‹ Dessin géométrique et lavis: suivis de notions élémentaires d'architectureChapitre 26 sur 91 · Soit le parallélipipède rectangle (pi. 6) à laver · texte numérisé non relu

Soit le parallélipipède rectangle (pi. 6) à laver

Disons d'abord que, dans tout lavis, après avoir tracé au crayon les contours d'ombres propres et d'ombres portées, on doit commencer par une sorte de préparation nommée ébauche, qui nécessite plus ou moins de travail, selon les circonstances du dessin à laver. Dans les études qui vont nous occuper, l'ébauche consiste seulement à étendre une première teinte plate, grise, de peu d'intensité, sur les surfaces dans l'ombre; cette teinte est alors dite teinte d'ébauche.

Cela entendu : par l'examen des projections horizontales du parallélipipède, et en se rappelant la direction convenue des rayons de lumière (416), on peut reconnaître qu'il n'y a que la face ih (fig. 3) qui, par sa position, soit dans l'ombre; toutes les autres se présentent à la lumière plus ou moins directement.

Appliquez donc la teinte d'ébauche sur la projection verticale de cette face (fig. 4), c'est-à-dire de i en A; — quand cette teinte est sèche, étendez-la de nouveau de i en k, en formant son contour parallèlement à l'arête h; — cette seconde teinte étant séchée, appliquez de i en / une teinte plus forte, toujours parallèlement à A ; — augmentez de nouveau l'intensité de la teinte, et étendez cette nouvelle valeur de i en m. — Continuez ainsi en fonçant de plus en plus la teinte. — 11 est à observer que les espaces à ménager entre ces teintes (c'est-à-dire les distances hk, kl, Im, etc.) doivtent être égaux ; que le nombre de teintes à poser n'est pas absolu, mais qu'il doit être tel, que les différentes

(1) Nous verrons même, plus tard, lorsque dans notre 3e partie nous traiterons du lavis aux couleurs appliqué an dessin des machines, que le lavis à teintes fondues ne pourrait satisfaire à toutes les conditions d'effet.

intensités se lient bien entre elles, que les contrastes n'en soient pas trop brusques, sans pour cela multiplier par trop le nombre des teintes.

Pour les demi-teintes (4 59) à appliquer sur les surfaces planes parallèles (fig. 1, 2, 3 et 5), il faut d'abord étendre une teinte très-faible, que l'on répétera une seconde et une troisième fois, en ménageant chaque fois les filets de lumière (qui appartiennent à celles des faces éclairées en projecticîn verticale), et, en ayant toujours soin de ne poser une nouvelle teinte que quand la précédente est bien sèche.

Enfin, pour les demi-teintes exprimant les faces obliques ei des fig. 4 et 6, employez les teintes adoucies (4 64) . — Pour cela, faites une teinte très-faible et étendez-la de e en f (quart de ei), puis fondez-la assez rapidement jusqu'en g (moitié de ei) de manière qu'arrivée à ce point elle ne diffère pas du papier blanc (173, 174); — reconîmencez cette opération, en étendant la teinte de e' en f' (tiers de e't'), et fondez-la jusqu'en g' (deux tiers de e'i' ) . — Quant à la surface ih (fig. 6) , moins éclairée que les deux précédentes, puisqu'elle se présente plus obliquement aux rayons lumineux (143, 444), elle doit également être faite par teintes fondues; mais, à cause de son étendue, il sera nécessaire de faire trois dégradations au lieu de deux, et, lorsqu'elles seront termi-

tlTh

nées, d'appliquer sur toute la surface une teinte plate de plus faible intensité que la teinte d'ébauche.

Pour les valeurs de teintes à employer, on devra tenir compte des positions des surfaces et se rappeler les principes 144, 443, 4 44 et 4 47. Il est alors essentiel d'essayer chaque teinte sur le garde-main, afin de ne pas commettre d'erreur d'intensité.

Nous feroBS observer aussi que, pour opérer avec plus de rapidité, on devra intervertir Tordre suivant lequel nous avons donné ces explicalions. Car on concevra facilement qu'on peut, pendant qu'une teinte sèche, en appliquer une autre sur une partie différente du dessin ; ainsi , pendant que la teinte d'ébauche séchera, on étendra la première teinte plate sur les surfaces parallèles, fig. 1, 2, 3 et 5 (*); pendant que ces teintes sécheront, on donnera la seconde teinte sur la face d'ombre ; et, cette teinte séchant à son tour, on pourra revenir une seconde fois sur les surfaces flg. i, 2, 3 et 5.

Gomme on le voit, en n'interrompant pas le travail, on peut gagner beaucoup de temps : c'est ce que tout dessinateur doit chercher, en conduisant son lavis de manière à se ménager toujours la possibilité de travailler sur l'une quelconque des parties de son dessin.

Page 1