Soit le cylindre droit (pi. 9) à laver
Ce cylindre est représenté dans trois positions qui montrent difiFéremment sa section, mais qui ne changent aucunement l'aspect de sa surface; car, en supposant qu'il tourne sur son axe, comme la direction de la lumière est invariable, il s'ensuit que, dans chaque nouvelle position, il se trouve éclairé de la même manière. Ce que nous allons expliquer relativement aux projections fig. 4 et 2, est donc également applicable à celles 3 et 4, 5 et 6 ; et le lavis de ces dernières projections devra être fait simultanément avec celui des premières : les mêmes valeurs devront nécessairement se reproduire aux mêmes places sur chacune d'elles.
Rappelez-vous que, sur une surface courbe, la partie la plus claire est celle où les rayons de lumière la rencontrent le plus normalement, et qu'à partir de ce point, les teintes augmentent graduellement d'intensité jusqu'à la ligne de séparation d'ombre et de lumière, où l'angle que font les rayons lumineux devient nul (146). Rappelez-vous aussi que l'effet contraire a lieu pour les surfaces dans l'ombre, que celles-ci sont d'autant plus foncées qu'elles seraient éclairées davantage si elles étaient frappées directement par les rayons de lumière (147).
Ces principes rappelés, revenons au lavis.
A l'aide de la projection horizontale (fig. 1), tracez, dans la projection verticale (fig. 2) la ligne de séparation d'ombre et de
(i) II est alors oécessaire d'avoir plnsiours godets (voyez ire partie 231 et !i51) afla de conserver la teinte d'ébanche pour en faire usage plus tard, de même qtt*on conservera la teinte faible pour s'en servir dans la suite du travail.
lumière (i 25 et 1 37) qui sera la génératrice dd. — Nous avons déjà vu (146, 147) que la surface dans l'ombre est comprise entre cette génératrice et celle de contour extrême aa; appliquez donc la teinte d'ébauche sur cette partie du cylindre.
Il s'agit maintenant de produii^e à la fois, par une série de teintes, l'augmentation d'intensité à partir de la surface lumineuse jusqu'à la génératrice dd, ainsi que la dégradation d'intensité à partir de cette ligne jusqu'au contour. Remarquez que le cylindre peut être considéré comme jin prisme ayant un trèsgrand nombre de faces, lesquelles se projetteraient de plus en plus en raccourci à droite et à gauche de la génératrice gg (qui se projette sur l'axe); que les teintes peuvent alors être considérées comme exprimant les différentes intensités des faces du prisme : et qu'elles doivent être, par conséquent, espacées inégalement.
Cela entendu, faites une teinte excessivement faible et étendezla de b en a, et de c en w^ en ayant soin d'opérer comme nous l'avons dit (169, 170) ; — répétez cette même teinte de ^ en a et de
42t DESSIN GÉOMÉTRIQUE.
i en n; —• appliquez encore une fois la môme teinte de /.en n. Ces trois demi-teintes terminent la partie du cylindre située du côté du contour apparent de gauche. — Pour continuer les demiteintes du côté de l'ombre, il faut augmenter quelque peu la valeur de la teinte précédente, et alors l'étendre de e en a; — foncez encore un peu la teinte, et posez -la de /"en a; — continuez ainsi en fonçant de plus en plus et en étendant toujours les teintes jusqu'au contour du cylindre jusqu'à ce qu'il ne nous reste plus que deux distances en avant de la génératrice dd» -^ II est nécessaire alors de songer à produire la courbure d'ombre, c'est-à-dire d'exprimer l'effet de la lumière réfléchie. — Dans ce but, après avoir encore foncé la dernière teinte employée, appliquez-la de h en o, en réservant un espace entre cette limite et le contour du cylindre; — foncez de nouveau la teinte pour la poser de k en m, en réservant ainsi une distance plus grande ; — enfin, faites une teinte encore plus foncée pour l'appliquer de d en Pj elle sera la plus forte intensité de la surface du cylindre.
On remarquera sans doute que les écartements des teintes ne concordent pas exactement avec ceux qui résulteraient de la projection des arêtes d'un prisme, selon l'hypothèse que nous avons posée au commencement de celte explication. C'est qu'en observant rigoureusement cette disposition, les contrastes des valeurs nuiraient à l'effet cherché, les teintes ne se lieraient pas bien entre elles. Il est nécessaire, pour que cela ait lieu, que la progression décroissante d'écartement soit plus précipitée. Il est encore une autre observation à faire : Pour que la continuation de courbure entre la surface éclairée et celle dans l'ombre ne soit pas brusquement brisée à la ligne de séparation d'ombre et de lumière, il convient aussi que la teinte de plus forte intensité ait plus d'étendue que la demi-teinte qui la précède et la teinte de dégradation qui la suit.
182. Le nombre de teintes devra être plus considérable pour une surface d'un diamètre plus grand, de même qu'il devra être moindre pour un plus petit diamètre. Il conviendra donc d'en régler le nombre selon les surfaces à représenter, en se posant pour règle de ne pas trop les multiplier, car alors, non-seulement le travail du lavis en serait augmenté, mais encore l'effet qui en résulterait n'en serait pas satisfaisant.
Il n'est guère possible, non plus, de préciser les intensités à employer; il est essentiel de consulter de bons modèles, et surtout de s'exercer avec persévérance en s'aidant des conseils d*un bon maître.