‹ Description topographique et économique de la mairie de Neuchâtel, avec des notes historiquesChapitre 41 sur 93 · LAC · texte numérisé non relu

LAC

Le lac de Neucbàtel, le plus grand des trois, n'a pas toujours été connu sous ce nom. Dans 1 acte de fondation de l'abbaye de Bevaix, en 998, il porte celui de lac d'Yverdon, et il n'en changea probablement que lorsque le seigneur de Neuchâtel eut fixé sa résidence dans celte ville, qui devint par là la plus importante de celles bâties sur les rives du lac (h). Encore voit -on quelquefois sur des cartes anciennes, l'intitulation partielle de lac d'Yverdon et d'Estavayer, mais seulement pour la portion d'eau au devant de ces deux villes. L'usage enfin a fait prévaloir le nom de lac de Neucbàtel pour sa totalité.

On estime sa longueur de 7 à S lieues , et sa plus grande largeur de 1 % lieue. La carte de son fond n'a pas encore

(h) Munster, dans sa cosmographie en i548, appcUo ce bassin lac de rieuchàUU L*on a lieu de regretter qnMl n*aii pas rempli l'engagement qu'il avait pris de donner la description de cette ville , qui aurait été accompagnée d'un dessin comme les autres contenues dans son ouvrage. Il est probable qu'il n'aura trouvé nul correspondant qui lui fournit des noUces , et nul dessinateur pour lever la vue de NeuchAlcI.

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été levée; Ton sait seulement qu'il est fort inég^al, sablonueux on rocailleux, ayant des bancs de rocs escarpés qui forment des précipices. Une mesure à la sonde prise par M. d'Osterwald , commissaire - g[énéral , sur deux lignes transversales dans la largeur, lui a donné un maximum de profondeur d'environ 450 pieds. Sa carte de la principauté , levée avec autant de netteté et d'habileté que de précision et d'exactitude, donne un dessin plus correct des bords de cette masse d'eau. Elle vient d'être gravée , et offre la figure précise du lac , dont la longueur est du nord-est au sud-ouest.

Les pécheurs citent des profondeurs de 500 pieds dans deux ou trois endroits du lac ; ils les désignent comme des espèces de puits, dont les bords dans toute leur hauteur sont hérissés de pointes du rocher dans lequel ils se sont formés. Mais on ne peut envisager cette assertion comme bien exacte, les filets ou les ficelles des hameçons étant exposés aux déviations que doivent occasionner les courans intérieurs. Ceux-ci existent sans que l'on sache au juste s'ils sont permanens; il parait qu'il doit y en avoir un d'occident en orient causé par l'eau de la Toille, qui entre dans le lac à Yverdon et en sort par la Thielle. Il est des courans accidentels occasionnés par des vents violens , ou de durée , qui ont imprimé leur mouvement à l'eau jusqu'à une certaine profondeur. Ce mouvement subsiste et se fait remarquer durant quelque temps, lors même que la surface est agitée par un vent contraire , qui au bout d'un certain temps surmonte l'action iii,térieure contraire et lui fait succéder la sienne. Des pêcheurs, dont cependant l'expérience peut être contestée, assurent que ce mouvement précède un vent fort et soutenu qui doit suivre sa direction. Cette assertion mériterait bien que l'on fit une suite d'expériences pour déterminer le degré de confiance qu'elle mérite, et en tirer des inductions sur le cours des vents et leur action externe et interne.

ISO TILLB

Quatre rivières descendant du Jura versent leurs eaux dans ce bassin : la Toille, formée en g^rande partie par TOrbe venant du lac de Joux , et accrue par les eaux du marais en plaine d'Entreroche à Yverdon ; Vu^mon, plus à Torient, qui descend du Jura par diverses branches, et diminue considérablement pendant les chaleurs de Télé ; la Retise, qui a sa source près de Saint-Sulpîce dans le Val-de-Travers , la Serriere auprès de Neuchâtel , dont la source est à moins d'un quart de lieue de son embouchure. L'on ne fait pas mention du Seyon , qui ne coule pas à la continue , ni de quelques faibles ruisseaux qui dans leur état ordinaire ajoutent peu à la masse d'eau du lac. Le Jorat a aussi quelques ruisseaux , mais peu considérables, qui se décharg;ent de même dans ce lac ; il en fournit davantage par la Broyé venant du lac de Morat. Si Ton ajoute à toute cette eau en évidence celle que Ion ne connaît pas , quoique existante , et qui provient des sources sortant des racines du Jura dans les profondeurs du lac, on trouvera que cette masse surpasse de beaucoup celle qui en sort par le seul débouché qu'il ait à la Thielle , dont une barre de graviers rétrécit Ventrée. On conçoit donc combien en est grande Tévaporation, sans cependant pouvoir faire aucun calcul à cet égard.

La Toille, si tranquille dans son cours, ne peut entraîner dans le lac les matières pesantes que TOrbe charrie dans ses crues ; elles s'aiTétent là où le courant perd sa rapidité à son entrée dans le marais , au dessous de la ville d'Orbe. L'Arnon descendant par un cours assez long des montagnes élevées qui dominent le plateau de Grandson, entraîne dans ses pentes rapides beaucoup de débris qu'il y dépose , mais qui restent dans les endroits où une pente douce ralentit son cours; ensorte qu'il n'en amène qu'une petite partie dans le lac. Il n'en est pas de même de la Reuse , qui transporte au lac de grandes quantités de cailloux et de graviers. L'ancienne

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carte du docteur de Merveilleux donnait au lac la profondeur de 800 pieds près de Tembouchure de cette rivière ; il est probable que cette mesure ne se retrouverait plus. La Serrière ne charrie pas; mais si Ion doit s'en rapporter au calcul plus hypothétique que démontré de Tingénieur De Rovéréa en 1756, le torrent du Seyon fournirait au sol du lac, dans chaque grande crue, 90 toises cubes, de 10 pieds Tune, de matières ou alluvions. £n ajoutant à tout cela les moyennes des torrens accidentels, lors de la fonte des neiges ou de pluies abondantes, on peut imaginer dans un avenir fort éloigné encore et qu'on ne saurait déterminer en aucune manière , un moment auquel tous les bas-fonds de ce bassin étant comblés, le lac rétréci deviendra insensiblement une plaine arrosée par les canaux des rivières indiquées.

Les grands vents d'est , et celui d'ouest surtout , par les lames hautes , longues et fortes qu'ils soulèvent , promènent ces matières de bords en bords jusqu a la côte du nord ; le frottement occasionné par ce déplacement amincit les plus gros cailloux, que la vague rejette sur la rive,, et dans sa retraite elle entraîne les galets et le sable que ces mouvemens continuels ont produits. L'on a dit plus haut qu'avant l'établissement du Bassin, on avait créé plusieurs petits ports dès la ville au Crét , par des jetées en pilotis derrière lesquelles les embarcations étaient en sûreté. L'observation ayant appris que ces jetées avaient encore lavantage de retenir ces matières ambulantes, on étudia la direction à leur donner pour produire cet effet, non en s'opposant directement à la vague, d'où résultait un violent ressac qui creusait le terrain plutôt que de Taccroitre, mais en la iaisant fléchir, par où l'on rendait son impétuosité moindre, ensorte qu elle laissait à la place où elle cessait d'agir, les matières qu'elle transportait. On a formé par cette méthode, mieux suivie aujourd'hui, des atterrissemens assez considérables. La côte du nord offre divers

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