RUES
les vapeurs de formaldéhyde se dispersent rapidement dans l'atmosphère. On peut constater que ces vapeurs sont sèches en plaçant un linge sur la trajectoire du jet. Après dix minutes les vapeurs ont déjà atteint les points extrêmes du local à désinfecter. ;
La durée du fonctionnement de l'appareil est proportionnée à la grandeur de ce local et aussi à la pression.
En un temps donné, la quantité des vapeurs produites varie avec cette pression. La pression ordinaire ne donne qu'un dégagement lent; d'autre part l'emploi d'une haute pression présente des inconvénients nombreux. Une pression de trois atmosphères à trois et demie est suffisante pour le but proposé.
L'appareil peut être muni de plusieurs tubes de dégagement. L'augmentation du nombre de jets multiplie la production de vapeurs et diminue la durée de fonctionnement. Dans ce cas, l'intensité du chauffage doit être accrue.
Un autoclave formogène muni de quatre jets fournit cn une heure la quantité de vapeurs nécessaire à la saturation d’un local de plus de cinq cents mètres cubes.
L'appareil peut, indifféremment, être placé soit dans l'intérieur, soit à l’extérieur du local à désinfecter.
D'une manière générale, il est préférable que l’autoclave soit placé en dehors. On peut plus facilement le manier, le surveiller sans s'exposer aux vapeurs «le formol et éviter les pertes provenant des entrées et sorties de l'opérateur dans le local saturé de ces mêmes vapeurs.
L'appareil, dans ce cas, se place à dix centimètres environ en dehors de la porte d'entrée de la maison ou de la pièce à désinfecter. Au moyen d’un petit orifice de quatre millimètres de diamètre on fait passer le tube de dégagement de la vapeur. On peut, pour éviter l'inconvénient de ce forage, placer le tube dans l’espace vide d’une serrure préalablement
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déplacée. Pour éviter tout dégagement d’odeur dans le voisipage, il est bon de coller, le long des joints de la porte, des bandes de papier.
Quand il s’agit de la désinfection d’un local de petite capacité, comme par. exemple d’une chambre de quarante à soixante mètres cubes, l’opération est très simplifiée ; on porte l'autoclave à la température nécessaire pour que sa pression atteigne trois à quatre atmosphères ; l'appareil est ensuite directement placé dans l’intérieur de la chambre.
On l'y abandonne après avoir eu soin d'ouvrir le robinet de dégagement. Après 25 minutes, l'appareil est retiré et: peut être utilisé pour d’autres opérations. La porte est soigneusement fermée et ses orifices bouchés soit par de la ouate, soit par des bandes de papier.
On peut, pour combattre l'odeur des vapeurs de tOrhb employer de Pammoniaque placée dans un récipient plat.
Il faut une demi-heure pour transformer 5 kilogr. de solution aqueuse de formaldéhyde à 40 pour 100 en vapeurs sèches de formol.
L'appareil formogène étant décrit et son maniement indiqué, nous allons étullier maintenant les résultats qui ont été obtenus par la saturation des locaux au Hesen des vapeurs sèches d’aldéhyde formique. j
De nombreuses expériences ont été instiluées à cet égard.
A Montpellier, il a été fait, sous la direction de M. le professeur agrégé Bosc, des essais de désinfection pratique par les vapeurs de formol obtenues au moyen de l’autoclave, à l'Hôtel-Dieu Saint-Éloi suburbain, dans l’un des pavillons
des contagieux.
Le milieu à désinfecter comprenait une grande salle en ogive sur laquelle s'ouvraient deux petites salles. Le cube total à désinfecter était de près de 740 mètres cubes.
L'appareil générateur des vapeurs de formol, installé dans
es at” une petite salle extérieure, fut mis en marche à 9 heures du
4 atmosphères.
matin et rapidement porté à une pression de Les vapeurs sèches, portées dans la grande salle à l'aide du tube de dégagement à travers une porte vitrée, dégagées en abondance, amenèrent rapidement, au bout d’une heure, la saturation de la grande salle et des annexes. On laissa fonc tionner l'appareil jusqu’à midi. Ace moment, il fut arrêté et on constata qu'il restait encore dans l’autoclave ? litres de formaldéhyde; 4 litres de la solution avaient donc été consommés.
Avant la mise en marche de l'appareil, les ouvertures extérieures des salles avaient. été fermées, comme d'ordinaire, sauf dans les points où il existait des jours trop considé* rables ; ces derniers avaient été bouchés.
Dans les trois salles, on avait disposé de petits carrés de toile de ? centimètres de côté environ, préalablement stérilisés, puis ensemencés avec des cultures jeunes et virulentes" de divers micro-organismes : staphylococcus aureus'; bacillus coli communis; bacille de la diphtérie; bacille de la morve ; bacillus anthracis sporulé ; bacillus pyocyanicus ; choléra des poules ; spores d’aspergillus jeunes ; spores de tricophyton. Sur le sol, les lits, les rideaux, divers échantillons de ces! microorganismes avaient été disséminés. On en mit, en outre, tout le long d’une bande allant du plafond au ras du sol. Des carrés ensemencés furent placés dans le tiroir d’une table de l'annexe, sous des draps amoncelés, dans la poche d'un habit, dans l’intérieur d’un matelas non défait et sous un matelas replié sur lui-même. On disposa également en divers points des poussières recueillies dans le laboratoire d'anatomie pathologique, de la terre prise devant le pavillon des contagieux, et des crachats de tuberculeux, vérifiés ‘au microscope, desséchés sur un linge, ou mélangés à du sable stérilisé, on bien étalés, humides et formant une couche de 1 à,2 milimèlres sur des carrés de toile.
AE, 2e
Les échantillons ensemencés et disséminés comme nous venons de l'indiquer étaient les uns secs, les autres à peu près secs, d’autres enfin étaient humides et ces derniers contenus ou non dans des tubes laissés ouverts.
Le dégagement des vapeurs de formol dura de 9 heures et demie à midi, soit pendant deux heures et demie. L'appareil étant éteint, on laissa agir le gaz désinfectant pendant près de vingt-quatre heures, jusqu’au lendemain matin 9 heures. À ce moment, les salles sentaient encore fortement l’aldéhyde.
Mais déjà à 5 heures du soir, c’est-à-dire environ après six heures d'action, une première prise avait été faite par M. le docteur Bosc en entrant dans la salle avec précaution, de façon à ne faire pénétrer du dehors que la plus petite quantité d'air possible; divers petits carrés de toile, saisis avec des pinces flambées, avaient été ainsi portés dans des flacons à large ouverture stérilisés.
Une deuxième prise fut faite le lendemain à 9 heures du matin, après environ vingt-quatre heures d’action.
Les résultats de la première prise ont été très satisfaisants. Tous les échantillons retirés et ensemencés une heure après sur bouillon peptonisé alcalin et sur gélose et portés à l’étuve à 37° sont demeurés infertiles, même après un mois. Seules, les poussières du laboratoire ont donné dès le lendemain des cultures de bacillus subtilis dont les spores ont une énorme résistance. Ce fait n’a, d’ailleurs, aucune importance au point de vue de la désinfection pratique, le bacillus subtilis n'étant point pathogène.
On peut donc déjà conclure des résultats de cette première série qu'une durée d'action de cinq heures des vapeurs de formol, à saturation, est suffisante pour tuer les microbes : pathogènes, y compris le charbon sporulé, en échantillons secs ou à peu près secs.
La deuxième. prise a donné des résultats non moins salisfaisants :
On à recueilli la grande bande portant des échantillons .
multiples étagés du plafond au ras du sol; on a retiré également les divers carrés de toile placés un peu partout, sur le sol, les lits, les rideaux, dans la poche de l'habit, au milieu des draps amoncelés,-etc..….. Ont été recueillis, en outre, des poussières sur les murs de la grande salle, à un mètre du sol, des débris provenant du raclage de ces mêmes murs, ainsi que les échantillons de terre pris devant le pavillon des contagieux. 1 158
Ces divers échantillons étaient, comme ceux de la première prise, secs, presque secs ou humides.
Leur ensemencement à donné les résultats suivants :
Après plus d'un mois, les cultures d'échantillons secs ou à peu près secs, pris sur la grande bande allant du plafond au ras du sol, échantillons ensemencés avec différents microorga nismes placés en plusieurs endroits, à des hauteurs différentes, les bacilles pyocyanique anthracis sporulé, de la diphtérie, de la morve, le coli-bacille, le staphylocoque, des spores de tricophyton et d’aspergillus, ont été infertiles.
Ceci prouve donc que les vapeurs de formaldéhyde ont agi avec la même énergie dans les parties supérieure, moyenne et inférieure de la grande salle, puisque les échantillons du sommet, du bas et du milieu de la bande ont été désinfectés. |
Ces vapeurs ont agi encore avec une égale intensité dans tous les points de la salle considérée dans sa longueur (quinze mètres) et dans ses annexes. Tous les échantillons dispersés sur les lits, le sol et les rideaux de la grande salle sont en effet demeurés stériles.
Les spores d’aspergillus et de tricophyton ont été tuées à l'état de poussières sèches dans un long ffacon débouché. Il en a été de même pour des cultures de tricophyton sur gélose dans des tubes à essai débouchés ; leur partie superficielle a été chitinisée, comme tannée. |
: Ces parties superficielles ensemencées n'ont pas poussé, mais les parties profondes ont donné des colonies mycéliennes avec un retard appréciable dans ieur développement.
Les ensemencements des échantillons placés dans la poche d'un habit et dans un matelas replié sur lui-même n'ont donné: aucun résultat.
Il n'en a pas été de même pour les échantillons placés au milieu de draps de lits mis en tas ou au centre d’un matelas : la laine d'un matelas nou défait a donné des cultures vivaces de streptocoques, ce qui prouve que, si les vapeurs de formol ont un grand pouvoir de pénétration, ce pouvoir ne dépasse pas certaines limites.
Les poussières sèches, même sur une certaine épaisseur, peuvent être considérées comme désinfectées ; les cultures n'ont pu y déceler que du bacillus subtilis.
Les poussières prises sur les murs et les débris provenant du raclage de ces derniers ont laissé divers milieux complètement stériles, ou bien ont donné encore du subtilis.
Toutes les expériences que nous venons de relater ont été faites avec des échantillons secs ou à peu près secs.
Afin de se rendre compte du degré d'action des vapeurs de formol sur des échantillons humides exposés directement aux vapeurs, soit sur des bandes, soit sur des lits, soit enfermés dans des tubes à essai débouchés, M. le docteur Bosc a fait des essais de culture avec ces divers échantillons. Les résultats ont été satisfaisants et les cultures des différents microbes soumis à ces expériences ont été stériles, sauf celles du bacillus anthracis sporulé, et du coli-bacille qui se sont développées quelques jours après l'ensemencement.
Des essais ont été faitsavec des crachats tuberculeux, contenant de nombreux bacilles de Koch, étalés en couche de un à deux millimètres sur des carrés de toile et exposés tout frais aux vapeurs de formol. A la fin de l'expérience, leur surface
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était durcie, de même que l’intérieur, mais le raclage de la ”
toile permettait de les enlever facilement et de constater qu'ils étaient encore humides.
Ces crachats, injectés sous la peau de trois cobayes en quantité considérable, n’ont produit qu’une inflammation passagère aux points d’inoculation. Deux mois après, les cobayes élaient encore parfaitement sains.
Les expériences de M. le D' Bosc nous montrent donc com: bien grand est le pouvoir bactéricide des vapeurs de formol,
“ puisqu'elles ont été assez énergiques pour détruire tous les germes pathowènes exposés à Jeur action, secs ou même hu-
mides, à la seule condition qu'elles aient pu les aborder assez.
largement. 2
Des essais du même genre que ceux que nous venons de citer ont été faits tout récemment par M.le professeur agrégé Bosc à l’infirmerie du Petit Lycée de Montpellier. Les résultats obtenus n’ont pas été moins concluants que les précédents. Tous les microbes pathogènes, de même que les spores de champignons pathogènes mis en contact avec les vapeurs de formaldéhyde ont été tués.
Seules, les poussières du sol ont donné, comme- dans les expériences de l'hôpital suburbain, des cultures de bacillus subtilis, ce qui est de nulle importance au point de vue de la désinfection pratique.
Des expériences de désinfection pratique par les vapeurs de formol ont été faites à Lyon par MM. le docteur Roux et Trillat. Les résultats qu'ils ont obtenus viennent confirmer ceux du docteur Bosc.
Leurs essais ont porté sur des locaux dont la capacité variait de soixante-dix à mille quatre cents mèlres cubes et ils ont été exécutés en. se plaçant dans des conditions absolument pratiques.
La destruction des germes pathogènes à été absolue lors-
que ces Sermes étaient librement exposés aux vapeurs de formol.
La stérilisation des poussières de l'air et de celles des parois des locaux a été à peu près absolue.
Conditions pratiques de dèsinfection par les vapeurs de formol.
Des expériences que nous avons mentionnées ci-dessus, il nous est maintenant facile de déduire dans quelles conditions pratiques on peut obtenir une désinfection efficace au moyen des vapeurs de formaldhéyde produites rapidement et en grande quantité par l’autoclave de Trillat.
Combien de temps doit-on laisser marcher l’autoclave pour obtenir une effet suffisant et par quels procédés est-il possible d'apprécier l’action des vapeurs de formaldéhyde ? Des expériences très intéressantes faites à ce sujet par M. Trillat l'ont amené aux résultats suivants:
Il a démontré qu'on pouvait arriver à mesurer la puissance de pénétration des vapeurs de formol en profitant de la propriété que possède l’aldéhyde formique de se combiner avec diverses matières albuminoïdes et d’insolubiliser la gélatine, ou bien encore de l’action exercée sur les matières colorantes.
Une expérience entre plusieurs autres montre bien l’action que possède le formol sur les substances albuminoïdes :
Sous une cloche on place une capsule contenant quelques grammes de la solution commerciale de formol. Dans une autre capsule on place de l’albumine provenant d’un œuf frais. Après dix jours, l’albumine se transforme en une masse vitreuse extrêmement dure, insoluble dans l'eau et la plupart des réactifs.
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Voici de quelle façon Trillat a utilisé cette réaction pour étudier et suivre la marche d’une désinfection :
On fait une dissolution d’une partie de gélatine dans une partie d'eau, et au moyen d’un pinceau on badigeonne de petits carrés de verre de trois à quatre centimètres de côté. Ces petits carrés sont disposés dans les diverses parties d'un local : au rez-de-chaussée, dans les étages supérieurs, soit librement exposés à l’action des vapeurs, soit renfermés dans des placards ou sous des obstacles. On reconnait que les vapeurs de formol ont alteint la gélatine en ce que celle-ci est devenue insoluble ; pour le voir, il suffit de plonger les petits carrés de verre dans l'eau bouillante. La pellicule se détache dans le cas d’insolubilisation.
L'action du formol, sur certaines matières colorantes, est basée sur les observations suivantes, dues à M. Trillat :
D'une manière générale, les couleurs qui subissent des
transformations sous l'influence des vapeurs aldéhydiques
appartiennent à des groupes amidés dans lesquels un. ou plusieurs, atomes d'hydrogène sont libres: la fuchsine, la safranine entre autres. Il se forme une condensation avec élimination d’eau et le résidu méthylénique vient se substituer à la place des hydrogènes. La transformation à pour résultat de bleuter les matières colorantes rouges et de les nuancer de gauche à droite dans la disposition des raies du spectre ; ce n’est donc pas une dégradation de couleurs, mais, au contraire, un renforcement avec modifications dans la teinte.
L'application de cette réaction à l'étude de la désinfection par les vapeurs d’aldéhyde formique se fait de la façon suivante :
On teint, dans une dissolution de fuchsine, une petite bande d’étofte de soie et on la coupe en carrés de 1 centimètre de côté. Ces échantillons sont placés, comme dans l'expérience précédente avec la gélatine, dans différentes conditions eten
divers points de l’endroit dans lequel on expérimente. La transformation de la teinte rouge en une teinte bleu-violet sera la preuve que les échantillons auront subi le contact des vapeurs aldéhydiques.
Par la combinaison de ces deux méthodes, on arrive à des résultats d’une précision encore plus grande. Dans ce cas, voici comment l’on opère :
On fait d'abord une dissolution de gélatine dans l’eau et l’on additionne de quelques gouttes d’une solution de fuchsine. Pendant que le mélange est encore chaud, on le coule dans un cylindre de verre de 5 à 6 centimètres de diamètre et d’une hauteur égale à ce diamètre. Le bloc de gélatine, coloré en rouge, est retiré du cylindre; une fois refroidi, il peut servir pour les expériences. Si l’on soumet ce bloc à l’action des vapeurs de formol, ses parties extérieures ne tardent pas à subir la transformation en violet-bleu. Cette transformation est d'autant plus profonde que la durée d’action des vapeurs aura été plus longue et plus intense. En pratiquant des coupes dans les cylindres, la circonférence de démarcation entre les deux teintes donnera une indication claire et précise du degré de pénétration des vapeurs. On peut, par ce procédé, en disposant plusieurs blocs dans différentes parties d’un local, étudier si l'intensité d'action des vapeurs de formol est la même partout. ;
Ces divers procédés, facilement applicables dans la désinfection pratique, indiquent donc le moment où l’action du formol s’est suffisamment exercée dans le local que l’on veut désinfecter.
Le temps de marche de l'autoclave varie évidemment avec les dimensions de l’appareil, le nombre de tubes de dégagement et la capacité de l’espace à désinfecter.
Avec un appareil ordinaire, à un seul jet, une demi-heure suffit pour désinfecter un petit appartement de 40 à 60 mètres
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cubes, par exemple. Si la capacité du local est beaucoup plus considérable, la saturation n’est obtenue qu'après un temps plus long. .
Des expériences de M. le docteur Bosc montrant que la plu part «les germes pathogènes sont détruits après six heures d'action des vapeurs d'aldéhyde formique, on peut tirer cette conclusion qu'après avoir laissé agir les vapeurs de formol à saturation pendant une demi-journée environ, on obtient une désinfection parfaite dans la pratique.
Les vapeurs de formol disparaissent très rapidement quand, la désinfection étant terminée, on ménage des courants d'air dans la pièce.
Un quart d'heure après, on peut rentrer dans l'appartement. Après quelques heures de ventilation, il ne reste plus aucune odeur, quand on ferme.
Les vapeurs de formol présentent sur la plupart des autres désinfectants ce précieux avantage de n'avoir aucune action nuisible sur les objets mobiliers. Elles ne détériorent aucun des objets de toute nature et de toute couleur qui se trouvent dans le milieu à désinfecter.
Nous avons vu que, pour que la désinfection soit efficace,il était nécessaire que les vapeurs de formaldéhyde puissent aborder le plus largement possible tous les points de l'objet. Aussi devra-t-on éviter les amoncellements de draps ou d’objets qui se tassent, étendre les linges et les habits sur des cordes ou sur le sol; on retournera les poches des vêtements et on éventrera les matelas pour en étendre la laine.
La quantité de solution commerciale de formaldéhyde chlorocalcique nécessaire pour la désinfection de 100 mètres cubes peut être fixée à environ un demi ou trois quarts de litre.
Le prix du formol étant actuellement de 4% francs le litre en moyenne, prix qui très probablement s’abaissera encore,
Rp on voit donc que, pour 100 mètres cubes, la dépense est d’environ 3 francs.
La modicité du prix de revient est par conséquent un argument de plus en faveur de l’emploi du formol comme désinfectant dans la pratique.
Les études qui ont élé faites sur l’action physiologique et la toxicité du formol, prouvent que ses vapeurs ne sont pas nuisibles. Le fait suivant. qui nous est rapporté le démontre : Des ouvriers d’une fabrique de produits chimiques travaillant dans une atmosphère saturée de vapeurs aldéhydiques, se portent très bien et s’accoutument facilement à son odeur particulière et pénétrante. |