JEAN DE FRIBOURG
Jean, comte de Fribourg, son fils , né en 1396, lui succéda. Les terres que son père possédait dans le comté de Bourgogne , de la succession de sa mère ou de sa tante , le décidèrent sans doute à s'attacher au service de Jean , duc de Bourgogne. Il l'accompagna en 1419 à l'entrevue qu'il eut avec le dauphin, depuis Charles YII, à Moniereau où ce duc fut tué. Jean de Fribourg tira l'épée pour le défendre, mais on l'arrêta prisonnier. Philippe - le - Bon , fils de Jean , le créa maréchal de Bourgogne et gouverneur de Franche- Comté , où , tant qu'il vécut , il fit de fréquens séjours dans ses terres.
Il avait épousé Marie de Chàlons , fille de Jean IV de ce nom , et en eut plusieurs enfans qui ne vécurent pas. Luimême fut tourmenté par la goutte ; cependant il entreprit le voyage de Rome avec la comtesse vers l'an 1450 (t). L'incendie qui consuma presque en entier cette année là la ville de Neuchâtel et ses chartes de franchises , occasionna une difficulté assez longue entre son seigneur et elle : il s'agissait
(l) Jonas Boyve fixe ce voyage à 1450 et le retour à 1452, mais les livres de comptes de Jean de Fribourg font voir qu'il passa presqu^en entier les années 1450 et 1451 dans ses terres du comté de Bourgogne. Il parait ce* pendant certain que ce voyage eut lieu ; car un article des comptes de U ville dès le 10 février 1448 au 8 février 1449, porte : Despense de ceuïx du conseil que fcurenl à Esiaiayer avec Madame qumt elle allU à Honte, Il faudrait donc mettre ce voyage à cette époque; mais il ne fut pas long, n'y ayant que de courtes lacunes dans les comptes de Jeaa de Fribourg.
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de rétablir ces chartes ; des recherches furent faites à Lausanne et à Besançon, des témoins forent entendus, et enfin, en 1454, le juge reconnu en 1406 prononça, et il en résulta la nouvelle charte de cette année. Le comte Jean était fort actif, tant à remplir les devoirs de sa charge de maréchal de Bourgogne , qu*à se livrer à son goût pour la chasse ; il faisait de fréquens voyages dans ses terres de Franche-Comté, mais ses plus longs séjours étaient à Neuchàtel, où il tenait un état considérable. En 1457, les Bernois et les Bâlois faisant le siège de Rheinfeld, le comte Jean y conduisit lui-même le contingent qde lui avaient demandé les Bernois, et il mourut devant cette place le 10 février. Son corps , apporté à Neuchàtel, fut enseveli devant le maître -autel, à côté de celui de son père.
EODOLPHE DE HOÉHBERG.
Bodolphe de Hochberg , qui déjà depuis long -temps demeurait ordinairement avec le comte Jean , lui succéda , autant en vertu du testament de celui - ci , qui rétablissait son héritier, que comme son plus proche parent, son cousin issu de germain , Rodolphe son grand'père ayant épousé Anne , soeur de Conrard de Fribourg. Il était né en 1430. Il parait que déjà quelque temps avant sa mort Jean de Fribourg lui avait donné une part dans l'administration du comté , au moins durant ses fréquentes absences. Rodolphe épousa en 1447, au château de Joux, Marguerite fille de Guillaume de Vienne, qui lui apporta en mariage plusieurs terres en Franche-Comté. Pour faciliter cette union , le comte Jean le reconnut son héritier dans le contrat. De plusieurs enfans qui naquirent à Rodolphe , Philippe seul lui survécut.
Guillaume , père de Rodolphe , se retira volontairement auprès de son fils, qu'il suivait dans ses divers séjours soit à Ncuchâtel, soit dans ses terres en Franche-Comté. Il mourut
en i4S2, et fbt aussi inhumé devant le maltre-autel. Il avait eu des différens avec son fils Rodolphe. (41)
L'acte de reconnaissance des bourgeois de Neuchàtel fait en 1406 , en faveur de Jean de Cbâlons, donna lieu à une difficulté entre Rodolphe de Uochberg et Louis , fils du dit Jean de Châlons, qui voulait, en vertu de cet acte, se mettre en possession du comté, puisque le cas qui y était prévu avait lieu, la postérité masculine dé Conrard de Fribourg étant éteinte. Le procès commença en 1457 et ne fut terminé qu'en 1463, par révocation qu'en fit par devant lui , comme d'un fief de Tempire, l'empereur Frédéric III, qui laissa l'afiaire pendante sans prononcer. Ainsi Rodolphe demeura en possession. Il avait prêté serment aux bourgeois de Neuchàtel le 10 avril 1468 (u),
Philippe-le-6on , duc de Bourgogne, passant à Neuchàtel en 1453 pour se rendre en Allemagne, tint sur les fonds baptismaux le fils qui venait de naître à Rodolphe de Hochberg, et lui donna son nom. Rodolphe étant vassal du duc, à raison de plusieurs terres qu'il avait en Bourgogne, Philippe s'attacha à son service ; mais lorsqu'en 1474 la guerre fut prête à éclater entre Charles -le -Hardi et les Suisses, il voulut le quitter ; à quoi le duc ne consentit pas et le retint, le considérant comme un otage qui mettrait Rodolphe de son càté. Celui^^i, voyant qu'il était devenu par là suspect aux Suisses, quitta son comté, pour la garde duquel il avait fait venir des troupes de son margraviat, et alla s établir à Berne. Des officiers suisses même furent mis à la tête de son corps de Rothelin. La guerre finie, Rodolphe revint à Neuchàtel, où il
' (u) Cet acte était adroit ; les bourgeois avaient reconnu la succession éventuelle de la maison de Cbàloos; le cas existant, les bourgeois pouvaient se joindre à Louis de Cbâlons , et rendre ainsi la question plus incertaine pour Rodolphe ; il prit donc le parti le plus sûr et le plus sage, en se hâtant de prêter le serment avant la discussion, et se trouva ainsi dans la position de Taxiome : Beali possiâenUf,
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parât vivre assez femiUèremeiit avec les bourgeois, recevant d'eux des présens et des régals. Il fit divers voyages à Berne et dans ses terres du Brisgau, où il mourut à Rothelin en 1487, et fut inhumé dans Téglise de ce lieu. Son fils fit placer sa statue dans le monument de Tcglise collégiale de Neucbâtel ; c'est la dernière qui y ail été mise (v). Son fils bâtard eut de lui la terre de Sainte -Croix , et fut prévôt de Téglise de Neuchàtel. Il s'appelait Olivier de Hochberg.
PHILIPPE DE UOGHBEEO.
Philippe de Hochberg avait trouvé le moyen de quitter Charles-le-Hardy. Louis XI, qui avait déjà attiré à son service plusieurs des serviteurs du duc , s'attacha Philippe de Hochberg , en consentant à son mariage avec Marie de Savoie , sa nièce, fille de Yolande, sa sœur, qu'il appelait Madame la Boiirguignone ; alliance déjà préparée en 1475 par Charles-le-Hardy (*). Le contrat en fut passé à Lausanne par les ambassadeurs respectifs, le 15 juillet 1476, et le mariage célébré à Neuchàtel en octobre suivant.
Il prêta le serment aux bourgeois de Neuchàtel et reçut le leur, en reconfirmant leurs franchises, lorsqu'il entra en possession du comté en 1487. Ses séjours à Neuchàtel furent courts. Louis XI l'avait créé son grand-chambellan et gouverneur de Provence ; il eut encore les charges de maréchal de Bourgogne et de gouverneur du Charolois. Philippe ne parait pas avoir eu de grands différens avec les bourgeois de
(c) L*on attribue à Rodolphe de Hochberg la statue la plus avanc<^e , en costume plus civil que militaire ; mais Ton ne peut se défendre de quelques doutes en voyant sur son vêtement , aux bras et aux cuisses , Técu simple de Neuchàtel, au pal chargé de trois chevrons, sans Fassociation ordinaire de cclurdc Hochberg; d'où l'on pourrait croire que cette statue est celle de Louis de Neuchàtel , dernier du celte maison.
(*) Comincs, édit. de 1725, liv. III, ch. 5.
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Neucbâtcl. Il tomba malade dans son gouvernement de Provence , où sans doute il fut enterré après sa mort, arrivée à Montpellier le 19 août 1503. 11 ne laissa qu'une fille nommée Jeanne , pour héritière de ses seigpoieuries et terres , à la réserve de celles du Brisgau que Christophe de Baden revendiqua, en vertu d'un pacte de confraternité fait avec Philippe de Hochberg , par lequel Tune ou Tautre de ces deux branches qui aurait un enfant mâle légitime, hériterait les terres du Brisgau appartenant à celle qui n'en aurait point , ou qui n'aurait que des filles. En conséquence de ce pacte ,