‹ Description topographique et économique de la mairie de Neuchâtel, avec des notes historiquesChapitre 57 sur 93 · LOUIS D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

LOUIS D'ORLÉANS

Louis d'Orléans quitta Neuchàtel peu après son mariage, pour se transporter avec sa femme et sa belle-mère à Blandy

et autres de ses terres , que lui et Jeanne habitèrent successivement jusqu'à leur mort. Il parait cependant que Marie de Savoie demeura encore quelque temps à Neuchâtel, en 1504, durant un voyage que Louis d'Orléans fit à Paris. Pendant son séjour à Neuchâtel, il se montra bon et affable envers les bourgeois (10). Jeanne resta, soit à Époisses soit à Blandy, et y mit plusieurs encans au monde. Louis , attaché au service de Louis XII , fut employé dans ses guerres et envoyé en Italie , où il parait avoir servi lors de celle qui suivit le traité de Cambrai. Cette ligue formée contre les Vénitiens, et qui devait détruire celte république, finit lorsqu'une partie des confédérés ayant obtenu les avantages qu'ils avaient désirés, s en tinrent là, et se mirent du côté des Vénitiens pour arrêter les progrès de Louis XII en Italie ; ensorte que ce monarque vit ses alliés devenir ses ennemis. Jules II, par son or, par ses intrigues et par les menées de Matthieu Schinner, évéque du Valais , parvint à détacher les Suisses de leur alliance avec la France ; ils envoyèrent déjà en i5J 0 des troupes contre le roi, qui députa, en i512, une ambassade à la télé de laquelle était Louis d'Orléans , aux Suisses réunis en diète à Zurich. Tandis que Ton négociait , arrivèrent à Louis les nouvelles de la victoire remportée à Ravenne par les Français ; il haussa alors le ton , ainsi que ses collègues encore jeunes ; leurs propos insultans contre les Suisses aigrirent ceux-ci, et décidèrent leur déclaration de guerre à la France. L'ambassade quitta promptement Zurich; une lettre de Louis d'Orléans aux Quatre-Ministraux, dit que ce ne fiit

(w) Les deux articles suivans sembleraient prouver que Louis d'Orléans était encore à Neuchâtel, mais sans sa femme. Comptes de la ville de Neuchâtel, 49 janvier 4505, et 48 janvier 4506 : If jour de Van neuf quand Messieurs (eurent digner à la court Ibid., 48 janvier 4506, et 47 janvier 4507 : Pour le mangicr de Messieurs du conseil la l'cillié de Toussaint, y corn-pris Messieurs les nobles estant chiez Monsieur qui (eurent invicqués à prendre la patience axec Messieurs,

pas sans courir des dangers. Celui - ci prévoyant qu'il serait compris dans les suites de la déclaration de guerre pour son comté de Neuchâtel, s'y arrêta peu de jours, et croyant convenable à ses intérêts de s'attacher Tadministration municipale de la ville de Neuchâtel, il donna aux bourgeois, sous un modique cens annuel et une petite somme d'achat, un terrain étendu et de valeur aux Joux , au dessus du village des Ponls. Voulant prévenir la conquête de son comté, il le mit sous la protection des deux cantons de Berne et de Fribourg, auxquels se joignirent ceux de Soleure et de Luceme ; mais peu de mois après, les huit autres cantons (Appenzell n'étant pas encore membre de la Confédération helvétique), sur leur demande d'être admis à cette possession , y entrèrent pour leur part, et il fut convenu que chacun d'eux, à son rang et date, enverrait pendant deux ans un gouverneur pour régir le comté. Cette association convertit en conquête l'occupation du comté, que Louis n'envisageait dans l'origine que comme une sauve garde. Il vit donc à sa mort, arrivée en 1516, son comté en d'autres mains que celles de sa famille, et sans être assuré qu'il y rentrerait un jour.

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