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d'alcool pour une mise en marche de dix heures. La consommation de 4 à 6 litres est plus que suffisante pour la désinfection de 200 à 300 mètres cubes de capacité, ce qui porte la dépense à environ ?fr. 50 pour 100 mètres cubes désinfectés. L'action des vapeurs de formaldéhyde sur les. meubles, tentures, papiers, est nulle. Son odeur persiste pendant longtemps. Après avoir désinfecté un appartement, il faut laisser un courant d'air établi pendant vingt-quatre heures, afin de permettre à l'odeur de disparaître complètement.
Les expériences auxquelles M. Bardet s'est livré paraissent concluantes. Il a fait préparer des cultures notoirement virulentes, des microbes pathogènes suivants : microbes du charbon, de la diphtérie, de la tuberculose, staphylocoque. Ces matières ont été inoculées à des cobayes: tous sont: morts. La virulence ainsi établie, les liquides ont été distribués au compte-sœouttes sur de petits carrés de linge, de laine, de bois et distribués dans les différentes pièces des appartements dans lesquels Bardet allait opérer la désinfection. Des témoins ont été faits à chaque opération avec des matériaux semblables et ont servi, par culture et inoculation, à contrôler la valeur pathogène des substances mises en expérience. Après chaque essai, les matériaux désinfectés ont été mis en culture à l’étuve, dans les divers milieux appropriés, et des échantillons pris au hasard ont servi à pratiquer ces inoculations. À la fin des opérations d'essai, des cultures ont été effectuées avec les témoins conservés pour cela, et les animaux inoculés sont morts.
Chaque fois qu'un animal a succombé ou qu'il a été sacrifié, l'étude bactériologique du sang a été faite par culture et par inoculation, de manière à vérifier l’état de l'animal et la cause exacte de sa mort. Bardet a pu constater ainsi que les témoins d'avant et d’après les opérations avaient bien suc-
combé à la maladie déterminée par le germe morbide inoculé.
Bardet a fait 9 opérations dans un appartement de plainpied, d’une capacité de 210 mètres cubes et composé de 8 chambres ou cabinets ; il en a fait 2 autres dans un local composé de 3 plans superposés, représentant une capacité de plus de 300 mètres cubes.
L'appareil était placé au rez-de-chaussée; les vapeurs cubes d’aldéhyde formique montaient au 1" étage où elles se répandaient dans quatre pièces et de là montaient par un escalier placé en angle à un 2 étage formé de deux pièces.
Après la désinfection, les cultures et inoculations pratiquées avec les matériaux contaminés placés dans les diverses pièces de l'appartement sont restées sans résultats, ce qui démontre que, dans ces différents locaux, la stérilisation avait été obte- ‘nue d’une façon parfaite
Aussi les conclusions de M. le docteur Bardet sont-elles les suivantes :
Des vapeurs de formol produits par un grand appareil et en grande quantité sont capables d'opérer la désinfection absolue des grands locaux.
En se servant d’un appareilcapable de transformer à l'heure un litre d'alcool méthylique en aldéhyde formique, on a pu obtenir en deux heures la stérilisation d'un appartement.
Sans se fier à ce temps très court, on peut affirmer qu'une moyenne de six heures de fonctionnement de l'appareil formogène suffit pour obtenir avec certitude la désinfection d’an local de 300 mètres cubes.
Les vapeurs de formoln'ont aucune action fâcheuse sur les objets mobiliers ; elles peuvent disparaître rapidement par une simple aération de quelques heures.
On voit par là les bons résultats que peut donner cette méthode dans la désinfection pratique.
Les expériences faites par le D' G. Roux et Trillat à Lyon,
ENR. APe au moyen du même appareil à oxydation, sont venues pleinement confirmer les conclusions de Bardet. Roux à montré en outre qu'il ny avait à craindre dans l'emploi de cet appareil formogène aucun danger d'intoxication par l’oxyde de carbone.
Pour donner à sa méthode de désinfection une valeur pratique plus considérable et en faciliter l'emploi, Trillat a cherché le moyen de produire la formaldéhyde gazeuse en utilisant directement sa solution.
Il a obtenu ce résultat au moyen de l’autoclave que nous allons décrire dans le chapitre suivant.
Désinfection par les vapeurs sèches de formol au moyen de l’autoclave de Trillat.
Trillat a imaginé son nouvel appareil en se basant sur les observations suivantes :
Il constata que la vapeur d’eau surchauffée pouvait, en passant dans une solution de formaldéhyde contenant un sel neutre en dissolution, entraîner rapidement les vapeurs aldéhydiques. Quatre à cinq heures de passage de vapeur d’eau dans une solution de formol suffisent pour saturer un espace de sept cents m.c., au point de stériliser après dix-huit heures de contact les germes pathogènes disposés dans les diverses parties du local. Toutefois cette méthode a l'inconvénient de laisser une odeur un peu persistante. Cette odeur est due à l’adhérence de produits condensés contre les parois des murs après l’évaporation de l'humidité provenant de la vapeur d’eau.
Pour obvier à ce sérieux inconvénient, il fallait donc trouver le moyen d'obtenir les vapeurs de formol sèches.
Ce problème de la transformation directe de la solution de formaldéhyde en vapeurs sèches à été résolu par Trillaten se basant sur le principe suivant: la solution de formol, chauftée dans un autoclave, sous une pression de trois à quatre atmosphères, laisse dégager ses vapeurs sans formation de produit polymérisé.