CAFÉ ET THÉ
L'on n'a quelque indication du café qu'au commencement du XVli^ siècle. Cette fève , transplantée de l'Arabie aux Antilles, u était pas encore commune, et appartenait alors plutôt à la pharmacie qu'à la gastronomie > mais la multiplication des plantations rendit ce produit marchand , et l'usage s'en étendit. Le prix en diminua et chacun put en boire ; bientôt le goût s'élant rafiné , Ton rechercha le café d'Arabie,
(t) La livre de sucre de 17 onces se vendait 9 batz ou environ 27 sols de France , qui (équivalaient à 7*/» liv. chair de mouton , au prix de 1668.
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quoique plus cher. Ce qui prouve cependant* coinbiea soq usage était encore restreint, c'est la petitesse des vases dans lesquels on le buvait , et qui depuis sont devenus hors d osage , parce que le caië a été plus abondant , qu'en faisant plus attention à la quantité qu'au goût , on a moids recherché le café d'Arabie (mêlé d'ailleurs avec celui des Iles), et qu'enfin celte boisson est devenue universelle pour tous les états, pour tous les âges et pour les deux sexes, principalement pour les femmes, mémepour celles vouées au\ péoibleji travaux de la terre, qui sacrifieraient généralement des ailmens plus substantiels à la satisfaction de leur goût pour cette production.
L'introduction du thé date du même temps. Des officiers au service des Etats Généraux en apportèrent l'usage. Celle seconde boisson , qui se prenait dans les mêmes vases que le café , fit connaître la porcelaine de Chine oii ils se fabriquaient, et l'usage en devint général. Le thé cependant ne fut pas adopté aussi universellement que le café. On remploya dans l'origine plutôt comme remède ou dissolvant, que comme boisson agréable ; mais ensuite on le but à la manièni des Hollandais, et il apporta un changement dans Tétatdeb société, parce qu'ainsi qu'ailleurs, il devint un motif de réanion entre le^ deux sexes. Cependant il est demeuré restr»»^ à la classe inactive des gens sédentaires , qui le sont même dans leurs récréations. L'une et l'autre boisson ont augmenté la consommation du sucre, au moins dans la classe aisée; car l'habitant do la campagne n'en met point dans son cale.
Le café devint bientôt le repas du matin, ou déjeuner; i est incertain si ce repas existait pour les femmes de la ville, dont la vie était sédentaire. Quant à celles qui s'occupaieiil de travaux champêtres , la soupe feisait leur aliment à cetie heure là, ainsi qu'aux hommes. Dès que cette production M devenue plus commune et à meilleur compte, les cultivatem^
des deuK sexes radoplcreiit mêlé avec le lait pour leur déjeuner , sous le motif, vrai ou apparent, qu'il les dispensait d'un petit repas intermédiaire jusqu'au dîner. Les personnes <lont la fortune leur permettait celle dépense , firent encore usage du café immédiatement après le dîner, dans l'idée d en faciliter la digestion.
Le thé au lait fait aussi, cependant en moindre quantité, le déjeûner de plusieurs personnes ; mais il est de rigueur dans les repas auxquels il a donné lieu pour les femmes entre le dîner et le souper. La question de sa convenance pour la santé est du ressort de la médecine ; quant à ceux qui en font usage, ils lui trouvent une foule de propriétés, sur lesquelles on peut cependant avoir quelques doutes.