‹ Dessin géométrique et lavis: suivis de notions élémentaires d'architectureChapitre 37 sur 91 · ORDRE CORINTHIEN · texte numérisé non relu

ORDRE CORINTHIEN

frappé de la beauté de cette nouvelle disposition, et la reproduisit dans des colonnes qu'il fit exécuter à Corinthe. 11 fixa ensuite les règles et les proportions de l'ordre corinthien. »

On voit encore à Athènes les restes d'un petit édifice, de forme circulaire, où le nouvel ordre apparaît. Ce monument, construit vers 330 avant Jésus-Christ, est vulgairement désigné sous le nom de lanterne de Démosthène. Parmi les édifices romains où cet ordre a été employé, l'un des plus anciens est le temple de» Vesta à Tivoli, dont il subsiste encore quelques colonnes avec leur entablement et une partie de mur; on suppose qu'il a été construit l'an de Rome 682. •

L'ordre corinthien, par son élégance et la richesse d'ornements dont il est susceptible, convient surtout à la décoration des grands édifices publics (*).

247. Le chapiteau corinthien se compose d'un corps ou tambour fait en forme de vase (appelé campane)^ allonge sans renflement, qui repose sur l'astragale qui termine le fût de la colonne ; il est surmonté d'un plateau ou tailloir, nommé abaque, échancré en courbure à chacune de ses faces.

Des feuilles, dont les extrémités supérieures se courbent en forme de panaches, prennent naissance au pied du corps du chapiteau, et sont distribuées sur deux rangs au nombre de huit dans chacun d'eux. Celles du second rang s'élèvent entre celles du premier, et sur une hauteur à peu près double. Les quatre angles du tailloir sont supportés par des volutes qui naissent et sortent du second rang des feuilles, et semblent supportées ellesmêmes par des tiges qu'on appelle caulicoles.

De plus petits enroulements se réunissent aussi dans les quatre faces, vers le milieu de la courbure du tailloir, et semblent supporter une espèce de fleuron d'où sort une grande fleur qu'on appelle la rose du chapiteau.

On a fréquemment substitué aux feuilles de l'acanthe, les feuilles du laurier ou de l'olivier.

248. La colonne corinthienne a vingt -quatre cannelures de forme demi-circulaire et séparées par des filets ou listels ; elles sont quelquefois coupées carrément à leurs deux extrémités, mais le plus habituellement elles se terminent suivant une forme sphérique(*).

(1) Il a été employé, à Paris, aux monuments suivants : la Bourse, la colonnade dn Louvre, le Panthéon, le Garde-Meuble, le troisième ordre de l'église Saint-Geryais, les églises du Val -de-Grâce et de Notre-Dame-de-Lorette, etc.

(2) Pour donner une plus grande apparence de solidité, on remplit quelquefois la cannelure, soit sur toute la bauleup, soit, ce qui se pialique le plus souvent, jus-

249. La corniche présente un ornement, appelé modillon^ qui consiste en des corps en saillie qui soutiennent le larmier. Le modillon corinthien a la forme d'Une console décorée de volutes ou enroulements sur ses faces latérales, d'une feuille en dessous, et d'un balustre sur sa face antérieure.

830. La hauteur totale de Tordre corinthien est de 32 modules, qui sont distribués comme il suit :

La colonne, base et chapiteau compris, a dix diamètres ou 20 modules.

La base a de hauteur \ module.

Le chapiteau a 2 modules j.

Le piédestal a de hauteur 7 modules.

Pour cet ordre, Vignole fait une exception à la règle générale, que le piédestal doit toujours avoir le tiers de la hauteur de la colonne; cette mesure serait d'une proportion trop pesante pour cet ordre qui est le plus svelte de tous; il conseille donc de lui donner 7 modules de hauteur, de cette façon le dé du piédestal forme deux carrés superposés.

L'entablement égale le quart de la colonne, ou 5 modules.

L'entre-colonnement simple est de 4 modules f , ou, d'axe en axe, 6 modules f .

L'écartement, d'axe en axe, des colonnes du portique sans piédestaux, est de 1 2 modules.

Cet écartement, pour le portique avec piédestaux, est de 16 modules.

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