tespace entre ce quai et l'extrémité du mur de la ville à l'est, ayant son entrée dans cette partie. Le reste de son encmte fut fermé et défendu contre les vents d'ouest par an quai formé de quartiers épais de roc , et par le promontoire de galets amoncelés appelé la Salle.
Le seul avantage que présentait ce Bassin, c'était une protection contre les vents du sud et de l'ouest. D'ailleurs, son entrée se trouvant placée précisément à l'ouverture de la rue des Terreaux , descendant de la montagne , le vent du nord dans ses raffales violentes suivait celte route et rejetait au loin les bâtimens qui cherchaient à pénétrer dans l'abri vobin ; plusieurs y avaient péri. D'un autre côté , ce port n'ayant qu'une seule ouverture , et l'eau ne s'y renouvelant par aucun courant, la vase s'y amassait, les herbes en occupaient la capacité et empêchaient le jeu de la rame, des exhalaisons fétides et malsaines s'en élevaient dans les chaleurs de Tété, et l'entretien en devenait très-dispendieux par la nécessité de le curer fréquemment. On crut donc avoir trouvé un remède à ces inconvéniens dans le milieu du XYII1<^ siècle, en faisant passer le lit du Seyon au travers du Bassin, dans le but d'en