Déserteur (roman patriotique)
Armand était parti et Magda vivait seule. Fondant la première journée, au milieu de ses courses et de ses occupations de tonte sorte, l'image du jeune homme la poursuivit partout.
Lorsqu'elle avait dit à Armand qu'elle ne le reverrait plus, ce n'était pas un pressentiment qui l'avait fait parier. Sa certitude venait de la ferme volonôé où elle était de briser ses relations avec ^'officier, en dépit du désespoir qu'il en éprouverait, bien qn'elle-méme dût en avoir le cœur déchiré.
fil2c s'était abandonnée, elle n'avait plus résisté à cet amour, elle avait été vaincue, lejour où, effarée,
elle avait entendu les infâmes accusations qnll portait contre elle.
Maif: devenue sa maltresse, elle n'en restait pas moins honnête.
Elle souffrait d'être à lui, et surtout elle souffrait de voir qu'Armand n'en était pas heureux.
Ils se cachaient réciproquement le secret de leur cœur.
St cependant ils s'aimaient d'une égale passion, profonde, qui, certes, devait rejaiUir sur leur vie tout entière.
— Oui, se dit-elle, il vaut mieux briser maintenant, en finir tout de suite... J'en mourrai peut-être, moi, mais qui sait si, dans quelque temps, il ne m'aiiira pas oubliée... et alors le bonheur reviendra pour lui... le calme... la paix de ses jours et de ses nuits... Tous ces mauvais souvenirs s'effaceront peu à peu... Il travaillefa... 11 songera à l'avenir... Et plus tard, dans bien longtemps, li se dira que la sagesse était de moncôté...
Elle baissa la tête, les yeux mouillés :
— La sageiîse l Hélas ! Il croira que je ne l'ai pas aimé... Ce sera ma plus grande peine... le châtiment même de mon amour!
Chez cette fille énergique, les résolutions étaient vite exécutées*
Deux jours après, elle recevait, d'un village voisin de la frontière, une lettre d'Armand, toute pleine de protestations ardentes.
- Comme il m'aime!
5i!e couvrit la lettre de baisers. Le jeune homme lui annonçait que, conformément à ses prévisions, son voyage de 1 Est prendrait une quiniaine de jours, pas plus.
Le soir même, Magda avait quitté sa petite chambre de la rue de Rome.
Elle allait loiQ de ce quartier, habiter rue de Lancry, et ne douaa pas sa nouvelle adresse à soc ancien domicile.
Seulement comme ses leçons la ramenaient régulièrement dans ie quartier de l'Europe, elle eut soin de passer tous les jours rue de Rome.
Armand, seul, lai écrivait.
Elle y trouvait, tous les jours, ses lettres et les emportait.
Elle répondait, do reste, régulièrement. Et peut-être parce qu'elle savait que tout allait être fini entre eux bientôt, jamais son amour n'avait éclaté en termes plus caressante.
De* inquiétudes lui venaient toutefois.
Est-ce qu'Armand, lorsqu'il ne la retrouverait plus, ne se livrerait pas à quelque acte de désespoir et de foUet
Alors, s'il se tuait, elle ne lui survivrait pas.
Sur la frontière, Armand n'en avait nul soupçon. Il écrivait tors les jours et tous les jours recevait dea lettres.
La veille dn départ, ii lui annonça son retou?.
Et dans la matinée, rue de Rome, Magda prenait la lettre.
Elle soupira proron«iément.
Ces lettres, c'était encore un lien qui rattachait sa vie à celle d Armand. Désormais elle n'eu recevrait plus. Désormais elle n'en écrirait plus. Il serait mort pom* elle. Elle, pour lui!...
La concierge, chaque fois, lui demandai! :
i FANTÀ1.0N ROUM
— Ainsi, mademoiseile ne veut pas me laisser ta nouvelle adresse?
— C'est inutile.
— Gela éviterait pourtant un dérangement à mademoitelle.
— Cette lettre est la dernière qae je reçois..
— Je De voudrais pas être indiscrète, œais mademoiselle a sans doute prévenu... monsieur... du changement de domicile...
Magda rongit.
— Oui, oui, dit-eU«.
Et elle se hâta de partir.
— Il y a du grabage dans le ménage, murmura la concierge^ Ils étaient cependant bien gtntils tous les deux... C'est dommage.
Lentement, à pied, par les boulevards extérieuro, Magda rentra CiSeï elle. De temps en temps elle s'airêtail, sans prendre garde, abîmée par sa douleur, par la solitude qu'elle avait voulue, à laquelle elle s'était condaninée. Deux fois elle fat bousculée par des chevaex de fiacre, faillit être renversée. Alors elle se hâtait, courait presque, puis ses jambes chancelaient et elle marchait à tâtons, comme dans des ténèbres.
Et une incertitude i-esait sur son cœur.
— Ai-je bien fait? N'ai-je pas été trop cruelle? Avais-je le ciroit d'agir ainsi?
Armand rentra dans la nuit à Paris.
La première journée fut prise par son service auprès du général et il ne fut libre que dans ia *oirée.
îl était tard. Pourtant, il vint rue de Rome.
11 entra, passa comme une flèche devant la loge de la concierge et grimpa l'escalier.
A la porte de Magda, il frappa. Un signal conveniu
urten ne répondit.
Aiors, il sonna, une fois, piii« plusieurs fois/ plat fort.
Le même silence.
îl eut peur, un pressentiment l'assaillit. Il lui sembla qu'il frappait à la porte d'une tombe. Il redescendit. La concierge était rendormie déjà. Il la réveilla. Elle se frotta les yeux, regarda Armand, puis finit par le reconnaître.
— Ab! c'est TOUS ! Eh bien, il y a du nouveau, monsieur.
— Du nouveau I quoi donc? dit-il d'une voix altéré.
— Madame a déménagé...
— Depuis combien de temps?
— Depuis près de quinze jours.
— Sans me prévenir I C'est étrange! Où demenre-telle maintenant?
— Ah! voilà I Je lui ai damandé. Muette comme un poisson.
— Vous dites? interrogeait Armand qui ne comprenait pas.
— Je dis que madame, pour des raisons que je ne connais pas, n'a point voulu me donner sa nouvelle adresse.
Armand s^assit. Un nuage passait devant ses yeux.
— Je lui écrivais tous les jours... mes lettres, alors, sont ici ?
— Du tout. Elle avait soin de venir les prendre.
11 respira. L'espérance revenait. Un moment l'effroi avait été si grand chez lui qu'il s'était senti défaillir.
— Vous n'avez rien de pius à me dire?
— Rien.
Armand iortit. U él«j* pb^« - -^-^ Ry^'demme'îd
C PANTÀiAN ReuaB
Magda n'était pas perdue ponr lui, comme îl l'avait cru, pendant une minute. Des événements cni'ii ne connaissait pas et dont Magda n'avait osé l'entretenir dans ses lettres, avaient sans doute obligé la jeune fille à changer d'appartement, et à ne pas révéler sa nouvelle adresse. Peut-être redoutait-elle Kari I... Peutêtre était-ce à lui qu'elle voulait échapper I Pourquoi, en lui écrivant, ne lui en avait-elle rien dit ?
— Maintenant qu'elle sait que je suis de retour, elle m'écrira. Elle me dira où je puis la revoir... Peut-être même ai-je une lettre qui m'attend chez moi.
Il pressa le pas et revint rue de Prony.
Chez lui, sur son bureau, qiielqnes journaux et des lettres l'attendaient. Ilcherc**- ^•'^«ieaient l'écriture de Magda. Rien!
Alors, il fut repris d'angoisses. Mais il ae soupçonnait pas encore la vérité. Une prévoyait pas un abandon aussi brusque. U trouvait des prétextes pour expliquer ce silence.
— Elle aura été avertie trop tard de mon retour... Mais il calculait... Non I sa dernière lettre était
entre les mains de Magda depuis la veille, dès le matin...
Aloi-s, c'est qu'elle était malade !..,
Malade au point de ne pouvoir écrire, au point de ne pouvoir envoyer chercher Armand, ou au moins le prévenir?
Impossible!...
— Demain, par le premier conrrier, je recevrai une lettre, se dit-il.
Il se coucha, mais en dépit de ses efforts et malgré les assurances qu'il se donnait, il ne dormit pai. Lie laaUn, M attendit fiévreux le courrier.
Mais le courrier ne lui apporta rien.
Il sortit, après avoir donné l'ordre à son ordonnance de lui apporter ses letti-es, au fur el à mesure qu'elles arriveraient, rue Sainl-Oominique, aux bureaux de la guerre, puis à Auteuil, chez le générai de TréJon-Fontainei.
L& journée se passa dans une anxiété énervante.
Magda n'avait pas écrit.
Armand revint rue de Rome.
— Est-ce qu'elle a reparu ? demanda-t-il en tremblant.
— Non monsieur... évanouie, envolée... Ah! les femmes 1 C'est dommage, mais je crois qu'il faut que monsieur en fasse son deuil I
Que croire ? Que penser? Il était fou. .. Que s'était-il passé?... 11 n'accusait nat encore Magda... Il cherchait à CPtte fuite une autre cause que la volonté même de la douce et aimante fille...
Karl aura tout appris, et Karl a des moyens, sans doute, d'obliger Magda à lui obéir... Surprise sans défense, elle n'a pu résister... Et depuis, surveillée, elle n'a pu me faire, parvenir de ses nouvelles. . .
Cette idée lui rendit un peu de courage.
C'était possible, en effet.
, Mais deux jours s'écoulèrent encore et Magda nù donnait pas signe de vie I,., Parfois, quand il avait quelques minutes de liberté, il errait affolé dans Paris, dierchant partout celle qui était invisible...
El il rentrait riiez ini, anéanti, brisé, éperdu de désespoir.
Il pensait maintenant aux dernières paroles de Mafjda lorsqu'il l'avait quittée, la veille de son départ pour la Êrontièro :
g FiLNfÀLON RODdK
« Il roe semble que nons nous voyons poar la dernière fois I »
Etait-ce un pressentiment que cette crainte aiasi exprimée?
Ou bien, sa résolution était-elle déjà prise?
Puis, parfois, un terrible soupçon montait malgré loi, bien qu'il s'en défendît, du fond de son cœur.
— Est-ce qu'elle ne s'est pas joriée de moi ? Est-ce qu'une fois de plus, je n'ai pas été sa dupe ?... Et son abandon même n'a-t-il pas été un des actes de sa lugubre comédiô f
Il le repoussait ayec horreur, ce soupçon.
Il renaissait persistant, obstiné...
Et lui revenaient aussi à la mémoire les craintes de Robert et ses sages conseils. Cette famille des Wiater devait leur être fatale. B8t-\:e que la prédiction da jeune soldat allait vraiment s'accomplir? Et cela ccmmençait-il déjà ?
Par bonheur pour Armand, son père, ignorant les tempêtes de ce jeune coeur bouleversé, lui ordonna un travail dont la gravité fit diversion à tant de pensées accablantes et délétères. Le général l'avait prié de coordonner les notes nombreuses, les devis, les plans, les chifTres qui devaient lui servir à préparer le rapport demandé par le ministère de la guerre sur les modifications à apporter à la défense de nofl frontières de l'Est.
Le jeune officier se consacra à c^ travail avec une Eortô d'acharnement.
Dans ses moments de repos, il ne restait pas seul. Vite, il courait au parc des Princes, où il était sûr de retrouver soit son père, soil Espérance.
La jeune fille, de m&me que le fierai, ne ioupçoa-
nailpasle drame intime de cette vie, mais ce qu'ils voyaient, ce qui, du reste, était bien visible, c'était cette tristesse sur les raisons de laquelle iU avaient interro.^é vainement.
Sa sœur ne pouvait pas recevoir nne pareille confidence.
Quant au général, Armand redoutait ses reproches.
Puisa quoi eût servi cet aveu? A leur faire connaître le deuil de son cœur? Gela ne Teût point ccnsolé et, à tout prendre, il prêterait souffrir seui, jaloux de ses larmes et de son désespoir.
Robert, cependant, avait pénétré ce secret.
Deux mots seulement avaient été échangés entre l'officier et le soldat, un soir où Robsrt quittait l'hôtel pour retourner à Versailles :
— Armand, voas l'aimez trop 1 dit Robert à voix basse.
— Hélas! Robert, je n'aime plus qa'un fantôme...
— Gomment cela?
— Partie, disparne... je ne sais ce qu'elle est devenue...
Robert, interdit, resta quelques instants silencieux^ puis tout à coup il attira Armand contre lui et le serra sur sa poitrine de toutes ses forces...
— Armand, Armand, vous souffrez... et pourtant je Buis heureux de ce que vous venez dô me dire
— Robert!
— Heureux, très heureux... Partie... disparue... Taat mieux I tant mieux I
Armand le regardait, douloureusement impressionné.
— Elle devait vous être fatale... J'en avais le près»
ié PANTALON MOn«t
eentiment... Elle s'est contentée de briier yotntamt— Qu'est-ce qoe cela?...
Armand eut un sourire triste.
— Ah ! Robert, Espérance qui vous aime m'a toat dit... Et yous, qui avez dû tant pleurer, à Fontenaiiles, ponve^-irooi parier ansei légèrement de pareilles tortnrea...
^ Ceit vrai, j*aî ea tort, pardon.
— Vooê Taimez et elle tous aime... Je le sais... et lorsque vous revenez parmi cous, voRs trouvez son iourire qui vous accueille et sa main tremblante qui, en pressant la vôtre, vous traduit son cœur... Cela taffit... Mais moi! moi! je me heurte à Timpuissance absolue de savoir ot elle est... Oh est-elle? où est elle? Près de iDoi, peut-être, et je Tignore... ou bien »-t-elle quitté la France? Est-elle loin?... Ne la reimrrai-je plus? C'ait horrible...
fitUf'eiilait
Les mêmes larmes, plus amères pent-être, les mêmes angoisses chez Magda. Mais elle ne faiblissait pas dans .sa résolution. Celle-ci restait inébranlable. Elle ne re- Teirait plus son Armand.
Elle le connaissait trop, elle était trop certaine d'être ardemment aimée pour ne point deviner quels de- Talent être les désespoirs du jeune officier...
Elle suivait sa vie, pour ainsi dire, pas à pas.
Elle le voyait courant rae de Rome, interrogeant, 'surpris d'abord, puis inquiet, puis désolé...
Et il y revenait, souvent, avoc l'espoir due Magda {reparaîtrait.
Et après chaque visite, de cruelles désillusions !
11 avait dû pleurer... dans los premières heures... puis il avait dû la maudire, la mépriser peut-être, comme une fille qui, lassée, change d*amant après quelques jours 1
C'était de cela surtout qu'elle souffrait !
Mais n'en avait-il pas le droit, puisque pas un mot ide Magda n'avait expliqué sa conduite.
Puis, ane craiaie lai wii... Elle y avait pensé,
déjà... Est'C« qve le désespoir ae ponsstrftit pas Armand à quelque acte de folie ?,..
Est-ce qu'il ne se suiciderait pas ?... Non pas maintenant peut-être, tenantàla vie tant que toute espérance de retrouver Magda n'était pas perdue, — mais lorsqu'il comprendrait que c'en était fait et qu'il ne la rèverrait jamais plus?
Cette crainte était un afifrcux supplice*., car elle se disait :
— Ce serait ma faute..^ C'est moi qui le tuerais l Elle parcourait les journaux avec un serrement de
cœur. Ils ne relatent pas tous les suicides, mais la mort d'Armand de Tréion-Footaines eût fait grand bruit... On l'eût annoncée et commentée !.. Elle ne vit rien...
— Qu'il me méprise I mon Dier, murmurait-elle... cela tuera son amour... 11 m'oubliera... 11 pourra de nouveau aimer et étro heureux... Quant à moi, je serai la fille des vieillards abandonnés, la compagne des affligés, la sœur des pauvres...
Elle avait résolu d'entrer en religion et de consacrer sa vie aux malheureux. Bientôt commencerait son noviciat.
Mais elle était femme! Et elle aimait...
— S'il était mortl Qui sait si l'on n'a pas réussi à tenir sa mort cachée afin d'éviter les commentaires parfois désobligeants et d'empêcher un scandale... Comment faire pour i» savoir?... A qui le demander, sans me tratiirt
De cetle idée au projet de guetter, rue de Prony, l'entrée on la sortie d'Armand, bien déguisée et méconnaissable, même de s'informer, dans la loge da eescierge, il n'y avait pes loin,,*
ftÉSERTIUR 13
Elle éta't femme 1 Elle nimaitî
Certes, ces craiutes étaient réelles, mais ne servaientelles pas quand môme à couvrir, à ses propres yeux, Tardente envie qu'elle avait de revoir, une foi^, une dernière fois, oe visage aimé, de loin et sans se montrer, de loin et sans être reconnue?
Elle était femme I Et elle aimait I
Le dimanche, elle était libre, elle n'avait pas de leçons.
Le lendemain était un dimanche et elle résolut de mettre ce jour-là 8on projet à exécution.
Mais elle fut prudente.
Elle jeta suv ses épaules U3 grand manteau sombre à capuchon, (jue l'officier ne connais-^ait pas ex n'avait jamais vu.
En outre, autour de son chapeau, elle enveloppa un long voile noir très épais qu'elle déroulerait à l'occasion et qui la rendrait invisible.
Puis, elle saurait bien déguiser sa démarche au besoin et ainsi elle pourrait passer sans dangei* auprès d'Armand et le coudoyer, le jeune homme n'aurait aucuns soupçons.
Ainsi vêtue, elle sortit le cœur battant bien fort.
Qo'allait-elie apprendre?
Et allait-elle le revoir?
Elle ne pouvait faire qu'une chose, se hasarder à une seule tentative : passer rue de Prony, aux heures où elle savait que son ami rentrait ou sortait, et si, rue de Prony, elle ne le voyait pa-s, courir à Auteui!, au parc des Princes, surveiller l'hôtel du ténoîa! da Trélon-Pontainee où elle n'ignorait pas qu'Armand était appelé ton* le» jeun par ion service ftuprè^ d« son jf>èrf .
11 PANTALON nouai
Rue de Prony, elle eut beau patienter, elle ne vît personne.
Le cabinet de trayail da jenne homme donnait sur un angle de la cour plantée d'arbres et Magda ne ponyait en distinguer les vitraux, de la rue ; mais sur la rue donnait un petit balcon le long duquel étaient une bibliothèque, un petit salon, une chambre à coucher, au cinquième étage.
Au-dessus, au sixième étage, quelques feeètres à tabatière indiquaient les chambres des domestiques.
En été, le balcon devait disparaître sous une poussée déplantes vertes grimpuntes plantées dans des caisses par le locataire précédent et qu'Armand avait conservées en louant l'appartement à son retour du Tonkin ; mais ces plantes étaient desséchées par Thiver.
Derrière le balcon, toutes les fenêtres étaient fermées.
Armand ne parut pss.
Alors, elle se décida à entrer; elle menait de voir sortir l'ordonnance de Tofficierqui avait passé auprès d'elle sur le trottoir, l'avait même regardée et ne l'avait point reconnue.
L'ordonnance s'appelait Philippe. Bien des fois elle l'avait vu me de Rome où il apportait les lettres d^Armand à Magda, et où il était venu également, parfois, remettre à l'officier des ordres imprévus, certains jours où Armand s'était attardé auprès de Magda, heureux de vivre etd'oublier auprès d'elle.
Philippe n'eut pas le plus léger soupçon.
Il Icngea la rue do Prony et prit la direction an parc Monceau, sans se presser, en permission sanc doute.
Alors^ tUe se hasarda, mais en tremblant bien fort,