‹ Dessin géométrique et lavis: suivis de notions élémentaires d'architectureChapitre 25 sur 91 · Le filet de lumière ou le reflet, ne doivent être ména · texte numérisé non relu

Le filet de lumière ou le reflet, ne doivent être ména

gés que quand une seule des surfaces, formant un angle, est visible; autrement, il n'y a pas lieu.

Car lorsque les surfaces qui forment l'angle sont visibles toutes deux, l'arête d'intersection se projette, et alors, l'une des surfaces est plus brillante que l'autre, soit qu'elle soit éclairée par la lumière directe, ou par la lumière réfléchie.

187. Faire le lavis d'un dessin, c'est l'ombrer au moyen d'une couleur délayée à l'eau.

Ainsi, tout travail fait à l'aide de l'encre de Chine ou de toute autre couleur servant à faire comprendre d'une manière plus intelligible les dessins du trait, les formes des corps, est ce qu'on appelle un lavis.

ii58. 11 faut apporter une grande attention dans le choix et dans la conservation du papier sur lequel on veut exécuter un lavis soigné. Le papier grand aigle vergé est celui qui convient pour les études simples de projections; le grand aigle vélin, à grain est préférable pour les dessins plus compliqués d'éléments d'architecture. Il doit être sans taches, sans grattures, d'un grain fm et régulier; il doit avoir partout la môme épaisseur; et enfin, il doit être bien et uniformément collé.

liSO. Dans un lavis, on appelle leinle d* ombre toute teinte appliquée sur une surface dans l'ombre, soit ombre propre, soit ombre portée. On nomme demi-teinte , toute teinte, quelle que soit du reste son intensité, appliquée sur une surface éclairée.

Les demi-teintes comme les teintos d'ombres prennent des valeurs différentes, exigées par les formes des corps ou leurs distances (1 41 à 1 49) .

160. Les opérations du lavis se font ordinairement avec deux pinceaux montés sur une môme hampe [i'"'' partie, 228, 229, 230). Celui des deux pinceaux qui fait le mieux la pointe devra servir à appliquer les teintes d'encre de Chine; l'autre ne servira qu'à l'eau employée pour les fondre et les adoucir.

161. On ne doit jamais se servir d'un bon pinceau pour délayer des couleurs, ni du pinceau à eau pour prendre une teinte. Celui-ci doit toujours être maintenu parfaitement propre et trempé d'eau pour être prêt à en faire usage (*).

(1) Nous renvoyons, relativement au choix des godets, à l'article 231 de la !'« partie de cet ouvrage, et aux articles 250, 251, pour les soins à apporter en préparant les teintes.

162. Il est utile d'avoir constamment sous la main qui travaille, pendant toute la durée du lavis, un morceau de papier blanc destiné à garantir la surface du dessin des frottements de la main et des vêtements, et qui, par cette raison, est appelé garde-main.

Le garde-main sert aussi à essayer chaque teinte avant de la poser, afin de s'assurer si l'intensité en est convenable.

165. La pratique, ou la partie manuelle du lavis, se réduit dans tous les cas à ces deux opérations : — 1° Étendre une teinte; — 2° la fondre ou l'adoucir.

164. Fondre une teinte^ c'est étendre fort loin, avec le pinceau à l'eau, une teinte que l'on vient de poser. L^ adoucir, c'est étendre, avec le pinceau à l'eau, le bord d'une teinte immédiatement après l'avoir donnée, pour la faire passer subitement de son ton naturel à celui du papier.

Ces deux cas ne diffèrent, comme on voit, l'un de l'autre, que par l'étendue des dégradations que l'on a à faire subir aux teintes.

165. Les dégradations des teintes s'obtiennent de deux manières différentes : dans l'une, on procède par teintes plates superposées les unes aux autres ; dans l'autre, on procède par des teintes fondues.

L'un et l'autre de ces procédés ont leur application dans un dessin fait avec goût. On doit donc les pratiquer tous deux.

166. Les leinles plates présentent des difficultés lorsqu'elles ont une certaine étendue. Nous avons expliqué très en détail, dans la i'"^ partie de ce cours (252 à 255), conwnent on devait les appliquer lorsqu'elles ont des traits à l'encre pour limites.

Ces difficultés sont encore augmentées lorsqu'un ou plusieurs contours n'ont pour limites que des lignes qui ne sont pas tracées, et n'existent seulement qu'en imagination. Telles sont les teintes à l'aide desquelles on exprime le relief des corps.

Nous allons chercher à bien faire comprendre les moyens à employer pour vaincre ces difficultés; et, en apparence, nous allons encore y ajouter.

167. Car, disons tout d'abord que les limites des teintes, autres que celles formées par des traits à l'encre, ne doivent aucunement être tracées au crayon, quelque légèrement qu'on le puisse faire.

Ces teintes doivent toujours être conduites comme si des limites réelles existaient; leurs formes doivent ainsi être déterminées au coup d'oeil. De cette façon de faire il résulte : qu'on acquiert promptement une sûreté de main et de coup d'oeil qu'on n'obtiendrait pas en procédant autrement ; et de plus qu'on évite

fU DESSIN GÉOMÉTRIQUE.

ralourdissement qui se produirait assurément aux contours des teintes, si ces contours étaient tracés au crayon.

Qu'on le sache bien, les teintes, en séchant, forment naturellement une li^ne plus intense à leur contour, et la trace de crayon augmenterait encore l'effet de ce résultat qu'il est important d'éviter. D'autre part, il y aurait un grave inconvénient à effacer ces traces de crayon après le lavis terminé, car tout frottement de gomme sur une teinte, égratigne celle-ci et en altère la pureté.

La ligne noire, dont nous venons de parler, qui se forme à la limite d'une teinte, a pour cause l'humidité qui, sans cesse, va se porter au contour tant que la teinte n'est pas séchée. Aussi, on remarquera qu'en étendant une teinte, si l'on dépose sur le papier une trop grande abondance de liquide, le contour en sera d'autant plus fortement accusé.

168. Les diflS cultes à vaincre sont donc de deux sortes : — 1 " Éviter l'augmentation d'intensité de la teinte à sa limite libre ; — 2° former cette limite avec netteté quelle que soit d'ailleurs sa forme.

169. Pour obtenir ce double résultat : il faut, lorsqu'on applique une teinte, incliner la planchette de telle façon, que le contour à former se trouve à la partie supérieure du plan incliné; puis, ne pas commencer la teinte immédiatement au contour à former, mais la prendre un peu au-dessous, et l'étendre quelque peu vers la droite; on dégage ainsi le pinceau d'une partie de la teinte qu'il contient. On vient ensuite reprendre la teinte à son contour supérieur, resté inachevé, et on la mène en remontant par mouvements successifs dans une direction parallèle au contour à former; ces mouvements en remontant facilitent le tâtonnement nécessaire pour former ce contour. On arrive ainsi, tout en épuisant le pinceau, jusqu'au point où la teinte doit être arrêtée; et, alors, le contour peut être facilement terminé par un seul coup de pinceau.

Il résulte de cette manière de procéder, qu'on a évité le retour de la teinte vers son contour, et par conséquent la limite noire, car ce contour a été formé avec une teinte beaucoup moins chargée que celle déposée à son milieu; et que, de plus, cette partie extrême de la teinte a alors, en réalité, une intensité quelque peu affaiblie comparativement à celle de son milieu. Et qu'en outre, ces deux résultats ont été obtenus tout en se ménageant la possibilité de tâtonner et de rectifier la forme de la teinte avant d'arriver à en tracer le contour définitif.

Ce moyen très-simple, en s' opposant en même temps à deux

choses fâcheuses pour l'effet du lavis, présente, comme on le voit, de notables avantages.

170. Afin d'être parfaitement compris dans la marche qui vient d'être expliquée, nous allons préciser ces conseils par un exemple.

Soit un contour en ligne droite, d'assez grande longueur, à former en a. — Étendez la teinte de 6 en c dans la partie inférieure de la surface à couvrir; — puis, rechargez légèrement le pinceau, et reprenez le contour bc, qui doit encore être humide, et portez-le jusqu'en de en complétant la partie inférieure comprise entre ce; — recommencez de la même manière de fen g, en remplissant l'espace inférieur sous eg, — Si, maintenant, le pinceau contient trop de teinte, il faut l'en débarrasser en l'essuyant sur le bord du godet, et, comme la forme de la teinte a dû déjà être obtenue par les tâtonnements précédents, achevez de couvrir adhg en formant le contour ah.

Un soin a ajouter en faisant ces opérations successives, c'est d'incliner de plus en plus le pinceau, à mesure que vous remontez le contour précédemment formé; cela contribuera encore à produire l'affaiblissement d'intensité de la teinte.

171. Après l'emploi de ce procédé, si l'on s'apercevait que la teinte, en séchant, tend encore à former une limite dure (ce qui peut arriver si l'on n'a pas suffisamment vidé son pinceau avant d'achever la teinte), on peut encore remédier à cet inconvénient. Il faut alors, avec l'extrémité du doigt, éponger légèrement le bord de la teinte; ce qui se fait par une suite d'applications reliées entre elles, non en frottant, mais par petits coups et perpendiculairement à la surface du papier. Au moyen de ce procédé, appliqué avec adresse, on enlève l'humidité qui restait, et, en écrasant le bord de la teinte, on oblige celle-ci à sécher plus rapidement; ce qui empêche tout nouveau retour d'humidité.

172. Si une teinte plate, à appliquer sur une surface plane, doit être un peu foncée, on ne doit jamais la faire en une seule fois. On met d'abord une teinte très-faible, puis une seconde , . et au

besoin une troisième, en ayant soin de n'étendre une nouvelle teinte que lorsque la précédente est suffisamment sèche et que le papier a repris la forme plane.

175. Quand on a à fondre une teinte claire, il faut, après avoir incliné la planchette de manière que la partie la plus foncée du dessin soit au haut de Tinclinaison, commencer la teinte comme s'il s'agissait d'une teinte plate, c'est-à-dire par le haut, en la menant de gauche à droite dans toute la largeur qu'elle doit occuper, et de haut en bas jusqu'au point où l'on veut commencer à la fondre; cela fait, on retournera bout pour bout la hampe dans laquelle les pinceaux sont emmenchés, pour avoir dans Ja main le pinceau contenant l'eau ; on passera ensuite ce pinceau dans la teinte, de gauche à droite, en commençant un peu audessus du point où on l'a arrêtée, et l'on continuera ainsi en descendant, de manière à étendre, avec le pinceau à l'eau» la teinte que l'on vient de passer, aussi loin que cela est nécessaire. Comme on le voit, les coups de pinceau doivent être donnés dans le sens du contour à fondre, et non lui être perpendiculaires.

Il est convenable d'agir avec des teintes faibles, et de répéter l'opération en prenant un nouveau point de départ pour la dégradation.

174. Si la teinte est trop grande pour être fondue dans toute sa longueur d'un seul coup, on retendra par parties que l'on fondra comme il vient d'être dit, en observant de toujours laisser à l'extrémité de chacune une petite longueur sans être fondue, de manière à pouvoir continuer de nouveau la teinte et à la fondre avec facilité.

Il est important d'observer que, pour fondre, le pinceau à l'eau doit être peu chargé d'eau , et qu'il est nécessaire de le laver à plusieurs reprises pendant l'opération, pour chaque fois le débarrasser de la teinte dont il s'est chargé en l'entraînant. En agissant ainsi, on amène la teinte à une valeur complètement nulle.

175. Quand la teinte doit être fondue des deux côtés, on met alors le dessin à plat sur la table et on opère comme dans le cas précédent, en ayant toutefois soin de commencer par le contour du côté du papier blanc; car le second, situé sur une teinte déjà posée, séchera moins vite, et pourra être repris sans danger plus tardivement.

176. Lorsque la teinte à fondre est très-forte, et que la môme dégradation doit être reproduite plusieurs fois sur le dessin ( comme dans les pochés des fenêtres d'une façade ) , il faut préparer dans des godets une série de teintes d'intensités décroissantes. On commence alors avec la teinte de plus forte intensité,

qu'on applique sur une partie seulement de la hauteur de la surface, et on la fond de suite avec la teinte qui vient immédiatement après ( en s'y prenant comme on a fait avec l'eau dans les exemples précédents); on fond de même celle-ci avec la suivante, et l'on continue ainsi jusqu'à la dernière, que l'on fond avec le pinceau à l'eau.

Dans ce cas, la difficulté principale consiste à bien dégrader les teintes et à les espacer régulièrement.

177. Lorsque la teinte à fondre doit être très-forte et trèsétendue, et unique dans le dessin, on peut, au lieu d'employer le moyen précédent, s'y prendre de la manière suivante. On commencera la teinte par le haut, comme il vient d'être dit (176) ; cette première partie de la teinte posée, on en change l'intensité en ajoutant de l'eau dans le godet qui la contient ( par exemple, deux fois la charge du pinceau), et avec cette nouvelle teinte on fond de suite la première; on modifie de nouveau l'intensité, en ajoutant encore de l'eau à la teinte dont on vient de se servir (quatre fois la charge du pinceau), et on fond la seconde teinte appliquée; on affaiblit encore cette dernière (en y ajoutant six fois la charge du pinceau), et on fond comme on l'a déjà fait. On continue ainsi, en augmentant la quantité d'eau à chaque reprise de teinte, jusqu'à ce qu'on soit arrivé au bas de la surface à dégrader.

Selon le besoin, on répète cette opération plusieurs fois en évitant alors de faire les reprises de teinte aux mêmes places qu'au travail précédent, et en changeant la progression décroissante qu'on fait subir à la teinte.

178. Si la chaleur de l'atmosphère est un peu considérable, il faut prendre la précaution d'humecter le papier avec le pinceau à eau avant d'étendre une grande teinte plate, ou de fondre une teinte de grande étendue. On comprend alors qu'il ne faut pas attendre que cette première teinte soit trop sèche pour en appliquer d'autres sur la môme surface, s'il y a lieu.

179. Il nous reste maintenant à indiquer la marche à suivre dans tout dessin lavé. Pour rendre ces explications bien compréhensibles, nous prendrons pour exemples un parallélipipède et un cylindre; ce que nous dirons, relativement au lavis de ces deux solides, pourra être appliqué au lavis de tout autre polyèdre ou de tout autre corps rond , sauf, bien entendu, les modifications de formes des teintes exigées par la forme de ces autres solides (1).

(l)Loi's des explications des feuilles de l'atlas, noii^ y revieudrons à l'égard d'autres solides de réYolutiou tels que : le côae, U sphère, le serpentin, etc.

us DESSIN GÉOMÉTRIQUE.

Dans les conseils que nous donnons à ce sujet, nous prescrivons le mode de lavis à teintes plates superposées, sans toutefois exclure complètement l'emploi des teintes fondues. Les motifs déterminants sont : que par le lavis à l'aide des teintes plates, Texpression de la forme des corps est plus énergiquement accentuée, qu'elle ne laisse subsister aucune incertitude, et, surtout, parce que ce lavis est plus géométrique. Car alors les teintes sont soumises à suivre dans leurs limites, soit les génératrices des surfaces représentées, soit à dessiner les contours de sections faites par des plans perpendiculaires à la direction de la lumière. Tandis que le lavis fait exclusivement à teintes fondues, ne procède que par tâtonnements, et, très-souvent, laisse beaucoup d'incertitude d'expression sur le plus ou le moins de relief des corps {^).

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