POÉSIE
La vivacité dans Tesprit , une disposition à imaginer , ei le fruit des coteaux , si propre à échauffer la verve poétiquet donneraient lieu de supposer que le dieu des vers a eu des sacrificateurs à Neuchàtel , ou au moins de férvens adonteurs ; cependant on n'y connaît aucun auteur d ouvrages es vers ; on trouve seulement quelques pièces fugitives constrvées pour la postérité, dans le journal intitulé Mercure hè vétique, ou suisse, qui s'imprimait dans cette ville. Hei a été composé quelques-unes dans ce genre, sous le titre de chansons , ou autres semblables ; mais , faites dans des momens de querelles politiques , elles participaient de l'esprit de faction et de satire qui animait l'auteur contre des objets ou des individus du parti contraire. Récitées ou dafr técs dans le moment de l'événement , elles ne lui ont p>s survécu. On parle de leur malignité, c'est-à-dire queb passion les avait (ait naître , et non l'impulsion du génie.
Faites pour un temps , pour une personne , l'intérêt (p les aurait fait conserver n'existant plus , elles n ont pu passer aux descendans des auteurs pour que leur talent fut jugé.
Un petit poème qui eut une sorte de célébrité dans son temps , nrais qui est oublié , comme tous ceux de ce genre, est la Reima du CortiL Une femme d esprit le composa en 1707, lors du procès au sujet de [adjudication de la souveraineté. Ecrit en patois , il n'est pas à la portée de tous les lecteurs , mais il fut fort loué dans son temps. L'auteur Ta divisé par strophes, et les interlocuteurs, soit étrangers soit nationaux, mais acteurs principaux de la scène politique qui se passait alors, sont désignés sous le nom de plantes potagères qui conversent entr 'elles , et dont les propriétés ou les qualités se rapprochaient du caractère de la personne que Tauteur avait en vue. Le dialogue est animé et spirituel ; mais la clé n'en étant pas arrivée jusqu'à nous , on ne peut deviner le sens des allusions , fort connues alors , et qui se trouvaient vraies et justes. Gomme 1 auteur ne tenait à. aucun parti , son ouvrage n'est qu'une suite de portraits , où la malice a pu régner, mais non la malignité.
L'esprit de société, le commerce avec les femmes, qui ont rendu l'urbanité nécessaire et générale, ont effacé l'ancienne trempe du caractère ; il n'y a plus de teintes prononcées, mais seulement des nuances de l'un à l'autre. Dès lors, s'il y a encore des poètes aujourd'hui à Neuchâtel, il ne feront plus comme autrefois des chansons satiriques , des épigrammes, mais des vers à Chloé , des couplets pour Philis , et ils surnageront peut -être dans un recueil sous le nom de Muse neuchàteloise, de Portefeuille neuchdtelois , ou autres litres qui sauveront de l'oubli des pièces de talent.
On ne peut pas citer comme un modèle de versification , ni comme un produit du génie, mais seulement du bon sens, qui était alors un dieu supérieur à Apollon , les vers suivans trouves dans un cahier du milieu du XVI® siècle, et qui paraissent être un fruit indigène *
Qui n'a amis que gendres, Ne bestail que chièvres, Ne voisin qu'advocat, N'a pas grand soûlas.
Plus bas :
Qui P croira,
Ne lui demeurera
Ne manteau, ne chappe (93) «
r n 0 n r ç^r r r 0 f c ç^r r f rxftQ C r Ç Q J^^ jLO 0 o 5lQ QJÎ.O C 0 P^CC r f iî.C.C C C 0 0
PIÈCES JUSTIFICATIVES, ECLAIRCISSEMEXS,
oH«^6C8ié^^
(i) Page 8. Dans Jes actes du XIII® siècle, on voit déjà indiqués les quartiers du Parc, de Combaborel, le Tertre, le i?eposoir, la Recorba, la Malalière; au XIV* siècle, Fahys, Entredeux-bois, Trey-Porta, Clou-Brocliet ; FoëdoBorsa (quartier de Serrièresj ce nom, qui est aussi donné au propriétaire, indique un terrain exploité chèrement, et de manière à vider sa l>ourse); XeSaar, le Plan-deSer Hères, Grise-Pierre, Fontaine-du-Foz (du hêtre, en patois yow)j et autres que Ton trouvera à la note (gS). Extrait d'une reconnaissance de i374-
(a) Page i6. Pour établir un point de comparaison entre le prix des ouvrages en 1 553, époque à laquelle la potence fiit reconstruite , et celui de ce jour, on donne ici Tétat de la dépense qui y fut faite :
Les quatre colonnes en pierre, le fer, le bois, les banderoles, la table, le plomb, la cliaux et Tarène y employées, coûtèrent eu livres faibles, à raison de 1 1 sols de France Tune, L. 869» 1 3»» 8**
Le mur d'enclos, porte, ferrure, (détruits aujourd'hui), » 44'^'^*"
Soit en Liv. de France, environ L. 287 » 6'» 4** L. 4i4» H^»B<^
(3) Page 18. En i5a6, le baillifHildbrand accensa la pèche de la Serrière pour le cens annuel de 18 sol» de France. Le Magistrat, tandis qu il tenait la ferme du comté, la remit durant
quelque temps; mais cela ne dura pas, et il n*en est plus question.
(4) P^gc i8. liC petit vilLige de Serrières est connu desliihliopbiles, par Tëdilion in-folio qu'y fit en 1 535 Pierre deVinglf, dit Pirot-Vicard , de la bible française de Robert Olivelan, U première qui ait été mise au jour par les protestans , et à laqurile ou croit que GiWin eut la plus grande part , sans oser encore b publier sous son nom. Cette édition , devenue rare , est recborcbée pour les grandes biljliolbèques.
(5) Page a6. L'on ajoute cette note à ce qui est dit dansk texte , pour restituer en entier Finscription trouvée en 16^7 à Avencbes, qui offre une omission dans le voyage du baillif Sinner-
imP cMS. Ve^PAS auG. . .
poST, Majc. /RIB. Po^ cOS. Imp. II. P.P. lAPÏDibus NoIDE^OLlV?c Mu/TO LABore
TRacTis aVENT/W MoENIA inSTàuta TITu^ yESpasiani AVGusti fïLius detUanit,
Les lettres romaines su1>sistaient seules sur rinscription , ks lettres italiques sont les restitutions trouvées par le bourgenuîw Wetstein de Râle.
D'ailleurs, cette inscription acliève de prouver un fait que les murs su])sistant d'Avencbes établissaient déjà , c'est que lapieire venait du pays aujourd'bui de Neucbâtel , dans lequel était b ville de Noidenolex, dont les habitans la transportèrent par eu à Avcncbes.
(6) PageZi, Prononciation des ambassadeurs des douze cantons, sur la plainte du conseil de la ville , de ce que le carér* le vicaire de Neucbâtel s'emparaient des aumônes faites aux pauvres lépreux. Il y est dit : « que toutes les aumônes faites ao dit )) lieu demeureraient aux lépreux , ne réservant au curé et ao ï) vicaire que les oiïi'andes qui se déposeraient sur l'autel pendant n qu'ils diront la messe , lesquelles leur appartiendront exclnsi- » vcment j de plus qu'il sera donné aux dits lépreux, pour soi- » giier leur liien , un avoyer de la ville de Neucbâtel , qui cb
ET PIÈCES JCSTIFICATIVES. 479
» rendra compte annuellement au baillif et aux Quatre - Mînisntraux», i*' juin i524.
(7) Page 3i. Une recherche qui offrirait quelque intérêt, serait celle de Tépoque précise de l'introduction de la petite- Tcrole dans FEurope occidentale , et de sa propagation dans les lieux où régnait la lèpre, pour savoir si le nouveau virus, également éruptif et contagieux, n'aurait point absorbé les principes de la lèpre , et par conséquent occasionné sa diminution et sa disparition. On pourrait en conclure que Finoculation et ensuite la vaccination^ détruisant Tune , assurent également la destruction totale de Fautre , que la propreté ne suffirait peut-être pas à éloigner , au moins chez ceux dont les humeurs sont viciées, quoiqu'elle parvint à en empêcher la communication.
(8) Page 4 1 . Il est probable, sans cependant que Fon puisse en donner des preuves positives, que Conon était fils d'Ulrich, neveu de Conon i*', peut-être celui qui, étant évêque de I^ausanne, fonda l'abbaye de FUe de Saint- Jean en 1090. Ulrich, père du premier Conon ci -dessus, était fils de Rodolphe, fondateur du prieui'é de Bevaix en 998 , titré de Kir nobilissimus dans l'acte d'échange d*un serf avec l'abbé de Cluny en ioo5. Ce Rodolphe était fils de Siebold, supposé vivre en 960, 970, qui était fils d'un autre Siebold, vivant encore en 940 environ. IjC Conon mentionné dans l'acte de l'empereur Henri IV, en 1 082, était frère d'Hurabert, fondateur du prieiuré de Corcelles en 1 090 'j mais, on le répète, cela est plus proljable que prouvé. Lors même que Rodolphe et Humbert , fondateurs des deux prieurés cités, ne portent dans les actes que leurs simples noms, sans titres, on ne peut contester qu'ils jouissaient de la ten*e de Neucliâtel en tout ou en partie, puisque les terrains et droits donnés par eux à ces deux prieurés étaient dans ses limites; mais Fon ne peut, faute d'actes, affirmer que leurs relations de parentage étaient telles qu'on les expose ici.
(9) Page 4^. A ces obscurités il faut ajouter celte autre , quant à Félat de cette maison dans le XII*^ siècle. Mangold est
titré de co-seigneur de Ncuchâtel dans deux actes de donation en faveur de Fabbaye de Fontaine- André, qu'il fonda arec son frère Rodolphe en 1 1 43 , et à laquelle ils donnèrent Champreveyres en 1 1 46. Cependant ils ne sont point encore titrés dans ces actes. La première mention d'un titre se trouve dans un acte de l'empereur Henri V à Strasbourg , en 1 1 25 : il y rappelle, comme existant, Berthold, évéque de Baie, sous le non de Hasembourgj et nomme parmi les témoins, Rodolphus, cornes No^wastriy frater germanus. Mais il n'est plus parlé ensuite de Mangold. Il parait que c'est ce même Rodolphe , titré de seigneur d'Arconciel , qui, dans deux actes de n46 et 1 148 , ^ des dons à l'abbaye de Hauterive. Il associe à son don de 1 146 son fils Ulrich , qui fut le mari de Berthe , et qui agit sous son propre nom en faveur de cette abbaye en 11 49* Dès- lors la succession au comté de Neuchâtel n'offre plus de lacunes.
(10) Page 4^. En 1 1 49, Berthe, femme de cet Ulrich, dan im acte daté de Noiiini-Caslruni, confirme une donation de soo mari en faveur de rab])aye de Hauterive , tandis que des actes d'Uhich de 1 1 4^7 1 1 4^ et 11 49, pour la même abbaye, pnwiveut qu'il était alors à Arconciel. Berthe demeurait donc alors h Neuchûtel^ et il est probable qu'elle commença en ce temps là la construction de Téglise collégiale.
(11) Pages ^2 et 01. La preuve qu'Ulrich et sa femse Berthe fondèrent l'église collégiale de Neucliàlel , se tronî? entr' autres dans un acte de 1 20g , dans lequel Roger , évèqne de Lausanne, déclare que de son consentement Berthold, prévôt de Ncucliâtel, et le chapitre de cette éghse, donnent et concèdent « que toutes les fois qu'un t^e ses chanoines viendrait i mourir, le fmit de la prébende du chanoine mort, en blé, vin e: deniers de cens, appartiendrait au monastère de Fonlaî ne- André de l'ordre des Prémonlrés et dédié k Saint -Michel arcliance. pour l'amour de Dieu et le remède des âmes des donateiurs . rî de celles des prévois et chanoines leurs successeurs de Keacï Jtel , et aussi pour le icmèdc des âmes des Jbn dateurs de te^^H'-.
ET PlâCES JUSTIFICATIVES. 481
de Neiifchastel, assrwoir de Hulderichy en son vi\*anl seigneur de Neu/chastel, de bonne mémoire et éwec qui ils opaient vécu y et de Berthe sa femme y aussi bien que de Rodolplie, d'Ulrich et de Berthold alors prêtât de Neufchastely en/ans dudii Ulrich et de la dite Berthe, n
(12) Page 60. Jean, comte de Fribourg, obtint du pape Calixtc III, en i455 , une buUe qui statuait qu on ne pourrait recevoir dans le cbapitre que des nobles ou des liommes gradués dans une célèbre université , et que le comte de Neucbâtel et ses successeurs animaient raltemative avec le cbapitre pour la collation des prébendes qui vaqueraiçnt. L'aumusse des cbanoines était de peaux d'écureuil j mais en i477> Rodolpbe de Ilocblicrg obtint du pape Sixte FV que les chanoines porteraient dorénavant Taumusse grise ou de menu vair , comme ceux de Lausanne. Les cliapelains prirent alors Faumusse rousse, que les chanoines avaient quittée f Notes canonicalcsj, Philippe de Ilochberg fît la fondation de six enfans de chœur , sous un maître de chant^ ils commencèrent leur service le 3i octobre
(i3) Page 61. Déjà quelque temps avant i53o, les idées de protestantisme germaient à Neucbâtel 5 cependant la généralité tenait encore à la religion catholique, et malgré les violences commises dans T église , qui précédèrent la date de F inscription du 28 octobre 1 53o, la pluralité de dix-huit voix en faveur de la réforme n'aurait probablement pas eu lieu si les suffrages eussent été libres. Mais la convenance qu'il y avait pour l'état de Berne que ses voisins et aUiés particuliers adoptassent la croyance qu'il avait choisie , lui fit employer les moyens les plus propres à décider la plurabté en faveur de la réforma lion. Déjà Farel avait fait une tentative en i528 , mais les chanoines l'avaient obligé de se retirer. Jeanne de Hocliberg avait recommandé au gouverneur George de Rive de faire tous ses efforts pour empêcher le progrès des nouvelles opinions : sa réponse du 20 noveml>re 1 53o explique la natture des obstacles qu'il rencontra. Il y dit :
482 NOTES ADDITIONIfBUBS
u que des députes de Berne aiTivés à Neuchâtel , sans Tooloir n rinlervention des trois autres cantons catholiques, TaTaicnt » traite lui-même durement^ que cependant la pluralité aurait » décidé en faveur du catholicisme j mais que des jeunes gens » envoyés au secours de Genève (comme contingent fourni ài Té- » tat de Berne ) avaient été échauffés par les Bernois et imbus ï) de la doctrine nouvelle 5 que forcés par ces députés de laisser » décider à la pluralité, Tun d'eux lui dit: Toiimés-awis de (jud )) côté vous vomirez; quand bien nieme le plus serait du twtrr, n si passeras par là , car nos seigneurs Jamais ne les abandorr ») neront » (Annales de J. Boyve).
Cette décision à la plurahté des voix était une couscquence du traité de Bremgarten et de celui en résultant , fait le 4 n^ vembre i53o entre les députés de Berne et le gouverneur, par lequel cette pluralité fut prescrite j en ajoutant que si elle €\à en faveur de Li religion réformée , la messe ne serait plus cclt^ hrée dans la ville , sans cependant déroger aux droits ni à faBtorité du souverain , qui seraient confirmés. C'est en vertu ^ cette réserve, que les souverains, dans leurs séjours à Neucbàtel. ou leurs gouverneurs catholiques en leiu* absence, ont faitoéii^ brer la messe dans le château, mais seulement pour leurs geo^^
L'abbé de Fontaine - André , qui persista dans sa crojaoœ' éprouva les effets du zèle intolérant des réformés j il ne pot s» mettre à couvert que par un sauf- conduit du Magistrat. CeW pièce par sa singularité mérite (Uctre transcrite ici :
c( Les Quatre -Ministraux , en reconnaissance des bons ^^ » vices à eux rendus par leiu* bourgeois I^ouis Colomb, abbêcf M Fontaine-André, lui accordent par acte en parchemin : i*Pr^ » tectionaudecbns ou au dehors pour la tractation de sesaflain^ » a ses dépens, 'i^ S'ib imposent un giette de conmiimautc,^ » payera l'équivalent de ce qui lui sera imposé. 3** Il enf.V^- » les gens de son ménage et autres à se convertir à la parole «f » Dieu , et leur permettra d'aller à l'église le dimanche. 4' ^' » poiura aussi aller écouter cette parole quand il lui plaira. 3* l » pourra pour sa récréation , scî rendre à Neuchûtel quaml i *'
ET PIÈCES JOSTIFIGATIYBS. 483
» voudra (l^abbé , après la rëformation , et la sëcularisation de » son a]>baye , s'était retiré au Val-de-Ruz) , et sera mis à cou- » Tert de toutes les injures et avanies qu'il avait essuyées dedans )) et deliOfô par les bourgeois ; mais il ne fera d^outrage à per- )) sonne. 6° Quand il se rendra à Neuchâteli il ne portera ni » scapulaire ni longue ro])e, mais seulement une robe moyenne » avec son froc, comme il Ta fait depuis quatre ans. Cependant » devant la princesse et ses enfans , il pourra porter sa grande » robe, ainsi qu'ailleurs, mais hors de Neuchâtel. Poiu* assurance )) de la fidèle observation de ce que dessus, il lui a été expédié » ce présent acte scellé du sceau de la ville , 1 7 avril 1 536. »
Deux clioses sont h remarquer dans cet acte : 1 ^ Tabbé, quoique catholique, est encore considéré conmie bourgeois de Pieucbatcl protestant, six ans après la réforme, et comme tel tenu à en supporter les charges y c'est le seul exemple que l'on connaisse de cette bigarrure j 1^ quoique catholique , il reçoit l'intimation d'être convertisseur dans une croyance différente , et pour laquelle il devait avoir la plus gi^nde aversion, puisqu'elle lui avait 6té son état. Ce trait de naïveté et de bonhomie est certainement unique.
Entre plusieurs traits qui marquent la violence du caractère et des moyens employés par Guillaume Farel, on cite le suivcint consigné dans une lettre de Guillemette de Vergy, dame de Valangin, datée du mardi après les Bordes 1 53 1 . Elle s'y plaint aux Quatre -Mhiisli*aux de ce que plusieurs bourçeois de Neuchâtel s'étaient rendus à Valangin dans l'église avec Guillaume Farel, «lequel de matin à l'heure que se debvaient célébrer )) messe et faire le service divin , s'est mis h prescher en chaire » où il a faict son sermon , qui a duré longment , sans il estre n demandé et sans avoir aullrcs auditeurs que des yostres dessus » dicts, et comI>ien que le sermon a heuz beaucoup duré sans le n en empêchiez, plusieurs fois soyent estez advertis de cesser le » sermon, et que je soye la venue pour ouïr messe , et leur ayc )) clict moy-mesme laissassent dire et oyr messe , pour cela de » long -temps n'a voulu cesser, ainsi vous pouvez bien penser
4ftl NOTES ADDITIONNEUES
» que c'est pour me faire despit. Je ne crois point qne ce soh )) selon les vieux évangiles ; s'il j en a de nouveaux qui fassent » cela faire , j'en suis esbabie ; » etc.
Farel et ses fougueux sectateurs ne s'en tinrent pas là, ik (xk" tcrcnt la main sur les prêtres , et firent d'autres actes qui engagèrent Guillemette à rëclameî* la protection de l'état de Bem, en vertu de sa combourgeoisie. Elle fut soutenue et les Quatre- Ministraux exborlés h la tolérance et à la modération.
Ce réformateur, revenu à Neucbàtel en 1 53o, avait tenté dans le courant de l'été de faire des conversions dans la seigneurie de Yalangin^ les esprits n'y étaient pas encore disposés, car il j fut insulté, ce qui déplut au conseil de Berne , dont les {urojeis se trouvaient par là contrariés. Il écrivit donc aux Quatre-Ministraux le 1 7 août 1 53o : k Nous sûmes informés de part madanie » de Yalangin, aussi vous gens de l'outraige qu'est faictàmaisire » Guillaume Farel, dequoy sûmes très-mal contens , et pour ce )) que le dict Farel est nostre serviteur , avons escript à la dicte » dame de establir journée juiidique , et la nottifier au sieur tk » WatteviUe, seigneur de Colombier, nostre conseiller, leqn^ » porcbassera l'aiFaire , et assistera le dict Farel en nostre dod » en droict, et demandera justice de ceulx qui ont battu le (Bot )) Farel ^ pour autant nous semble advis que y envoya aussj t«- » tre ambassadeur 5 cependant vous prions que veuilles estre à )) repost, et rien prétendre contre ceidx qui ont perpétré violenit » contre le dict Farel , car nous espérons, que la dicte (Unie y » mettra ordre compétent, que les délinquants soyent po^ )) et d'avantage vous prions d'avoir le dict Farel pour recoia- » mandé, et l'entretenir benignemcut jnsques à temps que sojt^ n pourvcus d'ung aultre prescbeur^ en ce nous ferés pla)*sir: » autant priant Dieu que par sa grâce vous veuille corrobort^ »en l'afTection qu'avés d'ouyr sa saiucte parole et de vivre s^ )) Ion icelle. La\H)yer et conseil de la ville de Berne j
Lettre de Louis d'Orléans, duc de Longuevillc, (Us de JeaD"*^ de Hocbberg, aux Quatre-Minislraux, datée de Lyon le aSm^' probablement i53i:
(( Chers et bien amez. Nous avons estez advertis que puis na- » guères vous avés sollicitez nos sujets du Landeron et de Cris- » sier , de voloir vivre à la mode de Tévangile , jusques à leur » vouloir faire force en leurs églises et aultrement par menaces » que trouvons bien estrange , veu Fëdicl pieça faict entre mes- » sieurs des Ligues , par lequel il fust ordonné que chascung » vivroit en sa créance , ainsi que sa conscience le jugeroit, sans » plus disputer les ungs contre les aultres de la foy. Comme » nous avons puis naguères escript à messieurs de Berne pour » ceste cause, nous vous prions et néantmoins vous ordonnons, » sur Tobéissance que vous nous debvez, que laissiés vivre ceulx » du Landeron et aultres qui vouldront , en la loy de Tégliseï >> sans plus les molester ne travailler , suivant Tédict et ordon- » nances faictes par nos dicts seigneurs des Ligues, nos alliez et » combourgeois, lequel édict nous trouvons fort raisonnable et » équitable , et en ce faisant vous nous ferés service. Chers et )) bien amez. Notre Seigneur soit garde de vous. » j
La lettre de la dame de Yalangin n'opéra pas grand'chose sur les Quatre -IVIinistraux^ ou bien ib n'avaient pas assez de pouvoir pour arrêter T effervescence de leurs bourgeois et du zélateur Farel. Cela se voit par la lettre du conseil de Berne aux Quatre-Ministraux ^ du 23 mai i53i :
c( Ilz nous a madame de Yalangin faict plaintif comme aulcungs )) de vos gens soyent ces jours passez estes à Yalangin et usé de » force, altemptant de rompre une croix devant son église, nous » priant de vous en faire remonstrances , ce fesons , vous priant » d'y mettre ordre et remède , que force , volonté ne violence » au dict lieu , ou aultres par vos gens ne soit faicte , ains d'at- » tendre que par la pluspart la parolle de Dieu soit acceptée, » touttefois , là où vous n'avés que faire , desportés vous d'in- » no valions. »
L'effervescence pétulante des ))ourgeoîs ne put être contenue et réprimée , ni par les ordres pacifiques de leur souverain , ni par les réprimandes de leiur puissant allié. Leur zélé et ardent
486 NOTES ADDITlONlfELLES
chef aurait pu les modérer 5 mais il paraît que cela nentrakni dans ses principes ni dans son caractère 5 de nouTeanxacles^e violence furent machines contre le Landeron et Cresâer; k conseil de Berne en fut averti, et adressa aux Quatre-Bfinislraia la lettre suivante, qui arrêta tout :
« Nous sommes advertis comme trois ou quatre-cents liomme » en armes de vous, demain veuillent aller au Landeron, etillec, )) si ceulx du Landeron ne veulent prendre la parolle de Dieu, ») que veullent user de force et rompre les autek cl les idoles; » surquoy vous prions et admonestons que à ce veuilles obricr; )) car si force deust estre faicte , nous Taurions à grand «^ » et desplaisir 5 nous avons aussy envoyé nostre ambassade ai « Landeron pour les prier d'accepter la parolle de Dieu, et » espérance que le feront. 19 Aougst i53i.))
Une raison qui put déterminer à préférer les voies de la do» ceur à celles de la violence, fut que la hourgeoisie duliander» ayant une comhourgeoisie avec Soleure, ce canton, informé dfî voies de fait qui avaient eu lieu , intervint par une dédanbo» formelle de Fappui qu'il donnerait à son alliée, pour qu'elle wt la liberté de demeurer dans sa foi , conformément au traité « Brcmgarten. Or il ne pouvait convenir au canton de Berne ^ rompre la paix pour un objet de si peu d'importance. I^ moyens de persuasion furent donc préférés j mais on ne voilp que Farel y fut employé.
IjC 22 ao6t, le conseil de Berne écrit aux Qualre-Minislraifl. que son ambassadeur lui a apporté une réponse dont il est cootent , et que comme les députés de Neuchâtel y étaient et» avaient connaissance, il n'en fait pas mention ici 5 il exhorte If* Quatre -Ministraux à la modération. 11 parait de là que *** gens du Landeron étaient pour le moment assez disposés à 1^ réforme.
Il paraît aussi qu'il y eut de nouvelles violences commi?^ par les boiu^eois de Neuchâtel h Yalangin , car le conseï * Berne écrivit aux Quatre -Ministraux, le 12 octobre i53i,à>» recommandation du duc de Savoie et de monsieur de Lnlli"
gouverneur de Yaud, pour qu'ils dédommageassent selon équité la dame de Yalangin, u pour les fenêtres brisées et autres dégâts à elle faits. »
Quoique la pluralité des suffrages eût fait prévaloir la réforme , cependant il j avait encore à Neuchâtel plusieurs zélés catholiques qui assistaient à la messe et faisaient baptiser leurs enfans dans la religion quUb professaient. Le conseil de Berne en fut informé, et écrivit le 17 décembre i53i aux Quatre- Ministraux , pour les exiiortcr h employer les moyens les plus propres pour empêcher les débats et la désunion et pour maintenir la pluralité établie.
(i4) Page 6^, Le i*'' novembre i564, Léonor d'Orléans écrivit aux Quatre - Ministraux , qu'ayant appris que la peste (on appelait peste toute maladie épidémique et contagieuse) régnait dans le comté de Neuchâtel , il leur en témoignait son regret, et les requérait de choisir quelque lieu propre et commode pour servir de cimetière en place de celui qui avait alors celte destination , vouLinl que pour le bien pu})lic et le sien particulier, ik le transportassent en un autre endroit^ ensorte que celle place demeurât unie pour la décoration du temple, du château et même de la ville. Il les assure du plaisir qu'il aura de leur obéissance, ainsi que de son mécontentement en cas de refus. Le 21 octobre i5G5 il revient à la cliarge, de Tavis de Jaqucline de Kohan, sa mère, qui même leur aurait donné une autre place ; il ajoute que la chose est si bonne et si nécessaire, qu'eux-mêmes en bonne police devraient y pourvoir, s'ils n'en étaient pas avertis. Malgré ces injonctions, le cimetière, ne fut alKindonné qu'en 1 569 , et le nouveau ne fut entouré de murs qu'eu 1606.
(i 5) Page 65. L'on a lieu de remarquer dans le verbal de ce qui se passa en i G98 ,[ dans les deux cérémonies , la morgue d'un protecteur puissant, lors même que, dans ce moment, son intérêt était aussi pressant que celui du protégé. Un événement qui afHigea la ville de Neuchâtel , c'est que malgi'é toutes ses
488 NOTES ADDITlOimELLES
instances à Berne et auprès des députés bernois à Neudiâtd. pour que les ])ourgeois qui avaient renoncé en iSgg à leur bourgeoisie , ne fussent pas admis à renouveler leur combott^ geoisie avec Berne , par la raison sans réplique , que le conseil de Berne avait annuité cette renonciation en iGiS en donoant la sentence de contumace contre Henri II, on ny cul cependant aucun égard ; et les députés de Becne , a leur départ de Neucbâtel où ib venaient de recevoir le serment des bourgeois, trouvèrent moyen, entre Neucbât^ et Saint -Biaise, dédire retourner en arrière les députés de la ville , qui devaient les accompagner jusquà la frontière. Arrivés à Saiut-Blaise, ils entrèrent dans Téglise , où les bourgeois renonces , prévenus sans doute de la cbose, s'étaient réunis. Là ils reçurent leursennent de combourgeosie. Ainsi , peu importait h Tétat de Berne qnc la renonciation eût son effet quant à la l>ourgeoisie de Neucbâtel , moyennant qu il retirAt de ces dissidens ce qa il avait droit d'exiger de la bourgeoisie , les secoure militaires.
(i6) Page GQ. Ce n'est ni h cause de la prévarication des juges, ni à raison de leur incapacité que s'est établi cet usage, unique dans 1 état, puisque non-seulement les comtes de Neucbâtel avaient appelé les jurés dans des causes qui se plaidaient deTaot eux, mais qu'ils avaient même convoqué les seigneurs de Valangin, de Gorgier et de Yaumarcus, soit en matières civiles, soit en matières criminelles. Mais en 1 58^ , les guerres civiles et re Ugieuses en France y ayant attiré beaucoup de Neuchâteloisi dans le nombre desqueb se trouvaient plusieurs jurés , ce corps fut réduit à neuf ou dix assesseurs, qui ne parurent pas suffisant au cbef pour prononcer le jugement d'un criminel alors d^ tenu ; il demanda donc l'avis de deux conseillers d'état , ce qui eut lieu jusqu'en i6og. Alors les Quatre-Ministraux réclamèreni pour que le petit-conseil put juger seul dans ces cas-là; le conseil d'état allégua l'usage , si puissant dans un pays de contunx** et il fut maintenu. Dans l'origine , le nombre n'était que dt* deux scabins; on ne connaît pas l'époque à laquelle il fut porte à quatre.
ET PoiGES JusnncATivBS. 489
(i 7) Page 70. Article extrait des comptes de Jean, comte de Friboui^, 3 février 144^^ «Délivré à Jehan Rayenel et Estheu Tenon Claigeon , pour six grands tirans pour la grande saule » (salle) de Neufcliastel , de deux pieds de haut et d'un pied et » demi de large et de trente -six pieds de long 5 item pour sept » douzaines de trelz d'un paul cornu et quatre doigts partout » «juarrés et de viugl-fjuatre pieds de long, la douzaine au prix » de 2 4' lausannois faihles, et chaque tiran pour un florin d'or^ » lequel argent monsieur leur a payé comptant. » I/on ne voit dans le château nulle salle à laquelle ce hois puisse appartenir, que celle appelée des Etats. Le florin d'or valait en 1 435 L. 1 » 9* Liusannois 5 la livre de chair de veau 5 deniers.
(18) Page 71. L'art. 38 de la charte de 14^4 rappelle la prononciation du conseil de Berne , donnée en i453 , qui dit : (( selon cpi'il est anciennement accoutumé, n Or les Audiences du dimanche après Saint-Jean-Baptislc font voir quel était Fusage antérieur.
Dans une journée que le comte Conrard de Friboiu*g assigna au dimanche avant la Fête-Dieu 1 4 * 9 » et qui lui avait été demandée par des parlicuUers en diificidté enlr eux, il présida les jurés et ouit le rapport de la sentence inférieiu*e 5 puis il fit convoquer ses chevaliers , écuyers et jiu'és du dit plaid en conseil ^ après déhbération, ils lui rapportèrent leiu* sentence, que Conrard ratifia. «Juges ; Jehan de Neufchâtel, syre de Valmarcus, )) Jehan de Colombier, chevaliers; Loys de Valmarcus, Matlhez » de Cottens, escuyersj seize jurés bourçeois nommés avec celte » adjonction : et plusieurs autres bourgeois et jurés du dit plaid, )> Cela fait présimier que le comte formait un tribunal à sa volonté , et qu il n'y avait pas de règle fixe , au moins pour le nombre des juges , dans lequel il n'est point parlé d'ecclésiastiques.
En 1 422 , le plaid de mai se tint à Neuchâtel durant la dernière semaine du mois , et le 3 1 le comte donna à dîner et à souper aux gentilshommes qui y avaient siégé , sans faire mention des jurés. Cependant, durant la session, il paraît qu'ils
490 NOTES ADDITIOMNELLES
ayaient eu bouche eu cour; au molus peut- on le juger par li dépense et par ce qui se pratiqua dans la suite.
(19) Page 71. Art. 1" de la franchise de Raoul (Rdlin) syre de Neufchastcl, du i«' mai 1297 : ** ^ ^^ feaulx gentils- » hommes et borgejs, et à touts aultres que seront francs, ap- )) parteignants de la seignoric de Nuefchastel , tant comme ellf » s'étend. Que le jor gênerai de Nuefchastel ne se doibt legnir )) que une foys Fan , le dernier diemange dou moys àc may, et
» ne le point contremander quand il sera ce acre par
n le consentiment et volonté des borgeix dudict !NuefcliasteL» Confirmée par son fils Louis, le 6 avril i345. fJrchiv.^ Besançon, J
(20) Page 76. La duchesse de Nemours , satbfaite de l'iovestiture que lui accordèrent les états en 1694» ne le fat pas également de la déclaration d'inahénahiUté portée dans la s»tcnce 5 elle s'écria trois* fois : Je proleste; mais on la retint Et fit assembler deux jours après les douze juges du tribunal poï les engager à retrancher cette clause, mais inutilement. I/n^ tif de son mécontentement était sa disposition testamentaire à mois de février, dans laquelle elle institiuiit pour son héritier 1' chevaher de Soissons, fib naturel du comte de Boissons, omde la duchesse, tué à la Marfée en i64i. Elle lui fît prendre-: titre de prince de Neuchâtel 3 il épousa la fîUe du Marédial ^^ Luxcmboiu'g.
(21) Page 78. Guillaume III, roi d'Angleterre, princedOrange et héritier des droits de la maison de Châlons à la SQtfraine té de Neuchâtel, commença à annoncer ses prétentions^ 1 G94. Diverses raisons de politique les firent appuyer par l»*''^ de Berne; elles sulisislèrent malgré sa mort arrivée en i^o^i^ se dirigèrent en faveur de Frédéric I*^"^, roi de Prusse, awp le roi Guillaume avait transmis ses droits. Cette intervenliou 1*^ Berne contribua beaucoup à la sentence du tribunal -souvenuf " en faveur du roi de Prusse. L'importance de la question f** gagea le conseil de ville à prendre des précautions pour que ^
juges tires de son corps n^ eussent pas ime opinion incUviduelley mois collective.
(22) Page 1 09. Cette maison coûta 280 florins d'or. En 1 45o, le florin d'or valait L. i»i5* laus. ; le pot de vin un sol ainsi que Tëmine d'avoine 5 la livre de veau 6 deniers 5 celle de bœuf de même. Les nobles de Moringen étaient vasseaux des comtes de Neucbâtel , mais non dans le comté même , où Ton ne voit pas qu'ib possédassent aucun fîcf. li'un d'eux suivit probablement le premier comte qui fixa sa résidence dans celte ville , et s'y établit.
(2 3) Pû^e III. La confrérie du Saint-Esprit de Besançon, expédia à celle de Neuchâtel un vidimus des indulgences qu'elle avait obtenues de divers papes dès le milieu du X1I« siècle jusqu'à Sixte lY , le a 4 janvier 1 480. Le vidimus est du 6 mars 1 481 , avec figures : Dieu le père , assb sur un cube , porte sur sa tcte la tliiare papale aux trois couronnes; vêtement rouge, sous-vêtement bleu et couvert de l'ombrelle. Il présente au dessous de lui le crucifix, sous lequel plane le Saint-Esprit. Un pape décoré de sa tbiare est à la droite, avec im surplis bleu; autour sont deux cardinaux, l'évêque et des confrèi'es de Tordre.
(24) Page m. Léonor d'Orléans écrit aux Quatre -Ministraux le 27 novembre 1 567 : te Nos officiers sont en diflerend » avecque vous sur quelques poincts; mesmement d'ung enfant » trouvé, que avés refusés de recepvoir à l'Hostcl-Dicu, que » treuvons estrange ; » etc.
(25) Page 1 1 4* Par un acte en latin sur parcbemin , Léonard , cardinal du titre de Saint -Pierre -aux -Liens, sur la demande des Quatre-Ministraux de pouvoir établir dans le bas de la ville, et sous leur patronat, une cbapelle avec trois ou quatre autels et un campanicle peu élevé, sous l'invocation des saints Antboine et Sebastien , vu que l'église collégiale bâtie dans des lieux bauts et escarpés était d'un abord difficile aux vieillards, aux infirmes et aux femmes grosses , leur accorde de la part de
492 NOTES ADDITIOimELLES
Léon X cette érection, sauf les constitutions et ordinations aposr toliques , etc. , 3™* des nones de juin Tan 3 du pontificat df Léon (i5i6).
Le i8 juillet i5i7, Aymon de Montfaucon, évéque de Lausanne, donne son consentement à cette lettre , Neucbâtel étant dans son diocèse , et accorde quarante jours d'indulgence pour ceux qui visiteront la dite cliapelle dès les premières vêpres am secondes, aux jours des grandes fêtes.
(^i6) Page laS. Anne-Geneviève de Bourbon, pour témoigner aux Quatre-Ministraux sa satisfaction de leur conduite dam ses différends avec Marie d'Orléans sa belle-fille , au sujet de \i principauté de Neucbâtel, leur avait annoncé le don d'unsomine d'argent pour contribuer à la construction d'un port 5 les Qoâtre-Ministraux , dans leur réponse du i^ mai iG-jS , lui exprimèrent la vive reconnaissance de la ville 5 mais bientôt cette princesse , ainsi que cela se voit par sa lettre du 25 avril i6^^. considérant qii une raison des troubles qui avaient eu lien à N«cbâtel pouvait être l'oisiveté , témoigne le désir qu'il soit établi ime discipline et quelques manufactiu'es pour occuper les feinéans.
Il se trouva peut-être quelque difficulté a foire marcher de front les deux entreprises , à cause des fonds nécessaires ; 1^ princesse le comprit sans doute , et vit qu'il fallait cboisir Fuse ou l'autre ; elle se décida donc ainsi que le porte la lettre suivante :
« Cbers et bien amez. J'ay reçu votre lettre au sujet du port )) que vous avez commencé de faire , et ayant depuis appris psr » le sieur de Montmollin , mon chancelier , que vous vous re- » mettiez à ma prudence et k ma volonté d'appliquer à Tétabb- » sèment d'une discipline ce que je vous ai fait espérer pour if )) port, et trouvé que si elle pouvait être établie, les vérilaï>lf^ )) pauvres en seraient pins soulagés, l'oisiveté en serait Iwuuiie.f* » que ce serait peut-être un moyen d'étabbr à l'avenir qwV"^ » manufacture qui pourrait rendi^e Tétat plus florissant, comm^^
ET PIÈGES JUSTIflGATIVBS. 493
)) m'y suis toujours appliquée particulièrement, je veux bien eon- » tribuer à la somme de Ij. i 2 ,000 pour faire le bâtiment qui sera )) trouvé nécessaire ; mais ayant que de faire celle dépense , je «désire quon ayise aux moyens les plus convenables pour la » nourriture et entretien de ceux qu'on mettra dans la discipline, » et pour la conduite et gouvernement de ce dessein -, afin que » (lès le commencement, on y établisse de si bons ordres que la » cliosc puisse réussir et subsister. Vous en conférerez avec mon » gouverneur et les gens de mon conseil d'état , adviserez tous » ensemble à toutes les cboses qui pourront accélérer cette af- » faire , et m* en donnerez avis. Sur ce , etc.
A Paris, 19 décembre 1 674. Anne-Genmh^e de Bourbon.
I/on ne connaît point les obstacles qui se rencontrèrent dans ce projet 5 Ton n'aperçoit pas même si le don de L. ia,ooo fut délivré. Peut-être la mort de la princesse, arrivée en 1679, arrcta-t-elle tout le travail et empccba-t-elle que son intention fïit remplie.
(27) Page 1G4. Pierre de la Haye avait de la capacité, non -seulement comme négociant, mais comme négociateur. Originaire de Metz ou del^orraine, il se lia pour des afiaires de commerce avec un Franc-Comtois établi à Neucliâtel , et fit des voyages en Allemagne pour son compte, cbargé non-seulement d'y placer des marcbandises, mais encore d'étudier sur les lieux quels étaient celles qui pourraient éti'e placées avantageusement dans le comté ou dans les environs. Venu à Neucliâtel en 1 470 ou 1471 pour régler ses comptes avec son commettant, quelques difficultés l'y arrêtèrent et il s'y fixa. Rodolplie de Hocliberg eut occasion de le connaître 5 il se l'attacba et en fit son secrétaire en i473. Il l'employa à diverses affaires dont la nature n'est pas connue , à Lyon , à Grenoble et autres lieux jusqu'en 1482, époque à laquelle il lui alloua divers objets , en récompense, tant de ses peines, que pour avoir quitté dans l'origine le service de Cbarles-le-Hanly. Pierre de la Haye entra dans la municipalité 5 il fut du collège des administrateurs, ce qui
494 NOTES ADDITlOIfHEUBS
n'empécba pas qu il ne reçût ea 1 491 une oommissioQ du doc de Lorraine, qu'il appelle encore son seigneur, et qui reoTOp auprès des cantons suisses pour négocier une alliance. La ville le députa deux fois à Berne, où il était assez considéré pour obtenir une lettre pressante de recommandation au Magistral, à Toccasion des difficultés que lui suscitaient les parens de sa défunte femme, bourgeoise, au sujet de sa succession. Il fut secrétaire de ville. Quelques affiiires Tayant appelé dans sa patrie en 1 498, il fut assassiné en route. Son frère Laurent, son héritier, vint recueillir sa succession à ^euchâtel } mais la trouTant embarrassée de difficultés, il la vendit aux Quatre -Ministrauxponr L. 5o6 lausannois. La concentration des offices de magistratint! à l'exclusion de tous autres n'avait pas lieu, puisque durant quu en était pourvu , il remplissait des commissions étrangères èa duc de Lorraine, et même de l'état de Berne. Il n'y avait p non plus de règle pour Fenti'ée dans le corps d'administratioa municipale, car Pierre de la Haye y fut admis fort peu d'année après s'être étaljli h Neucliâtel.
(28, i) Pfige i63. Les Juifs étaient tolérés dans le 1^^' siècle à INeuchâtcl 5 mais par les comptes de Conrard, comte* Fribourg (98) on voit qu'ils étaient imposés connue les laillahH au moins Habraam, qui peut-être, eu 142a, y était encore k scid de sa nation. Cet Habraam avait prêté à Li ville L. i^i qu'elle lui rendit en 1 409. Son fils épousa une bourgeoise; (^ qui fait présumer qu'il renonça h sa religion. Il continua cep<* dant à porter son nom d' Habraam , comme nom de (àmilB'i mais ne le propagea pas, car on ne voit pas qu'il ait eu d'enfens^ 11 est encore fiiit mention , environ l'an i45o, d'un autre Jw* nommé Asscrj ils étaient ce qu'ik sont aujoiuxl'bui, marcha»» et prêteurs.
(28, a) Page 171. Ce mémoire était déjà avancé, lorsqu** a trouvé, sur l'ancien état du commerce de Neuchâtcl, de ih«velles lumières qui serviront à rectifier quelques erreurs qu'oa* commises, faute de documens connus à temps.
£a 1 398 , il y avait seize fenêtres marcliandes ou boutiques qui payaient cliaque année 1 8 deniers au seigneur.
En 1 897 , le receveur du péage à Neucbâtel rendit compte de ai 7 balles et de i45 idéaux, sans compter parmi ceux-ci Tarlicle vaguement énoncé : et plusieurs Jardeaux. En 1 898, il arriva au péage îia8 balles , parmi lesquelles 1 3o d'Angleterre , et 3 1 7 fardeaux. I^ droit levé sur cbaque balle était de 5 sols ; sur cliaquc fardeau de un sol neuf deniers^ une partie d'entr'eux payaient im denier pour la laissoia , qui était, à ce qu'il parait, le dépôt momentané. On pourrait en inférer que ces derniers appartenaient à des marchands de Neucbâtel , tandis que les autres, en transit, continuaient leur route pour l'étranger. Les routes par terre étant encore très-imparfaites, pour arriver dans cette ville il ne restait que la voie de Teau, du Rbin, de TAar et des lacs^ mais ainsi Neucbâtel devenait un entrepôt pour fournir les autres villes riveraines du lac et celles du voisinage ; ce qui fait supposer qu'il y avait déjà un conunerce de commission ou d'expédition.
(29) Page 172. Extrait de Vacte de fondation du prieuré de Bei*aix, de l'ordre de Cluny, sous Tepiscopat de Henri , é^(/ue de Lausanne , en 998.
(( Moi Rodolphe, au nom de Dieu, bien instruit journellement » par l'autorité des saintes Ecritures , que les fauteurs du mal » seront punis, etc. , ai fondé suivant mon pouvoir un monas- » tère destiné à y professer une vie religieuse où Ion servît chaque » joiu* Dieu et ses saints. Je me suis donc adressé au vénérable w Odilon , abbé du couvent de Tordre de Cluny de Payeme » et aux frères qui l'habitent, pour me diriger dans celle entren prise et pour pouvoir Taccomphr l'an 998 de Fincamation du n Seigneur, cl la ciuquième année du règue du très-noble roi Ro- » dolphe (le Fainéant dernier roi du second royaume de Bour- » gogue ) ; j'ai appelé de plus le seigneur Ainricum Prœsulem de » TégUse de Lausanne pour faire la dédicace du dit monastère. » Or ce monastère esl situé sur le lac d'Yverdon, dansTévèché
» de la sainte église de Lausanne (in comitatu Faîdend) dédié » à r honneur du saint apôtre Pierre. Je donne donc ce monas- » tere à Dieu et au dit saint. Je concède de plus au dit oouTent » les terres suivantes : niansum Chuniberti cwn omnibus appen- » ditiis situm in valle Bepacensi; mansum Giraldi cum omniks )) suis appendiliis ; mansum j4iroldi cum omnibus appenditm ; )) mansum Dominicicum omnibus suis appendiiUs ; mansum Jdtin berticum suis appendiliis; mansum Custabuiicum suisappcnà- » tiis ; mansum Oclulbaldi cum suis appendiliis. Je donne de plie » au dit monastère tout ce que je possède depuis la bonie en w chemin public situé près du dit monastère jusques adcurriiVM, » et depuis le dit ruisseau fipso riçoj jusqu'au lac j et « termm » mentis se se frangentis usque in curnimm; de plus, laTÎgnc^ )) est au dessous de F église et qui va jusqu'à la pierre dans lebc. » et admontem pertusum, et ce que je possède dans le lienqu« » appelé ad Oclias, Dans le village qu'on appelle Broch, je 1» » donne ce que j'ai a tcrmino Casalium jusqu'à la montagpe<«' nNigra aqua et toute terre que j'y puis prétendre 5 de plœl^ «glise de Saint -Martin dans le village de ce nom. Je douif » aussi au dit monastère scnK^set ancillas comme suitj Giraldf'' )) Ingeltrude sa femme avec leurs enfans, etc. etc. Je soumet' » le dit monastère à l'autorité et à la direction du seigneur 0^ » Ion, abbé de Cluny et de ses successeurs, afin qu'ils le régissesi » suivant la règle de Tordre et qu'ils y fixent le nombre et 1* » demeure des moines selon les facultés de la dite maison; cflO- « ci payeront annuellement à l'urne de Saint -Pierre de sai* )) église de Rome, 2 sob de cens, afin que si quelqu'un s'a^is^ » d'attaquer cette nôtre fondation , ou de vouloir déposséder b » dits moines, il fût arrêté par le frein de l'ànatlième lancé p » l'autorité apostolique , etc. Je donne donc le dit monisifl* npour le remède de mon ame, de celles de mon père, dei* )) mère , de ma fenune et de mes fils et de tous nos parens ^ » funts, présens et futurs, comme aussi pour le remède des va^- » seniorum meorum regum, assavoir Cobunrad régnant déjà a^^ » Christ, et aussi de Rodolphe son fils, qui règne à présent, con^
ET PIÈCES aJSTlFICATIVBS. 497
ïi que jugaîiwn , etc. Je veux que celui de mes liëritiers que je » choisirai , soit ayoué du dit monastère après mon décès ^ qu il » régisse et gouverne le dit monastère suivant la volonté du scin gneur Odilon , abbé , de ses successeurs et des moines de son » couvent, etc. Malédiction contre les opposans; bénédiction » pour ceux qui le soutiendront.
(signéj Radi. àdalberti. Bernardt.
JOHANNIS. BEROARDI.
Fondation du prieuré de CorceUcs, faite par Hunihert, 1091.
(Le prëunbale est le même qu'à la précédente.)
c( Moy au nom de Dieu, Humbert, bien instruit, etc. Je me » suis adressé au vénérable Hugues, abbé du monastère de Climy » et aux frères du dit couvent, par le secours et conseil desqueb » étant dirigé. Fan de Tincamation du Seigneur 1092. Le très » noble roy Henri régnant (Henri IV empereur) inspiré de Dieu. » comme je le crois , j'ai donné Féglise de Corcelles avec tous » SCS appendices , comme le prêtre Durannus la desservait ciï> devant , au seigneur Dieu , aux saints apôtres Pierre et Paul, n et au monastère de Climy, régi par le seigneur Hugues abl>é, » et à tous ses successeurs , afin qu'ils possèdent et tiennent le n dict lieu. De plus, j'ajoute à la dite donation sex jugera de terre n subtus vHIaniy et un pré que j'y possède , et toute la dîme du » village en vin^ de plus Tusage des montagnes, forêts, cbamps^ n prés, pâturages, eaux, cours des eaux, et aussi nommément la I) forêt de Bancon, piscariam quoçue in lacu positam, perquinn decim dies ununi iepalam. De plus, Féglise de Curfrano (G>f- » frane) avec tout ce qui lui appartient, excepté deux sols que Té- » glise de Bevat doit y percevoir. Je donne donc le dit lieu etc. i> pour le remède de mon ame, et pour celui de mon frère Ul- » rich et de ma mère Âldagne et de mon frère Conon , de ma » femme , de son père £zon et de sa mère Aremburge et de mes » fils et iîlles ci de meoruni antecessorum Sieboldi et allerius Sie^ tiboldi; Rodulfi fïlii eju8 adifocati^ Udalrici fiUi ejus , Cunonis » apunadi rnei , Garisberii sedunensis episcopi , et de toué nos
498 NOTES ABDlTlOlfRELLIS
» parens dëfonts, prësens et ftiturs, et pour le remède senhnm )) nostrorwn y et pour celui de Bourcard , évéqae de Ijansanne, » de Durannus, prêtre de la dite église, etc. Et si quelqu on de » nos ser&, hommes ou femmes, voulait y donner de allodio sud, » nous y consentons. Malédictions aux contrerenans, et amende » de 1 oo livres d'or : bénédictions aux bienveiUans. Je donne » aussi à la dite église , les serfs et andUas ci-après nommé: )) Obsurgam cum infantibus suis, Adelidam, Ruzam, Emiiiam, » Binadfamy ciun infantibus suis. »
C^est sur cet acte qu est fondée la filiation avancée note 8; on y voit des probabilités, mais sans certitude entière , hors cdle que lors même que les deux fondateurs n'y ont aucun titre associé à leurs noms , cependant ik possédaient la teire, puisqu'ili en disposaient d'une portion. S'ils s'étaient établis à Notvi Castrum , si l'église collégiale avait existé , l'on ne peut douter qu'animés d'un si grand zcle^ ils ne se fussent distingués par tks donations en faveur du temple de leur demeure. Il n'est (nndI dit oii ces deux actes furent donnés, il en résulterait quelq» lumière. 11 n'y a pas do témoins allégués , au reste on neni que l'extrait, fait sur les actes trouvés dans les archives.
(3o) Page 172. Henri IV empci*eur donne au comte Conon et à ses hoirs le château d'Arconciel , Arconciei, Jrc<^ ciacum castrum , cunt villa in Ochtlandia , avec le village èf Favernier et Salam, et tout ce qui y appartient, vignes, foirtscours d'eaux, chasse, moulius, etc., et bonuni Iiominem cumj^ suo Theobaldo, et cum cceteris senns , et ancilUs illec pertintfuibus; avec pouvoir pour lui et sa postérité de vendre les diw terres. Actwn Albani féliciter y F Indictionc anno aS noi/nr ordinal ionis y 2G nostri regniy anno 108a. I^^e sceau cslappwf à l'acte.
Quoiqu'il ne soit point question de la terre de Neuchiltcl,q« probablement avait déjh un seigneur , comme elle se troo^ dans la suite réunie dans les actes avec Arconciel sous le vahf seigneur, on peut en inférer que c'est celte maison qui fiit celle plus connue sous le nom de Neuchftlcl. Qui était d<mc ceConoP»
ET FIÉGB8 JUSTIFICATIVES. 499
qui reçoit ce don à Albano près de Rome? Elail-ce le frère ou Toncle d'Hinnl)ert, fondateur du prieuré de Corcdles? Le dëfànt d'actes empêche d'éclaircir ou de résoudre ces questions, ainsi que plusieurs autres.
(3i) Pûge 1^3. Jonas Boyve, dans ses Annales, dit qu Ulrich mourut en i aoQ ; c'est une erreur : la preuve qu'il ne vivait déjà plus en 1 196, est un acte de cette date, dans lequel Ulrich , titré de seigneur et comte de Neuchâtel , fait ime donation il Tahbaye de Hauterive avec le consentement de son frère Berthold, trésorier (puisévéque) de Lausanne, et de la femme de son frère Rodolphe , de pieuse mémoire et pour le repos de son iwie. Il résulte de là, que non-seulement Uhûch , père du donateur, ne vivait plus, puisque son second fils agit comme comte actuel , mais encore que Rodolphe , son fik aine , que Jonas Boyve fait mourir en lai 3, n'existait déjà plus en 1 19G.
(3îi) Page 1 74* Acte de Berthoud, i atiS. Cet acte, qui est sur un petit carré de parchemin dont le sceau et la queue sont perdus , est remarquable par la beauté et la netteté des caractères, c'est pourquoi on le transcrit ici : m B. Comes et Dominus Novi n Castri, omnibus présentes littcras inspecturis salutem in Domino » Jesu-Chrislo, sciant présentes et postcri qnod nos ob remedium » anime noslre et antecessorum nostrorxmi Deo et ecclesie béate n Marie de Novo Castro, duos modios nucium ad lumiuare foven- » dum in eadem ccclesia contuh'mus in cleemosinam percipiendos }) singiih's annis in redditibus nostris super pascua de Nuerol et de » Crissiaco, et hoc factnm est de consensu et laudamento uxoris » meeRichcnse, quod utperpctiuuu et ratum permaneat^ presen- }> tem cartam sîgilli nostri robore fecimus commimiri. Dat. Novi » Caslii , anno domiuice incarnationis M,CC, viccsinio quiuto. »
Avec un acte aussi positif, il parait que le chapitre n'avait qu'à en réclamer refTet^ cependant on ne voit dans les comptes du receveur du I^anderon, en 1397 et 1398, nulle mention de cet article. Comme il n'était pas ordinaire que l'égh'se négligeât ses droits utiles, il faut supposer quelque autre raison pour laquelle
itOO NOTES AMlTIOmOLU»
cette livraison n^eut pas lieu ; mais celte raison n^est pas indiqaée. —On ne sait pas positiyement h quelle mesure équivalait leiROdhts. Est-ce au muid, est-ce à Tëmine 7 -« Au reste, la quesùon concernant le dergë devait être jugée à son avantage, et il j en avait dans l'interprétation de yingt-quatre au Ueu d'un.
(33) Page i74« Voici comment Jonas Bojve narre le lait dans ses Annales : Berlboud , seigneur de Neucliâlel , et Rodolphe , comte de Nidau et de Cerlier , font en i a48 un traité par lequel les bourgeois de INeuchâtel pourraient faire pîirt leur bétail au Chablais , district du comté de Cerlier , appa^t^ nant alors au comte de Nidau. Ce qui donne lieu à cet accord, est que les gens de Gampelen , village voisin du Chablais, toqlaient en exclure les bourgeois de Neuchâtel , par la raison qv dès l'an i ^36 le comté de Fenis ou Cerlier , ayant été détad»^ du comté de Neuchâtel, et remis à Ulrich , oncle de Bcrthotidr il ne pouvait plus donner les mêmes avantages aux sujets de Neuchâtel. Ce traité ne se trouve plus dans les archives de ville, où il aurait été d'autant plus important que les limites de ce te^ rain auraient été mieux connues 5 leur incertitude a donné lien à plusieurs prononciations qui paraissent l'avoir considéraUement restreint. Jonas Bovve cite encore un nouvel accord i cet égard, entre les enfans d'Amédée, comte de Neuchatd; mais on ne comprend pas confient il put avoir lieu, aucun dVos ne possédant Cerlier, avec lequel seul il pouvait y avoir quelque difficulté. L'on désirerait connaître les sources où laoteor a puisé ces deux faits 5 on connaîtrait mieux les actes, que sans doute il avait eu en mains.
(34) Page 174* w Berthoudde Neufchastel, concédiss«islf n chevahers et bourgeois de la ditte ville , ai donné h l'hôpi» » de Neufchastel , à Dieu et au Saint-Esprit de Rome, fovt^ » remcde des âmes de mon père et de ma mère, ma terre S^ n trc-deux-bois à l'édifice d'icelui hôpital 5 je lui ai donné p* » rcillemcnt tout ce que l'Iiopitalier acquerra au dit liàpitali ^ )) saulve mon droit ; que ceci l'on ait à rés et stable. Fait <*
ET P1ÎGB8 ICSTinCATIVBS. 501
» Fan de N. S. it^Si. » L'hôpitalîer jouit de cette concession, dont Pacte ne se trouve plus , et Ton ne sait où J. BojTe a pu s'en procurer la connaissance. Ij'hôpitalier était alors mainmortable.
(35) Page 174» Berthoud, seigneur de Neuchâtel, et son fils Rodolphe , du consentement de sa femme , donnent à Fabbaye de Cerlier (Saint-Jean) les droits qu'ils avaient h la pèche de la Tliielle , depuis le lac de Neuchâtel jusqu'à celui de Neurol, sans que le passage des bateaux en soit empêché. A Neuchâtel, fête de Saint-Michel 1249*
On ne comprend pas pourquoi Berthold , seul possesseur et seigneur de la terre' de Neuchâtel , ne prend pas le titre de comte de Neuchâtel, tandis que son oncle Ulrich frère puiné de Rodolphe, pcre de Bertlioud, le portait. A voirie traité d'Ane t du 22 août i653, limitation de la Thielle.
(36) Page 175. Ratification de la vente d'une vigne au curé d'Arens (Saint-Biaise) par Henri, chanoine de Neuchâtel, faite par Jean, prévôt de l'église de celte ville, Amédée, Richard et Henri, frères, co-seigneurs du dit lieu, avec pouvoir au dit curé de la vendre ou engager à qui que ce soit sous leur domination (février 1^77). Le curé étant de condition main-mortable, n'aurait pu en disposer sans cette permission , et la vigne retournait après sa mort au seigneur. A ce qu'il parait, Henri était évoque de Bâie en 127 a. D'autres substituent Hermann h Henri, ce qui peut provenir de l'indication du nom par la lettre initiale seule. Rodolphe, père de ces quatre fib, eut encore de sa fenune , Sy bille de Monlfaucou, deux filles, Agnelette et Marguerite.
(37) Page 175. Jean, prévôt de l'égUse de Neuchâtel, chanoine des églises Laudînensis et de Châlons , et Richard frères, « faisons savoir que conune des difficultés seraient survenues enn tre nous et l'abbé et couvent de Hauterive , ceux-ci voulant » nous satisfaire , nous ont rendu vingt-quatre pierres précieuses » que feu illustre homme Berthoud de Neuchâtel, notre aïeul.
)) leur avait données pour gage de L. 80. Mai 1^85. » Si Âmédëe eût encore été virant ù celte date , il serait intenrena daos cet acte.
(38) Page i ^5. Inféoda tion du comté de Neucliâtel à Jeinll de Cbâlons, par T empereur Rodolphe de Habsbourg, en 1288:
(( Rodolphus Dei gratia Roraanonim rex , semper Âugustos, » miiversis sacri Romani Imperii fidelibus , présentes liUeras )) inspecturiSy gratiam suam et omne bonum, accedcns jr.mpridein )) nostre Majestatis presentiam nobilis vir Rolinus dominas Nori » Castri , filius quondam Amedei domiui de Novo Gistro, ^^ » lis uoster dilcclus , Castrum quod dicitur Novum Caslmin H )) villam ipsius Castri super lacum, liausannensîs diocesis sitcu. « cum allodiis, feodis, et retrofeodis, cum judiciis, pcdagii^ )) jurisdictiouibus, aquis, acquarumquc decursibus et ?i^ » Juras (Joux Noires) ac rébus aliis quocumque nominecenn seaului* , que idem a nobis et imperio tenebat in feudum, ii )i manus noslras li1)cre resignavit. Nos itaque considérantes impf- » rium sublimions fastigii incrementa suscipere , cum gencresf » pix>sapie viros polentes, nobis et imperio, ad debitricis fideÊ- » talis bomagium vendicamus , ad preces pracdiclî Rolini , noKB » viro Jobamii de Cabilone, domino de Arlato (d' Arlr\) , fratn )) et fideli nostro carissimo , ad cujus utîque honorem et pr»- )> feclum (profit) votivis aspiramus affectibus predictum caslriE* » et villam, cum feodis et retrofeodis, et aliis premissb omnil^s )) a nobis et imperio per eum et suos haeredes legilimos, infco- » dum possidenda perpeluo liberaliter concedimus^ ac eum ^ » eodem feodo pi^a^sentibus investimus , liomagio tamen (p^ )) illustribus comti Bourgondie et duci Boufgondie prius prest}* )) tit sibi salvo. In cujus concessionis testimonium praesenteslil' » teras sibi tradidimus, nostre majestatis sigiUi manimine cmB* » munitas. Datum in castris an te Bemam , idus septembift )) indict. prima , anno domini 1 288 , regni vero nostri 9X0 » quinto decimo , cum magno sigillo pendente, n
L'acte par lequel Rollin se reconnaît vassal de Jean de Ci»'' Ions, en vertu du précédent , est aussi du mois de septenib'^
1 288; il fut fait en présence de Guillaume , évoque de îiausanuc, qui en donne sa déclaration, dont le motif est sans doute la réserve faite dans cet acte des hommages déjà prêtés, et dont Tévéque réclamait les choses qu*il tenait en fief dans le comté , et qui n'étaient point comprises dans Thommage à Jedn de Châlons. Quoiqu'il ne soit point dit dans ce second acte , qu'il fût passé au camp devant Berne, sa nature et sa date le font supposer.
(39) Page 176. L'on a donné (note 19) un article de ce fragment de charte , dont on transcrit ici la totalité.
Clutrte de franchises , donnée par Rollin comte de Neuchdlel, aux nobles bourgeois ou komnies libres du comté de Neuchâtel, 1297.
Fidimus de l' officiai de Lausanne : « Nos Officialis Curiae Lau- » sannensis, nos vidisse ac de verbo ad verbiun legissc — quasn dam litteras patentes a quondam milite incUte memoric do- » mino Comité Novi Castri emanatas , ejus sigillo impendente » ^nobis a discreto viro raagistro Joh. de Chastenoye procura- I) tore illustri et magni Principis Domini Johannis a Cabinone, » domini Arelati et Principis (Oraniae) presentatas , quarum tc- » nor sequitur.
» Nous Loys, Comte et Syre de Neufchastcl, savoir faisons à n touts ceulx qui verront et orront ces présentes, comment nous » avons vues les lettres de franchises données aux gentilshommes » et boui^eois et à touts aultres francs demeurans h la terre de » Neufchastel, données aux susnommez par nostre cliier père et n seineur, cui Dieu pardoint, lesquelles sont saines et entières, » tant en scel comme en escripture , c'est assavoir par la forme » et manière que s'ensuit :
» Nous Raol, Syre de Neufchastel, faisons scavoir à touts, que » nous avons donné et donnons par la teneur de ces pi*éseules » lettres, les franchises et libertés cy après escriptes à nos feauli » gentilshommes et borgeix et à touts aultres qui seront francs, » apparteignants de la seigneurie de Neufcliastel tant comme elle » s'estendy c'est assçavoir:
804 NOTES AQMTIONHELLES
» 1° Que le Jor gênerai de Neufchastel ne se doibt tegnirqu » une fois Tan , le dernier dimange du mojs de maj, et ne le
)) point contremauder quand il sera ce nèrepar
» le consentement et volonté des borgeix de Neofdiastel.
» 1^ Item , que nous ne pouvons faire ou faire à faire ajoiu^ » ncr aulcungs par devant nous sur confiscations de biens oa ik ' )) liëritages.
» 3^ Item , celour que seront en suspects par devant nos » d'aulcungs plaid , peut traire sa cause par devant le seignetr » dou fiez.
» 4° Item, que celour que ^seront en doubtance de nous^w » aultres malveillans qui Vj vourra maulx, que puissent ne plar » doyer h nostre terre par procureur et par devant nous se mes- » lier fait.
» 5® Item , avons donné les choses, dcssubs dictes , par ûé » que celour que se sentant aggravez, que devant premièreme* » appeler devant le seigneur dou fiez , au défaut de celui sei- )) gneur que appellois devant la régale de Besançon , corne p )> avant se ûii^it.
» Et promettons nous le dict Raol pour nous et nos heiis K » pour ceulx que aiux>nt cause de nous, au temps advenir, d^ )) non aller ne sofTrir de faire au contraire des choses 3e- » subs dictes.
)) En tesmoiugnage de laquelle chose , nous avons mis nostre » sceel en ces présentes, que fcurent faictcs et données k p^ » mief jour du moys de may 1 297 . n
Confirmation par le comte Louis de Neuchâtel de U 3ifc charte, à la prière et requête des gentilshommes, bourgcoisi ^ de touls aultres francs , demeurons au comtex de Neufdum* de plus il leur accorde : u que se nous faisons vegnir aulcuDf^ » gentes étrangères à nous jugemens que celx que cognessienl^ )) vizent selon la coustume du pays , ou aultremeut , touts fpii^ )) que ils cognoistroient ou jugeroient, ne prenroient pointa )) voix, et demeurcroit leur cognaissance de nulle valeur. »
n reconfirme d^ailleurs toutes autres fianchlses, à ses dlcts sujets de Neuchâtel (6 avril i345). Attestation de TOfficial, donnée à Lausanne le 19 décembre 1409.
(4o) Pnge 178. Extrait de l'acte de serment de la bourgeoisie de Neucbâtcl à Jean de Cbâions, du 1 3 août 1 4o6. « Les cinq gouverneurs de la commune et onze conseillers jurés en son nom et se faisant forts pour les races futures y déclarent que Jean de Cbâlons, en récompense de la fidélité que les dits bourgeois ont rendue à lui et à leurs seigneurs ses prédécesseurs, leur avait donné des lettres de confirmation des francbises et libertés qu'ils avaient reçues de leurs défunts comtes , et même de Conrard , vivant alors , et ordonnait au dit seigneur et aux seigneiu^s futurs qu'il eût à les observer sous les peines portées dans les dites chartes. En conséquence, les dits agens de la commune , en son nom et se faisant forts pour tous les autres bourgeois et babitans , tant présens que futurs , dedans et debors de la dite ville de Neucliâtel , parce qu'ils sont tenus de le faire, reconnaissent que le fief de Neuchâtel appartient au dit prince d'Orange , qu'il sera leur souverain , ainsi que du comté , si le comte Conrard venait à mourir sans hoirs légitimes , ou ses héritiers naturels et légitimes suivant la nature des fiefs d'Allemagne. S'il y a contestation pour la possession du comté , elle se jugera devant l'empereur, de qui procède ce fief. Si le comte Conrard ou ses héritiers voidaient aliéner le comté , les dits agens ne reconnaîtront point pour leur seigneur celui en faveiu* duquel il aura été aliéné , mais rendront toute obéissance au dit prince de Châlons^ etc. »
Les sceaux du chapitre et de la ville de Neuchâtel étaient appendus à l'acte.
(40 ^Page 182. Lettre de Rodolphe de Hochberg au mar^ graiHi Guillaïune, bvn père; le jour de Saint- Urbain 14^4 {^^ allemand).
« Noble , puissant et affectionné père. J'apprends qu'il n'y a pas longtemps que vous êtes de retour de T Autriche à Constance^
o06 NOTES ADDmOlVNELLBS
il m'est impossible de me mettre en route à présent , à cause de la dépense des chevaux et la cherté actuelle. Je tous ai envoyé le maréchal de Halwyll , pour vous prier de vous transporter auprès de moi. Si cela peut convenir, j'offre de tobs prouver et de faire tout ce que rol>éissance et Famour filial exigent d'un frk envers son père. Quoique vous ne m'ajez pas écrit trop poliment la dernière fois , je n'ai pas voulu le prendre en mauvaise part , et je n'ai répondu à votre secrétaire Jean (s'il veut vous rapporter fidèlement tout ce que je lui à dit) que ce que l'équité prescrivait de faire en réponse à YOlre dite lettre. Je lui ai ordonné de vous encourager à vous rendre h mes désirs 5 je vous le mande dans un bon but, et je roas prie de ne pas concevoir de la méfiance à mon égard. Veuill» me faire savoir par ce messager , quand et avec lesquels des miens vous vous disposez à venir vers moi. Je vous assure que je me serais rendu moi-même auprès de vous s'il ne m'êlâi survenu des afiaires si importantes qu'elles ne me permetifoi pas de quitter un instant 5 mais si vous veniez auprès de moije pourrais vous dire des choses qui vous concernent parti»lièrement, que vous seriez charmé d'apprendre, qui feront ht»ueur à notre maison , et pour lesquelles je serai bien aise (k profiter de vos conseils et de vos lumières. Je ne veux lescoftfier h personne d'autre afin d'éditer tout soupçon. Agréez ccUf lettre , mon cher père , et faites ce qui dépendra de vous poc venir auprès de moi le plustôt possible 5 j'espère que mojenM"* la grâce de Dieu toutes nos difficultés pourront être terminées J l'amiable. Berne, Saint-Urbain 1 464. ^ ^^ Hochbebg.»
(^1) Page 198. Le grand nombre d'accusés du crime df sorcellerie dans les XVI** et X VIP siècles, la consonnance des dépositions de ceux d'entr'eux qui étaient saisis et questioniM^ ne donnent guère Ueu de croire que leurs aveux procédassent ou de la force des toiumens , ou d'une imagination qui aurait créé la môme illusion chez eux 5 l'on ne peut guère douter qn il n'existât une secte malfaisante , qui séduisait par des prestig<^
ET PIÈGES JUSTIFICATU-BS. 507
Tesprit des initiés , des femmes surtout , dont Timagination vive était plus disposée à se laisser tromper par les apparences.
Dans les temps du paganisme , les sorcières , sous le nom de magicienne», faisaient descendre la lune , éroquaient les mohts des tombeaux, revêtaient les yivans de fîgures d'animaux , donnaient des philtres , des poisons. Sous le christianisme on ne pouvait plus sacrifier à Plulon et h Proserpine 5 on leiu* substitua rétro auquel la religion avait donné leiu* domaine et leur empire , celui quVlle envisageait comme le père du mal.
Jj'on ignore les moyens employés pour faire arriver les adeptes aux lieux d'assemblées. C'étaient des prairies , des croisées de cliemius , des endroits découvci*ts au milieu des forêts ; le joiu* était le samech , sabat des Juife , dont ces assemblées prirent le 110m 5 rhcurc était celle de minuit. Le chef de l'assemblée, représentant le diable, imprimait une marque sur ime des parlies du corps des récipiendaires, qui lui vouaient obéissance et se donnaient à lui.
Il y avait des temps d'épreuves, comme dans toutes les associations qui exigeaient secret et dévouement^ si l'épreuve avait été soutenue, Tinitiation suivait^ si elle n'avait pas été remplie, on peut croire que le récipiendaire était mis hors d'état de trahir le secret qu'il avait pu entrevoir. Les moyens d'engager les récipiendaires et de les attacher à la secte, avaient du rapport avec ceux que l'on dit avoir été mis en usage par le prince du Mont-Ubon, dans le XIII^ siècle : la satisfaction des sens. L'objet en était malfaisant : des poisons donnés ou sous leurs vrais noms ou sous celui de philtres pour se faire aimer. Dans le premier cas, l'obéissance de Finitié, dont on avait pris soin de d'assurer, en rendait l'emploi certain contre ceux dont les chefs de la secte voulaient se défaire 5 dans le second cas , son désir de posséder une femme le rendait crédule, et lui faisait adopter les moyens les plus propres pour y parvenir.
Dans un volumineux recueil de procès contre des sorciers, faits en France dans le XVII<^ siècle , on voit une gravure qui représente ce qui se passait au sabat, d'api*ès les dépositions des
SOS NOTES ADDITIOimfiLLES
détenus. Quoique la torture pût donner des doutes sur Icon aveux ^ cependant leur accord ne laisse pas de feire croire à ud fond de vëritë.
L'ignorance et la crédulité avaient favorisé la propagation de cette secte dans toute F Europe 5 Ton entendait les samedis ai soir des cris dans Tair: c'étaient les sorcières qui se rendaient au sabat. Ceux qui naissaient aux jours des quatre-temps aTaient une vocation d'élection , et étaient en quelque sorte membres nés^ ils jouissaient du don de la vue absolue , c^est-â-dire , ik voyaient particulièrement tout ce qui se passait dans Tair ets&r terre , et reconnaissaient , à travers leur enveloppe , ceai qK le chef et ses suppôts avaient métamorphosés en animam; le vieilles femmes dont les jeux étaient éraillés, passaient pov ôtre membres de ces assemblées, et cette frivole indication a souvent donné lieu à des tortures dont Tissue était le bùclier.
Plusieurs lieux dans la principauté sont encore connus par k nom que leur donne Topinion commune, conune le point (k réunion des sorcières.
Quant à Motteron , il dit que le chef ou le diable , qui s'appelait Persil, lui avait imprimé une marque sur l'épaule j w^ l'on ignore si l'idée d'empoisonner le prince vint de lui, 00 a elle lui fut suggérée par son principal. Ses variations dans se aveux , lorsqu'on lui donnait des relâches de torture , peutff' laisser des doutes sur la vérité du ûiit , quoiqu'il ait fini par <^ convenir. Sa procédure pourrait être de quelque intérêt, ai* que les autres concemant-le même délit.
Ainsi que chez les payens , les magiciennes étaient enyisap^ comme distribuant des poisons; les sorcières modernes éuiff' appelées empoisonneuses , et autant a ce titre là que coin»' esclaves de l'ennemi de la foi , elles étaient poursuivies v^ rigueur par les tribunaux, qui , plus occupés h ti'ouver des coopables h pimir , même sur des apparences et des présomptioiî^ qu'à désabuser les faibles dans l'erreur , ne parvinrent pas * détruire cette secte de fourbes et d'imbéciles. Elle dura encore jusqu'au commencement du XV III'' siècle; mais enfin k^
ET PIÉGBS JUSTIFlGATlVEg. M9
lumières et rinstruction peDetrant généralement partout, parvinrent à détruire les idées de sorciers et de sortilèges, tant parmi le peuple que chez le^ juges , qui n'en firent plus naitre en en cherchant la où il n'en existait pas.
(43) Page 200. Lettre d'Henri II, prince de Neuchâtel, aux Quatre-Ministraux.
« Chers et hien amez. J'ai su par le rapport du sieur de Mol- » londin (gouverneur) les grandes marques d'affection que vous )) avez fait paraître envers moi , tant au sujet de ma détention » qu'à celui de ma déU>Tancc j j'en ai ime satisfaction pleine et » entière. J'ai su aussi avec contentement ce que vous vous êtes )) efforcés de (aire pour moi, en l'une et en l'autre rencontre. » Assurez- vous que le tout m'a été fort agréable , et que toutes » mes pensées et mes soins ne tendent qu'à votre repos , et à » maintenir le bon état dont, grâces à Dieu, vous avez joui jus- )> qu'à présent. Surquoi me remettant à ce que le dit sieur de » Mollondin vous dira plus parlicuUèrement , et à ce que les n sieurs J. J. Merveilleux et J. J. Triholet, que j'ai vus bien » volontiers venant de votre part, vous en pourront témoigner, » je prierai Dieu qu'il vous ait, chers et bien amez, en sa sainte » et digne garde. A Paris le 3o avril i65i . »
(44) P^e m 6. Le gouverneur d'Affry protesta contre le tribunal qui se forma pour in vêtir madame de Nemours de la souveraineté en i6g4 , parce que lui seul était compétent pour l'assembler et qu'il ne croyait pas sa destitution valable. Ce tribunal fut convoqué par le conseil d'état , qui en exclut le sieur de Grandcour et le sieur d'Affry, châtelain du Val-de-Travers. Nouveaux motife de protestations de la part des cantons de FrilK>urg et de Solenre, qui regardèrent ce tribunal comme illégal. Le chevalier d'Ângoulème protesta aussi de la part du prince de Conti ', mais toutes ces protestations n'arrêtèrent pas les Trois- Etats , qui prononcèrent en faveur de la duchesse de Nemours $ celle-ci cependant, quand elle fut reconnue souveraine, ne pouvant nier qu'il n'y eàt eu quelque irrégularité dans la marche
SIO NOTES ADDITIONNELLES
suivie, envoya le 10 avril aux cantons de Fribourg et de Soleore im acte par lequel, u reconnaissant elle-même les défauts dW » conduite pareille , et la justice de leurs plaintes , elle dédire » qu'il ne sera donné aucune atteinte aux droits , diai^es K » prérogatives des combourgeois des quatre cantons, ni à leurs }) séances aux Audiences et Trois-Etats , dont ils jouiront, hm » comme étrangers, mais comme bien-aimés combourgeois, aire » tous les droits , avantages et bonneurs qu'ils ont eus jusqaV » lors 5 et si quelqu'un entreprenait de les y troubler à ravenir ») en l'absence des princes, interrègnes, ou autres cas, que b » Audiences aient à les y maintenir s'il on est de requise.» Oa verra en 1707 la valeur de cet acte.
(4 5) Page 217. L'éloignement qu'avait la ducbesse de Nemours pour cette clause d'inaliénabilité , procédait de la disposition qu elle avait faite de la principauté de Neuchâtel en îài(& du cbevalier de Soissons ; cette donation fut insérée dans lo contrat de mariage de celui-ci, en février 1694, avec la (îDe <!> marécbal de Luxemboui*g.
(4 G) Page 222. A son arrivée dans l'état, le prince coodo le 1 9 janvier 1 699 à Travers , où plusieurs officiers suisses ai service de France lui allèrent au devant , ainsi que de ses |H^ tisans du pays, en petit nombre. Passant à Peseux, malgré te ordres donnés de ne faire nulles démonstrations, quelques é(ovdis firent des décliarges et crièrent : f7«? le prince de 00 Ils reçurent plusieurs pistoles en retour. En entrant dans b ville il fut reçu avec quelques coups de canon,, et entre de© baies de soldats qui ne firent aucune décbarge. Le prinee ^ jeter beaucoup d'argent dans les rues jusqu'h sou \o^ t sué personne ne cria : Fhe le prince! Il demeurait dans la maisûB de la veuve du maire Bergeon , au dessous du mur méridioo^ du Donjon. N'ayant pu loger dans le cbâteau, il s'était mis à si vue et à proximité 3 il pouvait de là braver la ducbesse de ^^ mours lorsqu'elle y entrait ou en sortait. Ce prince avait la taillf gâtée y et ses manières hautes et (lères ne répondaient poiot a
BT FIÈGBS JUSTIFICATIVES. 511
Fidëe que plusieurs personnes s'étaient faites de son afiàbilitë, que d'ailleurs la circonstance semblait exiger de lui. Louis XIY ne voulant point Tappuyer, le conseil d'état avait refiisé de recevoir la lettre qu'il lui avait adressée , et ne l'alla point complimenter à son arrivée. Le conseil de la ville , dont les démarches avaient moins de conséquence, quant à l'état, répondit h la lettre qu'il en avait reçue 5 il lui envoya même une députatiou. he chevalier d'Angoulème, après l'avoir fait attendre quelque peu, alla la recevoir et l'introduisit auprès du prince, qui était devant sa cheminée. Les uns ont dit qu'il ne se dérangea pas ; les autres qu'il fit deux pas au devant d'eux et les salua en inclinant un peu la tête , sans aucun mouvement du corps. Le maitre-boiu*gcois en chef lui fit un compliment respectueux, mais insignifiant quant à la circonstance du moment. Le prince témoigna à la députatiou sa satisfaction pour la réception qui lui avait été faite et pour son compliment. Au départ elle fut accompagnée par le chevalier d'Angoulème jusque sur la porte (probablement de la maison).
(47) PagciiZ, Le conseil de Berne, pour favoriser le commerce de vin de ses sujets du pays de vignoble, avait interdit l'entrée des vins étrangers dans le canton. Cette interdiction, qui nuisait aux intérêts des bourçeois de Nouchâtel, dont le vin jusqu'alors s'y était vendu librement , et qui leur parut contraire au traité de 1 406, les engagea à envoyer en i683 une députatiou à Berne poiu* faire enlever celle défense j mais elle ne fut pas écoutée. Les circonstances ayant changé en 1694, et le conseil de Berne montrant le plus grand intérêt au parti que prendrait la boiu*geoisie de Neuchâtel, en mêi^c temps qu'il lui importait de s'attirer sa confiance pour influencer ses résolutions , il se relâcha de sa sévérité. Le conseil de ville voyant le moment favorable pour faire lever l'interdiction, ou au moins pour y faire apporter des modifications , envoya une nouvelle députatiou à Berne , k la suite de laquelle le conseil de cette ville écrivit à celui de Neuchâtel le 19 décembre 1694 : « que quoiqu'il eût mûrement n réfléchi à la réponse qu'il fit aux députés de la ville en i683,
512 NOTES ADDmON!fELLBS
» à Foocasion de la défense de Fintroduction des vins étrangeis » dans le canton, cependant il Tenait de consentir h la demande )) des députés de la ville , potir revoir tout ce qui s'était passé )) alors ^ surquoi le conseil n*écoulant que ses sentimens de bien-' » veiUancc et de bon voisinage, s^est décidé à un parti qui salisn ferait la ville et dont ses députés lui feraient pai*t. » On observe dans cette lettre, de la part du conseil de Berne, la même marcbe circonspecte qu'il avait suivie dans les temps antérieurs. Rien d'écrit , et tout par communication verbale et confidentielle , dont nulle trace ne pouvait devenir un engagement ou compromettre des résolutions futures. Ici le conseil de ville ne tira pas de la circonstance tout le parti qu'il aurait pu , et se contenta d'une simple modification de la mesure même et de sa durées et lorsque les circonstances curent changé par le choix d'un prince au gré de l'état de Berne fpassato il pericolo , gabbaio il sanloj, la ville de,Neuchâtel n'éprouva plus les mêmes ménagemens, et l'interdiction rentra en force. Ce ne fut qu'en 1719, qu'il y eut une légère limitation accordée à l'intervention d'un prince puissant, et seulement pour un terme fixé.
(48) Page 237. La réponse du conseil de Soleure mérite d'être ti'anscrite en partie pour faire connaître ses dispositions dans les circonstances actuelles : « Nous avons appris par votre » lettre du 10, ce qui s'est passé de fâcheux et de désagréable » dans la ville de Neuchâtel, le 3 dit (vieux style) ^ et comme » nous avons appris avec déplaisir cet inconvénient, et que notre » cher et bien aimé bourgeois le capitaine Urs Joseph Suiy, de » Steinbrugg, se trouva alors sous la protection de S. A. S. mon- » sieur le prince de Conti, aussi ne pouvons-nous par cette consi- » dération nous mêler de cette affaire , ni vous procurer la sa- » tisfaction que vous demandez j ainsi nous en demeurerons Ut » sur ce sujet. Nous aurions au reste désiré que la médiation de » nos ambassadeurs eût eu lieu dans ces présentes affiiires de )) Neuchâtel , afin de prévenir de pareils et autres dangereux » troubles. Sur quoi nous nous en remettons à la Providence )> divine , la suppliant de vouloir diriger le tout pour sa plus
rr PiiCBS msTiFiCATiyBS. SIS
n grande gloire ^ et garantir le yoisinage de toutes sortes d*in- )> conTeniens. 117 aTril 1699.
L'mfoyer et conseil de Soleure. »
On Toit par celte rc^ponse évasive, la triste condition des faibles y battus et , sinon conlens , au moins réduits au silence. On peut également juger que les députés de Soleure , ville dans laquelle résidait le marquis de Pnisieulx , ambassadeur de France , et qui se dispensait de punir un de ses sujets pour un acte digne de réprébension dans tous les états , parce qu'il était sous la protection du prince de Conti, auraient favorisé les prétentions de celui-ci , si la médiation eût été agréée.
(49) Page a3 1 . Le vrai motif de sa destitution était, on ne peut en disconvenir, son zèle pour le parti du prince de Conti ; la preuve en est le temps auquel elle eut lieu , et les termes de Tarrét du conseil de ville, qui lors même qu'il s'enveloppe dans ^accusation générale de parler en chaire des affaires politiques, fait assez voir que le parti qu'avait embrassé le ministre Girard , et pour lequel il prêchait, était contraire au sien, savoir à celui de la princesse. M^ comprenant que la prudence était nécessaire dans une affaire où Louis XIV s'était déclaré , il eut soin de n'employer que des phrases générales et qui mettaient cette accusation contre le ministre Girard à la suite de celles déjà faites en 1694 et années suivantes; ensorte qu'on ne pouvait y distinguer le reproche du moment , mais seulement la persévérance du ministre dans ses torts. Au moyen de cela, le conseil de ville était assuré des suffrages des commissaires évangeliques , qui ne voyaient que des résultats prudemment dirigés, et n'avaient point entendu les délibérations qui auraient donné la vraie clé des reproches; car la date de 1694 pour le premier, indique déjà le parti embrassé par le ministre en faveur du prince de Conti. Un incident qui acheva de déterminer le conseil à destituer le ministre Girard , fut la dénonciation de grossesse d'une fille , qui l'accusa d'en être l'auteur ; mais peu de temps après il fut avéré que l'accusation était fausse et que la fille avait été suborné*.
514 NOTES ADdlTlOmiELLES
(5o) Page ii33. Soit que Faiiibassadeiir de France e&tdonoé plus de latitude aux ordres du roi , soit que ce mcmarque nt effectivement fait à la duchesse de Nemours la déclaration mentionnée dans la lettre du marquis de Puisieulx du a3 août iGgo^ on peut comprendre combien un prince aussi puissant et aosà absolu dut être mécontent de céder à une résistance pareille. T/amlxissadeur y dit aux Quatre-Ministraux : u Messieurs, le roi )) m'a fait Flionneur de me mander qu'il a fait dire de nouveau » à madame la duchesse de Nemours, que si elle n était pas asseï » autorisée dans votre ville pour faire incessamment rétablir le » ministre Girard, S. M. lui donnerait de ses troupes pour se » faire obéir, et lui nommerait un gouverneur qui saurait îxif n exécuter les ordres que cette princesse y doit donner comme n souveraine, si M. de Montet n'y suffisait pas pour cela; n^ r> qu'il était absolument nécessaire qu'elle acceptât l'une on IV » tre de ces propositions si l'on refusait de rétablir le sieur & n rard. Soleure a 3 août 1699. »
L'on voit par le fait du renvoi du gouverneur de Montet, f^ la princesse adopta celte partie de l'alternative. Il est àmt\^ que si elle eût été ferme à rejeter l'une et l'autre ^ Louis il^ eût fait marcher des troupes dans un moment où il disait o traité pour le partage de la monarchie d'Espagne , Cbarb I^ étant près de sa fin , et Guillaume , roi d'Angleterre , ajaot*noncé ses prétentions sur la principauté.
(5i) Page !i35. L'on a vu plus haut que le marçraTC R*'' dolplie de Hochberg avait refusé à la maison de Châlons VIm^ mage pour la principauté, et que l'empereur ayant évoqué à « la question du droit, l'avait laissée indécise en ne prononça'' point ^ et quoique durant la possession de la maison de hotip^ ville, les héritiers de Châlons n'eussent fait aucime déniait pour faire revivre leur droit, cependant ik ne l'envisagcaki' point comme prescrit , et la prochaine extinction de la mas* de liOngueville parut une occasion favorable h Guillaume ID pour l'annoncer , ainsi que pour le faire valoir. Il commW donc h agir ouvertement en 1O97, lors du traité de Ris^K^-
ET PIÈGES ICSTIFtCATITES. tfltt
Voici la source de ses droits et de ceux de la maison de Prusse : Philibert de Châloos, dernier wlMc de la maison de ce nom, fut tué au siège de Tempoli en Italie , en 1 53o , sans laisser de lignée. Il institua pour son héritier universel René de Nassau , son neveu, fils de sa sœiur Clauda de Châlons. René mourut en i544) sxissi sans descendance légitime, instituant pour son héritier GuiUaume-le-'Bel^i^ue , fils atné de Guillaume de Nassau , son oncle. GuiUaume-le-Belgique fîit assassiné en 1 584 par Balthasard Gérard^ laissant plusieurs enfans de quatre mariages. Frédéric-Henri, son fils cadet, qui avait réuni tous ses biens sur sa télé, mourut en 1647 y laissant Guillaume et neuf filles, dont Tainée appelée Louise - Henriette avait été mariée en 1646 à Frédéric -Guillaume, électeur de Brandebourg. Guillaume de Nassau fut père de Guillaume III, roi d* Angleterre , qui, mourant sans postérité en 170a, laissa par son testament ses droits et ses prétentions à Frédéric I*^*", roi de Prusse, fik de l'électeur Frédéric -Guillaume , qui réunit ainsi tous les droits qu'avait la maison de Châlons.
(Sa) Page 236. Le prince de Conti fondait ses droits, ainsi qii'on Ta vu en i(>94> sur un testament de Fabbé d'Orléans de 1 668 et sur la sentence du parlement de Paris, qui avait déclaré cette disposition valide. Mais la sentence du souverain tribunal l'ayant écarté, il se réserva, lors de sa retraite en 1C99, ^® ^ire Taloir ses droits après la mort de la duchesse de Nemours.
(53) Page ^36. Jaques comte de Matignon était fik de François , dont le père , Charles , avait épousé Eléonore fille cadette de Léonor, duc de Longueville et comte de Neucbâtel. Il fit déjà une offre préparatoire par une lettre aux Quatre- IVIinislraux du 9 avril 1695. Il se rendit ensuite a Ncuchâtol au commencement du mois de mars 1 699 , et avec les autres prétendans employa tous ses efforts pour maintenir la duchesse de Nemours contre les prétentions du prince de Conti.
(54) Page 236. La duchesse de Lesdiguières avait déjà fait une démarche en 16945 elle envoya son fik en 1699 a Ncu-
516 NOTES ADDITIOMIIELLES
chately pour constater sa diUgence et (aire valoir ses droits. ïn 1 707, sa santé ne lui permettant pas de s'y rendre, elle écrite 16 juin aux Quatre -Ministraux, quelle enyoye à sa place soo cousin le duc de Yilleroi. Paule-Marguerite, duchesse douairière de Lesdiguièresy dont il est question, fondait ses prétentions sur ce qu'elle était fille de Githerine, fille de Henri de Goadj, doc de Retz, fils de Charles de Gondy et d'Antoinette fille de Lêonor d'Otiéans. La sœur de Marguerite avait épousé Louis de Cossé, duc de Brissac, dont la fille amée avait été mariée à François de Neuville, duc de \illeroi. Le fib de la duchesse douairière de Lesdiguières, envoyé à Neuchâtel en 1699, monnitpec après, sans bisser de lignée légitime^ ainsi le duc de Villes agit pour lui seul en 1707.
(55) Page 237. Emanuel- Philibert -Amédée de Saïae prince de Carignan , avait déjh fait une démarche auprès de^ Qiiatre-Mioistraux, et envoyé, le 2a mars 1695, poiu* sondw'r^ d'affaires le sieur Martinet. H appuyait ses droits sur deuxtitre?
1 <> Sa parenté par descendance de la maison de Longuerilk Philibert-Amédée était fils de Thomas , prince de Carigiu» et de Marie de Bourhon-Soissons, fille de Charles de BourlKi comte de Soissons et de Dreux , fils de Louis de Bourbon , prio^ de Condé , tué à la bataille de Jarnac , et de Françoise 611f ^ François d'Orléans-Longueville, fils de Jeanne de Hocliberg-
^^ Sa parenté avec la duchesse de Nemours.
Henri II, duc de îîémours, son mari, étant arrière -petit-^ de Philippe de Savoie, duc de Nemours, qui avait épousé Calotte fille de Jeanne de Hochbei^, duchesse de LongueTilk<^ comtesse de Neuchâtel.
(5G) Pûge 237. Léopold-Eberhard de Wurtembeiç-M*^ beillard formait des prétentions fondées sur sa descendance, f les femmes , de Jean III de Châlons , mort en 1 365 , ondf » Jean lY de Châlons, en faveur duquel la commune de Neocb^ tel fit Facte de 1 4o6 , et dont il réclamait le bénéfice. 0 ^
ET PIÈGES JU8TIFICATITE8. tf 1 7
le cadet des quatre issus de germains qui subsistaient alors ^ et il s'appuyait surtout sur la substitution qu'avait établie Jean lY de Cbâlons, dan» son testament du 32 octobre i4i7*
(57) Page 287. Le marquis de Nesle appuyait ses prétentions sur sa descendance , par les femmes , de Jean de Cbâlons quatrième du nom , seigneur d'Arlay , prince d'Orange 5 Charlotte son arrière-petite-fille épousa en pi*emières noces Adrien de Saint- Maure , comte de Nesle , dont la fille Louise épousa Agide de Laval : sa fille Gabrielle eut pour premier mari François-aux- Épaules, dont la petite-fille fut mariée à François de Mouchi 'y sa fille Marguerite épousa le marquis de Mailli , dont descendait le marquis de Nesle prétendant. Il ne se tint pas pour condamné par la sentence de 1 707 , mais agit par diverses intrigues en 1 768 , pour tâclier d'obtenir la principauté eu suscitant des tracasseries à Neucliâtel.
. Frédéric II y mit ordre en faisant partir le baron de Tott de celte ville, et en agissant auprès du duc de Choiseul. Une nou- TcUe tentative en 1 786 fut repoussée vigoureusement par le président du conseil d'état.
(58) Page 287. Béat, baron de Moutjoie, par la généalogie qu'il présenta, se fondait: 1^ sur sa descendance de Catlierine, seconde fille de Rollin, père de Louis de Neuchatel, dernier de cette maison ; 2^ sur le mariage de son cinquième aïeul avec Anne-Marie, fille de Jean IV d'Arberg, seigneur de Valangin j ensorte que ses prétentions portaient à la fois sur les deux terres.
(Sg) Page 287. Le marquis d'Alègre tirait ses droits de François d'Alègre , seigneur de Pressy, second mari de Cbarlotte de Cbâlons, fille de Charles de Cbâlons, comte de Joigny. Elle avait épousé en premières noces Adrien de Saint -Maure (voyez note 57).
Débouté ainsi que les autres prétendans , à la réserve du roi de Prusse, le 3 novembre, il présenta le 19 décembre 1 7 1 2 une protestation au congrès d'Utrecbt pour la conservation de ses droits. Elle fut enregistrée le i3 avril 17 18.
aiB NOTES ADDITIONNELLES
(60) Page 1237. Emilie de Nassau, dont il est qaeslkmtf<t mariée à Emanuel, prince de Portugal. Elle en eut deoi fiH dont Talnée , appelée Marie-Belgic , fut promise à un comte de Nassau 5 mais son procureur, le baron de CroU, lui conduisarf par terre son accordée, F épousa pour lui-même dans le baillafe de Gex où il s'arrêta. Il aciieta dans le pays de Vaud la baronnie de Prangins et y mourut dans une situation serrée , car oq dut vendre sa terre pour payer ses dettes. I.ies quatre filles née de ce mariage fiu'ent mariées à des particuliers de ce pays-6- L'une épousa le banneret d'Amont , de Nyon, qui en eal qb^ fille, Julianne-Catlierine, mariée à N. de Martinet, seigneur c^ Sergis dans les terres de Gex. C'est celle qui se présenta |* procureur en 1707. Malgré sa brillante origine, propre à Ép rer dans un roman , elle fut déboutée ainsi que tant d'aulne prétendans.
(61) Page 2 38. Le ministre Cboupard, partisan déci<i<' quoique secret alors , du roi de Prusse , et en relation aTec h membres les plus influens de la bourgeoisie de Yalangin, kv fit comprendre quelles seraient les suites de leur prélenticei elle était soutenue, telles qu'une scission dans l'état, desi^ mandes pareilles des autres corps , du clergé même fondé s* l'ancien siège des cbanoines aux Audiences générales , le dt*" gement apporté à un tribunal constitutionnel j d'où résulleraif^ les protestations des prétendans déboutés et des manœuTres t leur part, pour la formation d'un nouveau tribunal, par le root de l'incompétence et de l'irrégidarité de celui qui aurait prononcé. Ces considérations influèrent probablement sur le àéssr tement de cette bourgeoisie , a en juger par l'attention avec l^* quelle le ministre fut écouté ^ et il saisit babilement ce morot^ de docilité bienveillante, pour préparer la question ducboii* roi de Prusse , qu'il appuya par tous les argumens que loi s»?* géraient la politique , la sûreté de l'état et l'avantage des pf^' culiers. Il était en relation particidière mais mystérieuse arecr comte de Mettemicb. Apres l'élection du roi , il foiunit à s< ambassadeur divers mémoires relatifs à l'administration do ïé^
ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. tfl8
qui furent pris adreftrendunij mais dont on ne voit pas qu'il ait été fait usage.
(6a) Page 240. Pour donner ime idée de la manière dont le marquis de Puisieulx traitait dans cette afBûre , manière analogue à celle qu'il avait suivie en 1 699 , Ton donne ici la substance d'une lettre qu'il écrivit le 1 4 juillet aux cantons de Fribourg et de Soleure, qui en donnèrent communication au conseil de ville. L*on ne sait s'il en eïivoja un double au canton de Berne 5 peut-être en comprit- il l'inutilité. Il disait à ces deux cantons , que le roi , son maître , en laissant la liberté aux prétendans français de se présenter et d'agir pour la succession de la principauté de Neucbâtel , n'y intervenait que pour empécber que monsieur l'électeur de Brandebourg (Frédéric I**, roi depuis 1 700 , n'était pas encore reconnu sous ce titre par la cour de France, et ne le fut qu'au traité d'Utrecbt) et les autres prétendans étrangers ne leiu* soient préférés ; cpie lui ambassadeur n'avait fait aucune représentation à IjL. EE. sur ce sujet , tant qu'il avait cru que le droit chimérique de monsieur l'électeur ne pourrait point prévaloir sur le droit incontestable des prétendans français; mais qu'apprenant que le parti de ce prince se fortifiait à Neucbâtel, sans que les babitans de cet état réfléchissent sur les maux qu'ik s'attireraient en donnant la préférence à un étranger , actuellement allié des ennemis du roi , et dont les états seraient exposés à toutes les contributions que S. M. pourrait en exiger , il s'adressait en conséquence h IX. £E. pour qu'elles empêchassent qu'un prince étranger , en vertu de droits imaginaires, ne l'emportât sur les prétendans français , seuls légitimes requérans, et qu'ainsi les sujets de l'état ne s'exposassent a des maux assurés en préférant un prince allié aux ennemis de son maître, par l'effet de sa position de membre de l'empire. Il leur faisait considérer que ce choix entraînerait souvent les cantons alliés de Neucbâtel dans de fâcheux démêlés, puisque, aussitôt que le roi son maître aurait quelque guerre avec l'empire , S. M. serait obligée de regarder l'état de Neucbâtel comme son ennemi , etc.
tf 20 H0TB8 ADDITIONNELLES
Il présenta encore d'autres mémoires dont on n a pa se procurer la connaissance , et se rendit enfin lui-même à Neucliâtë en octobre, ayant envoyé devant lui son agent Sainte-ColomHe. La prépondérance que prenait le parti du roi de Prusse, si déclarée, que plusieurs des prétendans français s'étaient déjà retires, engagea sans doute Tambassadeur à faire ce voyage pos opérer plus efficacement eu laveur de ceux qui restaient encore.
Le titre de roi n'étant pas reconnu par la cour de Franee a rélecteur de Brandebourg, à en juger par le mémoire ducoarte en réponse à celui du marquis, celui-ci exigeait pour le pince de Conti , h la barre , la préséance sur le comte de Mettenidi. en qualité de prince du sang. Il s'était permis des termes pn convèna])les à la dignité ile l' électeur-roi ; mais on n'a pu retrouver son mémoire ^ on se borne donc à transcrire la réponse k comte de Mettemicb, qui- donne une idée de son babileiéetile la finesse de son esprit:
a Quoique je fusse d'avance très-persnadé que Sa Majesté po^ » sisterait dans les ordres qu'elle m'avait donnés, de soutenir k » rang qui m'appartient sur M. le prince de Conti, en ipsi^ » d'ambassadeur et de représentant d'un roi, néanmoins, annt » que de vous déclarer mes pensées sur la manière dont M. ^ n Puisieulx , ministre de France , est intervenu dans cette a^ » faire , j'ai bien voulu attendre de savoir tes intentions de Sa )) IVIajesté.
)) Si la cbose se passait en France , S. M. n'aurait pas étésnr- » prise de la prétention de M. le prince de Conti, puisqu'elles^ » bien que si d'un côté la cour a voulu que les princes du saïc » cédassent le pas aux cardinaux, elle leur a défendu en wès» n temps de le céder aux ambassadeurs étrangers , en vue stf^ n doute de les empêcher d'avoir facilement des liaisons avec cfi )) ministres^ et c'est à quoi elle a assez bien réussi, puisque)^ )> ambassadeurs n'ayant voulu acquiescer à ce règlement, onlê^î' » té de se trouver dans des lieux tiers avec des princes du sanî. » pour ne déroger pas à l'honneur de leur caractère. Mais d»*- » cun voit que celte considération politique de la cour de Fre»<^
ET PiACBS IDBTIFIGATiyBS. 521
I) ne doit faire aucan préjudice au rang qui appartient aux mi- » nistres qui ont Thonneur de représenter leur roi. Et le cçré* n moniel qu'il a plù à la France de régler chez elle , et contre » lequel les ambassadeurs ont toujours prolesté , ne sert en au- » cune manière de règle dans les autres cours de T Europe , où » constamment tous les princes étrangers, quoique de sang royal, » sont obligés de s'absenter de tous les actes publics lorsqu'ils » ne veulent pas céder aux ambassadeurs ^ et Ton poiurait apn puyer cela par une infinité d'exemples, s'il s'agissait ici de I) régler cette dispute.
}) Mais quoique S. M. m'ait positivement ordonné de ne me )) m^lâcher en rien du rang qui m'appartient si justement en qua- )) lité de son ambassadeur , elle est néanmoins trop judicieuse , » et elle a trop d'affection pour votre étal , pour avoir voulu » exiger de vous que vous donnassiez une décision sur une con- » currence de cette nature 5 et elle sait que lorsqu'il est arrivé » des disputes sur les rangs entre les ambassadeurs, les états dans » le pays desquels elles sont survenues, ont bien employé leurs n offices pour les accommoder , et ont proposé à cet effet tous » les expédiens qu'ils ont cru propres à y parvenir^ mais lors- » qu'ils n'ont pu y réussir , ils se sont contentés de prendre de i> bonnes précautions pour empêcher les désordres et les mal- I) heurs que de pareilles concurrences peuvent causer , sans s'ai*n roger le droit de les décider 5 et les voies les plus ordinaires » qu'ils ont employées pour cela , ont consisté , ou à faire dans » le particulier les actes qui, sans ces contestes , se seraient faits n en public , ou à ne pas permettre qu'aucun des contestans s'y » trouvât 5 car enfin il y a deux vérités également reconnues à cet w égard : la première, que lorsqu'il n'y a pas de réglemens pré- » cédens et usités dans les pays où l'on est , et qui servent de n modèle , aucun état ni aucun prince n'est en droit de régler n chez soi le rang des autres puissances ; la seconde, que chaque )) état est néanmoins en pouvoir d'empêcher les désordres et » les malheurs, que les concurrens peuvent causer, et faire, sans » donner de l'avantage aux uns sur les antres, des réglemens
529 NOTES ADDITIOlfNBLLES
n propres à prévenir tous les accidens qu^elles ponmiententm- » ner après elles. La raison et la pratiqoe soutiennciit incaUfi- )) tablement ces deux yéritës.
w Cela étant, se peut- il rien de si ridicule que la lettre (pe » vous a écrite M. de Puisieulx, qui veut que les louables cai- 1 » tons alliés de Neuchâtel et vous, apportiez un prompt remece i » pour arrêter ma prétention a Tégard du rang, à moins deqooi i> son roi serait, dit-il, obligé à prendre des mesures bien o^ n sées aux pensées de paix qu'il a eues jusqu'à présent sur Ifi | n affaires de Neuchâtel. C'est vous foire assez ouvertement m n déclaration de guerre si vous ne décidez pas suivant ses inlow tions d'une chose qui n'est pas de votre compétence, etoôli » prudence ni la raison ne vous permettent d'entrer, sinon pocr | » prendre les mesures propres à empêcher toutes sortes de dén sordrcs parmi vous. Mais si cette déclaration de M. de Pi- » siculx vous doit outrer, puisque vous voyez les violences doti » on vous menace à tous momens , et que l'on veut par iot^ \ n vous impliquer dans des démarches dangereuses, voasB<< » devez pas être surpris, encore moins efifrayés j car M. de Pœ* n sieidx ne fait ici que suivre sa constante méthode. Il dêcKX n d'abord dans sa tête que les choses les plus absiuxles sont \v^ n pourvu qu'elles soient convenables aux intérêts de son roiff* )) faute d'avoir de bonnes raisons à dire pour les soutenir)" » emploie les menaces. Il est vrai que lorsqu'il voit qu'elles p*** » duisent un effet tout contraire à celui qu'il en avait espëré/' ï> qu'elles irritent au Ueu d'intimider, il se dédit, et prêtant » qu'on n'a point entendu le vrai sens de ses lettres et qa'elk^ » ne signifient point ce qu'on leur a attribué. Son ambassat^-^ )) n'a proprement consisté que dans de pareilles menaces et àf » pareilles révocations , et les personnes de Suisse qui ont coa* n naissance de ce qui s'est passé depuis qu'il j réside, sont si a^ )) coutumées à cela , qu'elles savent déjà d'avance quand 1^ )> menaces de M. de Puisieulx arriveront, et même à-peo-prc n les termes dans lesquels elles seront conçues ^ mais elles satei^ n aussi le peu d'attention qu'on y doit faire. Il est cependitt
ET PIÈGES JUSTIFICATIVES. tf23
» yrai que ces menaces , toutes vaines qu'elles sont dans les dr- )) constances présentes, n arquent bien évidemment ce qu'on » doit attendre dans d'antres conjonctures , si Ton ne prend pas i> à temps des précautions pour s'en garantir.
» Au reste , si M. de Puisieulx prostitue le caractère d'am- » bassadeur par des expressions indignes d'un ministre public, D je n'ai garde de l'imiter à cet égard, et je veux bien croire que n s'il avait écrit sa lettre le matin , il aurait mieux ménagé les I) termes. Je prie Dieu pour votre conservation et votre pros-
» périté. METTERiaCH. »
(G3) Page 244» Une question de la nature de celle-ci ne pouvait aljsolument se discuter et se juger, ainsi que la possession d'une métairie, selon les lois civiles. Il ne s'agissait pas uniquement de savoir si légalement la principauté devait être adjugée aux descendans du suzerain par les femmes, après un silence de plus de deux-cents ans des descendans de celui-ci, ou si n'cn- Tisageant cet héritage que comme un domaine ordinaire et allôdial, ainsi que le présentaient les testamens d'Isabelle de Neucliâtel et de Jean , comte de Fribourg , il devait appartenir au parent le plus proche de la princesse défunte. D'autres considérations balançaient ici la loi. Il s'agissait du sort futur d'une population de près de 4o,ooo âmes. Or lequel des plus proches parens de Marie d*Orléans aurait pu les protéger? Lequel aurait pu les défendre , leur procurer au dedans et au dehors de plus grands avantages, et rendre leur condition plus ferme et plus stable, qu'un monarque considéré qui attachait cet état à sa couronne? Duquel d'entr'eux les rcconunandations pouvaient-elles au besoin être plus efficaces auprès d'autres princes? Ensortc que sous ce point de vue , si les juges ont déféré uniquement aux considérations poUtiques et h l'axiome : salus popidisuprema lex esto, ils méritent plutôt louange que reproche de prévarication. Voilà quant à l'état même; et quoique ces motifs pussent ôtre présentés avec force par Tétat de Berne , conune déterminaus, il en avait lui-même de puissans, et qui lui étaient particuhers. Vu avec jalousie de ses confédérés, quoique plusieiurs
524 KOTBS ADDITIONNELLES
fussent de la même rcL'gîon , et cela à cause de sa puissance ci de ses richesses, il lui était nëcessaire d'avoir un allié respectoble au dehors. Il ne pouvait en trouver aucun dans les héritiers de la maison de Longueville } il n^en rencontrait que dans les héritiers des droits de la maison de Châlons, savoir GniUaamelII, et après sa mort , Frédéric P*" 5 Tun ou Tautre , tenant la principauté d'une main ferme, contribuait à foire respecter son allie le canton de Berne , et pouvait influer sur sa conservation. Ce canton , d'ailleurs habile en politique , et qui peut-être avait déterminé le roi d'Angleterre à former des prétentions, emplon toute l'influence qu'il exerçait à Neuchâtel depuis i4o6, pour décider les suflVages en faveur de Frédéric I"" , et il y réusit facilement, autant par suite d'une longue confiance^ que parce que les motifs qui se présentaient étaient de nature à être seotis et appréciés par tout le peuple.
(64) Page a 46. Quand on porte les yeux en arrière jusque 1 707 , on ne peut qu'être frappé des heureux effets de la sentence du 3 novembre. Si Guillaume III eût vécu , elle aurait été es sa faveur , puisque les motifs qui ont fait adjuger la prindpaate au roi de Prusse étaient tirés de ses droits. Â sa mort , on e)k serait demeurée imie au royaume d'Angleterre , ou elle anni passé en d'autres^ mains, et ce changement^ suivant les circoos* tances politiques de l'Europe, pouvait avoir des suites fèchcose pour l'état. S'il eût été réuni à la couronne , comme le fat ei* suite l'électorat de Hanovre, il aurait sans doute joui de bneitralité de la Suisse, tant qu'elle n'aurait pas été enfreinte; imi^ lorsqu'on 1 798 la France en guerre avec l'Angleterre aUaqm les cantons helvétiques, elle aurait d'abord envahi la princrpaulej et l'esprit de rapine qui régnait alors dans les armées françaises, fait assez juger dans quel état de désolation se serait trouTee h principauté, conquise par la violence et conservée de même. î< elle eût échappé alors, le premier consul ne l'aurait pas n^li?*^* et réunie à la France, elle aurait été associée à ses destinées ia* térieurcs.
ET PIÈGES JUSTmCATIVBS. tflUS
Si la sentence eàt été en feveur du prince de C(Hitiy on de tout autre prétendant français , on doit présumer que la réunion en aurait été faite à la couronne, ainsi que des principautés d'Orange et de Dombes, vu qu*il ne convenait pas au monarque d'avoir un sujet qui traitât avec lui, comme le fît Henri II, prince de Neuchâtel, en lôSy, ou qui put le braver comme la duchesse de Nemours en 1699 ^ et alors , quel aurait été le sort de Tétat de Neucbâtel , lors des fureurs anarchiques et démagogiques de la révolution française!
H* on ne parle pas des autres prétendans qui ne pouvaient défendre Fétat que sous Tégide de la Suisse 5 dès que celle-ci était attaquée , il subissait le même sort.
Il n'en a pas été ainsi sous la domination prussienne , dont la première opération en 1 708, de concert avec la Suisse, a été de faire participer la principauté à la neutralité helvétique. Par elle Fétat a été respecté durant la gueire de sept ans, et pendant les campagnes révolutionnaires contre la Prusse , jusqu'à la paix de Bâle. LorsquVn 1 798 la Suisse eut son tour et (ut attaquée , le canton de Berne , pour couvrir par un état neutre cette partie de ses frontières, dispensa Neucbâtel de la fourniture des secours militaires stipulés par les traités de 1 406. La principauté échappa donc à cette crise, parce que la résolution ferme et déclarée des rois Frédéric -Guillaume II et III, ayant été d'envisager toute agression dans cette partie comme une déclaration de guerre, il ne pouvait convenir alors au gouvernement français d'augmenter le nombre déjà assez grand de ses ennemis.
La fortune continua à favoriser cette principauté , lorsqu'elle menaça la Prusse de ses rigueurs. Ij' empereur Napoléon, vainqueur en 180 5 de la maison d'Autriche, à laquelle il avait imposé des conditions dures, résolut d'attaquer le roi de Prusse^ mais avant Fagression , il commença par exiger le sacrifice des margraviats d'Anspach et de Bareuth, ainsi que de la principauté de Neucbâtel. Les circonstances dans lesquelles se trouvait Frédéric-Guillaume III, ne lui permettaient pas d'entreprendre une guerre pour les défendre ^ il les céda, mais on vit dans le rescrit
qui annonçait cette cession de la principauté, avec qndk dookor il abandonnait des sujets fidèles et affectionnés. Celte ceasioo, qoi préserva Tétat de la conquête , fut encore une fortune poarloi. L'empereur en fit prendre paisiblement possession parlegénénl Oudinot, avec une partie de son corps. Ce chef bon, humain, généreux et désintéressé , maintint Tordre et la discipline daos sa troupe, ensorte que le pays, hors Tentretien de 6000 homme environ , dont la solde n'était pas à sa chaîne , et dont le séjoar ne fut que de quelques mois , eut peu à soufBrir.
Peu de temps après , Tempereur fit don de cette pnndfwote au prince ÂlesLandre Bertbier, qui Fa conservée avec toutes ?« institutions//! statu quo antè bellum. Elle a ainsi comme glisse de posse^urs en possesseurs , sans éprouver de violentes secousses. Elle pâtit, il est vrai, dans ses ressources internes, p la stagnation du commerce ^ mais cela lui étant commun ateck reste de l'Europe , elle peut espérer de s'en relever un ^ avec lui.
(65) Page a 49. Jonas Boyve, dans ses Annales, suhiDi» 1249» nomme cet évéque Berthoud et non Henri» Void co* ment il narre le fait : « Berthoud , évéque de Bâle , irrité de ce » que Berthoud , comte de Neuchâtel , s'était opposé à ITm* » mage qu'il avait engagé Ulrich, seigneur de Valangin, à»"^ » rendre, vint, pour s'en venger, brûler la ville de Neudwtel,» » lundi avant la Saint -Michel; il y fut sollicité par Henri, àar » noine du chapitre de Neuchâtel et cousin de Berthoud, antpa )> celui-ci disputait sa portion à l'héritage de son père Clrick- » On croit que cette expédition lut favorisée par plusieurs nol** » du comté; la plupart de ces traîtres furent punis , les unsea ï> dernier suppHce^ les autres par la privation de leurs fiefe. £•* n suite le comte Berthoud , pour éviter une guerre fâcbeose- » consentit à ce que son germain Henri^ quoique ecclésiasliq* » prît sa portion de biens , qui était l'office de baillif de Bien* )) à quoi il ajouta Cressier , le faubourg de Neureux , et la pb* » oii dès-lors la Neuveville fut bâtie. »
ET PIÈGES HJSTIFICATIVES. 827
Cet Henri a3raQt étë duraot quelque temps adminbtrateur de révéché de Bâle^ en fut nommé ëvêque en ii63.
(66) Page aSo. Le détail du passage et du court séjour de Félix V au cl)ateau de Neucliâtel , a paru assez curieux pour mériter d'être transcrit ici. Il était accompagné des cardinaux d'Arse et d'Arles, et abdiqua celte même année la tbiare papale, pour la laisser au pape Nicolas V^ et fmir ainsi le scbisme dans l'église. Ses cbevaux seuls furent reçus dans les écuries du cbâteau. Il ne paraît pas que ni Jean , comte de Fribourg , ni Rodolpbe de Hocbberg fussent alors à Neucbâlel 5 mais la réception faîte au pape n'en fut pas moins bonorable. L'on ne voit rien dans les journaux de la ville qui ait rapport à cet événement.
Il fut acbeté :
Un bœuf de 8 florins d'or L. 1 1 » i a » —
îi6 moutons pesant 48a liv., la liv. à 6 den. » 1 2 » i n —
Deux veaux, 69 liv. à 5 deniers » 1 » 8 » 9
Demi-livre lard à larder » — » 2 » 6
Œufe » 2 w 6 ») —
Pain de la ville pour le Saint-Père . . . . w — » 3 )> — Quarante-une poules à i sol 3 deniers . . w. 5 » 1 » 3
Soixante-deux poulets » 2 w 9 n —
Lait de vacbe » — « 2 » —
Miel )) — M 2 » —
Au pâlisssier pour ses peines » — » 8» —
De la prwision de thôtel : 81 poules et poulets, 4^ oies, a Tacbes , 2 brocbets et 2 anguilles , 2 liv. canelle , 4 onces safran , 2 livres gingembre , 2 livres doux de gérofle et graine de paradis ou cardamome, demi -livre poivre rond, i5 liv. sucre dont 1 2 liv. pour l'hypocras.
Il n'est point dit combien le pape avait de cbevaux dans les écuries du cbâieau , mais cinq émines d'avoine qui leur furent données , laissent supposer qu'il y en avait dix. Le cardinal d'Arles en avait trente -trois, le cardinal d'Arse quatorze, les
528 ifons ADmnoii!fBLLB8
officiers du pi^ Tingt. Tous les cheraux loges dies diiq a1lbe^ gistes de la Tille, étaient au nombre de qnatrc-TÎngt deux; leur dépense et celle des gens ou domestiques aux frais do comte, monta à L. «j » 19' » 8^, équivalant à 349 ^^* ^^ moalon 011419 liv. de veau.
Il n^est point dit en détail combien il fut dépensé en pain, Fou voit seulement qu'il fut consommé dans la semaine i3i émines froment -y en vin , 5 muids 6 setiers vin de Neucbâtel , a derca vin de Beaune, demi -queue vin de Y uillafans ^ plus, duTincif Cerlier et du vin de François de Menthon , sans qualité detffminée. Le pape repartit le 1 6 après le déjeuner.
(67) Page :i63. Note v page îi63. Sénéchal de NeucbâttL
(68) Page 271. A voir note 4© page 5o5. Cet acte en laû offre plusieurs singularités dont on doit faire mention :
1® On ne comprend pas ni comment un si petit nombre i^ représentans de la commune ait pu passer un contrat pareil; ■ comment de la part du seigneur actuel il n'y ait eu ni le bvl^ ni le mayor qui j portassent opposition ; c'était donc une œurit mystérieuse dont on leur déroba la connaissance.
a^ L'acte, en latin et en bon style de chancellerie, nepe^ avoir été le &it de gens illettrés de la conmiune , dont tons le actes et les écritures se faisaient en langue française da teopi tandis que les ecclésiastiques , dont plusieurs exerçaient encoit le notariat , faisaient usage de la langue latine. Il est même ipparent que celui de ceux-ci qui instrumenta cet acte, peu aa^ du style qui y est employé, aura fait usage d'un formulaire k^ par Jean de Cbâlons.
3^ Le sceau du chapitre qui y était attaché, sans que ce (^ intervint dans l'acte, indique la part qu'il eut à sa confèctioDi^ une sorte de corroboration ^ on peut donc présumer qœ s^ seulement U Tapprouva, mais qu'il en fut le compilateor,let^ duisit aux seize agens de la conmiune et profila de leur déférox^ pour lui, en le leur faisant adopter secrètement, sans en doov^ connaissance aux autres bourgeois.
4° La circonstance du moment donne du poids à cette idée; Gmrardy de retour de la Terre-Sainte, annonçait ses projets de revendication des concessions faites aux corps et aux particuliers par ses prédécesseurs. Quoique le clergé eût fait au mois d'avril un traité de combourgeoisie ayec Tétat de Berne , il put chercher encore un autre protecteur, et inspirer le même motif à la bourgeoisie, qui opposa ainsi à son seigneur un antagoniste puissant.
5° On peut envisager avec quelque fondement le chanoine Leschet , compilateur des fausses franchises de Louis de Neuchâtel , comme Finstigatcur et Fauteur de cet acte , d'après les rapports qu'il offre avec ces fausses franchises. Il j fait dire à Louis de Neuchâtcl : « qu'il confesse tenir la dite ville et tout le » comté de Neufchastel de son très-chier seigneur de Châlons, » seigneur d'Arlay, comme fief d'empire et fief d'Allemagne. » Cette phrase en quelque sorte intercalée , est trop consonnante av^c l'acte xlu 1 3 août 1 4o6, pour ne pas y reconnaître le même aut«ur.
G^ On reconnaît encore l'œuvre du clergé dans les peines comminatoires portées à la fin 5 elles sont ecclésiastiques et nidlement temporelles.
S'il n'y avait pas eu le sceau de la commune , on pourrait croire cet acte fait à son insu par Leschet ; mais cette marque de son consentement prouve que ses chefs y intervinrent , en même temps que l'acte en lui-même démontre leur ignorance, d^avoir pu imaginer qu'ils étaient compétens pour changer la nature du fief, non-seulement pour la ville, mais pour le comté. Ils ne savaient pas, et on ne le leur dit pas, que dans l'acte d* hommage de 1 a88 (note 38) il n'était question que des héritiers légitimes de Kollin, sans distinguer les raàles des femelles, et qu'il y était réservé les hommages dus au duc et au comte de Bourgogne, ce qui paraît déterminer la nature du fief aux us de Bourgogne. On ne leur apprit pas qu'en 1 357 , Louis de Neucbâtel avait prêté l'hommage aux us et coutumes de Bourgogne, JLjC genre de vie et les occupations actives et rurales des gérans,
i(30 IfOTBS AMHTIONNELLES
ne leur permettaient , ni des études suivies , ni des recherches de cette nature; ib se bornaient à celles de leurs chartes et franchises.
Conrard de Fnbonrg arait prête Tliommage pour le comté h Jean de Chàlons ; mais il avait refusé le quernet ou le dénombrement du fief. Ce refus entraînait la saisie ; en attendant qu'il rex.écutât, il voulut commencer par s^altacher les bourgeois de Neuchâtel ; ce qu'il fit en 1 4o5, en leur confirmant leurs chartes de franchises et d*immunités. Puis, en 1 4o6, il se fit reconnaître par eux comme leur seigneur éventuel. Enfin, en 1 407 , il déclara la main-mise qu'il faisait sur le comté. Conrard , qui savait sans doute tout ce qui s'était passé , dut plier; il donna le dénombrement et resta possesseur, toujours aux us et coutumes de Bourgogne , ce dont il lui fut donné acte le 2 4 août 1407.
D'ailleurs , quant k l'acte du 1 3 août 1 4o6 , l'on ne voit pas qu'il en ait été fait aucun usage lors du différend avec Rod<^phe de Hochberg à l'occasion de l'hommage ; sans doute qu'il fut apprécié à sa juste valeur, c'est-à-dire qu'on ne lui en attribua aucune. 11 devrait s'en trouver un double dans les ardiives de la ville 'y mais s'il j a jamais existé , il aura sans doute été consiuné dans l'incendie de i45o. Il n'a été connu que dans les pix>ductions en 1707.
(69) Page 27 1 (voyez noie /). Cet acte, dont il était difficile de reconnaître la fausseté, aurait conduit la ville et bourgeoisie de Neuchâtel à l'indépendance, s'il eût été vrai. Quant au prévôt et au chapitre de Neuchâtel, auquel le chanoine Leschct avait donné le pas, comme de raison :
1° Il était affranchi au présent et à l'avenir de toute dime envers le seigneur , sur les vignes ou autres terres qu'il possédait ou posséderait.
1^ Il pourra faire dresser des lettres avec son sceau et par son clerc , juré de la dime que les vignes pourraient lui devoir.
3<» Le chapitre ne sera point tenu, s'il ne le veut, k plaider devant le seigneur ou ses commis.
BT PltCIS JVSTtFlCATlTBS. 531
4^ Il pourra receroir sans contredit du seigneur, les dons que Toudront lui faire nobles ou roturiers.
5^ Il aura la succession du prévôt et des curés ressortissans de son patronat , sans opposition du seigneur , quoique auparavant il en ait été usé autrement. (NB. Ces places étaient de mainmorte, c*est-à-dire que ceux qui les occupaient ne pouvaient tester, mais que leur succession appartenait au seigneur.)
Quant aux bourgeois:
lO Ils pourront agréger à la bourgeoisie toutes sortes de personnes sans la licence du seigneur, ou d'autres, excepté pour les taillables ; encore s'ils demeurent an et jours dans la ville , sans être redemandés, seront-ik bourgeois.
iM^ Ils pourront imposer gardes, rentes, corvées, giètes de communauté dans tout le comté sur tous ceux tenant maix bourgeoiiseaux, excepté les gens d'église, sans que le seigneur puisse s'y opposer.
3® Ils pourront faire montre (revue) d'armes, de bamais et de cbevaux , et mettre des amendes jusqu'à i oo sols.
4° Dispensés de plaider contre leur gré devant leur seigneur ou ses délégués^ s'ils j étaient forcés, la sentence serait de nulle f valeur pour ceux qui demeurent dans la ville.
5° Us pourront gager avec aimes, môme dehors, tous en-
j semble ou chacun pour soi , pour les affaires de la ville , ou de
I chacun de leurs l>oiu*geois, sans opposition ni réclamation du
comte ou de ses officiers. Ils pourront gager leurs débiteurs
, pour choses connues, en la ville , excepté au cimetière.
6® Ils pourront contracter alliance, bourgeoisie ou sauvegarde, ou ils le voudront, poiur le maintien et la conservation de leurs franchises , libertés et privilèges , sans opposition du seigneiu* ou de ses ayant cause ; reconnaissant tenir la ville et le comté du comte de Châlons , seigneur d'Arlay , comme fief d'Empire et d'Allemagne, et ne pouvoir vendre, engager ni aliéner la dite ville sans le consentement des dits bourgeois, qui étant francs-bourgeois ne sont prenables ni gageables pour le
SS2 NOTES A^mrioiniiLLBs
fait du seigneur. Et à supposer qu'à Toocasioa du seigneur, oa pour son fait^ ils fussent pris ou arrêtés en Icnirspenamics,!) promet de les rétablir et dédommager.
']^ Les boui^eois et ceux qui demeureront dans k fiDe d^ doivent comparaître par ajournement du seigneur, que dans L Tille de Neuchâtel , ni être poursuivis pour cas criminek bon de la Tille. Un bourgeois, pris et conduit dans quelque fort du comté f doit être transféré à Neuchâtel pour y être jugé ssâmi le cas et la coutume du lieu. Son délit lui sera d'abord aposé, pour qu'il puisse prendre conseil avant que de répoodrf.
8^ Personne ne sera actionné et jugé pour cas de crime, q« dans le chemin public de Neuchâtel; et l'actionné aura son palier ou avocat. Il aura trois jours d'avis , de huit jours en bo^ jours y suivant la coutume ; alors s'il ne veut user d'arocat , :. sera entendu en sa défense et prononcé là-dessus. S'il se àmait, il doit premièrement prouver son innocence par deui^'trois témoins digues de foi. S'il est condamné , ses biens app tiennent au seigneur. Pour nul autre cas on ne peut saisir b biens de quelqu'un par sentence ou passement, que par de^ le juge. On ne le doit féoder (libérer) qu'en justice , et lot* doit point appeler en témoignage des gens qui auraient été es jugement, ou sur lesquek
g^ Si le comte appelle pour juger un non-bourgeois on no^ habitant à Neuchâtel , il devra juger par la coutume qui j '> suivie, autrement son jugement sera nul; et il ne pourrais être pardonné par le seigneur, sans les bourgeois.
lo*' Si un boui^eois ou habitant de Neuchâtel était en^ tance de son corps envers le seigneur ou outils , il pourra pl*i«^' par procureur au dit Ueu de Neuchâtel.
11^ Si les bourgeois dudit lieu font désobéissance oualli^^ en débattant leur bon droit contre le seigneur, il ne leur eos^ rien reproché ni demandé.
11^ Les bourgeois auront les gens de J^ugnorcs sons t^bannière , pour garder la ville , ou autres services ; ceox '
ET PliCBS JUSTmCATIVBS. tfSS
Boudevilliers et de la C6te doWent suivre la même bamiière , s'ils en sont requis par les bourgeois de INeuchâtel.
1 3® Ils pourront faire vendre et taxer pain , chair et poisson h leur volonté, mettre des amendes de loo sok et au dessous, chasser les désobéissans de la ville, les y rappeler, sans pouvoir en être repris par le seigneur.
1 4** Les bourgeoisies ou sauve-gardes contractées par le comte, ses prédécesseurs ou successeurs , ne pourront nuire aux bourgeois , et il n'y aura nulle prescription contre leurs franchises et libertés.
i5® Ik pourront mettre à volonté des chezayeniens dès le G(9ust-Abert au ruz de Colombier.
i6^ Us auront la garde de toutes les portes et porte tteë> et pourront faire fermer toutes les ouvertures par lesquelles on po'urrait causer du dommage à la ville.
I ^^ Tous apènes (étrangers) qui viendront demeurer dans les linaites ci-dessus, seront et feront & Tordonnance des dits bourgeois, sans contredit du seigneur.
i8^ IjCS reconnaissances de ce qu'ils doivent au seigneur se feront sans frais pour eux.
19** Ils devront servir le seigneur pendant un jour et une nuit, à leurs frais, seidement pour sa propre guerre.
10^ Le seigneur leur maintient les piiturages dont ib jouissent, leur rendra ce qui leur en aura été ôté j à défaut de quoi ib seront quittes des L. 1 6 lausannoises qu ik doivent payer le jour du grand jeudi.
ai^ Les bourgeois qui auront encouru la peine des grandes amendes de L. 10 et des 60 sok, seront libérés du tiers, si le seigneur ne leur concède pas une plus grande grâce.
^1^ Lies bourgeois ayant en déférence du comte Louis , juré d'obéir au comte Rodolphe de Nidau , et de faire à l'ordonnance de leur seigneur de la dite ville , le dit comte Louis les relève de ce serment et promet de leur faire lettres particalièrcs à ce
834 NOTES ADmnONNELLBS
iiijet pour en faire usage si oeb était nécessaire f proBietUiit de ne point rechercher ou &ire solliciter lettres pririlfgiées, justice d^empereor, de roi, de seigneur suzerain ou d'autres jurés, qui puisse préjudicier à leurs libertés , fianchises etbooi» coutumes.
n Concession £iite par mûre délibération et conseil de bonnes,
nobles et sages gens , et aussi de la pure et franche volonlê du dit
comte Louis, voulant que son contenu soit observé par ses su^
cesseurs , pour le prix de i ooo florins à lui remis en une sede
* fois par les dits seigneurs de Féglise et par ses dits bourgecè
pour lui aider à faire les frais de sa guerre de RoDcliamp,^!
Moustreulz et de Bentançon , qui ne pouvait se faire sans leor
)K>nne aide et bon service qu^ils continuent encore. Ordonnait
que s*il se trouvait quelques lettres ou privilèges qui fussent cot-
traires k celle-ci, qu*elles soient nulles pour lui et les siec.
ayant accordé ces dits privilèges pour raccroissement et amé-
lioration de son église et ville de Neuchâtel, en jurant k coe-
servation sur les saintes reliques de Dieu , touchées corpo^dl^
ment; voulant et ordonnant que si aucuns des siens rejuuài
tenir et jurer les cïioses ci dessus, ou resilir de partie dkdks^
ne les pas ohsen*ery que les dits seigneurs de l'église et bourps^
ou des leurs, ne soient tenus de lui obéir comme à son JCigW'
de le sentir , de lui pa^er ses retenus sans pom^ir être pa^
suions f et en leur donnant libertés et franchises de Jeu le sà^'
lia fief {\e suzerain) ou autre qu'il leur plaira, pour Uuràk
à maintenir leurs franchises , titres et bonnes coutwnes,mc^
que le dit comte ou les siens ne les voudraient accomplir à ^
requête. En témoignage dequoi le comte j a Êiit apposer sfli
sceau et ceux de Fablié et monastère de l'tle de Saint -Jean''
Cerlier, et de Fontaîne-'Ândré , lo mai 1870. »
((La copie du jeudi après la Saint<»Andpé 1 4io. i>
La consonnance de l'article 6 avec l'acte de la ville en ^"^
de Jean de Châlons en 1 4o6 , peut donner la date de la cob-
pilation de celui-ci, où les mauvaises dispositions envers le coi^
Conrard se font remarquer , surtout dans la clôture soiislip^'
ET PIÂGBS lUSTlïIGATIYES. 535
mais 11 parait étonuant que la décision de la lëgalitë ou de la Êiusseté de cet acte n ait pu avoir lieu qu au bout de plusieurs années, j ayant tant de raisons qui devaient tout d'abord le faire rejeter :
1^ H n'y avait que trente -six ans environ que cette charte avait été donnée ^ or il était (àcile de voir dans Icis comptes de Louis si les I ,ooo florins avaient été reçus, et dans ceux du cha-> pitre s*ik' avaient été délivrés.
^^ L'article 6 , qui dénaturait le fief, n'était pas présuHiable, après rhommage de 1 35^ aux us et coutumes de Bourgogne, le comte ayant surtout fait prêter serment par ses bourgeois à son gendre Rodolphe, comte de T^idau.
3^ Il n'était pas probable qu'une charte aussi importante pour le chapitre et les bourgeois fi!lt demeuré ignorée d'eux durant trente -six ans; leur silence, lorsqu'elle parut, prouve encore qu'ik ne donnaient aucun créance h cet acte.
Le fait du semlent prêté par les bourgeois au comte de Nidau, peut ne pas être inventé comme le reste de Tacte 5 il pouvait y avoir encore des témoins existaus d'un acte aussi pubUc. Quant au motif de ce serment , il paraît devoir se chercher dans les circonstances où se trouvait le comte Ix>uis. Ayant perdu ses deux fils Jean et Louis, et sa maison étant prête à s'éteindre, il voulut pourvoir au sort de son comté et lui donner im seigneur avant sa mort ; il choisit donc le mari de sa fille ainée Isabelle, et voulut que les bourgeois de Neuchâtel lui prétassent serment tandis qu'il vivait encore ; mais Rodolphe étant mort sans descendance , ce serment lut de nul effet. Le comté passa à Isabelle, qui en disposa ensuite en faveiu* de son neveu Conrard, comte de Fribourg.
Il est dit à l'arlicle aa , que le comte Louis relève ses bourgeois de ce serment, .parce que le comte de Nidau était mort en 1 369, un an avant la prétendue date de l'acte.
(70) Pages a^S, 277 et 1278. Cette affaire est singulièrement obscure. Louis d'Orléans écrit de Blandy aux Quatre-Ministraux,
le 2 1 novembre i Soq, à ce qa'il parait : it Nous escriprons à no- » sieurs de Berne et de Fribourg , pour les poures gens de nos- )) tre Tillaige des Fours, pour toujours les garder. Donnée br » toujour le confort que pourrés. » D'un autre c6té , dans w lettre datée de Cbâlons du ai mai, sans indication d'année, :1 leur écrit : u Touchant ce que m'avex escript de Joolx, je n » » teus pas que Ton y fasse rien , et pour cause , sinon que je it » vous mande expressément, n Dans la première lettre il Im recommande les gens des villages de la seigneurie de Jota, ^ les Quatre-Ministraux les avaient agrégés à leur bourgeoisie dâ leur début de leur amodiation du comté en i Sog à la Sainl* Jean. Mais comment pouvait-il leur recommander, ainâ qu'an cantons de Berne et de Fribourg, des sujets qui n'étaient phsi lui depuis l'échange de i5o87 Dans la seconde, Louis ne p» que de Joux, sans doute de la ten*e de ce nom. Peut- être if réclamait-il que des offices en faveur de ses anciens snjets opprimés. — 22 juillet, à Carmignoles : « Touchant ceulx des Focs )» et Verrières- de -Joulx, que n'ayez à vous en mesler, aey » toucher en façon du monde , surtant que vous désirés de b^ » obeyr , et se aulcungs deniers en avés reçuz durant voslrcal' » modiation, qu'ils soyent restituez 5 car ils ne touchent en lie^ » vostre dicte admodiation. 0 Cette lettre parait être de i3n Les Quatre -Miuistraux avaient pris à la lettre la reconuna»^ tion de Louis d'Orléans , et ayant converti leurs offices en ^ faisaient de ces gens-là leurs sujets , comme s'ils pouvaient pr là leur accorder une protection suffisante. Ik en percevaient p revenus, qui sont portes sur leurs comptes d'amodiation, et o^ saient la revue de leurs armes. Louis d'Orléans n'avait pas «u pour agréable ; il écrit de Carmignoles le 5 octobre : « CheK<^ » bien amez. Je vous ay escript par cy devant, (le aa juilk'! )) touchant la boiu*geoisie qu'avez prinse avec ceulx des Foni^' )) dequoy ne m'avez jamais rendu response. J 'envoyé à ce# )) cause N. N. pour entendre ce qu'avez délibéré d'en faire, f' » aussi pour vous en déclairer mon vouloir, et vous adviser # » tenir et observer le serment que vous m'avés (aict, n etc.
ET PDtCBS JUSnFIGATIYBS. 637
Le aa juillet, Louis d'Orléans écrivit aussi aux babitans des Fours et des Yerrières-de-Joux , les réprimaudant de leur désobéissance eovers madame Marguerite leur souyeraine dame et princesse , et leur déclarant qu il ne peut les regarder conmie ses sujets^ tant que ma dite dame tiendra le château de Joux. Il n'entend pas que ses bourgeois de Neuchâtel , ni nuls autres leur donnent fayeur oa aide , les renvoyant an parlement de D61e. La lettre suivante des babitans des Fours et Verrières» de-JouXy adressée aux Quatre-Ministraux, prouve Vacte de combourgeoisie, mais n'en fîxc point la date, ne portant pas celle de Tannée.
« Per Deum, Nous nous j très -honorés , bien ajmez et chiers
» combourgeojs, humblement à vos nobles grâces nous recom-
n mandons, en ensuivant les grants supports, loyaulté, diligence
» et grandes ameiurs que par cj devant nous avez feict et espé-
» rons que vous ferez au temps advenir , car telle est nostre
» fiance , dont humblement vous mercions et plaise vous avoir
n souvenance des bons recours et promesses que dernièrement
» nous fictes à cause de la borgeisie et dont avés recehuz pour
» prins le serment de nous en part je pour et au nom de tous;
» néanmoings il vous pleust nous donner appointement vous deb-
» voir tirer par devers nous, es Fours, en nombre de vous, pour
» mieux eslre asseiu^ de touts cestes babitans , en recepvant
» leurs sermens et donner le scellé d'ung costé et d'aultre. Et
» de rechefvous supplions et requérons ainsv de le faire, attendu
)> les grands dangiers, menaces et aultres grands périls en quoj
I) nous fumes de la part de ceulx de Boi^ogne , comme appert
» à présent par le rapport du sieur de Monbaillon venant des
n Allemaignes , disant que messieurs de Berne çt de Frjbourg
n vous ont donné le scellé, vous defiendant de non nous donner
n support, ay de ne confort, ains nous laisser du ressort de Joulx
» (cette phrase fait supposer que la lettre date de Tannée i5i i)
» que jamais ne ferons pour amory et ne pouvons croyre que de
» Tostre part nous veuillez abandonner , car en vous avons en-
n tière et parfaite fiance, et iceluy serment nous tiendrons, nous
tfSS V0TB8 ADDmOlfIfBLLISS
i> et les nostres. Playse tous, incontinent tous tirer per deçaî n nos dépends , pour en toute chose raysonnable conchint, et n affin que demeurons en paix. Piajse tous à sayçir que à ctste n heure sûmes informez de Tentreprise des dicts de Borgope, n qu'ilz Tout Êûcte contre nous et ne attendent que la Tenue à n hailli, tous suppliant en ayoir adrâ , pour il obtier et bob » donner conseil et quand ad ce , car pour rien ne noos hira> i> fouller par eulx , priant le Rédempteur, chien et bien ajna n seigneurs, qu il vous doingt toujours parvenir k FaccomplisKn ment de vos bons désirs. Amen ! £s Fours, le 6 jonr d'apni i> par vos hum])les et vrajs subjects , les habitans de rostre 4 » laige des Fours, n
Il paraît que les Quatre-Ministraux ne se disposaient]»! obéir aux ordres cle J^ouis d'OHiéans, car il leur écrint la \t^ suivante de Carmignoles le 8 août : « Chers et bien amex. l'<* n m'a adverti quô vous avez fait faire le serment à ceolx desFom » et des Verrières , et que leur avez fait les montres en utah' n et levé les ventes et revenus, le tout contre mon vouloir et << » que je vous ai mandé ; dequoj je nay cause d'estre ctmta^ n de vous, car vous ne pouvez faire telle chose sans ma licence. » Et poiu* ce je vous ordonne que incontinent ceste veae, tq* » les quittiez de leur dict serment , et répariés tout ce qnW i> faict en rendant les deniers que avés receus , et les ]xafi » obéyer k madame Marguerite leur souveraine dame mos](p » desjh je vous ay.escript et gardez que n'y fàictes foulte, of » aultrement je y pourvoyrai en quelque façon que cognoi<rt' n que j'en suis marri. Et à Dieu chers et bien amez qui toc » tieigne en sa garde, n
Rien n'indique quel effet produisit cette lettre, et si les Q*" trc-Minislraux restituèrent ce qu'ils avaient reçu.
(71) Page 278. Le président du parlement de Dôlc éct< le ^3 février i5ii aux Quatre -Ministraux, en réponse à ktf lettre , dans laquelle ils disaient , que relativement aux tîU^ des Fours et des Verrières-de-Joux , il avait été pris et vt^
BT PlftCBS JC8TIFIGATIVIS. ff38
une joumëe par deyanl messieurs de Berne , pour Tider amiable-
mcnt les dits différends: u £t vous* vous donnez merveille de ce
Il que nonobstant telle journée , les dits des Fours et des Yer-
» rières ont été ajournes à comparoir en cette cour^ mais me&>
I) sieurs , je crois que bien entendez le contraire de ce que
» escripvés, car jamais de nostre costé n*a esté prinse ni accep-
» tée journée d'amitiés sur les dicts différends, et combien que
» messieurs de Berne d'eulx-mesmes eussent prins une journée,
» neanmoings leur a esté faicte responce , que de nostre part
» n'avions aucung pouvoir de jornover, mais que en adverlirons
» nostre souveraine princesse. Et debvez assez entendre que
)) sans son ordonnance n'y a officiers qui osent conclurre, ne
» prendre journée , mesmement avec ceulx qui sont subjects de
» ce comté , et qui usent de rébellion comme font les dicts des
n Fours et des Verrières, lesquels, puisque par vos dictes let-
» très les confessez estre de Joulx, qu'est nucment de ce comté,
» et qui du consentement de vostre seigneur le marquis de Rup*
» tclin, est es mains de nostre souveraine, et que lui-mesme a
» desclairé ne les voloir aulcunement porter ni distraire dehors
f> de leur nature et obéissance , et que messieurs de Berne par
I) leurs lettres ont £iit semblable déclaration, semble que ne deb-
» vés vous esmerveiller s'ils ont estez adjoumez en ceste cour,
» pour les poursuivre comme subjecis. Si vous voulés contenter
» de raison , vous la trouverez toujours preste. Et quand vous
i> vouldnez prendre les choses d'aultre sorte , et user de vou-
» lente, il faudroit que nostre souveraine dame, à Fayde de l'em-
i> pereur son père , par touts moyens deus et raisonnables, s'ef-
» forçast de lui garder le sien , u etc.
Malgré ce que le président dit ici de Berne , l'ailàire n'était pas aussi avancée qu'elle lui paraissait, car ce ne fut que la veille de Nocl 1 5 1 1 que le conseil de Berne écrivit aux Quatre-Ministraux. qu'ils abandonnassent ces habitans (note q page ^278). Ji'xiffaire s'aigrit, et la cause de cette injonction pouvait trèsbien être l'avis que ce conseil leur donna le même jour d'un rassemblement de troupes à Pontarlier , et Tordre donné à
540 NOTES ADDlTIOlflŒLLBS
son député à Neacliâtel d'y rester el de prêter tout secours k cette ville.
Il semblerait d'après cette lettre de Berne, que cet état ayah abandonné ces villages à eux-mêmes. Cependant la lettre suivante des liabitans des Fours et Verrières- de -Joux du a mai 1 5 1 a y prouve qu'à cette époque ce canton intervenait encore pour eux, sans qu'il soit plus fait mention de celui de Fribourg. Ik y requièrent les Quatre - IVIinistraux de vouloir faire fin et conclusion avec messieurs de Berne , afin de les mettre en liberté et franchises, a comme leur avez promis et par&ite fiance n en ont , et avec vous vivre et mourir veullent , sans estre dén sobéissants. En ouUre vous supplions que l'appointement de n messieurs de Berne leur soit notifié , que le messaigier d'iceulx » è D61e a besoigné et apporté , » etc. Faute de pièces plus nombreuses , ce fait demeiu*e couvert d'une grande obscurité. Il est possible que l'état de Berne, pour ne pas se montrer trop à découvert, ait vu sans peine les Quatre -Ministraux agréger à leur bourgeoisie une seigneurie dont le chef- lieu était un château fort , qui par sa position devenait la clé de la Suisse dans cette partie. De cette manière le canton de Berne, sans le posséder proprement, en avait tous les avantages , par suite de ses relations étroites et de son influence absolue sur la bourgeoisie de Neuchâtel. Mais à la veille de rompre avec la France, ce qui eut lieu l'année suivante , il ne lui convenait pas de pousser phis loin cette affaire , ayant déjà , dit-il dans la même lettre, assez d'afikires sur les bras , sans entrer dans de nouvelles difficultés.
Mais quoique tout semble terminé à Nocl 1 5 1 1 , pour les Quatre-Ministraux, ils portent encore en compte le revenu de la seigneurie de Joux jusqu'à Saint- Jean i5iî2 ; peut-être Tavaient-ils prudemment exigé avant la fin de l'année précédente.
(72) Page 279. Lettre en forme de circulaire aux sujets Suisses y 6 octobre 1 5 1 o.
M Vous devez avoir appris que S. M. impériale, ainsi que le » roi de France, se sont adressés à nous, de même qu'à plu-
ET PliCBS mSTIFlGATlYIg. 541
» sieurs de nos aUiës , pour se réunir h eux. Mais comme sons » ce prétexte nos sujets poiurralent être conduits hors du pays, » ou employés contre N. S. P. le pape, et que s*ik agissaient » contre le Saint-Siège, il pourrait nous en résulter Fexcommu- » nication et la privation de Tordre chrétien , et comme Tas- » semblée du corps helvétique, tenue à Luceme, veut prévenir » cette résolution , nous vous ordonnons d'en avertir tous nos » sujets qui se trouvent parmi vous , et de leur défendre sur n peine de vie et de confiscation de suivre ces princes ou sei- » gneurs^ mais de rester tranquillement chez eux, et de nous » attendre n etc. (Traduit de l'allemand .)
(73) Page 280. Louis d'Orléans l'entendait ainsi, à en juger par ses lettres. La première , de Seurre le 9 mai 1 5 1 2 , après son départ précipité de Zurich et son court séjour à Neuchâtel, porte: «Chers et bien amez. J'ai receues vos lettres escriptes » à Neufchastel le 7°*® jour de ce mois , par laquelle me adverw tissés comment messieurs de Berne et de Soleure ont envoyé i> à Neufchastel leurs députés pour la garde et protection de ma )) comté , et aultres choses contenues dans vos lettres.
)) Je suis bien certioré et ay mon entière confiance que les i> dicls sieurs de Berne et de Solleure , veulent entretenir, gar- » der et observer l'alliance et bourgeoisie et serment qu'ils ont » envers moy et moy envers eulx , et qu'ils me vouldroient ay- » der à garder ma dicte comté envers et contre touts, comme » ils ont faict jusqu'à ici et que vouldrait faire envers eulx en )) pareil cas, ou aultrement. Par quoy je vous prye et enjoinct, )) que touts les plaisirs , courtoisies et moraHtez que possible n vous sera , les faictes aux dicts députez de Berne et de Sol- » leure » etc.
Autre lettre de Seurre, du 3 1 janvier (probablement de 1 5 1 3).
» Cliiers et bien amez. J'ay entendu le bon vouloir
I) en quoy se sont mis messieurs de Berne et de Solleure , pour » la conservation de ma comté de Neufchastel , et aussv la bonne ,) diligence que y avez faicte , dont je doibs estre bien content
tf4fi IfOTBS ADDITIONNELLES
n de TOUS Vous prenez toujours garde k mes a&ires,
» comme à tous j'en aj ma fiance » etc. Une occapalkm pareOle du comté avait eu lieu en 1 476 , lors de la guerre cootre le duc de Bourgogne^ parce que Rodolphe de Hochberg poo- Tait être envisage comme sujet du duc , à cause de ses terres dans le comté de Bourgogne, et parce que son fils Philippe èù^ au service du duc. Rodolphe , pour écarter les soupçons dep•^ tîalité , alla demeurer à Berne , et fit venir des soldats de ses terres de Brisgaii, pour la garde de Neuchâtel sous le commandement des Suisses.
(74) Page 280. L'on ne peut douter que cette cession w vente ne fôt faite sous clause de rachat, mais le vide des actes ne permet d'alléguer que des indices à cet égard. Les Quatre-Ministraux , amodiataires du comté en 1 53^ , auraient peut-être désiré de joindre à leur ferme Fahbaye de Tîle de Saint-Jean, alors hors des mains de Téglise par suite de la réformatioD- Ils firent donc une démarche k cet effet auprès de Jeanne je Hochherg, le 1 5 décembre de cette année. Elle leur repondit: (( Quant au tiers article du mémoire, advertissant de Tile 3e I) Saint-Jean, nous envoycrons procuration spéciale pour sou)* M mer les détempteurs d'icellc abhaie de la rendre , et ceb k » plutôt que faire se pourra, avant qu'il y ait prescription en b » jouissance. »
D'où Ton pourrait présumer qu'il y avait près de dix an* écoulés depuis l'aUénatiou. Le silence qui couvre les suites de cette démarche ne procéderait -il point de ce que Jeanne if Hochberg, toujours aux expédiens pour se procurer de lai^i^nt. aurait transigé au moyen d'une somme pour anéantir ce droit de rachat?
A cette époque, les Quatre-Minislraux demandèrent au p»* vemeur George de Rive qu'il leur abandonnât les biens aumônes k TégUse de Neuchâtel ; il leur répondit le 5 septembre (sans date d'année, mais probablement de 1 536 ou 1 53^) : «que dm* » l'état où sont les choses entre madame Jeanne de Hochb^ » et les seigneurs de Berne , ceux-ci pourraient dire que «i^
ET PlàGES mSTIFICATIYBS. 543
n serviteur faisait de pareik dons à eux bourgeois, Madame poun Tait bien leur donner ce qu'elle prétendait avoir d'eux de File n de Saint-Jean , (c'était peut-être alors le moment de la négo- » dation ci-dessus), vu les services qu'ils lui avaient rendus, non tamment à la remise du comté , qu'elle n'eût jamais eu sans » eux , ensorte qu'il ne peut satisfaire à leur demande, n
Les Quatrc-Ministraux firent encore une tentative auprès de Léonor d'Orléans (toujours pendant qu'ails avaient la ferme du comté) par lettres et députation , pour l'engager à quelque démarche tendant à opérer ce retrait. Il leur répondit le 6 avril 1 502 : « Quant à l'aiTaire de l'abbaye de l'île de SaintJean, j'en » cscripts à messieurs de Berne en leur envoyant un gentilhomme » avec une plus longue lettre. Il se dirigera dans celte afIaire-Ui » par Tadvis de mon conseil d'état et suivant son instruction, n L'on ne commit pas le succès de cette nouvelle démarche.
Dans un inventaire des archives du souverain, fait par le chancelier Jer.-Jaq. Stenglin, vers la fin du XVIP siècle, on trouve cette indication : u Inventaire des titres dont ou se peut armer » pour la répétition et retrait des biens du domaine et revenu n de l'abbaye de Saint- Jean, de Cerlier, alternativement entre » les comtes de Neuchâtel , comme fondateurs d'icelle abbaye , » et les seigneurs de Berne , à cause du comté de Nidau. n
Jonas Boyve dit que l'état de Berne acheta cette abbaye en i5i7, à bas prix , parce que l'abbé en retirait presque tout le revenu j qu'il lui vendit cette prébende à-peu-près dans le même temps, et que les cantons ratifièrent cette acquisition.
(^5) Page a83. Louis d'Orléans, marquis de Rothelin, prince de Chastelaillon, etc., écrit aux Quatre-Ministraux, sans date d'année , mais sa lettre parait être de 1 5 1 a , car il y parle
de sa négociation pour la paix ce Et partirons (lui et
» les am])as6adeurs) de cette ville (Seurre), mercredy prochain, » pour aller par delà ^ je mènerai ma femme jusqu'à Neufchas- » tel, car elle a belle envie de vous voir et tous ses bons subjects
» de par delà Et vous prie que me fassiez bonne provision
» de bois et aultres choses nécessaires. »
544 NOTES ADDITIOKNBLLES
Jeanne de Hochbei^ aux mêmes, de Blandy ^3 noTembR: i( Cbiers et bien amez , je me recommande à tous. Monsiev » envoyé ce porteur par devers tous , vous advertir comment il » a pieu à Dieu me donner un beau fik , que je vous assure est » bien de sorte à avoir longue vie , et au plaisir de Dieu , il sera » pour maintenir la maison au temps advenir , aussi, Monsieur n lui donne le titre et nom de la comté de Neufchastei. J'esperf » que serez joyeulx de ces nouvelles , car aussj avons délibôt » qu^après que sera fort pour endurer le porter, ^envoye^no^ » rir à Neufchastel avec vous. »
Il parait que c'était Claude , Tainé de ses (ils.
Autre du 3 1 janvier : « Escripvés souvent à Monsieur de tes n affaires de par delà, et me advertissez là où je pourrai vous&ût » plaisir, et je Taccomplirai voulentiers. Dieu ajdant. n
De Louis d'Orléans : « De Paris , samed j veille de Pasqofs » cbamcUes (sans année). Le roi a voulu que le doyve accoo- » pagner à Milan , là où je m'en voys , et à mon retour espèt » passer à Neufchastel et y faire bonne chère avec vous, n
(76) Page a85. Jeamie de Hochberg, à qui les Qnaiff- Ministraux , après la restitution du comté qui Tenait de lui ètrt faite , avaient envoyé une députation pour lui témoigner k^ désir de la voir à Neuchâtel , tant pour leur prêter lo senof^ que pour d'autres objets à régler, leur répond d'EpoisseskK février, et de Blandy le 1 3 juin 1 53o, avec beaucoup d'aflfecti» en leur exprimant son regret de ne pouvoir aller à Neucbàui étant appelée à se rendre auprès de François I**" j mais qu'iœ*" diatement après le voyage elle s'y transportera , espéranlqo-^ auront pris ses excuses en bonne part. Elle cherche à les pff* munir contre un changement de religion.
D'Epoisses, 9 septembre (sans année): m Mes enfàns de Nc^' » chastel. Je vous escripverois bien souvent l)eaucoup de choî^ » mais incontinent il est seu et davantage. Je vous prie que ^ » continent ces lettres veues que les dessiriez. Que sera pourU » mes enfans, priant Dieu qu'il vous garde de mal.
» Votre bonne maîtresse , jEBàJUSt^*
D^Epoisses, i8 mars i 536 : u Mes bons enfans. n (Elle deuiande que deux d'enlr eux se rendent auprès d'elle pour concerter avec Geoi*ge de Rive sur les affaires du comté) ; k priant Dieu, n mes bons enfans , tous avoir en sa saincte garde.
» La duchesse de LongueyiUe, votre bonne mère,
Jehanne. ï)
D*Epois8es^ ii mars (sans année) : «Mes cbiers, aymez et » bons enfans. Je suis contrainte pour la grande nécessité là où » je suis , de vous envoyer ce porteur , pour vous prier le plus )> qu'il m'est possible de m'apporter l'argent des graines que sa- » yez, et que ce soit & la plus grande diligence que faire se pour- » ra, car je vous promets, ma foy, que je suis en grande nécesn site d'argent^ car j'ai eu nouvelles que si je n'ai argent devant » Pasques , je perdrai toutes mes bagues que j'ay mises en gage n pour mon fils le marquis , qui est une chose dequoy en savez » bien la yérité, et vous prie aussy tretous, de recouvrer argent » que ne me puisse porter préjudice ne dommage ^ car je vous » promets , ma foy , qu'il ne me sauroit venir à meilleur poinct. » Je pense que vous trouverez mon oncle de Sainte-Croix (Oli- » vier de Hochberg, fîk naturel de Rodolphe de Hochberg, sei- )> gneur de Sainte -Croix, curé de la Magdelaine) ^ gardés bien » de dire mot 5 ne Taillez aussi de m'apporter l'argent des églises, )) tant du prieuré du Vaulxtravers que d'aultresj car je veulx icy » faire dire le service à mon église 5 faites rendre compte à Pran- » gins (George de Rive), car j'ai peur que s'il se mourroit d'ad- » venlure, qu'on me fîst encroire beaucoup de choses dequoy il w ne seroit rien ; et regardés au trésor de l'église, car je le veulx )) avoir de par deçà pour acquitter la conscience et faii^ prier )) Dieu pour mes parens et amis trespasséz, et n'obliés aussy l'af- » faire de Rothelin ( Rœtheln en Brisgaw) , laquelle je vous rew commande de plus fort qu'il m'est possible ; et si d'adventure » avés trouvé marchand qu'il veuille entendre , amenez-le avec w vous , et qu'il ne fasse semblant de rien. J'ai chargé ce porn leur de vous dire quelque chose et me recommande k la sou-
846 NOTES ADDI^TIONNELLES
)) venance de mes bons enfans , qui sera pour fin , priant Diea » qu'il Yous garde de mal.
» Votre bomie mère a jamais , Jehanne. n
Cette lettre, ainsi que plusieurs autres, prouve TéUt je pénurie dans lequel la prodigalité de Jeanne Tavait jetée. Bt fait argent de tout, du trésor de Téglise, de ses prétentions surk margraviat de Rotlielin, qu^elle cherche à vendre; ellcsQuatre-Ministraux tirèrent habilement parti de cette disposition. Us s^étaient acquis la bonne volonté de ceux qui entouraient Jeanne, ensorte que , dans ses frcquens liesoins , ib étaient aussitôt p sentes comme ressource. Ils lui prêtaient à des conditions o&> reuseSy lorsqu'ib avaient de l'argent ou voulaient en avoir; quae^ les besoins de la comtesse étaient devenus urgens, qu'elle ot pouvait pas rembourser au terme convenu , pour la tirer des* barras ils lui présentaient des concessions à (aire, des aliénaliflo: de domaines, de droits, des amodiations à signer, et elle jc^ sentait avec d'autant plus d'empressement, qu'indépendamiK^ de l'acquit de la dette , il y avait encore une somme à'it^ d'entrage. Par ce moyen , ils étaient parvenus à la dépool^ presque entièrement de ce qu'elle possédait, à la réserfeds^' tre, lorsque l'arbitrage de iS3ç) les obligea, moyennant coe* pensation, h la restitution de beaucoup de choses.
On peut se faire une idée des moyens qu'elle mettait en ^ pour se procurer un argent qu'elle empruntait par grosses ^ petites sommes du premier venu qui voulait lui prêter. £lleé(^ à Pierre Levasseur, son trésorier, en 1 5 89 : « Trésorier, t* » ne m'avés pas tenu promesse , et cognois bien que quant i'- » fait des gens (sans doubte ce que vous voulés) qu'il ne tocs p » chault plus ; car vous m'aviez promis de m'envoyer 200 ec* )) voire 3oo , dequoy trouve bien estrange, veu qu'il me scnu* » que n'avés rien perdu à me faire plaisir. Et ay icj un »t' » chand touls les jours après moy pour 100 escns> et touW'^ )) qu'il m'en eût coûté 4oo. Je le vous envoyé; je vouspnf''' » les luy payer ou l'en asseurer, a celle (in qu'il ne m'en roBif » plus la teste ^ et aussi de m'envoyer trois aunes de vdoofi'^
ET PIÈGES JUSTinCATIVES. tf47
» six aimes de taffetas en quatre fils. Je vous prie de yoidoir » cognoistre yostre Créateur et me donner à cognoistre qae avcs » envie de me faire plaisir. Priant Dieu qu'il tous garde de mal.
» Yostre bonne maîtres^ , Jehanne.
» Je TOUS prie si ayës baillé les loo escus à ce marchand, mVn » envoyer anltres cents et me ferés plaisir, n
La caisse de Jeanne était vide , car le trésorier dut faire les avances pour plusieurs articles, dans lesquels sept aunes et troi»* quarts velours noir qu^elle avait donné à M. de Cronils pour faire une robe à chevaucher, L. ^7» 10*5 quatorze aunes et un quart toile d*or frisée pour une robe dont elle faisait présent à la mar* quise de Rothelin, sa fille , L. 801 » 1 1'» 3^.
Le compte fut approuvé et signé par le gouverneur George de Rive , et de toutes les avances faîtes par T^evasseur il (ut fait une obligation par main de notaire^ le 10 décembre i54o, pour la somme de L. 3,749» i'» 3<^.
En 1 540., George de Yallières , seigneur du dit lieu , maître d'hôtel de la comtesse et son écuyer, présenta aussi son compte, dans lequel sont les articles suivans :
(( Sa femme a prêté à Madame, au lieu de Château-Regnault, )) 5o écus d'or sol , soit L. 1 1 a n i o*.
» Il a donné à elle-même à Blandy, lesquels il emporta du ï) curé de Chastelat, L. 45.
» Envoyé de sa maison à Madame, 10 écus sol et a lions, soit L. a7))i8*. n
Ses gages d'écuyer d'écurie étaient de L. 200 par an . Son compte fut payé par les Quatre-Minislraux, sur leur amodiation de 1 543.
Ce même Vallières fut chargé par la comtesse de se rendre à Delémont avec lès châtelains Baillôds et Merveilleux , députés de la viUe. Ils y demeurèrent cinq jours; leur mission était de parler aux ambassadeurs de Bâle pour le fait de Rothelin. Voilà tout ce qui en est dit 5 ensorte qu'on ne sait si l'ambassade de Bâle avait pouvoir de juger les prétentions de la comtesse, ou si ces députés n'avaient que la mission de les éteindre moyennant une somme.
{{48 NOTES ADDITIOI«!IBLLES
On pourrait encore citer d^autres lettres qui seraient de nouvelles preuves de sa bienveilknce envers ses bourgeob. U est vrai que Ton pourrait soupçonner que le motif n'en était pas bien pur, ni dépouillé d'intérêt ^ on se bornera à la suivante qui la montre dans une de ses détresses d'argent.
i( Mes enfans , je vous envoie la Maillodie (son valet de » chambre) pour vous advertir que je suis du nombre de ceulx » qui sont mandez et ay desja eu lettres de la rojne, et pouyés n bien penser que mon voyage ne se peult faire sans grands » fraix pour moy, par quoy je vous prie que ayez souvenence » de vostre mère et maîtresse , et de ne me vouloir point faillir » à ce l)esoing et que je cognoisse que vous avés bonne enTÎe » de me faire service, qui sera pour fin, priant Dieu, mes bons n enfants, qu'il vous garde de mal. D'Epoisses le i5 janTier » ( i538, à ce qu'il paraît).
» Votre bonne mère et maîtresse , Jehanns. »
» Je ne veulx pas oublier à me recommander aux femmes, » aussi bien qu'aux hommes, et si ne voulez faire ce que saTés, » envoyés -moy pom* ma pension (amodiation) et ce sera tou- » jours en rabattant, n
(']']) Page 285. Dans une lettre datée d'Epoisses, le 27 août i538 , la comtesse se plaint d'une entreprise faite par le châtelain qu'ils avaient nommé au Landeron, et qui avait conduit dans l'église de cette ville un ministre qu'il y avait fait prêcher à l'heure où la messe devait se célébrer. Elle veut que justice en soit faite aux bourgeois du Landeron^ que le dit cliâtelain soit destitué et remplacé, et que dans les oiEces qu'ils (les Quatre-Ministraux) conféreront durant leur amodiation, ceux qui en seront pourvus aient l'agrément du gouverneur de l'état et lui prêtent serment.
(78) Page 286. Dans l'acte du 4 mars 1 536, les deux bourgeoisies de Neuchâtel et de Bienne jurent une perpétuelle alliance et comboui^eoisie cntr'elles, devant s^aider et se soutenir mutuellement, comme si elles ne faisaient qu'une seule bour-
geoisie ; elles défendront leurs corps et possessions , I^urs franchises etc. , sans délai contre ceux qui youdraient les attaquer; de même leur religion, et dès que Tune des deux villes en sera requise par Fautre. Nulle des deux villes ne pourra entreprendre de guerre sans le conseil, volonté et connaissance de Tautre. Viennent les réserves, telles que, dans tous les environs h portée de ces deux puissances, il ny avait que Charles-Quint, à cause du comté de Bourgogne , contre qui elles pussent porter leurs armes. Comme ce traité n^avait pour ohjet que la politique , il n'y est rien dit des cas de poursuites civiles, qui demeurent aux • législations respectives. Ce traité a été ignoré des diplomates, qui auraient peut-être fait la remarque qu'il y manquait la clause ordinaire , que ni Tune ni l'autre des deux puissances ne pourrait ùâre paix ni trêve sans le concours de son alliée.
(79) P^g^ ^87- Dans une lettre d'Epoisses du aa août 1 587, à propos de quelque difficulté avec Colomhier, Jeanne de Hochbcrg dit aux Quatre-Minislraux ; m Je mcttray poyne avec vostre » ayde et de mes bons amis , qu'il ne m'y fera fascherie , vous » priant y tenir la main , et y faire comme en vous en est ma » fiance. J'en escrips une bonne lettre h messieurs de Berne, n ainsi que m'avés escript. Je vous prie sur le tout y avoir égard, n ensorte que mes aucthorités ne se perdent. J'envoye mainn tenant exprès au sieur de Prangins, gouverneur et lieutenant- « général de mon comté, pour recepvoir mes vassaux à foi et j> hommage , et bailler leurs carnets et dénombrement. Vous y » ferez comme lK)ns et loyaulx serviteurs doihvent faire, et pour )) ce que suis asseurée que ne m'y fauldrez aulcunement, ni de » touttes mes aultres affaires , ne vous ferai plus longue lettre. i>
On est surpris de l'étonnante confiance de Jeamie , qui fait participer les chefe de la municipalité à des affaires de haute seigneurie , avec son gouverneur et son conseil d'état. Cela ne peut s'expliquer que parce qu'ils étaient pour elle une ressource dans ses fréquens besoins.
I>ans une lettre de Châteaudun , du 3i octobre , Jeanne de
ttttO NOTJSS ADDITIONNELLES
Hochberg informe les Quatre-Ministraux qu^elle enyote son mai* tre-d'h6tel Vallières à Neuchàlel, poar oyr ses comptes, » Je tous I) prie de ordonner deux de vos vingt -quatre conseillers , avec » Tostre secrétaire, pour assbter arec le dict seigneur de Val- » lières pour o jr mes dicts comptes , et vous prie bien fort , si » TOUS sayez rien qui soit à mon dommage que Ten veillez ad- » venir , car je sais bien que au temps passe Von m'a fait beau- » coup de tromperies, dequoj je me suis bien apperçue par )) deçà. Je ne veulx pas oublier de vous remercier bien fort de » vostre beau présent , et vouldrois que Dieu m'eust fait ceste » grâce que vous peusse voir une fois tous ensemble pour vous » en remercier. Et sur ce je ne veulx pas oublier aussi à me re- I) commander bien fort à vos bonnes souvenences, auxquelles je n veulx demeurer. Sera pour fin, mes chiers et bien aimés enn'fans. Votre bonne mère à jamais sans fin^ . Jehanne. »
Un ton si tendre fidt présumer que le présent était en argent et qu'il arriva fort & propos , n'y ayant point de date d'année ; Ton ignore quelle plume les Quatre-Ministraux arracbèrent à la bonne Jeanne, k la suite de ce cadeau.
(80) Page 287. Dans une lettre sans date, écrite de Noyers par Jeanne de Hocbberg, et qui, à ce qu'il parait, fut remise aux députés des Quatre-Ministraux, elle dit, à propos d*une demande qu'ils lui faisaient: k Je vous supplie de cela, de ce » que je suis maîtresse, ne me vouloir faire serve. » Il était sans doute question d'une nouvelle cession, dont enfin elle sentait la conséquence.
Soit d'elle-même, soit sur les observations et réclamations de ses enfans, dont elle faisait des plaintes aux Quatre-Ministraux, comme en recevant des cbagrins, (probablement ils s'opposaient à ses prodigalités à leur égard), elle voulut retirer ses nombreuses aliénations , et leur écrivit de Noyers , le 1 5 décembre 1 538 : t( Nous avons donné charge à Yallières de vous demander et re- » tirer de vous les doubles collationnéz aux originaux, de tous les » o(!li*ois , lettres et titres que vous avons ocIi*oycz , des cessions
ET PIÈGES JUSTIFICATIVES. USi
» et aliënations qae voas ayons faites , tant des biens des pré- » Yoty chapitre , chanoines et chapelains, Tabbaye de Fontaine- » André , que aultres biens , censés , rentes , dixmes , bled et » YÎn provenant des églises du dit comté , que semblablement )) de l'aliénation que pouvons vous avoir faicte de nostre mairie » de Neulchastel. n Cette énumération fait voir combien les Quatre -Mintstrau3L avaient obtenu de leur souveraine en peu d'années 3 aussi résistcrent-ils long-temps pour rendre des actes autant importans. Ils avaient prêté et donné de l'argent , et réclamaient un remboursement qu'elle ne pouvait faire. Il en résulta l'arbitrage de iSSq, qui éteignit toutes les prétentions respectives , au moyen des cessions qui furent faites à l'hôpital.
(8i) Page 288. Cette affaire, peu connue, exige par sa singularité la transcription du peu de pièces qui en restent , pour faire juger de l'esprit dans lequel fut conduite cette négociation. Elles ont la forme de minutes, et n'en doivent pas moins faire foi.
Il fut dressé par le conseil de Berne des articles de proposition , dans le préambule desquels il est dit : Que les Quatre- Ministraux ayant appris l'intention de François d'Orlcpns de vendre son comté de Neuchâtel, lui avaient demandé la préférence; et que dans l'intention d'y parvenir^ ik avaient prié le conseil de Berne de les y aider et diriger, lequel y consentit eu disant que ce comté lui avait été offert à réitérées fois , mais qu'il n'avait pas voulu y entendre poiu* ne pas altérer la paix et la tranquillité (peut-être de la Suisse, jalouse de cet agrandissement), et ne pas dénaturer la lisière du pays y et qu'afin qu'il ne tombât pas en mains étrangères , il avait résolu , en s'abstenant de cet achat, de sul^stituer à sa place les Quatre -Ministraux, sous les conditions suivantes, moyennant lesquelles il les favoriserait par lettres et ambassades, et leur prêterait aide et conseil.
1^ Toutes les combourgeoisies avec l'état de Berne, tant du comté en général que de ses parties, seront maintenues, ainsi que celles du seigneur de Yalangin et des paysans du Val-de-Ruz.
a^ Les Quatre -Ministraux, ni leurs suceessearsy ne pourront prétendre ou intenter action contre les seigneurs de Berne , au contenu des dites combourgeoisies ou 4' une autre manière , u à » cause de la protection, jus-patronat et collation de Tabbaye de » Saint-Jean de Cerlier , et des biens et appartenances d'icelle » en la dite comté de Neucliâtel, ou debors gisans, ou à cause » d'autres droitures, ainsi euK et les laisser en la possession, » jouissance et autres us et coutiunes d'iceUe , comme jusques à » présent ont eues sans molestations quelconques. Pareillement I) ont réservé les droits des fîefs de la maison de Savoje , aussi n de Téréque et chapitre de Lausanne, à eux compétant (à cause )> de la conquête du pays de Yaud). »
NB. Cet article prouve que la possession de Tabbaye de TUe de Saint-Jean n'était pas h Vahn de contestation.
3^ Dans les lettres le dit seigneur vendeur réservera les dites combourgeoisies.
4® Les acheteurs ne pourront contracter alliance avec princes, seigneurs, villes, pays et communautés, ni leur demander aide, protection , faveur -y ni aussi vendre , aliéner le dit comté , en tout ou en partie , sans le consentement des dits seigneurs de Berne, à défaut dequoi ceu3L-ci poiuront le retraire pour le prix de Tacliat et de la vente et pas plus cher. Et au cas qu'ik ne puissent procurer cet achat aux Quatre-Ministraux, la présente ne pourra nuire ni préjudicier aux dits seigneurs de Berne.
Il est dit au pied, que ces conditions, après mûre délibération et conseil, ont été acceptées sous l'hypothèque et obligation des ]>iens des Quatre-Ministmux , avec toutes les clauses de stipulations. Cette pièce, dont l'original en allemand n'était ni daté ni signé, parait n'avoir été qu'une convention privée^ faite à Berne par les députés des Quatre-Ministraux, sans doute ad référendum ^ ensortc qu'elle ne peut être envisagée que comme un projet.
Il fut communiqué au conseil de la ville de Neuchàtel , qui n'y donqa pas son approbation et envoya à Berne le banncret et un maître -bourgeois }K)ur faire des représentations sur son contenu. Il en résulta un nouveau projet modifié, contenant:
ET P1ÂGE9 lUSTinCATlVBS: tf83
I ® La réserre des prééminences de la maison de Saroye , de rëvèché et chapitre de Lausanne , est retranchée.
2^ Les bourgeois de Nenchâtel s*étant grièrement plaints du 4"** article , il est dit qu*ik pourront à la vérité contracter alliances^ bourgeoisies, etc., avec princes, seigneurs, villes, etc., mais sans déroger aux comljourgeoisies avec Tétat de Berne, et sans qu'il en puisse résulter du donunage pour la ville de Berne. Projet signé par le secrétaire du conseil de Berne, le i5 juillet i55o.
II n'agréa pas non plus au conseil de Neudiâtel , qui envoya derechef à Berne le banneret avec un maître -bourgeois, munis d'une procuration datée du 2 1 juillet, pour modérer et corriger les articles de ces deux projets et pour conférer sur une autre affaire non indiquée.
n y eut encore, en retour d*une députation de Tancien avoyer de Berne Niiguely et du banneret Tiller , un nouvel envoi du banneret avec un membre du conseil de ville. Leur instruction du 7 ao6t est si obscure , si énigmatique , si chargée de sousententes, qu'eux seuls qui avaient une instruction verbale, pouvaient la comprendre. Ce que Ton peut y deviner est : « que » de la part de la ville on devait se rendre auprès du souverain n pour la mi-ao6t^ ensuite de l'accord ^t, ce qui n'ayant pas » lieu, il aura un motif pour rompre l'arrangement, d'où résul- » terait un préjudice à l'honneur des Quatre-Ministraux. » Les députés firent entendre : u que si le conseil de Berne voulait n prendre le marché pour lui, il n'est pas apparent qu'il l'eût » au dessous du prix proposé, savoir 100,000 écus, sans les )) charges et sans maintenance, excepté à l'égard du roi, » etc.— > Il est impossible de comprenche le reste de cette pièce ^ on croit seulement enti*evoir que le conseil de Berne retardait la conclusion, soit qu'il voidùt retenir le marché pour lui, soit que mécontent des modifications qu'apportèrent les Quatre «-Ministraux au premier. projet qui les mettait dans sa dépendance , il ne fût pas fâché de voir échouer une affaire qui eût trop avancé leur indépendance et les eût mis hors de tutelle. La chose en
884 NOTES ADDITlOimVLLES
resta donc là. Qnant à la part qu*j prit le sourerain , clenx lettres des Quatre-Minislraiix des i3 et i4 juillet i55o à François d^Orléans et à Antoinette de Bourbon*, femme de Claude de Guise, son tuteur, font yoir quUk en avaient reçu des paroles favorables pour la vente du comté.
J. J. de WatteviUe , seigneur de Colombier, voulut tirer parti de la circonstance pour agrandir sa seigneurie. Dans une lettre du 29 juin , il demanda au conseil de Berne (c de réserver avec » les Quatre-Ministràux, qu*au cas qu'ils fissent cet acbat ils lui » vendent la seigneurie de Boudri, et tout ce qu*elle comprend, » dans la proportion du prix qu^ils en paieront, n Cette de* mande fut appuyée par le conseil^ qui en recommanda Toctroi; nouveau moyen d'afiaiblir cette possession et Tinfluence des acquéreurs.
(Sa) Page agi . Jacqueline de Roban, mère de Léonor d'Orléans, écrivit aux Quatre -Ministraux, le 27 septembre 1661 : (( J'ai vu les menées qui se font pour la seigneurie de Colombier, » qui ne m'ont pas été moins ennuyeuses et à contre cœur qu'à » vous ,'car je prévois bien à quoy tendent ceulx qui font celte i> pratique , et à quelle conséquence cette affidre peut tourner » tant pour nous que pour nostre liberté. J'ay singulière affecn tion de y obvier, s'il m'est possible, et vous prie adviser entre » vous avec M. le chastelain de Yaulxtravers, par lequel moyen n il y favli pourvoir et nous donner bon conseil, que mon fib et n moy suivrons très- volontiers, -r- Assistés au dit cbastelain , » comme avez bien commencé, » etc.
Ce qu'il y avait de sous-entendu dans le mot menées^ devient plus clair dans une lettre de Léonor d'Orléans du dernier février 1 563. Après avoir sollicité les Quatrc-Ministraux de s'évertuer pour lui aider à payer le prix considérable de la seigneurie àe Colombier qu'il se propose d'acquérir, il ajoute : « qu'il désire » cette acquisition, plus pour leur bien, utilité et la con^rvation )) de leurs libertés et franchises , que pour son bien particulier, » car ils savent bien entre les mains de qui ils tomberont s'ib
ET PIÈGES JUSTIFICATIVES. t$5S
i> perdent leur souyeraln, qui bonnement ne peut demeurer leur » souverain si la seigneurie de Colombier passe dans les mains » de ceux qui j ont des vues, n etc.
Dans une autre lettre du 3o septembre i563 , il dit: u Vous » aTcz bien entendu que les sieurs de Watte ville veulent met- » tre leur terre de Colombier bors de leurs mains , et croy que » vous ne ^ctes doubte aulcun que si nous ne Tacbeptons, ik » la vendront à ceulx de messieurs des quantbons qui plus leur » en donnera ; cbose qui vous apporterait autant de domage qu'à » nous de regret, » etc.
On ne peut guère douter que cet acheteur couvert ne fdi Tétât de Berne, qui y avait une grande convenance 5 mais on ne comprend pas pourquoi , avec ses moyens de fortune et' d'influence siu* un de ses sujets, il ne réussit pas préférablement au comte de NeuchùteL Des considérations de politique l'arrêtèrent peut-être, mais on les ignore.
(83) Pûge^g'j. L'on cite d'abord le passement de 1618, quoiqu'il n'ait eil d'autre résultat que la condamnation du prince, sans aucun effet pour les objets en litige. Il y eut durant ce siècle et jusqu'à sa fin , des difficultés assez nombreuses entre le conseil du souverain et celui de la municipalité , qui reprochait au premier ses entreprises sur les franchises des bourgeois, tandis que le conseil d'état lui trouvait ime ténacité sourcilleuse et pointilleuse. Cette lutte toujours subsistante, qui aigrissait les esprits , contribua à maintenir réquilil>re , parce que l'autorité du seigneur , toujours portée à s'étendre , était contenue par la résistance des bourgeois, comme ceux-ci de leur coté n'osaient passer les bornes de la discussion , vu que le juge reconnu des deux parts, réclamé de l'une ou de l'autre, intervenait aussitôt. D'un autre côté , connue les juges entre les états ne sont pas strictement astreints au code civil , mais consultent ordinairement celui de la politique , il pouvait arriver que le prince de Neuchàtel , dont cette terre faisait la plus importante propriété, n'influât pas autant sur l'esprit des juges que si étant chef
d'une monarcliie , cet état n*eût fait qu*une petite portioii de ses domaioes ^ parce qu'alors les considérations majeures de la politique pouvaient agir sur les jugemens, et les rédamatioDS des peuples être ainsi obscurcies , ou même étouffées soos les grands calculs détat.
(84) Page 3oo. Il y avait soixante-dix-sept ans que le traité de combourgeoisie n avait été renouvelé entre Télat de Berne et la ville de Ncucbâtel^ les liens entre les deux contractans se relâcbaient d'autant plus , que la défense d'introduire des vins étrangei's dans le canton portait im coup sensible à la prospérité de la ville de Neuchatel. Cependant le moment devenait trèsimportant pour la république. L'abbé d'Orléans , prince de Ncucliûlel, touchait à sa fin. De ses deux héritiers, l'undesai^ n'ayant point de descendance , était la duchesse de Nérnooifi qui, déjà âgée, donnait une grande latitude aux vues du cantoa sur l'avenir, si elle obtenait la principauté 5 l'autre, tesUmentaire, qui était le prince de Conti, avait famille , et si une foisia principauté tombait dans cette maison, il y avait peu d'espoir de l'en voir jamais sortir, ou des maisons à elle alliées^ ce qui ne pouvait convenir à l'état de Berne. Ayant déjà formé son pb pour favoriser la prétention d'un monarque protestant (auqoa on assure qu'il en suggéra l'idée) , il fallait le faire réussir, fi^ moyen le plus assuré était d'obtenir une influence détenniitt' tive sur la bourgeoisie de Neuchatel qui fournissait le tiers des juges; mais il paraissait difficile de rétablir l'ancienne conBasœ d'abandon de celle-ci. L'expédient qui fut mis en usage entm plein succès : ce fut de resserrer en apparence les liens fomfi en i4o6. Le 11 mare lôgS, le conseil de Berne demanda» conseil de ville le renouvellement de l'acte de combourgeoia«! celui-ci , qui sentait le besoin d'un protecteur chaud et puissant dans les circonstances difficiles où il allait se rencontrer, ac* cueilbt cette disposition avec transport , et la joie fut générJf- IjC conseil de Berne fixa le jour de cette cérémonie à Neuchatel au 1 7 mai suivant; mais b renonciation de 1 $99, qui avait fivme ime scission dans la bourgeoisie de Neuchatel , privant l'étal »
Berne d'une partie des secours militaires que celle-ci devait fournir , le conseil de Berne insista auprès des Quatre-Ministraux pour que les bourgeois renonces prissent part h rassemblée, pour j jurer avec les autres bourgeois la combourgeoisie de 1 4o6. Le conseil de ville y consentit, moyennant que ces bourgeois rentrassent sous la bamuère de la ville , et remplissent à son égard les obligations des bourgeois. Ceux-ci , retenus par leur concession de Tabri , ne voulaient pas y entendre 5 d'autre part le conseil de Berne, qui mettait le plus grand intérêt à cette réunion pour ce qui le concernait, proposait des expédiens auxquels le conseil de ville ne pouvait consentir , s'en tenant au principe de la cbose. Cette négociation fit renvoyer la cérémonie à Neucbâtel jusqu'au 29 mai.
La députation de Berne était composée de trois sénateurs et de trois membres du grand conseil 5 celle 4^ Neucbâtel^ de dix-buit personnes dont le banneret était le cbef , reçut et complimenta la députation de Berne au pont de Thielle, le 27 mai.
Les bourgeois renonces, formés en bataillon, complimentèrent les députés de Berne auprès de Saint -Biaise , et Iciu* présentèrent une collation.
Depuis la Maladière à Neucbâtel il y avait une grande affluence , les spectateurs garnissaient les murs des vignes et la route 5 35o soldats faisaient sur le Crét des décharges, auxquelles répondaient, depuis le tertre, 10 canons et 3 mortiers. lia députation , pour prolonger le chemin , entra dans la ville par la porte de Saint-Maurice, et se rendit de là à l'auberge des Treize- Cantons, rue de l'Hôpital, passant entre une double haie de soldats.
Le dimanche matin 28 , les députés furent conduits en cérémonie au prêche , et occupèrent dans le temple les stalles du conseil de ville.
Le lundi matin 29, jour de la cérémonie, après un sermon y relatif, les députés , au sortir du temple , se rendirent sur une estrade qui y était appuyée , élevée d'un pied et demi et largo
tt88 NOTES ADDinOlfIfBIXES
de douze. Ik y occupèrent douze fauteuik , et derrière an la gentilshommes qui les accompagnaient se pbcèrent sur ia bancs. A droite et à gauche des fauteuiby étaient les gensâe livrée de Berne, deux avec la pertuisanne, et les autres aTec le manteau aux couleurs du canton. Un parquet fermé ai d^ Tant et plus bas que Teslrade contenait des bancs sur lesqaek se placèrent, à la droite, les Quatre -Ministraux et le coœdi de ville , à gauche 1^ ministres de la ville , le conseil dVtat, des ministres bourgeois et des officiers de seigneurie ) en ^^ les plus considérables d'entre les bourgeois et ceux pooms d'offices.
Le mattre-bourgeois en chef ouvrit la cérànonie par un ^^ cours qu'il prononça debout et la tète découverte, les ambiss»' deurs bernois assis et couverts, ainsi que les membres du consd de ville. La suite des ambassadeurs était debout et h tête découverte.
Le chef de Tambassa^e liarangua ensuite, debout et tête ne, ainsi que ses collègues ) les Quatre -Ministraux et les genseï place pouvaient en faire de même, mais tous les autres dssà3S& devaient être découverts.
Les discours récités , le secrétaire de l'ambassade , deboultt découvert , lut l'acte de comboui^eoisie.
Après quoi les ambassadeurs se levèrent , et leur chef prononça le serment, que tous les bourgeois, debout et léle dêeofiverte, répétèrent en levant la main droite au ciel. £Dsoile^ banneret lit un discours, qui fut sui^i de la sonnerie des ckx^ des décharges de l'artillerie, et des fanfares des trompettes^ la suite des ambassadeurs.
Après la cérémonie, il y eut un repas 2i l'hôlel-de-ville. 1^ ambassadeurs, au haut bout de la principale table, étaient pl>^ sur six fauteuils, ayant à leur droite les conseillers d'état, à If* gauche les pasteurs de la ville et les bourgeois les plus caosi^ râbles. Vis-à-vis des ambassadeurs étaient les Quatre-Ministnn^^ h deux autres tables la suite des ambassadeurs et les gens en ^ Durant le repas et aux santés les plus considérables, dcsbtieaii
ET PIÈCES JUST1FIGAT1TB8. tt89
remplis de mousquetaires à Tembouchure du Seyon, faisaient des décharges, ainsi que les canons, et Ton avait également placé là un bateau en brûlot , auquel on mit le feu à l'entrée de la nuit. Le diner se prolongea jusqu'à di& heures du soir; après quoi les convives se rendirent à un bal chez le banneret Henri Cbambrier.
L'ambassade fut défrayée durant son séjour à Neuchâtel, dont elle repartit le lendemain 3o, accompagnée par la même députation de la ville qui l'avait reçue, et qui avait ordre de la suivre jusqu'au pont de Thielle ; mais arrivés an pressoir de Colombier, entre Neuchâtcl et Saint -Biaise, l'ambassade lui fit de si fortes instances pour s'en retourner qu'elle dut y déférer , d'autant plus qu'elle ne voulait pas être présente à la prestation du serment des bourgeois renonces , qu'elle savait être arrêtée pour avoir lieu à Saint-Biaise.
Elle y eut effectivement lieu dans l'église, après quelque hésitation , que les ambassadeurs surmontèrent en menaçant les renonces de leur faire payer les i ,000 marcs d'argent de l'amende infligée à celui qui se retirerait de la combourgeoisie. Cependant plusieurs de ceux de la Côte et de Peseux se retirèrent , et en passant à Neucliâtel , en informèrent le gouverneur qui les accueillit fort bien. Il n'avait pas vu sans peine cette cérémonie, qui donnait plus d'influence à Berne et plus de force aux Quatre-Ministraux.
I^ jour pour le renouvellement à Berne fut fixé par le conseil de cette ville au 1 8 septembre. La députation de Neuchâtel, composée du banneret, de trois anciens maîtres -bourgeois, des deux mattres-des-clefs en charge et du secretaire de ville , avec sept accompagnans de leur choix et quatre livrées, partit de Neuchâtel le 16, coucha à Arberg, où elle entendit le prêche le 1 7 au matin ; au haut de la montée du Pont-neuf, elle trouva une députation à cheval. Après les complimens réciproques, le cortège, formé par les deux députations à cheval, marchant deux à deux , les députés de Neuchâtel à la droite , se mit en route. En tête étaient les livrées , entremêlées les unes aux autres.
Le cortège entra à Berne par la porte d'Ârberg, où était une garde de 60 hommes , le mousquet sur Tëpaule ^ il j en avait nne pareille à la porte de Morat. La députation de Neuchâtel fut conduite au Faucon. Après quelques momens de repos, elle alla feire sa yisite à Tavoyer d^Erlach , qui ne fit entrer que les sept députes dans sa chambre 5 les acçompagnans demeurèrent dans Tantichambre. Au départ , Tavoyer les accompagna jusques dans la cour.'
Le chancelier de Tétat se rendit immédiatement auprès des députés de la yille, pour convenir du cérémoniel ; il voulait qne Favoyer intimât le serment au conseil des deux -cents, dont le plus ancien membre l'intimerait à son tour h Tavoyer; la députation répondit qu-elle croyait avoir le droit de Tintimcr , puisque les ambassadeurs de Berne Tavaient reçu à Neuchâtel ; que d'ailleurs c'était l'ancienne pratique. Après quelques observations de la part du conseil , la chose passa.
Le 1 8 au matin , trois membres du petit conseil et plusieurs du grand , vinrent chercher au Faucon les députés de Neuchâtel, pour les conduire au conseil, où ils furent introduits, le banneret entrant le premier , puis les membres du petit conseil un à un. Les sept députés furent placés sur les deux premiers bancs du grand conseil , trois à celui de droite et quatre à celai de gauclie. Les acçompagnans restèrent debout sur deux lignes le long de la grande allée, environ au milieu de la salle.
Le banncret, se tournant du côté de l'avoyer, lui adressa un compliment^ il n'est point dit si celui-ci était couvert, mais il ne répondit pas; il ordonna au secrétaire de faire la lecture de l'acte de combourgeobié, traduit du latin en allemand, puis remit au banneret le serment en allemand. Le banneret le lut à haute voix , période après période, l'avoyer et chaque membre répétant ce qu'il prononçait ; tous étaient debout et découverts, excepté l'avoyer, qui adressa pour terminer la séance une prière à Dieu , pour bénir l'acte qui venait de se célébrer.
Il y eut ensuite un grand repas au Faucon ; les santés y furent bues au son des trompettes et des haut1>ois. La députation fut
ET PIÈCES JUSTIFIGATIYBS. tf61
défrayée et repartit le 19, accompagnée comme elle avait été reçue et jusqu'au même lieu ; elle coucha à Ârberg.
liOrsque la députalion de NeuchAtel alla prendre congé de Ta- ▼oyer d*£rlacliy après afoir entendu le compliment du banneret, qui lui fut fort agréable, il dit aux députés qu'ik fissent ensorte de conserver une personne qui faisait tant honneur a la ville de Nenchâtel et dont elle pouvait retirer de si grands services. Effectivement , le banneret Henri Chambrier avait do grandes capacités, et elles furent très -utiles à la ville dans les momens difficiles où elle se trouva vers la fin de ce siècle 1 parce qu'ayant mérité et obtenu la confiance de la bourgeoisie, il se trouva à la tète de toutes ses affaires, qu'il conduisit avec habileté, sagesse, prudence et fermeté , jouissant de plus de la considération du conseil de Berne. Il mourut en i700).il aurait encore pu rendre de grands services dans les circonstances de 1 707.
Il aurait probablement régné plus de hauteur dans le cérémonial à Berne, si Henri Chambrier n'eût pas réveillé la générosité du conseil, en faisant observer au chancelier, avec lequel il devait régler ce cérémonial, u que la dépulation représentant un corps » de bourgeoisie, qui avait l'honneur d'avoir une combourgeoin sie avec LL. E£. elle les priait d'y avoir égard suivant leur }> prudence ordinaire. » Ce qui fit son effet , car il en résulta que ce fut le banneret qui intima le serment à l'avoyer et au conseil , au lieu que la prétention de Berne était que ce f%t le premier membre du conseil qui l'intimât à l'avoyer. Le lendemain de la cérémonie , les députés de Neuchâtel demandèrent à une députation de la chambre d'état , du grain pour l'approvisionnement de la ville et la levée de la défense de l'introduction du vin dans le canton ; l'une et l'autre proposition fut prise , ad référendum. I^a première était sans conséquence , elle fut accordée ; quant à la seconde, on obtint quelques modifications temporaires. Il est possible que le conseil de ville eût plus ob* tenu avant la céréjnonie ^ une fois qu'elle fut passée , il ne s'agissait plus que de gagner du temps pour renouveler la défense après le choix d'un souverain , comme cela arriva en effet.
K6tt .NOTES ADDrnOimBLLES
(85 et 86) P^ige 807. Serment que prêta le banneret Jean Rosselet dit Charpîllods en iSSg, entre les mains de J.-J. de Bonstetten , gouTemeur de Neuchâtel.
(f Je jure à Dieu, mon sou?erain Créateur, et à mon Rédenoip- » teur J.-C., solennellement et publiquement à doigts levés yers » le ciel, par la foi que j'ai à lui, et le serment naturel que j^ai » à très -illustre et excellent prince sourerain N. N. , d'avancer » rhonneur et la gloire de Dieu, sa sainte parole, et les or- » donnances ecclésiastiques sur ce dressées et continuées an dit )> comté , de procurer les honneurs, biens et profits de mon dit A seigneur et éviter son dommage de tout mon pouvoir envers » et contre tous, de quelque état, dignité et qualité qu'ils soyenU » Item, d'administrer fidèlement et librement mon avis et con- » seil, tant aux pauvres qu'aux riches, veuves et orphelins, sans » acception de personnes, tant et quantes fois que j'en serai re- » quis, sans en ce déroger aux autorités, prééminences et droits )) de mon dit seigneur. Item^ quand son honorable bannière par n lui ou par son lieutenant me sera remise entre les mains, pour }) la porter aux cliamps en fait de guerre , je ne la porterai en » nuls lieux farouches et extravagans, sans l'exprès avis, vouloir » et consentement du capitaine et des conseille^ ordonnés par » mon dit souverain seigneur le comte ou de son lieutenant. » Item , je ne ferai ni ne permettrai aucunement , que conspi- » rations , ioAonopoles , ni partialités se fassent &a. général ni eo » particulier sous le ressort de la dite bannière , ni aUieurs du » dit comté ; mais les éviterai de tout mon pouvoir et savoir, les n notifiant de bonne heure k mon dit seigneur ou à son lieuie- » nant pour pourvoir de remède convenable, et au demeurant, n de foire et procurer fidèlement et honorablement en toutes )) choses tout ce qui appartient à la charge et office de banneret, » aussi d'avancer le bien de la dite république du dit Neuchâtel, f> le tout sans fraude ni barrât quelconque. Ainsi m'aide mon n seigneur Dieu , vrai Créateur et Rédempteur, n
£n lisant ce serment, on croirait que la charge de banac« i*et était conférée par le seigneiu* , les obligations qui lui sont
ET PIECES JUSTmCATlYBS. S63
imposées Yen rendant dépendante quant au militaire ; cependant c'était un office municipal. En 1 5ii2 , le banneret Ântboine Guyot prêta le serment aux bourgeois qui Télirent } on n*en connaît point la teneur. Mais en 1 55g les circonstances étaient bien différentes. La fortune de la bourgeoisie s'était fort accrue sous Jeanne de Hocliberg; en i55o elle arait été en négociation pour acquérir le comté ^ le nombre de ses bourgeois était fort considérable dans ce qui restait au seigneur de Neucbâtel, qui ne possédait encore ni Colombier ni la seigneurie de Yalangin. L'influence des Quatre -Ministraux» leur ambition, pouvait les rendre redoutables au seigneur , avec lequel ou ses employés ils luttaient cbaque jour. Si donc letu* militaire avait été indépendant, on pouvait craindre des entreprises de lem* part j il fallut j pourvoir et empêcher toute tentative de cotte nature, en obligeant le clief du militaire bourgeois à prêter un serment de dépendance du seigneur dans ses fonctions, qui Fempécliât de les tourner contre Tautorité légitime et supérieure.
Il est probable que, les Quatre -Ministraux cédant quant au banneret, on leur accorda en échange le terme de républiques qui cependant finit par blesser les représenlans du souverain. En 1 5g3 , il j eut quelque dii&culté au sujet de ce serment , entre le conseil d'état et celui de la ville ^ celui-ci ne voulut pas céder et défendit au banneret Jean Pélers de prêter le serment CJean Péters avait de la capacité , Marie de Bourbon ne voulut pas le laisser dans l'administration municipale, dans un moment où elle était aux prises avec l'autorité supérieure, et l'appela dans son conseil d'état). En 1G479 le gouverneur voulant substituer au mot république, ceux de bien public, de généralité des bourgeois, le conseil de ville insista pour la conservation du pretnier, et le gouverneur n'y consentant pas, le banneret J.-J. IMerveilleux ne prêta pas le serment.
(87) Pa^c 33o. «Jean Bergeron et sa femme Katherine ) donnent au cliapitre do Neuchâtel leur maison et l'assignai » du mariage de k dite Katherine sur la dite maison et autres » biens , à la" charge que le chapitre mette les dits conjoints et
» leur défunte fille Alix sur leur rdie (livre de rie), et pourqoe » lors de la mort des deux ou de Tun des deux , il se chargea » leur luminaire y enterrement y septaines, trentenier ei (nmeL n selon Tétat des défunts, bien et honorablement, aTecaoniTiï- » saire cliaque année au jour du trépas de Tun et desdaacoih )) joints , auquel jour ils recevront 60 sob Êiibles suiTast ïfss^ n en cas pareil , pour être payés aux chanoines, comme dupe » lains de cette église ; 1 3 février 1 491 • » (Ces 60 sols éqnifalaient à 6^ émines de froment, prix de 1 491 •)
Fondation par Huguenin Gallay, bourgeois de Neocbalei d*un prebuera que les chanoines devront célébrer chaque 7m le jour de son obiit, et d'un cant^^ le i*' vendredi de carètf 7 février i5a2.
(88) Page 332. « Nobles, prudens, sages, pourvéablesetfc » créts, singuliers amis et très chers bourgeois! Nous avons » » tendu comme entre vous soit quelque dissention pour la pr^ » de Dieu , là ou aulcungs disent , que en faisant le plus. ^ M usée quelque finesse , et quand M. le comte viendra qnefs » fera ung aidtre plus pour relever la messe. Certes cela ik^ » desplait grandement, et sûmes fort esbahis de cela, qoefff )> tains entre vous sont si prcsiunis et obstinez , qu'ils allt^ » cela pour mettre troubles et ennuis^ à ceste cause, pooro^ I) vicr et vous garder de plus grands inconvéniens, vous Took^ » bien advertir, que toiUs ceulx qui ont accepté l'éMngile à f^^ » de Dieu , muions maintenir de corps et biens et de toui no^ n pomfoir. Pour autant y advisez et y mettez ordre néccasar: » afin que esclandre et inconvénient soyent évitez, et sur cf , ^'^ » tre responce. Datum dimanche 11 martis, anno i53i.
» VaiH>yer et conseil de Bemt- '
(89) Page 339. Jeanne de Hochberg aux Qaatre-Minislr^ 29 mai (sans date d'année).
(c Chers et bien amez. J'ay esté advertie comme id^ » Guillaume Farel a tenu publicquement en ses prédicai^ » plusieui^s faulx et mauvais propos de moy , dont je ac ^
ET PIÈGES JUSTIFICATIVES. ttBtf
)) auculnement contente : mais je yeulx sayolr dou cela vient et )) qui Ta mebu de cela faire, pour en faire la raison qu il appar- » tiendra ; tous priant que si avez désir de me faire pbisir, que )) le veillez chasser et trouver quelque honneste homme à met- » tre en sa place ; car je ne veulx qu'il parle nullement de moy, n ni en bien ni en mal , tanl en ses prédications que aultrement, » et si ne veulsL qu'il aye doresnavant la pention que je lui avois » ordonnée ; ce faisant me ferés plaisir très agréable 3 faisant » fin à ceste, pryant N, S. vous avoir en sa garde. D'Epoisses » 29 may.
» La duchesse de Longueville , votre bonne maîtresse ,
Jehanne. n
L'ordre de cesser de payer la pension à Farel , donne à peu près la date de celte lettre, car les Quatre-Ministraux , par leur bail d'amodiation du comté dès 1 536 , devant payer les pensions h la charge de la comtesse , celle de Farel les regardait. C'est donc à cette époque que celte lettre fut écrite. Quant à la demande de Jeanne de le renvoyer, il était trop bien soutenu pour que l'on y eût égard.
(90) Page 349. Anne Geneviève de Bourbon^ aux Quatre- Ministraux, 25 avril 1674*
a L'oisiveté contribuant aussi au désordre dans les états oit ou •) la trouve, je désire qu'on travaille à l'établissement d'une disci- » pline et de quelques manufactures, et que pour cet effet vous > avisiez avec mon gouverneur et conseil , sur les moyens d'en ) Tenir h bout, n Autre du 19 décembre: «J'ai appris que vous vous remettez à ma prudence et à ma volonté d'appliquer h l'établissement d'une discipline ce que je vous fais espérer pour le port , et trouvez que si elle pouvait être établie , les véritables pauvres en seraient plus soulagés, l'oisiveté en serait bannie, et que ce serait peut-être un moyen d'établir à l'avenir quelque manufacture qui pourrait rendre l'état plus florissant 5 comme je m'y suis toujoui*s appliquée particulièrement , je veux bien contribuer
tftt6 NOTES ADDITIONNELLES .
» jusqu^à la somme de L. 12,000, pour faire le Mtiment qui sert n trouvé nécessaire } mais arant que de faire cette dépense , je I) désire qu'on arise aux moyens convenables pour la nourriture » et entretien de ceux qu'on mettra dans la discipline , et pour » la conduite et gouvernement de ce dessein , afin que dès le » commencement on j établisse de si bons ordres que la chose )> puisse réussir et subsister , » etc.
(91) Page 407» note d. La ville de Neucbâlel enyoja deux députés à Champlitte en 1 439 pour assister à Fenterrement d'Antoine de Vergy . Ils j offrirent i n torches , et leur Toyage dura dix jours; les frais furent de la florins d'or, et il leur fut alloué à chacun 7 sols 6 deniers par jour pour leurs peines.
(92) Page 409. La garde-robe d'une jeune fille ricbe, mise eu pension à la campagne en 1 558 , peut donner une idée des vétemens de femme de ce temps -là, et de ce qu'était le luie, car il y en avait un relatif.
Quatre gaudicbons de diverses couleurs en drap: d'antres parties d'habillement sous des noms inconnus aujourd'hui, dans lesquek peu de soie ; quelque peu d'or sur des coiffes de soie noire ^ divers gorgerins en toile, dont un ayant le collet d'or avec les bandes. Une bourse de cuir tanné, velouté, bordée en cuir doré. Une autre de cuir jaune. Une chaîne de grains de verre coloré en bleu , blanc et doré. Une seule coiffe mi -or et soie noire à la française. Une karle de drap noir à la £içon d'Allemagne. (C'était un ornement de tête fait en noir, fort raide, ayant la forme des chapeaux ronds des hommes d'aujourd'hui, du diamètre de 3 à 4 pouces, le rebord étroit; la coiffe blanche enveloppait entièrement les cheveux, et la karle haute de 5 à 6 pouces s'attacliait sur le sommet de la tétc. )
On est surpris de voir qu'avec trente*quatre parties d'habillement ostensibles il n'y edt que quatre chemises neuves et trois autres déjà assez fripées. Le paraître avait déjà son prix au milieu d'une grande simplicité.
(93) Page 4o(>, note b, « Espiccrios de provision envoyées
ET PIÈCES JDSTIFICATITE8. 1$67
)) au château de Champlitte le lo mars i44o: ^o livres gingem- » bre, 3 livres poivre, 4^ livres caaelle, cme livre clous, 3 livres » graine de paradis ou cardamome, n livres poivre long, une li* }> vre noix muguettes ou muscades ^ ^!4 ^^^"^ sucre, i ^ livre » gingejnbre yerd , que madame a fait emporter derers eDe ^ » 1 78 livres amandes, 1 3 livres compote, 3 livres safran de Ca* » talogne , moins clier et moins estimé que celui de Monferra , M réserve pour Fusage de la comtesse 5 4^ livres citrons confits n au sucre, que madame a fait emporter devers elle^ 7 livres ca- » paris, une livre spic, macis et galingal, a cabas raisins secs, a » cabas figues, 25 pommes grenade que madame a fait emporter » en Gloriette; ^4 boîtes confitui*es, dont Tune a esté effondrée » et toute gastée dans le vaissel , sans ^jamais faire profîct , pour »> ce que les aultres qui estaient dans la boette ont été toutes efn froyées. » £lles pesaient n^ livres. Les 23 autres entraient dans la provision de la comtesse.
Ce que la comtesse ne mettait pas en Glorielte, son dép6t particulier, était remis à un comptable, qui en délivrait selon le besoin à la cuisinière et dont il rendait compte.
Il paraît que la Glorielle était un tourillon , dont la comtesse
seule avait la clé.
(93) Page 476. I/on ajoute ici diverses indications trouréos depuis que ce mémoire est terminé j ce sont ou des éclaircisscmens, ou de nouveaux faits.
Concernant la description de la ville, dans une reconnaissance de 1374.
(( Maison à Tabbaje de Fontaine -André, en la rue devers le lac , joute la porte de THôpital, et derrière cette maison une place tendant jusqu'au lac. »
Cette désignation est une nouvelle preuve que Thopital mentionné ici était celui du Saint*£sprit, place où était le Werckoff dans le commencement du XIX*' siècle ^ et la porte indiquée fut, après la réunion de cet bàpital k celui du comte Louis, dédiée à la Vierge, avec une chapelle qui y fut établie.
L'hôpital fondé par le comte Louis en i373, n^était pas encore construit en 1 3^4 M^ 1^ ^^^ P^u après; et lorsque sa réunion à celui du Saint-Esprit eut lieu , la rue prit le nom de rut des Hôpitaux.
Les quatre gouTcrneurs de la yiUe étaient alors Williennoz de Cottens, Jean Eslurdl, Richard Gôrmond et Perrod Andrej. Ils reconnaissent tenir une maison qui vient du seigneur.
Plusieurs rues sont désignées par les noms des particuliers qui y habitaient, peut-être parce que ces Guenilles y étaient plus nombreuses, ou parce qu'elles y avaient des maisons plus apparentes.
Ainsi il y avait la rue Thegcàn, la rue ChiîUety la me de ceux (k Grandson y toutes du ^om de (amilles alors existantes. L'on n en connaît pas la position , à la réserve de celle des Grandson , famille distinguée qui était dans le Bourg depuis la tour de Diesse au Seyon.
II y avait la rue Berna, sans autre expUcàtion^ il est probable que ce nom est di!l à une fiuniUe qui y habitait, et non à la rilte de ce nom avec laquelle celle de NeuchAtel n'avait pas de rdatiops.
Jean Lando fît en. 1 523, par ordre des douce cantons, dont il était commissaire, Finventaire des reconnaissances levées jtisqii'alors , et dont il donne le sommaire suivant :
Rue de Ch. Thégain 3^ censitaires.
Rue des £scoffiers sur le Seyon 1 5 id.
Rue des Chavannes sur la pente 55 id.
La même auprès du Neubourg et le Neubourg ^o id.
Outre le pont (le Bourg) 86 id.
Le Chastel 6i id.
^94 censitaires.
Mais on ne peut en tirer nuUe induction, ni pour le nombre des maisons, ni pour celui des habitans, parce que d'abord tontes les maisons ne devaient pas de cens, ensuite parce qu'il y avait des cens dus pour jardins, places, colonnes, bougeons, latrines; eusorte que la mémo maison était chargée de trois ou quatre cens.
ET PIÈCX8 lUSTiriCATIVES. 569
La majeure partie des maisons avaient des colonnes ; elles payaient wi cens à part; elles ayaient aussi des bougeons. Il parait que ce sont ces pierres ou becs en saillie hors des murs^ serrant à porter une galerie ou un avant -toit; ils étaient aussi chargés d'un cens, comme les Iqyes ou latrines qui étaient extérieures. On peut donc en inférçr que le seigneur^ propriétaire du terrain sur lequel la ville fut bâtie, en donna ou accensa d'abord des portions aux premiers constructeurs , mais seulement ce que les murs renfermaient. Mais ensuite, ceux qui voulurent élever des colonnes, placer des bougeons ou hochets dans les murs, pratiquer extérieurement des latrines, ou avoir quelque place d'aisance, durent en obtenir la permission du seigneur; il l'accordait moyennant un cens annuel, par lequel tout le terrain que renfermaient les colonnes, que couvraient les bougeons, qu'occupaient les latrines ou autres extructions, devenait leur propriété.
Il est parlé d'un grand pont, ce qui en suppose d'autres plus petits pour les gens à pied. Le grand était probablement celui qui communiquait dès le château k la rue de l'Hôpital; c'était le quartier le plus peuplé.
« Maison en la rue du Seyon, dont le comte fit abattre la loye pour faire les murs de la ville. » Cette circonstance donne lieu de croire que ce fut seulement le comte Louis qui ferma le Bourg du côté du lac, en relevant le mur abattu depuis long -temps, qui conunençait à la colline de la rue du Pommier et se terminait au Seyon , (mettant hors de l'enceinte le quartier de la Halle; au moi as ne connaît -on nul autre mur aboutissant au Seyon), dans la rue qui y aboutit et qui en suit la rive.
Dans un compte de 1 897 à 1 898 , il est Êdt une première mention de la Halle, en ces termes : u plusieurs missions faites pour l'aule (la halle). » Ces mots, plusieurs missions , feraient supposer que ce nouvel établissement éprouva des oppositions qui occasionnèrent des députations, . Il est parlé dans le même article, de journées tenues açec ceuix de Berne; avaient -elles quelque rapport à la Halle 1 C'est ce que Ton ne peut décider.
tf 70 IfOTBS ADDITIONNELLES
£Ue était déjà en pleine activité en 13983 car il est dit dans le compte du receveur : uDes bancs de Taule 3 c'est assavoir pour » trois foires tenues au dit Neufchastel pour plusieurs bancs, 54 » sols lausannois. »
Il y avait dans le Boiu^ un lieu dit cm, Réante (Royaume) sans autre explication.
La rue des Mazels est indiquée } les mazeb ou boucheries étaient au lieu du marché, aujourd'hui Croix- du -Mardié, à portée da quartier du château 3 ensorte que la rue qui en portait le nom pouvait étre> ou celle qui tend au lac, ou celle des Moulins , ou celle dès la place du marché au pont des boutiques.
u Maison au marché , jouxte la porte Macion, » Cette porte avec tour, démolie dans le milieu du XV IIP siècle, ouvrait le passage sur ce pont.
(( Le jardin de Paradix, jouxte les murs de la ville et la porte Notre-Dame. » La chapelle de la Vierge y fut bâtie dans ce temps-là. On a parlé dans la description d'une porte de Paradis; il est assez apparent que c'était une petite porte dans le mur de la ville, qui donnait entrée dans le jardin de ce nom.
11 est fait mention d'une rue Gloriette dans le quartier le plus élevé de la rue du Château ; il parait que c'est la même indiquée encore à la fin du XVII® siècle, par laquelle on descendait dans la petite tour dite de l'Oriette, prohablemcnt par élision da G. (a voir pour ce terme de Gloriette la note gj^ Cette rue ou ruelle, sons doute rapide, n'existe plus. M f
u Jardin près du pont de la porte de l'Hôpital (Notre-Dame) sur les Terreaux..)) Il n'est pas exphqué s'il y avait un pont4evis devant celte porte, (ce qui est probable puisque les autres en avaient), ou si un canal rempli de l'eau du lac venait y aboutir. C'était peut-être le quartier du jardin appelé de Paradis.
« Pour l'hostel Parix auquel on a faict l'hospital, 6 deniers de cens. » Le compte dans lequel cet article se trouve, renferme le terme de six aimées, dès 1 889 à 1 895, puisqu'il n'y a qu'un seul cens payé. Il est assez apparent que Tliopital du comte Louis fut
ET PlACES JUSTIFICATIVES. 871
construit en 1 3go sur le sol de rh6tel Paris. L*hôtel ëtait une auberge*
Tous les quartiers de vignoble cultivés aujourd'hui autour de la ville , étaient déjà connus :
Brenelin , Entre-deux-Bois , I^ipples ,
Plan-de-Serrières , Sur-les-Moulins , Saar, Crouza, Combaborel,
Pont-Seyon (duYauseyon); Cbanet,
Berard-Fon laine , Vieilles-Forches , Morruz, Parcs,
Viez-Cbastel , Combaliezan , Bot-Fontaine, Au Parc jouxte fontaine St.* Guillaume,
Pissious,
Repaires ,
Fahys ,
Grise-Pierre h Troiporte ,
Plan de la Chavana ,
Tumbay,
Loscrable ,
Recorba,
Treyporta ,
Cliampreveyres ,
Maladière ,
Terloz (Tertre),
Reposiouz ,
Gota-d'or, h. Cliampreveyres,
Fontaine-du-Foz (dubétre),
Croix,
Parc-sur-les-Caves ,
L'Argilleuse ,
Perrière (Saint-Nicolas).
Quelques-uns de ces noms ne sont plus en usage; c'étaient probablement des fractions des quartiers les plus étendus.
Variétés tenant aux mêmes faits et choses.
« Nous Loys, comte et syre de Neufchastel, faysons sçavoir » à louts que nous bavons recehuz et faict noslre borgeoys de » Neufchastel^ Jehan dict Gaufira, mongnyer et ses lioifs de luy n procréés léalment et naturellement, et donné la franchise que » tous borgeoys de Neufchastel bout et doibvent avoir recehuz » le screment de lui accoutumez , de porchassier le Iionneur et » le profïicq de nos hoirs , de l'église et des borgeoys de Neuf- » cbastel, de destorber sa honte et le dommage à son polvoir^
i$7& ROTES ADDITIONNELLES
» et Vy avons outroyez de grâce especiale , s*il défailloit de ce » siegle , ses hoirs comme dict est dessubs , que sa femme de- » liât et pehot user ses biens , et ses prochains de lignage hé- )) ritissent ses biens , et il en puisse ordener nonobstant qu^il est )) bastard, promettant en bonne foy les choses susdictes actenir, » et non venir à Tencontre. En tesmoing de laquelle diose, » nostre scel propre de nostre corroyé , avons faict mestre à »> ces lettres, données à Neufchastel, le ao"** jour de jehanvier )) i3(>6. »
Il y a plusieurs choses à remarquer dans cet acte :
I ^ IjC silence sur le consentement de la bourgeoisie, qui s'était déjà agrégé des membres hors de la ville, fait supposer qu*il ny avait pas encore une règle fixe à cet égard, et que le comte ainsi que Tadministration municipale pouvaient (aire des bourgeois sans leur concours respectif. Cela devient prouvé par la charte de 1 4^4 > <^^ laquelle il est dit que le comte ne pourra recevoir de bourgeois sans Tavis de celle-ci , ni la conmiune sans Tavts du comte. On avait senti la nécessité de prescrire une règle h cet égard.
^^ La charte de i n 1 4 donnant la liberté de disposer de ses biens, affrancliissait de la condition de main-mortabiUté, par conséquent rendait libres les bâtards^ cependant le comte croit nécessaire dans Tacte cité de lui donner une manumission spéciale.
3° La même charte réservant la forme des anciens jugemens, c'est-à-dire la coutume civile usitée, il parait que Tusufruit pour la femme survivante devait y être compris, et que la veuve Gaufira devait en jouir en qualité de )>ourgeoise ^ cependant le comte croit nécessaire de lui en faire une concession particuUère et personnelle. Il faut donc que ces points , découlant des droits des bourgeois, ne fussent pas encore bien fixés, et qu'ils ne l'aient été que par la charte de 1 4^4 et les prononciations suivantes des jurés qui déterminèrent la coutume.
Dans les comptes de recette des terres de Champveot, la Molta, etc., appartenant à Marguerite de WufHens, troisième
ET PIÈCES lUSTlFlGATIVES. S75
femme du comte liOuîs de Neucbâtel, dès le nô mai 1 359 ^ P^~ reil jour 1 365 , il est dit: « Despense de Rolliti et de Jehan de n Cormondresche , avec trente sergens qui furent en garnison » à Champvent, que messire de Savoye devoit venir assiéger, » pour le faict de Yaulthier de Colombier, et des ouvriers pour » remparer les murs, trois muids et demi froment. »
Ces gentilshommes possédaient un fief àCormondrèche. D'ailleurs ce fait historique n'est point connu , et Ton ne comprend pas comment il était question de Champvent dans un différend soit entre messire de Savoie et Yaulthier de Colombier, soit entre celui-ci et le comte de Neuch&tel , auquel cette tevre n'appartenait pas.
U y avait à Champlitte maître Jaques le physicien (médecin) au gage de deux muids de froment.
Dans cet intervalle furent célébrées les noces de Varenne, fille cadette du comte Louis , avec £gon , père de Conrard de Friboiurg^ à cette occasion on envoya à Neuchâtel torches de cire, chapons, pigeons et oies.
Jean et Louis, les deux fils du comte Louis, furent faits prisonniers devant Bregnyay , dans cet e^ce de temps , sans que Tannée soit déterminée.
Les prend* hommes de Champvent et de la châteUenie donnèrent loo florins pour aider h leur rançon.
Il paraît qu'elle eut lieu ^ mais Jean fut de nouveau fait prisonnier en Alsace. En i368 ou au commencement de i369, Je comte Louis se rendit à Yignion avec l'empereur , pour obtenir sa mise en liberté. Le receveur de Champvent lui prêta I oo florins pour ce voyage , le florin à 1 3 sols lauzannois. En 1 369 ou 1 370, les bourgeois de Champvent donnèi*ent 100 florins pour sa rançon, mais soit que celle qui était exigée fût audessus des moyens de son père^ soit qu'il y eût d'autres obstacles à sa libération, elle n'eut pas lien, et il mourut en captivité.
Il y avait des fenêtres en verre au château de Champvent 5 les vitres, très-petites, étaient assemblées avec du plomb, en 1 366 ou 1367. Cependant on voit encore en i44<> ^ pl"* ^^^^ ^^
tt74 NOTES ADDITIONNELLES
carreaux en papier hoilë dans les châteaux du comte euFrandie* G>intë et à Neuchâtcli ainsi que dans les maisons de la yiUe.
Le bourreau de Lausanne avait une pension du comte Louis ; au moins ne peut - on entendre autrement Tarticle suivant , car le terme de carnackr ne peut s*appliquer au boucher , métier oonmiun: <( 1370, à Johannet, le camacier de Lausanne, à cuj » Monsieur donne chascun an à Chalendes à cause de son office » un florin. »
£n 1 398, le comte Conrard le fit appeler, et lui fit pajer pour sa dépense L. a » 1 7' lauzannois , et pour étrennes un florin à 1 5 sok 6 deniers.
Il n^est point parlé dans les comptes que Ton a tus sous Con* rard de Friboiu*g, dès 1 4^^» et sous son fils, de même que sous Rodolphe de Hochberg^ d'une espèce de poisson particulière au lac de Morat. On en trouve une indication dans un compte dès 1 389 à 1 393, sous la comtesse Isabelle :
(( A des nateniers (bateliers) qui feurent prendre des caffos el » des saluds à Morat, 8 sols. »
On n'a pu encore découvrir ce que c'était que ces a^ffbs; quant aux saluds, on en a parié dans la description.
En 1 398 , il y avait seize fenêtres marchandes à Neuchâtel ; chacune payait au seigneur i sol 8 deniers. Les fenêtres marchandes étaient des boutiques, mais il n'est pas dit de quelle nature.
Les royaumes dont on a parié dans le mémoire , étaient plus anciens que les indications qui en ont été données. Il en est fait mention dans le compte du receveur du Landeron en 1 399, qui délivra aux bourgeois un muid de vin pour le reaime (royaume),
Conrard de Fribourg avait beaucoup de dettes 5 il avait des créanciers auxquels un de ses receveurs , le chanoine Leschet, paya en 1 398 des intérêts à Fribourg, Morat, Montagny, Avcmches, Moudon, Lausanne, Yverdon, et ailleurs. Parmi ses créanciers était Heinsely, son cuisinier, pour peu d'argent.
Il est fait mention d'une horloge , probablement publique. Le soin annuel en coûtait 20 sols de lisusanne. Il est possible
ET PIÈCES mSTIFlCATIVBS. S 79
qu'elle Ski au-dessus d*nne porte , et que lorsque la garde de la ville fut remise à Tadimnislratioa municipale, elle lui demeura, car peu après on voit une horloge à la charge de la yille.
Bans et amendes de justice,
1 3G5 à 1 368. -» u Nicoud , à Champvent , pour avoir rompu la porte de Fëglise, y allant chercher sa femme pour la hattre. n
1 368. à 1 369. — (c D'un homme de Souceva qui battit une femme de Bourgogne et lui fit sang, 60 sols bâlois, 20 sok lausannois. »
A Champvent : u barre rompue, (c'est-à-dire blë moissonné malgré la barre ou défense) , 3o sols, n On mettait donc le ban pour moissonner comme pour vendanger.
ce Blé mené à Or]>e, malgré la défense, a florins, n
M Pour avoir rempli deux arches de blé à Orbe, 4 florins. »
<( Pour avoir battu et fait sang à une femme, un florin, n
1897 à 1398. — Chdleîlenie du Fal- de -Traiter s: sans spécification, bans de 3o, 30, i5, 10, 6 et 3 sob. Pour l)ase de leur évaluation , Ton indique. 3 1 livres fromage à 8 sols 5 ainsi a sols faisaient a-peu-près 8 livres fromage.
1897 à 1 898. — A Neuchâtel: 37 bans pour coups donnés, dont trois à 4o sols, probablement pour sang fait^ un de 3o sok pour femme battue ^ Içs autres de ^5, 20 et 1 5 sols^ un de 4 livres bâloises, sans débignation.
1 898 à 1 899. — Jl Fuillafans4e'Neuf : « de Favarget de I*anans, et de Cuanet son fik , pour a tort fait à Monsieur pour ce que jls se estoient mcspartis (séparés) et ils sont à vie ensemble, 6 florins.»
NB. Il paraîtrait que cette séparation devait être utile au seigneur, parce que chacun d'eux aurait payé la taille que le père seul payait auparavant^ mais il y a sans doute un motif qui n est point expliqué.
1 898 à 1 899. — - A Neuchâtel: «de Robert maistre Jean qui a vendu brebis pour chastron , 210 sols. »
tt76 NOTES ABMTIONICEIXES
(( De Roccpiar , de ChonuiMmt , pour appel fait sans cause , » ao sols. »
(( Nichol, de MontmoUin , pour huit bans de 60 isob bâlois, » pour huit dédits au plaid contre huit jurés du plaid^ mercië 9 L. » Lâloises. »
Il (aut que la soumission exprimée par merdé opérât la réduction de Tamende, car le calcul n est pas juste 5 Ton ne peut deviner quels sont ces dédits.
u De Jehan Annellon^ de Pescux, pour deux bancs parce qu"!! }) disait qu il ne pou voit avoir droit en la cour , comme Peroud u du Plan, mercié 40 sols bâlois. »
u Du même, pour neuf dédits contre neuf jurés pour ce qa^il » demanda conseil , 1 00 sols bûlois. »
<( De deux bancs que devait la femme Ligua, le receveur n*en 1) compte point, car Monsieur la quicta pour deux chastrons qui » feurent baillez en sa cuisine. »
1 399 à 1 4oi . — Mairie de Boudtvilliers. Plusieurs bancs ou amendes de 60 sols merciéz. Ce mot mercié semble être dériTé de merci , comme si le délinquant s^ était soumis à la merci du juge. Il en résultait une diminution de Tamende, sans doute suivant la nature du délit 5 car de ces mêmes amendes de 60 sols, les unes sont réduites à 40 sols, d'autres à 3o, à 20 et une à 1 5 sols. Les cas ne sont point énoncés.
a De Cuanet , contre six jurés de BoudeviUiers pour six dé- » dits^ 6 L. n (Il n'y a point de merci. )
1 397 à 1 398. — - (( Bans de 20 sok pour mal parlé. » Le droit de juger appartenait au seigneur, ainsi c'était une insolence punissable de mal parler ou de dire du mal des juges, ses représentans.
i397 à 1398. — Au Val-de-Travers , les droits de la mairie n'étaient pas perçus par le seigneur, mais par les en&ns de Jean Duterraux. L'on ne peut yoir dans cet énoncé si c'était une jouissance à temps ou un fief. Ces droits étaient autres que ceux des amendes, car le tiers des amendes et menues clames appartenait à madame de Joux, on ignore à quel titre.
ET PlACES JUSTIFICATIVES. 877
Du restant, la moitié en revenait au bailli ou châtelain ; celle du seigneur fut de L. 1 3 » 6* lausannois. Les amendes étaient de 3o, 30, f 5, 10, 6 et 2 sols.
Les mairies étaient affermées h Fenchère. Une amodiation de cette nature de la mairie de la Côte en 1437, pour trois ans, n'explique point quels droits en faisaient Tobjel^ il n*y a nulle condition: elle échut pour 4 L* d'augmentation; le total , n'j est point porté.
1 397 à 1 398. — Ferme de la mairie de la C6te, 1 4 florins, le florin à 1 5 sols 6 deniers lausannois.
i397 à 1398. — Dite de la mairie et justice de Thielle^ i5 florins.
Dite de la mairie de Neuchâtel, 160 florins.
1 438. —Dite de celle de Rochefort, échue pour 1 o ^ florins.
Lods à Neuchdtel.
1 398 à 1 399. —D'une vente de 3o florins, 5 florins à 1 5 sols
6den.ou46gr.
— ..)))) de 4o » 3 florins i gros.
— — w » de 3 1 » 2 1 deniers.
— » » de 1 7 » 17 deniers.
On ne comprend rien h. cette fixation irrégulière et arbitraire du lod. Par Tarticle 35 de la cliarte de 1214» le seigneur exige pour son droit de lod du sol im denier, c'est-a-dire la douzième partie , et les exemples donnés ici n'y ont aucun rapport. Peutêtre ces lods concernaient-ils des non-bourgeois que le seigneur taxait à volonté, ou par abonnement conditionnel en cas d'achat; et cela serait assez probable , car Ton ne peut expliquer autrement les lods de 3o et 4o florins , qui n'ont aucune proportion entr'eux, non plus que de rapport à la taxe de la charte.
Brévards ou^ gardes des vignes,
1 397 à 1 398. — Le comte dopne à sept brévards qui gardaient les vignes, à chacun 7 sols bâlois. 49 ^^ bâlois valaient 32 sols B deniers, lausannois.
L'on ne retroure plus cet article ^ il est incertain si le comte payait les gardes des vignes du vignoble de Neudiâtel , ou seulement ceux des siennes -, ce qui donnerait lieu de supposer qu'il s'agissait des vignes de la généralité, ce sont les artides suivans :
1 3^4. ... 1 o Dans la reconnaissance faite sous la comtesse Isabelle : c( Âlynor de Ballevaul, femme jadis de Guillaume de Bal- )) levaul, doit 6 deniers pour son droit de brévardage de sa vigne » du clos de Ballevaul. » (On peut en conclure que le droit de brévardage appartenait au seigneuri et qu'il ne s'en relâchait en faveur des particuliers, que moyennant un cens annuel).
1214. — - ^^ L'article la de la franchise de i3i4 dit: n que » pour chaque muid de vin du produit des vignes de Neuchâtel » et de Champreveyres , il sera payé 3 deniers au seigneur , au » moyen de quoi il posera et mettra les gardes des vignes, par n l'avis des bourgeois. »
Cette dernière partie de l'article est la seule qui soit encore en vigueur aujourd'hui ; les brévards nommés par le petit conseil , que préside le maire de la ville représentant le seigneur, sont payés par les propriétaires sur le pied de demi-batz par ouvrier de vigne } mais les 3 deniers par muid ne se paient plus.
Licences , permissions , affranchissemens.
1398 h 1899. — » De Perroud Grant, de Hauterive, demi- » livre cire qu'il doit par an , pour ce qu'il peut vendanger une 9 vigne sans permission p (par lettres de la comtesse Isabelle).
u De Henchemand Tissot , pour ce qu'il peut vendanger sa w vigne, une livre cire. »
Cette permission de vendanger à volonté sans se conformer au ban de la vendange , n'était pas personnelle , mais attachée au fonds, et se transmettait avec lui et le cens, par l'aliénation 5 il n'en était pas de même de la suivante :
1 4^3. -— (c De cinquante-deux personnes qui ont demandé la permission de vendanger, cinquante-deux gclines. )>
1 433. — « Douze chapons de congé pour de même. »
ET Pl&CES JUSTIFICATIVES. £(79
Ces permissioiis ëtaient iacUviduelles et seulement pour Tannée.
1^11. — - 1( De Habraham le Juif, tant moins (à-compte) do 1) ce qu il pouvait debvoir de poulaille, un poulet. »
Il parait de cet article que Habrabam était à la condition des taillables , qui payaient chacun une poule ou un chapon de redevance personnelle , sans compter d'autres articles. Quant au Juif, il devait davantage, puisque le poulet n'est qu'un à-comptc de plusieurs poules. Deu!L poulets valaient une poule.
1433. — ic Pajé par Pierre Coustelicr, en confirmation de sa (c franchise^ 10 florins d'or, n Pierre Coustelier était marchand en épiceries , quincaillerie , draps , toiles , etc. , et fournissait le château de divers articles. Il ne paraît pas que cette franchise h temps concernât sa condition , car l'on ne peut présumer qu'avec une liberté seulement temporaire, sa femme eût été admise à la table de la comtesse. Il faut donc croire que cette franchise regardait la li)>erté de commercer ) mais dans ce cas il n'était pas bourgeois , car il en aurait été quitte pour payer le droit sur les boutiques ou fenêtres marchandes. On voit par-là cjue le comte, sans le concours de l'administration municipale, pouvait admet, ire, moyennant fmance, ceux qui voulaient faire quelque trafic dans la ville. Il paraît aussi qu à cette époque il n'y avait pas encore de compagnie des marchands qui établît des règles pour le commerce, et pour ceux qui pouvaient ou devaient l'exercer. Une autre oljscurité résulte de ce que Pierre Coustelier, qui vendait déjà eu i^'I'Jl au comte Conrard, aurait dû, au bénéfice de la cliarte de i a 1 4 > être franc , c'est-à-dire boargeois , ayant demeuré dans la ville plus de Tan et six semaines ^ ainsi il aurait été au taux des fenêtres marchandes. Au reste il se rencontre dans ces temps-là et postérieurement encore , des faits qui ne paraissent point être d'accord avec cette franchise, et il est impossible aujourd'hui de les conciUer, faute de documens qui les expliquent.
ce Du barbier de IKeuchâtel, par accord fait avec le comte, 1 o fi'ancs. » L'article ne portant pas d'expUcation, il est diiBcilc
580 NOTES ADDITIOIfNBLLES
de savoir de quel accord il est ici parle ; cependant il j a quelque apparence que c'était pour obtenir la permission d'habiter et d'exercer sa profession à Neucbâtel. Cette permission d'habiter ne regardait donc pas encore l'administration municipale. Ce barbier y acheta peu après une maison. L'on ne Toit point qu'il eût d'appointemens fixes; il est probable qu'il était payé suivant ses vacations.
Commandise et taille,
1 398 à 1399. — « Jean Bertboulx au Val -Travers payoit au )) seigneur une liv. pour sa commandise ; mais étant devenu tail- )) lable il ne la paye plus, n
Selon Ducange, les commands étaient des étrangers qui venant habiter dans une seigneurie , se recommandaient à la protection du seigneur , pour laquelle ils payaient un cens ou une rétribotion. Ils n'étaient donc que sujets temporaires, mais d'une condition moins grevée que les taillables ] l'on ne comprend donc pas comment ce Bertboulx la quitta pour s'assujettir à celle plus onéreuse qui lui 6tait la liberté dont il jouissait de se déplacer et de vendre ses propriétés; peut-être y eut-il contrainte; c'est ce qui n'est point expliqué.
Au reste, comme Ducange même donne diverses interprétations à ce mot, il est probable que cette condition variait suivant les pays où elle existait; par exemple Jouas Boyve dit:
((Bourgeois commands, hommes commands, francs com- » mands , étaient francs sujets de Valangin ; ils devaient ban , » clame, la chevauchée (cavaliers et chevaux pour le service » roiUlaire du seigneur) et les usages; plus la commandise (cor- » vées et charges ordonnées pour le moment) et 8 deniers paya- )) blés au seigneiu*. I^es uns devaient plus, les autres moins, sni- » vaut le traité, n — - Ce mot traité indique un accord fait entre le seigneur et les commands, lorsque ceux-ci venaient se mettre sous sa protection , et les conditions auxquelles il les recevait.
Il cite le passage suivant d'une reconnaissance latine dont il ne donne pas la date : m Homines Commans, domini, tam dici
» in villa Budetnlliers , quant dici morum conirahentur , et non )> possint morari continub nid in dicta villa, et si exirent et alibi Yi morarentur, dominas potest ipsos sequi, sicut taillabiles, et ren traduntur in talliam. » Cet article prouve que la condition des commands était moins fôcheuse que celle des taillables, puisque la punition qu^ils encourraient était d'être mis dans la classe de ceux-ci ; mais ils ne pouvaient quitter le domicile qu^ils avaient choisi pour être leur demeure à toujours.
Reconnaissance de la comtesse Isabelle.
1 874* "~ (* Renaud et Perrin Guis, frères, hommes taillables du n seigneur, tiennent de luy une maison au chastel sous un cens. »
(( Jeannet Pennal de Cormondresclie, homme taiUable du sei- » gneur, à miséricorde tient de lui une maison àNeufchastel; cens » 4 deniers, n
Il y a quelque chose de singulier en apparence dans rétablissement de taillables à Neuchâtel , où la charte de 1 3 1 4 affranchissait celui qui y séjoiunerait un an et six semaines; mais cela ne concernait probablement que l'étranger lorsqu il n'était pas réclamé. Les sujets du seigneur ne perdaient pas leur condition par cette demeure; il fallait obtenir son affranchissement par achat ou d'autre manière.
Li^on ne voit que cette seule fois dans ces comptes la désignation de taillablc à miséricorde. Ce terme semble mettre le taillable dans la classe des esclaves; nulle lumière d'ailleurs sur le sens de ce mot.
I 44^' — ^^ mars. Envoi de pain d'épices par Madame de Boubemberg à la comtesse Marie, femme de Jean de Fribourg. Il est apparent que ce pain d'épices est celui qu'on appelle encore biscomm (retoumez-y), car le miel entre dans sa composition et il était plus commun que le sucre; la comtesse elle-mcme l'employait pour faire des confitures.
1 4^1. — Le comte Jean étant dans^a teiTe de Rigney , au comté de Bourgogne, y reçut, les 3i octobre et 1" novembre, l'yïbbé de la folie joyeuse y et VAbbc des maux gomvrs. C'étaient
582 IfOTBS ADDITIONNELLES
sans doute des personnages plaisans qui allaient de cbâtean fo châleaa , colportant des facéties pour en égayer les maîtres.
1397. — Le TÎUe de Neuchâtel retirait déjà le tiers du produit du péage de Neuchâtel ; mais comme ce droit n est poic: porté dans la cbarte de 1 21 4» il fut sans doute le rësnltatdV concession particulière postérieure, confirmée ensuite par Fart. 1 de la charte de i454«
L*on ne voit pas d^assesseurs de la ville à la reddition h comptes de cette époque. Lors de la reddition de celai du péx^ c'était le receveur-général qui lui remettait sa portion.
TiCS auditeurs de comptes indiqués en ce temps, étaient qn^ quefois, mais rarement, le bailli du comté, Hugues deVilk:fans^ une fois le prévôt du chapitre^ toujours Nicolet de Grac^son, maire de Neuchâtel^ le chanoine Jaques Leschet; Nicole Chouderier ^ Simon de la Bruyère quelquefois.
Nicolet de Grandson était en quelque sorte le receveur (^ trésorier-général du comte Conrard , pour son comté de ^ cliâtel^ Targent perçu par les autres comptables ou receveanli était remis , et il faisait les délivrances.
Jaques Leschet rendait compte des articles de denrées ^ lui remettaient les autres receveurs du comté , et qui n\vifi pas été consommés ou employés dans leur département; i^**^ remettait aux comptables particuliers du chuteau poorbo*sommation de la maison du comte.
Ces auditeurs recevaient également les comptes des lents*" Yillaufàns et de Verselx , mais Ton ne voit pas que les résatentrassent dans les comptes particuliers de Nicolet de GruH^^ et de Jaques Ijcscbet.
1 397 à 1 398. — « A Brocart , barbier, un muid de from^ » a Roliu , cusenicr, un muid^ à Maistre, le mi^e, uomv » le muid vendu h 3i sols, n
Cet article, qui se retrouve plusieurs fois pour desgeDsà^ lairc ot h gages, fait voir quils étaient payés généxalerneB^î' denrées quoique leur engagement fôt fait pour une takorî*
ET PIÈCES iUSTlFlGATITSS. 583
argent^ mais il était plus facile de trouTer les premières que le second. Les charges d'administration se payaient de même en grain et en vin.
La charte de i!2i4 impose à la commune de Neuchâtel un droit annuel de L. 7 envers le seigneur. ' C'était un cens de reconnaissance pour Toctroi de son afirancliissement. L'on ne sait point ce qui amena un changement à cet égard , ni quant il eut lieu ; mais dans un compte de recette du péage de Neuchâtel de Henri leFavre, il est dit :
1 397 à 1 398. — (c Des bourgeois de Neuchâtel , pour le grand » jeudi de 1 399, L. 1 6 n a sols. »
i( A Jean de Yauxmarcus, qui les perçoit sur le grand jeudi 9 » L. i4* )>
On ne comprend pas pourquoi la ville dut payer deux ans avant le terme échu. La charte de 1 4^4 > art. i o , détermine d'une manière ùxe cette redevance de L. 1 6 » a sols h payer le jour de la Cène , dont il revenait L. 1 4 à Jean, syre de VauxmarcBS. Ainsi fut consacrée cette augmentation dcf L. 9 » 2 sols dont la cause est inconnue , de même que celle de retenue de Jean de Yauxmarcus , qui passa à sa postérité ; car celui de 1 397 ne devait plus être vivant en 1 454* U paraîtrait que ce don était un fief.
L'on a parlé plus haut de deux taillables qui, en 1 374» avaient acheté deux maisons à Neuchâtel. Cette condition, si nombreuse avant les affîranchissemens , les rachats ou les réunions à mie* bourgeoisie , était dans le principe la même , mais variait quant aux conditions. Tous étaient attachés h leur terre ^ s'ils la quittaient^ elle demeurait ou plutôt retournait au seigneur, premier propriétaire^ d'ailleurs ils étaient fort chaînés envers lui, soit eu redevances soit en services, mais il paraît que c'était par un contrat que le seigneur ne pouvait excéder j au lieu que le taillable à miséricorde dont il a été parlé, était, suivant toute apparence, entièrement a sa merci. Les divers faits que l'on alléguera ici ont l'avantage de faire connaître quel était l'état des habitans (le Neuchâtel avant la cliarte de 1214 qui les ai&anchit.
584 IfOTBS ÀDDlT101fll£LLK8
TaiOables, — Fal- de -Travers.
1 397 à 1 398. — « Pour la garde de TEsclusate (de la Qi- » sette)| c'est assavoir pour cbascun homme taiUable, tenant » beste à charrue, pour chascuu 3 émines froment, et de ce- » lui qui ne lient bœuf à charrue et gaigne en terre, i ^ émiot )) froment. Et sont 80 tenant bcstcs^ yaut 6 muids 16 émines, ei » pour I *i non tenant bestes, 1 8 émines ^ et 6 autres de Noireaog » et de Rozières, pour cbascun 3 émines. »
Voilà une différence entre les taillables , sans aucune indication du motif. Les taillables devaient L. 76, ou pour cbaqacsol une émine avoine. Pour la garde de TEsclusate 100 taiUabb tenant feu devaient chacun 9 deniers.
Il u est fait mention que de deux corvées dues an seigneur,^ Boveresse, 5 sols. Celle de Travers, 8 sols.
w Corvées et dumanges de Couvet. n Le receveur ne coœj* rien , parce que les gentilshommes les perçoivent cette aimêf. Les gentilshommes alternaient pour cet objet avec le se^nev, mais on n a pu découvrir ce qu'étaient ces dumanges ^ dont Jotf Boyve ne parle pas; il n'en avait probablement pas connaissance L'on est cependant surpris qu'il ne dise rien des taillables, doit il ne pouvait ignorer l'ancienne existence. Le mot corvée w* tix»uve pas non plus dans son dictionnaire d'anciens termes. U corvée était un droit , ou de travail ou de chaiToi , que le sogueiu* exigeait de ses sujets^ mais le nombre des journées oa des charrois à îàvre dans Tannée était fixé , et lorsque ces servie» n'étaient pas exigés, le corvéable en payait une valeur dëtenvnée; a Boveresse, par exemple, une corvée était évaluée a s» G dcQÎers. Le seigneur nourrissait lors de ces services.
« Taille d'Octou e^ de Carême » , sans autre désignation. Ces deux époques étaient celles auxquelles les taillables payaient kv^ redevances. Il paraît qu OcYo/i était le mois d'octobre; cep*'»' dant on ne peut pas l'assurer.
l..es nobles hoh*s du Terraul percevaient chaque année 3 si* sur chacune de ces deux tailles.
ET PliCES JOSTinCATlVES. 885
1898 à 1399. -— «Pour la garde de FEsdasatei en quel lieu » Monsieur lève el perçoit par la manière accoulumëe pour la » dicte garde, par an, de cfaascun homme taiUable de Monsieur » qu'il n'a buef chez lui , i\^ émine froment ; et des honunes n au prieur et aux gentilshommes , lesquels n ont buef, demi- » ëmine. Et des honunes taillables qu*ik ont buef, a émines » froment; et de chascun homme taillable des gentilshommes, » qu'ils n'ont buef, et qu'ils ont buef, une ëmine pour les gens » de Monsieur. »
(f Des biens demorez dou Bastard de Thiriez , acquis à Mon- » sieur pour cause de main - morte , un muid froment. — - Des » biens de Perrin Botoiller, tailbble de Monsieur, trespassë no » Tellement, 7 V^ émines froment. » Cet homme , suivant toute apparence^ n'avait pas laisse d'enfans, et ses biens retournèrent au seigneur, qui les remit de nouveau, moyennant un entrage de 7 V2 émines froment.
Aux Verrières , le bétail était taxé de la manière suivante : le bœuf et le cheval devaient chacun im sol, la vache un sol, chèvre, bouc et brebis, 4 deniers.
Boudry, Rochefort et Pontareuse.
<( Taille de Bôle pour sa moisson , une émine froment, n Li'on ne trouve point cette taille au Val -de -Travers; cependant on y ensemençait du froment, et les taillables en payaient. C'est donc une dififércnce locale.
Li'on a omb l'article suivant au Val -de -Travers : « La terre » de Jehan le Bercaic de Flurié , échue an seigneur et donnée )) par luj au Rousselet dou Pasquier , qui a payé 6 francs. » Il n'est pas mieux expUqué pourquoi cette échute , si c'était pour abandon ou pour mort sans enfant; mais enfin il n'a pu en disposer.
i< Des menaides du plaid de mai et d'octon , 3 ^/^ muids froment. »
c( Des menaides de Boudry à Noël, 7 ém. plus 8 sols bâlois. »
Jouas Boy ve , dans son dictionnaire dit : <« Menaides ou cens
de bucellcs se donnaient à Boudry par des particuliers. Elles
S86 NOTES ADBlTIOKRBLLÉft
étaient destinëes à la dépense des quatre jarës qui assistaiaat au plaid général de Boudry (où le comte se rendait lorsqu'il le pouvait) f qui se tenait en mai et octobre. Avec ces cens on faisait des pains , etc. , et on achetait d'autres provisions. » — - Ce qm donne du poids à cette explication, est l'article suivant: idgS— ^ 1899 : (f Du plaid de mai pour le droit du seigneur, après les )> frais des mangiés, 7 L. bâloises. n L'on n*avait donc pas cook sommé tout le produit des menaides , ou bucelles 3 le surplus entrait dans les comptes du receveur.
(( Pour l'avouerie que payent à Boudry les Yermondins et I) ceux de Chambrelin , vingt-deux personnes tenant feu payent » ai raises froment ; 1 4 émines une raise. n
- (c Plus , pour l'avouerie des bois , 1 2 émines avoine par per» )) sonne. — Item, i d. et 3 œu&, ou un den. n
Ces Fermondins liabitaient le quartier dès l'église au château. Aujourd'hui ik sont affranchis de t^es charges, au lieu desquelles ils doivent réparer le château. Ils ne doivent phis que 3 émines avoine pour l'avouerie des bois.
Il parait que ce mot de vouherie ou mHHierie des bois, signifiait l'usage des bois. .
« Neuf taillables de Rochefort payent poui la moisson , selon )) la coutume , par personne une émine froment, d
« Taillables de Rochefort, en octon, 8 muids 8 émines avoine, n
(( Taillables de Cortaillods et de Bàle, 5 muids %o émines, ou » 7 L. , pour chaque sol une émine. »
it Quarante et une personnes du tenement d'Areuse et de Cor> » taillods payent chacune 3 émines avoine. »
« Quarante personnes tenant feu à Colombier, Bdle et Areuse, » payent chacune 4 émines. » Il n'y en eut que trente -huit en.
Les commands devaient une livre cire.
£n général, la taille de carême a produit L. 6 )) i o*, sans spéciûcation.
Pâture de 1 19 porcs, poiu» diacun une émine avoine.
Pour la pâture entière des porcs dans les bois des châtellenies
ET PIÈGES JUSTinCATlVES. tf87
de Bouclry et de Rochefort , saToir le gros pore » 4 émines avoine ; la truie portante et le hennezier ou coclion d'un an , a ëmines^ le jeune porc qui tette , une émine.
Corvées dont le nombre n'est pas indiqué , appliquées aux charrois du vin du seigneur.
ChdteUenie de Thielle.
1897 ^ 1398. — U nVst point parlé de taillables dans ce compte , mais seulement de corvées ^ celles de carême et d'octon devaient cbacune 3 sols bâlois; celle de sémoral, 2 sols.
Landeron.
1 897 a 1 398. — - u Le four de Comaul payait 8 émines froment au receveur du Landeron. » Ce village faisait alors partie de cette cbâtellenie, ainsi que Lignières^ ils en furent séparés lors de la réformation.
(f De plusieurs taillables , 66 florins. »
(( De plusieurs taillables de Févécbé demeurant au Landerony Ij. 4 dont le seigneur perçoit la moitié. »
Ces taillables ne perdaient donc pas leur condition en changeant de demeure ; mais il est probable qu'il ezdstait un accord entre les deux seigneurs respectifs, en vertu duquel le taillable qui passait de Fun chez l'autre , conservait sa condition et en payait les redevances , que le seigneur chez qui il s'étaii retiré pa]*tageait avec le seigneur direct.
c( Des corvées de Froischaud , 7 sols balois. » c< Â déduire du compte du receveur 2 émines avoine pour un Jjomme de Tévéché qui a quitté le pays (sans doute sans payer). )> ce De môme pour plusieurs personnes, de même, 3 muids fro» ment. »
Neuchdtel, la Côte et BoudeçiUiers,
1 397 à 1 398. — U y a au début : m A Lugnores pour la mena ide Monsieur, en mai, 20 sols lausannois, et pour la Saint- Martin , 20 sols. »
J^uguores dépendait encore du comté de Neucliâtel, qui y
588 NOTES ADDmOimELLES
faisait adminisUrer la justice. Ces deux époques étaient ceDesdi jugement des procès , et les menaides pouryojaient à la nounv ture des jurés. Le comte nommait le sautier. En i4i5 cet(^ fut mis à Tenchère ; un particulier Fobtint moyennant an certaio nombre d^ oisons qu'il devait fournir au comte , savoir 5 florios et 60 oisons pour trois ans.
« Messon de trente -trois taillables^ de chacun oneànbe froment, n
u Taille d'octon des gens de Peseux , 3o L. , pour diaqm sol
une émine avoine.
» n n n de Cormondrêche , 18L.
)) i> n n d'Auvemier^ 3oL. en bondeIksK
lien d*aToine.
a Taille de carême jettée le ^5 mars 1 898 sur les laiilabksi^ Peseux, Cormondrécbe et Auvemier, 3o L. »
L'énoncé de cet article ferait croire que cette taille nèà pas fixe; le mot getté oa Jette réfonà à celui d'imposer, clspaployait h Neuchâtel pour asseoir le giette sur tous les bour^eoi: et hahitansy selon les besoins prévus de Tannée : les termesptS'^ cette année se rapportent à cela et indiquent une fixation aèr traire.
(c Taille de ceulx de Corcelles Dusiez ou du Fiez (fief) loosoki et pour le giette 1 00 sols. »
(( Quatre aultres taillables d^autre condition, L. 4» i^'* (( De la menaige'ou menaide, 8 muids i5 émines froment ■ (f Avouerie des bois , 20 muids 8 émines avoine. » « Pâture des porcs de la Coste, chaque porc 4 émines atoin^' V De Perrenet Pregnier , pour les biens de sa fenune acqofi à Monsieur, à luj laissés , 1 2 florins. »
On, désirerait savoir pourquoi ces biens étaient échus an ^ gneur, savoir si cette femme était bâtarde ou taillable; niais ^ reste, dans Fun ou dans Taulre cas elle n*en pouvait pas dispotf^ L'article suivant est plus obscur : « Dû par la fille deTniBiff » fans taillable de Monsieur, mariée h Viénot Budin, d'Arecxon » (Val -de -Travers), 6 gros, parce qu'elle épousait un
ET PIÈGES JUSTinGATITES. 589
n libre; ou si ce mariage ne rafBranchissait pas, auquel cas elle M devait payer suivant sa condition. » Elle les paye encore en 1398 — 1399.
c( Au comte par un fib, pour héritage de sa mèrCi par accord » fait , L. 3o. »
A ce compte4à le fils n'héritait pas naturellement, ce qui avait cependant lieu lorsque le père ou la mère étaient taillables 5 peut-être était-il bâtard.
Outre ces redevances, les taillables payaient encore des chapons au seigneur :
i397 à 1398. — u^a Landeron. Chapons de rente, 88. Il n^est point expliqué pourquoi ils étaient dus ; mais le terme de rente indiquant une dette fixe, fait croire qu^elIe reposait sur des biens-fonds ; mais on ne voit pas à quel titre , si c'était une condition primitive d'accensement , ou si ce chapon n'avait été mis ensuite que pour marque de libération d'une condition pire que celle à laquelle le fonds était possédé.
1 397 à 1 398. — - (( Soixante-huit commands et taillables tenans » feu, 68 chapons » (redevance personnelle).
u^ la Côte. Trente-ti*ois taillables tenans feu, 33 chapons, et seulement 4 chapons de rente.
De la femme de Michel Yastel, 3 chapons, sans qu'il soit dit pourquoi celte augmentation.
1 397 à 1 398. — Dans la clidteUenie de Thielle. a58 chapons dès Caréme-entrant 1 397 à pareille époque 1 398.
1 397 à 1 398. — Le Fal-de-Troifers ne devait que ao chapons.
I 397 à 1 398. -* BoudeinlUers. i o cliapons de cens et 21 dits pour la chaponnerie.
Jonas Boyve dit que c'était un droit du seigneur de se faire délivrer un chapon engraissé par ceux qui gardaient des poules.
Jjes conditions des sujets variaient suivant les terres et les pays, rnais partout avec plus ou moins d'abondance \ ib devaient fournir peu d'argent, parce qu'il était rare, mais denrées et travail pour l'entretien de leur seigneur. Pour donner la facilité de
ttOO HOTES AMinOlfNELLBS
feire la comparaison entre la condhioii des sujets du comlé de Neuchâtel et ceux des autres états , on extraira les comples dfs terrés dans le pays de Yaud appartenantes à Marguerite de Tufflens, troisième femme de Louis, comté de Neuchâtel, eiceia des terres que Conrard de Fribourg possédait dans le comté de Bourgogne.
Terres de Champçeni et de la Motta.
iSSq à i365« — Châtdlenie de CliampTent, 2|/^ chapons par an.
Des Yilles de la dite cliâtellenie , 1 9 chapons par an.
Vignes accensëes, les unes à la moitié, les autres au tiers.
En 1 363, elles furent détruites par la tempête (sans doute p:^ la grêle, car en 1 363 elles produisirent 2 muids 4setiers, conuu en 1 364)*
La taille donnait par an, en argent, L. 6 lausannob.
lie curé de Saint -Christophe devait un giette au seigneur,' la Pentecôte, de 3o sols lausannois.
Celui de Pcui , de môme , .5o sols.
Il était dû trois cor\'ées de chari'ue au seigneur chaque snée dans la cliâtellenie, en carême, en semoraul et en automo^
1 366 h 1 368. — Il était passé au receveur une coupe par mai' pour la conséchiu-e du froment et de l'avoine . -— 1 368 à i3'x « Des villes et villages de la dite châlelleuie , pour la gajle,» n gerberie de plusieurs personnes , lesquelles doivent les vstrp )) en diverses manières, 3 muids un biche t froment à Sainl-Ma> M tin 1 368. )>
La recette monta à 70 muids 4 copets ou coupes et im biVl^' froment, y compris la ferme de la dune qui produisit i8inu*-
Il y avait des terres soumises au terrage en avoine; elles doinèrent 5 muids 7 coupes.
La ferme de la dbne de Mathoz produisit 1 8 muids 6 coup^ avoine. En affermant cette dime on imposait de {4us la limita de 24 oisons; 3i oisons étaient donnés par d'autres redenU^ sans qu'on en connaisse la cause.
ET PIÈCES lUSTinCATlVES. 591
La cliappnnerio à Carême entrant 1 368, produisit 18 diapons. C'était une redevance personnelle , car les années précédentes il y avait 19 chapons.
Des censables devaient de Thuile^ il en fut livré 16^/^ pots et ^/^ pot.
Les rentes échues à Saint-André, à Noël, à Pâques et à la Pentecôte 1 308 montaient à L. i4 » 10 oboles. Ces termes fixes indiquent des cens.
Les corvées des charrues se devaient en trois saisons, en carême i en semoraulx et^n ouchamp.
Carême y pour les semailles des grains auxquelles il donne son nom, orge, avoine, et légumes.
SenioraulXi pour la façon des champs en jachère (en semor) dans quelques lieux ^ elle a lieu dans le mois du juin ou de juillet.
Ouchamp, labour pour ensemencer le fix)ment, mettre la graine au ou ou champ,
i369 à 1371. — - Pour les usages, de même que les années précédentes, trois muids un bichet froment. — 1370a 1371. Dans cette châtellenie était compris les villages de Yougala (Vougelles). Orges, Longeville, Balaigues, Lignerolles, laMotta, Mathod , la Mure.
Il y avait trois châteaux : celui de Champvent, auquel des
I 359 à 1 365 , il fut fait deux tours , celle de Bayard et celle du
côté de Mathod^ il fut aussi recouvert la grosse tour et celle de
la chapelle (les couvertures étaient en ancelles)^ celui de la
JHurre, reparé en 1370; et celui de la MoUa,
u De ceux qui doivent la gerberie, chacun a gerbes froment. cf De ceux qui doivent la gajte à Mathod , chacun 3 bichets^ n de même à Orges, Vougala, Longeville et la Motta.
te De quarante personnes d'Orçes , de Vougala , de Longc- » ville, de Mathod, de Lignerolles pour la chaponnerie^ de » cliacune d'elles un chapon à Carême-entrant, n Chacune des trois corvées évaluée à 11 sols. Gliaque charroi de vin dû, un par an, évalué demi florin. Il j avait les échûtes, le lod, les treuves, les forenses.
it92 NOTES ADDITIONNELLES
Aucnne de ces choses exigibles n^est expliquée, et les autres comptes ne les font point connaître, ni quel ëtait le lod.
Il parait que les échuies étaient les terrains échus au seigneur, ou par défaut de possesseurs ou pour des délits qui emportaient la confiscation 5 que lestreiu^s étaient les choses tronrées, comme trésors enfouis, mines ^ lesjbrenses pourraient être des délits commis injbro, les jours de foire et de mar^é, lesquels étaient punis plus gravement et par une plus forte amende.
t( Taille de Carême , i o sols.
)) Cochon de redevance du moulin de la Motta, évalué à la » sols lauzannois.
n Le muid de vin vendu 1 08 sok.
» Tailles de la foire chaude, Saint-Barthelémi, L. 45.
I) Tailles de la foire froide. Carême, L. ^9. »
1370a 1871. •— Les taillables dans la seigneurie de la Murre ne devaient pas des chapons, mais des poules, il en fut reçu 73. La poule de cens était évaluée un sol.
» Des taillables de la Murre, en Carême iS^o, i4 florins n 3^^ gros^ è Saint-Bartlielémy, i4 florins 9 gros.
» Des taillables de la Luarda, en Carême 1870,4 florins 6 gros I) 8 eng. 5 à Saint-Barthélémy, 4 florins 6 gros 8 eng.
» Des taillables de Labergement, en Carême 1370, 9 florins » 1 1 gros a eng. 5 à Saint- Barthélémy, 9 florins 1 1 gros ^ eng.
Herbes des prés vastes (sans possesseurs).
1371 à 1872. — - Plusieurs sujets étant morts sans hoirs à la Motta , leur terre se trouva sans possesseur, et le seigneur perdit 11 coupes, un bichet de cens qu'elle devait.
Chdtellenie de la Motta, de Faugrenant et appartenances,
1871 à 1872. — Tailles de la foire chaude à Saint- Barthe- » lémy 60 florins 7 gros.
ïï Tailles de la foire froide en Carême, 4^ florins 7 gros.
1870 à 1871. — I) Sur cinquante -cinq femmes qui ont ap* » porté le vin de la vendange , dès les vignes de Monsieur au » château , il y en avait quatorze qui devaient les ccMrvées en
ET PliCES lUSTinCATlVES. tf95
» yeadange , auxquelles on donnait à manger trois fois le jour.
» Plusieurs bans de 3 sols que devaient les gentilshommes de » ChampYent, que Madame leur quitta. » L^objet de ces amendes n'est -point énonce. Il est probable que par gentilshommes y il est entendu des sujets non-taillables.
« Huit bans de 3 sols que devait le Saragins , de Mathod , n que le receveur voulait exiger, mais ils n'étaient point dus, » parce que cet homme était au seigneur de Grandson. »
Cette raison paraît singulière. En effet comment le sujet d'un autre seigneur ne pouvait-il pas être puni dans le lieu où il avait commis un délit? Renvoyait -on sa punition h son seigneur direct? Cela est probable ; les taillables étant des hommes à rente, il y avait peut «être un concordat entre les seigneurs respectif , pour que les amendes des délits retournassent au seigneur direct.
Ces comptes, dont le dernier fut reçu par Marguerite de Yufflens elle-même, le 3o mai i373, ne sont pas portés plus loin, Louis de Neuchâtel étant mort cette année-là : en général ils sont d'une grande sécheresse , et l'on y désirerait plusieurs articles qui donneraient des lumières sur la condition des sujets^ il n*est point expUqué en quoi consistait ce qui est appelé revenu en grain, froment et avoine^ et ni dans les uns ni dans les autres il n'est parlé de légumes.
Pour continuer les moyens de comparaison , on extraira les comptes des receveurs des terres de Conrard de Fribonrg dans le comté de Bourgogne.
i397 ^ i^qS* "-" Il ^'^^ ^^^ mention que de la terre d'Othningen dans le comté de Fribourg en Brisgaw. Les deux comptes dès 1 397 à 1 398 ne donnent pas de lumières sur la condi-» tion des sujets^ Us sont dressés en latin, et le rapport des mesures avec celles du comté de Neuchâtel n'y est point exprimé.
Le principal revenu était en grains : 10 muids froment; 6 muids seigle en cens dus; !^4 muids de la dfane d'Alphot> 36 muids épeautre de la même; 8 émines épeantre de cens dus; 16 muids avoine de cens dus; 06 muids de la dime d'Alphot;
594 NOTES ADDITIONIIBLIfS
1 70 muids pour la pAture des porcs dans les forêts d^Otfamn^n f 3o muids des corvées.
n en fut envoyé 24 muids à Nenchàtel , sans désignatioD de Tespèce.
Vingt liv. Mloises de cens payés ^ %5o Ut. dites pour b taiUe.
On voit qu*il y avait corvées , cais et tailles, mais nuUe explication.
FiUauf(m$4e'Neuf.
1 898 à 1 899. *— « Le receveur a reçu de cens au dit lieu, des » bourgeois dudit YillauPans, de la dite chàtellenie qu*ik doivent » à la Saint -Martin, et compte pour Tan 1898, lesquels cens » croissent et décroissent 5 et est assavoir que chascun habitant » au dict chastel et defiuers , qu*ilz sont de la franchise , qu*ilz » n*ont bestes, payent chascun à la Saînt-Martin une émine fro- » ment et une émine avoine, et à la Toussaincts, i a deniers esthe- » venans. Et ceulx qui ont bestes trahant (de trait) doivent pour n chascune beste une émine froment et une émine avoine et 1 a » dem'ers esthevenans a termes dessus dicts. Et pour chascone » saison dou blefz que il gaigne , exceptez tant seulement d'ung » cheval soulz le traict devant, lequel ne doibt riens. Et est asn savoir que se le ung des dicts ]K)urgeois ou censiers com- )) mandoit (prétait) sa beste à uDg aultre ccnsier , ung chascun » paye la motié , et si la commande à ung aultre que ne soit » censier, il paye la motié, et li aultre ne paye riens ^ lesquels » cens montent en nombre^ encloz ugne femme vafve (veuve) » qui ne doibt que 1 4 deniers ; le nombre de 4^ censiers qui » doibvent 9 bichets de froment. » En 1 899 , la veuve paya 18 deniers; il n'y eut que 48 censiers. Deux sok esthevenans font 8 sols (aibles (BoyifeJ,
Bichet , mesure qui variait suivant les lieux 011 elle était en usage (ibidj.
Les moulins de Montgesson rendaient 44 bichets de ferme ; son four, 4 bichets ; celui du château, 7 bichets 1 émines y celai de Lauans, 4 bichets 2 émines; celui de Yennes, 10 émines;
ET PfÉCES lUSTlFlCATIVlËS. S95
celui de y emîer- Fontaines, 5 bichets 4 émines. Gaignage de Vemier-Fontaines et les corvëes, 16 bichets. Les chèvres à lait payaient une redeyance. a Cens dûs dans la châtellenie à la Saint-Martin d* hiver, 9 bi- » chets 4 ëmines. »
(c Des bourgeois du château et de ceux qui tiennent les mas, 9 Inchets. » Ces mas étaient des prës dont l'amodiation se payait en grains, froment ou avoine.
Les bourgeois de Yemier-Fontaines devaient de trois ans deux , 4 bichets pour cette année } Tannée suivante ils ne devaient pas le grain, mais le double en argent.
Uatfouerie se payait 3 émines d*avoine pour trois enfans, c*està-dire par ménage.
NB. Cette avouerie s'explique par l'article suivant: M De Favouerie deuc à cause du morbois , le recepveur ne » compte rien , quar Ton n'y à nulz laissié aller , pour ce que » sous lombre dou dict morboix ils coupoient les bois de mon » dict seigneur, et pour ce fusl defifendu par le bailli de ne plus » user dou dict morboix. »
Cette avouerie, ou usage du morbois, se payait 3 émines d'à- Toinc par an, par personne ou par ménage.
L'omguelt y était établi } le vin de vente était taxé : u De Es- » ihevenon Descombrcz pour ce que Ton luy souffra boire d'aul- » tre vin que dou vin barré (taxé) pour deux nopces qu'il fict , }> ^ bichets 3 émines avoine. »
Il n'est point dit pourquoi cette licence se paya en avoine plutôt qu'en vin.
une poule par leu-tenantàLanans, ^5 poules
nMongesoye . . . i5 »
»Chavannaz, ... 3 it
«Voire, 3 m
» Vernier-Fontaines, i »
Censables en cire , 4 ^v.
Des fours et moulins, 16 liv. cire.
Lies forestiers de Lannans^ 6 liv.
TaillablesJ
696 NOTES ADDIT10NHILLB8
u Un particulier qui a la permission de demeurer à Besançoo » tant qu'il plaira au seigneur, une liv. cire. » Cétailonerecoanaissance de sa condition , en Tertu de laquelle il parait qu'A pouvait non-seulement être rappelé, mais même réclamé.
Cens des bourgeois de Yillaufans et d'autres qui ont maiiaii dit lieu, 55 sob 6 dejiiers estheyenans.
TaUlables de VillauTans à Saint- Michel, -j^h.
I) n Mongessoje, • 36 *
» )) Chanans, 6 »
» n Verrier-Fontaines, 3 *
» n Lanans, 4^ *
Prises de la terre (sans autre explication) due à Saint-MartiB.
Giette des preud*hommes de Yemier-Fontaines.
G)mmandise de Jelian Gros, un sol.
Amendes de cas plaidoyez, L. 1 1 n i g< » 6^.
Amendes des bois, L. 3 » i o* » g^ dont la moitié an seignenT: Fautre au forestier.
Amendes des prez, 8 sob.
Amendes de vignes, nul rapport.
Pèche amodiée à Villaufans, G florins.
» » » M ongessoye a florins 6 aob.
Pâture dans les bob du seigneur. Sa francs.
Ferselx,
\ 898 à 1 899. — - Dime de Yerselx et de Goux, lôj^ ^*^ froment.
Portion du comte à la dime d'Audans, 4 bichets.
tf Les bourgeob de Yerselx , dissons, de Goux , d'Epenoc^ » et d'Audans, doibyent pour chaque bœuf qu'ils gardent, 3 » émines blcfz par an, et i a bons deniers Tannée qu'iU ne pay^ )) pas la paroisse. »
Ceux de Louvay, de Flanchebouche , d'Ayondrey, pajâ^ cette année la paroisse.
Il n'y a nulle indication sur ce paiement de paroisse.
Moidin de Creuze, au jour des Bordes, 19 bichets.
ET PlteBS JUSTIFIGATIYES. tS97
Moulin da Prel , 4 bichets.
Les fours cle Flanchebouche, 12 bichets.
Le four de Goux , g émînes.
» )) d*£penouse, 8 bichets.
» n de Villcrs-Richrée, a bichcls.
)) » » Villers-la-Combe , un bichél 8 ëmines.
Dtme de Yerselx et de Goux, 3o bichels aToine. » d'Audans 7 bichets.
Cens des bœufs (v. froment), 4 bichets 11 ëmines un gros avoine.
Des preud'honmies de la Ville -Dieu, par an, la bichets d'avoine.
Morboixy en i^g8, 5 bichets 6 émines; — en iSgg, i3 sols sans qu'il soit rendu raison de la dificrence).
Garde des bétes, 3 émines. — - Gelincs, /^5. Chaque taillable en devait ime.
Un mas tenu à Yelerat devait la fers garnis.
Les moulins devaient une livre cire pour chaque bichet d'avoine de redevance.
Le four de Flanchebouche, 1 1 liv.j la mairie de Flanchebouche, 6liv. 5 celle de Villers, 10 liv. 5 celle de Verselx, 8 liv.
Vente à la halle de Verselx, 8a liv.
Mairie de Verselx, i-5 liv.
I.ies preud'hommes, bourgeois de Verselx, d'Epenouso, d'Ayssans , de Goux , d'Audans et de la censé des bœufs pour 1 3^ , 5 florins 8 eng.
£n 1 399 ils payent la paroisse (ou promesse).
Nulle explication sur ce paiement de paroisse, écrite psse, peut-être promesse.
Ceux de Flanchebouche , de Lomj et d'Amondrej paient la paroisse en 1 398, en 1 399 40 sols esthevenans.
IVIenaideéà Noël 1398, la gros i eng. 5 à Saint-Jean-Baptiste I 399, I a gros I eng.
J^e curé de Flanchebouche doit par an 3 gros a eng.
L«e iangaul de la ville de Verselx , pour un an 4 > florins 1 1
598 NOTES ADDlTlOmiBLLBS
gros 4 eng* Il ^^ possible que ce f&t le droit sur les laagnesda bêles tuées dans la boucherie.
Chaque toise du terrain des maisons de Verselx payait 3 sob estheycnans.
Total; 65 £1. n 5' » 1 1*' estheyenans. Il y avait \e droit d'omgnelt sur le vin vendu. Tailles du Mont de Yellers, i8 L. esthevenans. » d^Âyssons, 6 florins, n de Flanchebouche, 9 L. en i Sgg. i o L. eslh. igfa-
a5 fl. 4 g*^'
« Les deux borquoillots des taillables de Goux, d'Aadanseï » de Longechaul par an 6 fl. « L'on n'a pu découvrir le sens de ce mot de borquoillots, Despsses de ceux d' Avendrey , qu*ib doivent par droit 1 7 L. cstb.
rt n )) » de Mont de Vellers 5o M.
» )) « » d'Epenouse 3o M.
n » » » d'Ayssons 8 io.
» » )) )) dcGoux,d'AudansetdeJx>hgechaulii i^
î) )) » )) de Pesson-Fonlaine 4 *^
Des preud'hommes de Morteau, demeurant à Ayssans, è^ cun 6 L. esthevenans à la Saint-Martin.
Pâture de la glandée, 60 fl. pour 1 898 j rien pour 1 899 p«« qu'il n'y eut pas de glands.
Recette totale des divers chapitres en iSgS et 1899: frw»^ 164 bichelsj avoine, i44 bichets 4 éminesj vin, i64m'ii'^ poules, 97 5 lards, aaj jambons, 80 j — épinées, ao^ — fe«*^ chevaux, a4j — cire 3i5 L. — argent, 1378 fl. ôgrosacK 1 denier esthevenans.
Il y avait donc des portions de cochon dues , et dont ks ^ ticles de détail ne font pas mention.
prennes.
1 399 à 1 401 . — Dîme de Gmans ou Guyans , 5 éminfé p quart froment.
Dime du Plaiubois, 5 bichets une émine dit.
ET PIÂGBS JUSTIFICATIVES. S99
Dune de Suhans, qui se parti^e avec plusieurs, a bichets 5 ëmines un quart dit. Dime du Russej, 3 émines un quart dit. » de Maymoot, 1 1 ëmines dit.
» de Barbuz, pour deux ans, 6 ëmînes dit. Cens des preud'hommes du Loïet, du Plainbois et de Montbeliardat , qu'ils donnent pour les bœufe , pour 1 899 , 4 bicbcts 6 émines un quart froment.
Cens de ceulx du Russej pour id., 9 émines un quart dit. » du four de Montbéliardat , pour trois ans 5 émines dit. » » » de Venues, 5 émines dit. » » » du Nuaul, 1400 et i4oi, 2 bichets dit. » » » du Luiet, 7 émines dit. Moulin de Montbéliardat, 1899 et i4oo, 3 bichets dit. Le dit et un nouveau, 4 bichets dit.
De la dîme de Memont, un bichet 6 émines avoine. Des fours ci-dessus, 1 1 bichets 5 émines dit. Affouage dans les bois du seigneur, compris celui des villages d'Amondrey, et de Flanchebouche et pour y chasser, 24 bichets pour trois ans.
Fènc des bois en 1 4o i , 3 bichets.
Cire des moulins et des fours pour trois ans, 3o liv.5 fromage, 1 a quart. aS^/^ Uv. de 9 taillables en 1 899 et i4oo et de 10 en i4oi* 28 gelines.
Cens des preud'hommes des lieux ci-dessus, des bœufs qui crcssent et decressent 5 68 sols 6 deniers esthevenans par an. D'un particulier, pour sa bourgeoisie, 8 sols par an, I>'un autre, G sok.
Des tailiaùles en Venues, qui cressent et decressent, en 1 899, 1 4 francs ; en 1 400, 1 4o i , 12 francs.
D'Esthevenat le sellier, pour la mairie de Luiet à lui amodiée, chascun an , tant comme il sera maire , 1 5 gros^ et pour trois ans 57 sols 8 deniers esthevenans.
JL^s bourgeois de la terre de Venues doivent la prise chaque
600 N0TB8 ADDITIONNBLLBS
année ; pour trois ans, comprise celle des bourgeois da RuSey, 5o francs, — 180 liv.
Amendes des bois , ^o sols 9 deniers. Amoides des cause plaidées à Venues , L. 1 8 )) un sol.
Droit du sceau, 1 4 florins 9 sols 3 deniers.
Pécbe de Montront pour un an, 8 sok 9 deniers.
Celle de la rivière de la Vaux : sera &it compte par le pédtfv
En 1 399, il est fait ime seule mention de pois en im IsA^ 3 quarts , un oopet à Villaufans, sans dire si c'était dlme oa cens.
Toutes CCS redevances, ou personnelles on réelles, étaient dans les usages du temps ^ chacun les connaissait, et nolie explication n'était nécessaire ; mais à mesure que les dates se sos: éloignées, on en a perdu T origine et le sens.
L'on peut bien trouver dans quelques auteurs la définitkm^ quelques-uns des mots de ces charges et impositions, Teipiiotion de quelques-unes de ces redevances; mais il parait que &y avait en général la condition soumise de taillables , elle Fê^ à divers titres et sous diverses réserves et astrictions; qu'il j* avait de locales, et peut-être de stipulation, à mesure (p* homme changeant de seigneur passait sous la domination d<^ autre. Quoi qu'il en soit. Ton ne peut qu'indiquer les fiiits, s^ entreprendre d'expliquer le pourquoi ni le comment.
Les comptes du receveur du comté de Neuchatel dorant tenue des cantons dès 1 5 1 2 à 1 5a8 , étaient dressés en aIl^ mand; celui dès Saint-Martin i528ii 15^9, le fut en francs^ et le receveur se rendit devant les commissaires de Jeanne* Hodiberg, dont le chef était Olivier de Hochberg.
1 528. — Le total do la recette en froment fut de iigoi»*^ u3 émines; en avoine, de 186 muids 2 émines; enTift)*'' 106 muids 8 setiers 12 pots.
La livre de cire appréciée à 4 gros, en nature 7 5 litres, ^ argent, L. 18» 16* faibles.
La recette en argent, L. 1691 » 18*.
Le droit du maire : sur les bans ou amendes de L. 3 — ï<>^ — » » » n 10 — 20 •
ET PIÈCES lUSTlPIGATIVES. 601
L6droitclamaire5nrIesbaiicsouame]ide6deL.3»8*— 3o8ols. TjC droit du baiUif, pour chaque acte de vente avec lods, 3 gros. Le droit du receveur, sur chaque 1 5 L. de lod , L. i . lia pèche de la Serrière, afifenuéeaux Quatre-Ministraux pour L. 1 )) lo».
Celle de la Reuse, échue pour L. 38o.
Les taiUahles d'AuTemlcr taxés en masse pour aS^ooo bondélies, le cent à 6 sols.
Appointemens du baillif: 9 muids froment, 20 dits avoine et 20 dits vin ^ en argent , L. 200.
Gages du receveur : G muids froment , 6 dits avoine et 6 dits vin^ en argent L. 63. Pour la façon des comptes, L. 5.
Il est passé au receveur pour décalle : sur 20 muids froment, un muid ; sur 20 dits avoine . un muid ^ sur 1 5 muids vin , un muid.
Au baillif, pour son secrétaire , L. 39 » 8« n 4*'« Gage du gruyer : 2 muids froment^ Ij. 8 en argent. Bepas dû au nouvel-an aux ofHciers et bourgeois, L. 1 8. Pour les habillemens des châtelains du Landeron , de Boudry, de Thielle et du Val-de-Travers, 4 écus sol.
Les ménétriers des cantons recevaient Tétrenne au nouvel-an 5 ils venaient la chercher avec leiu^ instrumens.
En 1 53 1 , Jeanne de Hochberg donna au gouverneur George de Rive L. 120 pour étrennes de nouvel-an^ et son (ils François Lui fit la même année un don de L. 44' ^^ 1' ^^ 4*^*
Pour la conibourgex>isie de Berne, en 1 53o, 6 écus sol, 26 L. !En 1 532, cinq coi*donniers à Neuchâtel qui devaient chacun quatre paires de souliers par an.
Un article difficile à expliquer est le suivant , du compte de i53i :
(c Pour la moitié des dépens de Messieurs des Etats soutenus » tant en la maison de Madame qu^en la maison de ville, 26 L.» n 9 gros , avoine 6 émines. »
Jjes frais des audiences générales étaient à la cliarge du seigneur^ on ne comprend pas comment ni pourquoi il n'en sup-
60S lfOTB3 ADD1TI0NNILLB8
porta que la moitié , et comment la tenae des étals eut fin à riiôteI-de-yiUe ; peut- être la yiile Tutelle chargée poor cette raison de la moitié des frais. La dépense en aYoine (ail foirqBH y aTait des vassaux avec leurs chevaux.
En i53a, le concierge du château avait de pension 3 iinii(]i froment, 3 muids vin, L. 20 en argent.
La dépense des audiences générales monte à L. io85.
II fut envoyé trois jurés de Nendiâtel au YaI-de-TniTefs,pQO siéger avec les jurés du lieu; leur dépense payée par lese^;MV fut de L, 9 « 1 5*.
Il y avait neuf notaires à Neudiâtel; les lods quik relatèrcst s'élevèrent à L. 1 272 » 1 3« » 4*«
La citerne du château fut vidée cette année-Ui ^^eiix oimi^ mirent douse journées à cette opération ; ib avaient par jov deux repas à six quarts chacun et la nont ou goûter, un gros.
i535. — A un quêteur du Saint-Bernard, L. ai nS*.
Cent tuiles, 1 5 sols.
Jeanne de Hochberg voulut que les Quatre-Ministraux xmr massent trois auditeurs de comptes , pour assister à la reddlt^ de compte dès Saint-Martin i535 à Saint- Martin i536.
La dîme de Constantine appartenait encore au chapitre^ Neuchâtel en iSso; mais le duc de Savoie s'en empara, etapn^ lui le canton de Berne en 1 536 , ensorte qu elle fut perdue po^ le chapitre.
Après la réformation, les biens du chapitre, jusqu^à VaAilr*^^ de 1 539 , furent régis pour le compte de Jeanne de Hochbefr ils formaient un article séparé dans les comptes du reccrf»^' général, qui en paya des gages dès 1 537 à 1 538.
1 537. — Au prédicateur maître Antoine, 9 muids froDO^ Au prêcheur de Fenin, 3 mui Js dit.
Au recteur d'école de Neuchâtel, un muid dit. Au marreiller (marguiller), un muid dit. A Benoit Chambrier , auparavant chanoine , en peustoa ^' rant sa vie, L. 100.
ET PlÂCES JUSTIFICATIVES. 603
i555. — Pour avoir refait la muraille du jardin du ckâleau sous la galerie, et celle de la prévôté; les matériaux fournis par Fentrepreneur, L. 1067.
1 547* — Des habitans de Cormondreche pour une prise sur le lac pour faire un port, une L.
1 549. — « A Fauberge de la Téte-Noire , pour un diner de » M. le gouverneur et des officiers de Monseigneur , étant as- Yï semblés pour les affaires du prisonnier étant à YauxmarcuSi et » le dîner des ambassadeurs de Bourgogne , que mondit sieur )) avait conviés avec luy, étant en tout le nombre de douze per- » sonnes , à un chacun 6 sols : L. 3 » 1 12'. »
On trouve dans les comptes de cette date et des années suivantes, plusieurs articles de cette nature, qui font supposer que les vacations n'étaient pas payées autrement que par le défraiement ; ce qui avait lieu aussi pour les juges du tribunal des audiences générales.
Au reste , on pourrait inférer du régal à 6 sols par tête fait aux ambassadeurs de Bourgogne, que ce n était pas une députatien bien solennelle , qu'elle n était là qu'en passant, et qu elle fut régalée par occasion.
1 550. •— « Au sautier de Neuchâtel, à celui de la Côte , au » tonnelier du château et au lieutenant de la Côte , à chacun » une robe de 3^/^ aunes de tanné, à un écu Tanne, et du drap » blanc pour y mettre ; le tout L. 67 n 1 o*. n
n Pour la dépense faite en la maison de ville par Messieurs de n la justice , pour avoir levé juridiquement le corps d'une fille » qui s'était noyée dans le lac : L. 4 " 6* n 8*. n
i553. .i^Ily avait douze fenêtres marchandes ou boutiques à Neuchâtel , qui payaient chacune 2* » 3^ faibles au seigneur. clans ce nombre étaient deux apothicaires^ six merciers, un marchand drapier, et deux autres marchands^ sans désignation spéciale de leurs marchandises.
i553. — Quarante -neuf feux payaient l'avoine des bois à
AuTeroier; quarante à Cormondrèche ; trente-huit à G>rcdks; yingt-deux k Peseux.
La pension du gouvemeiur J.-Jaques de Bonstetten, était df L.833»6»rt8d.
Uarticle suivant donne lieu de croire que le conseii d*éti ne commença qu'en cette année -là les regbtres de son administration :
(( Dépense faite che£ Thôte de la Tête -Noire dans b tncbot » de plusieurs ai&ires , dont le détail est porté dans k nwx» }) manuel, plusieurs journées tenues par le gouverneur, anibasn sadeur, et gens du conseil, L. a6 n 5' n lo^. n
1554. -— * u Frais faits à Tanberge par les membres des»* » diences générales , les gens féodaux et gens des Trois-EMr » pendant Tespace de six semaines, L. 34>^* *^
Les auditeurs de ce compte furent nommés par Jacqiidine<k Roban et par Jacques de Savoie, duc de Nemours.
1 589. -— La maison Lardin, achetée pour la monnaie, cett; année, coûta L. 4ooo^ c'était celle vi84Hvis la halle, posséder aujourd'hui (181 1) par M. Reynier.
Les frais de rétablissement de la monnaie , arec Tachât da bâtiment, montèrent à L. 9244 '^ 3 gros.
1690. — - Appointemens du gouvemeor: 9 muids finooKot' 12 muids avoine ; 3 muids vin; argent, 4oo francs, L. i^oot^ En i586 il n'avait que L. 4oo.
Au même pour aumônes aux passagers, 3 muids fromeo^ Repas du nouvel-an, k la maison de ville, aux officiers et botfgeois, L. 363.
Jia recette générale des deux comtés de Neuchâtel el ^> langin, non compris celle des quatre mairies, monta
à L. 87,818 «6 gros» ^ Celle des quatre mairies, nette. . w 8,809» 6 " "^ ' Appointemensdu receveur-général P. Chambrier, aoo ..... . . . n 5oon - «^
Total L. 97,188» grosii4**'^
1 596. — Lods L, 1 0,86a » I o gros » 4 clen.
A. Pierre Carré , bourgeois de Neochâlel, pour avoir porté quatre pièces d'oiseaux de proie à S. £. en France, 28 écus sol à 8 L. pièce, L. 224.
A toutes les redditions de ces comptes , comme à ceux de la TÎlle , les auditeurs et les comptables mangeaient ensemble tant qu elles duraient , aux frais du souverain , et ceux de la ville aux frais de Tadministration municipale.
Lorsqu'il s'agissait d'examiner des prisonniers, les Quatre- Ministraux mangeaient à Tauberge aux frais du prince, qui payait de même lorsqu'il se faisait des marcbés importans qui se tiaitaient et se consommaient à l'auberge.
1 597. — A monsieur de Gléresse, châtelain de la Neuveville, son gage de conseiller d'état, L. 5o.
Au sieur Jean Perrochet de même, L. 5o. A Antoine Verdonnet, de même, L. 5o.
Recette générale, L. io9,33i » 4 /^**
1 586. — L'on ne trouve point expliqué pourquoi le comptable Pierre Chambrier , receveur -général, n'est point porté comme conseiller d'état sur l'état des pensions en 1 697 , tandis qu'il l'était en 1 586.
Il n'est pas connu à quelle époque fut établie la fontaine de la cour du château, mais ce fut en i586 que furent construites les piles en pierres de l'aqueduc qui en conduit l'eau à travers du fossé hors du Donjon. Le colonne de la fontaine était en bois, et elle fut alors renouvelée.
Le revenu de l'état, qui consistait principalement en denrées, éprouvait de grandes variations , dépendantes de celles de leurs prix ^ et quant aux dîmes, de celles du produit annuel des terres. Le revenu total de 1 586 ne s'éleva qu'à la somme de 59,5^6 L. •7 sols i den.
1 589. — Il y avait vingt -deux fenêtres marchandes ou boutiques dans la ville , trois cordonniers et quatre maréchaux.
1 589. — Quatre livres poudre à canon pour les soldats en-
■^^^MHMHai
606 NOTBS ADDITIONNELLES.
Yoyës à la Cbaux, à cause du Toisînage de rarmëe de moosiear de Guise, L. 6.
Les ordonnances ecclésiastiques de iS^n araient déclare mraire Fintérét qui excéderait le 5 % . Ce statut élait le résultai âf la réforme , et ces ordonnances qui deraient régler les msurs, avaient été conseillées par l'état de Berne. Cependant on ne jugeait pas à Berne comme à Neuchâtel sur Tintérét de Far^. car Marie de Bourbon ayant besoin d'une sonmie , probaUemot pour terminer Tacliat de la seigneurie de Yalangin, troan S,om écus sol auprès du canton , qui les lui prêta à Fintërèt de B^i- Peutrétre avait-^l des doutes sur le remboursement et ajooW-J 3% comme sûreté.
7 ,000 jécus d'or sol, empruntés de divers particuliers de Berne. Bienne, Soleure, du gouverneur Vallier, de madame de Unron, ne furent assujettis qu'à l'intérêt du 5%.
La dépense du secours envoyé à l'état de Berne en iSSgd^ les mois de juin et juillet, consistant en trois cents boos^ durant dix semaines , solde , gages et habiUemens , sâen i L. i6,i65.
Le seigneur de Neucliûtel payait dès i4o6 une reconnassancc annuelle de combourgeoisie à l'état de Berne , ainsi (^ la ville de Neucbâtelj elle variait suivant le cours de Fif?ct des espèces. On ne voit pas qu'elle ait été payée dnraol ii tenue des cantons, dès i5i!2 à iS^q.
En i53i elle fut évaluée à L. 265 en iSSg h L. Sg.
Cette rétribution cessa sous la maison de Brandcbonrç, ^ alors aussi la ville de Neucbâtel ne paya plus la sienne à cao^ du différend survenu pour le libre commerce du vin. p^ lequel elle offrit la marche en 1 7 1 9 ; tribunal que lélil i Bcnic déclina.
StaSi QJLC oc. ttAA 0 ii Ji ^ A ^HSLSJlSl C: 0 i? 0. ILP <l^ Ri 0 cl J^ C4 P.^. ^ 0 Q. 0 C Q. r Cil C Q. CJC C 0 J!.
rTûô'û'5'0"5"û