‹ Dessin géométrique et lavis: suivis de notions élémentaires d'architectureChapitre 88 sur 91 · ESCALIERS · texte numérisé non relu

ESCALIERS

Fig. 1. — Élévation d'un escalier de dégagement, en vis à jour, sur un plan circulaire.

Fig. 2. — Plan de l'escalier de dégagement.

Fig. 3. — Coupe verticale de deux marches du même escalier.

Fig. 4. — Plan de ces deux marches.

Fig. 5. — Élévation d'un escalier à noyau évidé et à limon continu.

Pig. 6. — Plan du même escalier.

Fig. 7. — Élévation latérale des premières marches de la montée.

Fig. 8. — Tracé pour opérer le balancement des marches d'un quartier tournant.

Fig. 9. ■— Coupe verticale de marches pleines assemblées, par encastrement, à un limon apparent.

Fig. 40. — Coupe verticale demarcheà non pleines fixées sur un limon à crémaillère.

Fig. 44. —Coupe transversale du limon à crémaillère et d'une extrémité de marche.

Données. — L'échelle, pour toutes les figures, est de 40 millimètres pour 4 mètre.

DîfpotîUon du dettin. — Prenez Taxe vertical des fig. 4 et 2 à 65 mill. du cadre ; — tracez l'axe vertical des fig. 5 et 6 à 80 mill. du cadre, du côté opposé; — établissez la ligne de terre de la fig. 4 à 4 40 mill. de la ligne supérieure du cadre, et le centre de la fig. 2 à 65 mill. de la ligne inférieure; — tracez la ligne de terre de la fig. 5 à 440 mill. de la ligne supérieure du cadre, et prenez le centre de la partie circulaire de la fig. 6 à 80 mill. de la ligne inférieure.

ESCALIER EN VIS A JOCR (Fig. 1 et 2).

Cet escalier, destiné à conduire d'un étage k un autre dans l'intérieur d'un appartement, est isolé, sans limon, et n'est soutenu qu'au point où il commence et au point où il finit. Ses marches sont pleines; chacune d'elles repose, par une petite surface horizontale, sur celle qui précède, et s'y appuie, en outre, par une coupe dirigée normalement à la surface rampante qui forme le dessous de l'escalier (voyez fig. 3) ; elles sont, de plus, fortement réunies entre elles par de doubles boulons gui les traversent entièrement de deux en deux, alternativement, dans la partie qui forme le joint de recouvrement. Cet assemblage donne à l'ensemble une grande solidité.

Tracé. — Par l'inspection des deux projections qui représentent cet escalier, on doit reconnaître qu'il y a ici à faire application du tracé de Thelice (403).

Construisez entièrement le plan (fig. 2) à l'aide des cotes que porte le dessin. — Remarquez que les trois dernières marches supérieures, 46, 47 et 48, sont représentées en ponctués, parce qu'elles se projettent sur les premières marches inférieures et masqueraient celles-ci.

i06 DESSIN GÉOMÉTRIQUE.

Pour obtenir l'élévation de l'escalier (Og. 4), tracez d'abord une droite op parallèle à Taxe, et portez sur cette ligne, à partir de la ligne de terre, des hauteurs o-i, i-2, 2-3, etc., de 460 mill. égales chacune, à la hauteur d'une marche; — de ces points de division, menez des horizontales qui détermineront la projection des girons; — de la fi g. 2 projetez chaque longueur de marche, ab, cd, e/*, etc., en commençant par celle inférieure et en remontant successivement : vous déterminerez ainsi, en projection verticale, les contre-marches; — projetez ensuite les angles antérieurs g, h, etc., des profils de chacune des marches', puis ceux desprofiJs en retour, tant sur la surface cylindrique extérieure, que sur Ja surface cylindrique intérieure. — Prenez maintenant la longueur mn (fig. 3) ; cette longueur mesure, sur une génératrice de l'une des surfaces cylindriques, la distance qui sépare la surface du giron de la surface rampante du dessous de l'escalier, et dont la section faite par ce plan vertical mn serait un rectangle (405); — portez cette distance mn sur la verticale op, à partir de chaque division et au-dessous de celles-ci, et, par ces derniers points obtenus, menez des horizontales sur lesquelles vous projetterez les points situés à l'intérieur 6, d, /*, etc., pour obtenir la petite hélice, et les points situés à l'extérieur a, c, e, etc., pour avoir la grande; ou bien, pour obtenir le même résultat, portez cette hauteur constante mn sur les arêtes verticales qui limitent la face antérieure de chaque marche, la contre-marche (comme au problème 1 05 ) .

Pour avoir les hélices qui déterminent la largeur de la bande de fer qui règne le long des arêtes de la surface rampante hélicoïdale, projetez, sur les horizontales dont nous venons de parler, les points des circonférences ponctuées (fig. 2).

ESCALIER éviDlÉ, A LIMON TOtJRNAlîT ET COBTIINIT

(Fig. 5 et^).

Cet escalier est formé de deux parties droites réunies par une partie demi-circulaire ou quartier tournant. Il peut également être construit en pierre ou en charpente.

Dans les anciens escaliers, les marches tournantes tendaient toutes au même centre, celui du quartier tournant ; mais celte construction était vicieuse en ce que, en dehors de la ligne de foulée (3Ô7), la largeur des marches variait tout d'un coup d'une manière trop prononcée. Dans ces escaliers, pour qui se trouvait

à droite ou à gauche de cette ligne, il y avait passage brusque d'une inclinaison à l'autre ; elle devenait même dangereuse près du limon, où il ne restait presque plus de giron au collet. Cet inconvénient est montré dans notre fig. 6. On voit que, si les arêtes des marches étaient partout normales à la ligne de foulée 4, 4, 8, 12, 16, ainsi que l'indiquent les lignes ponctuées, on changerait brusquement d'inclinaison, en passant de la partie droite à la partie circulaire, si l'on se rapprochait du mur ou de la rampe, au lieu de se tenir au milieu dé la longueur des marches.

On a remédié autant que possible à cet inconvénient, en imaginant les escaliers à noyaux évidés, et en donnant aux marches parallèles les plus proches des quartiers tournants des variations de largeur au profit des marches tournantes. Cette variation suit une progression qui augmente ou diminue selon qu'on s'éloigne ou qu'on se rapproche dps limons droits; c'est ce qu^n appelle balancer les marches. Par cette disposition, les marches ont toutes une largeur à peu près égale ; en même temps on évite, au limon et à la main courante de la balustrade , les jarrets désagréables qui se produiraient aux points où les parties droites se raccordent avec la partie circulaire.

Tracé. —Construisez la projection horizontale (fig. 6) en fixant, comme on le fait dans la plupart des circonstances, la position de la ligne de foulée au point milieu de la longueur des marches; c'est sur cette ligne que se portent les largeurs égales, 310 mill., des girons. — Supposez que toutes les arêtes sont dirigées normalement à la ligne de foulée; celles, des parties droites sont parallèles et celles de la partie circulaire tendent au centre.

Le tracé ainsi disposé, il faut opérer le balancement des marches ; voici commeni. se fait cette opération : — faites le développement (fig. 8) d'une portion de chacun des deux limons, droit et courbe, en le considérant du côté intérieur de l'escalier, c'est-à-dire au collet des marches; — a cet effet, portez sur l'horizontale op les largeurs oa', a'h' , b'c\ qui répondeflt aux grandes largeurs des marches, et, à la suite, les distances c'rf', d'e', e'f, f'g'j g'p'j qui répondent aux. petites largeurs; portez aussi sur une verticale quelconque oq les hauteurs égales des marches, 160 mill., et menez des horizontales; il en résultera deux droites, AB et BG, d'inclinaison différente. — L'angle ABC, formé par la rencontre de ces lignes, représente, dans cette construction, le jarret qu'on observerait dans le limon et dans la main courante, si Ton ne modifiait pas le tracé des marches. —Afin de faire disparaître cet angle, raccordez la droite AB avec la droite BC, plus

fortement inclinée, au moyen d'un arc de cercle ADC soumis à celte condition d*étre tangent à la ligne BC au point C, milieu du quartier tournant, et à la ligne AB au point A, situé à même distance du point B que le point C. — Portez donc BC de B en A; au point A, élevez une perpendiculaire indéfinie à AB; au point G élevez également une perpendiculaire indéfinie à BC ; leur rencontre en E sera le point de centre de Tare de cercle de raccord. — Cela fait, prolongez les horizontales qui marquent les foces supérieures des marches, jusqu'à leur rencontre avec Tare de cercle tracé.

Il faut maintenant procéder çn sens inverse, et reporter sur la projection horizontale de l'escalier (fig.6), le long du contour intérieur du limon, les largeurs de têtes de marches rectifiées par la forme de développement ainsi arrêtée. — A cet effet, portez la distance H' (fig. 8), correspondant à la marche iOy de g' en g" (fig. 6); portez la distance kk' de f en /"", à la suite de la première; puis celle //' de e en e'\ rr' de d en d'\ ss' de c en c", etc. ; — enfin, joignez par des droites ces nouveaux points de division à ceux de la ligne de foulée, les lignes ainsi obtenues sont les arêtes antérieures, rectifiées, des marches. — On comprendra qu'en prolongeant ces droites jusqu'à la ligne milieu de la projection, on aura sur cette ligne les points nécessaires pour tracer les arêtes des marches symétriques.

Pour tracer la projection verticale (fig. 5), portez, sur une verticale quelconque, autant de fois 460 mill., hauteur d'une marche, que le permet le dessin (la hauteur totale de l'étage étant de 3,"»20, devrait être divisée en vingt parties égales, la dernière hauteur étant pour fa marche palière), et opérez comme vous l'avez déjà fait (fig. 4). — C'est aussi au moyen d'une opération semblable à celle employée fig. 4 que vous tracerez les contours du limon, dont les quantités constantes sont mn et mn' (fig. 9); elles donneront, l'une, l'arête inférieure, l'autre, l'arête supérieure. — Mesurez encore sur la fig. 9 la hauteuè constante mn" nécessaire pour tracer l'hélice formée par l'intersection de la surface rampante avec la surface cylindrique convexe de la cage de l'escalier.

Le limon repose, par son extrémité inférieure (fig. 5, 6 et 7), sur la première marche qui est en pierre dure; cette marche est encastrée et scellée dans le sol de manière à ne pouvoir s'écarter de sa position. C'est elle qui supporte le limon , lequel est assemblé dans une pièce horizontale, appelée patin (fig 7), et y est reliée, en outre, par une jambette. La partie inférieure du limon, ou plutôt l'extrémité antérieure du patin, est terminée

par une volute , au centre de laquelle est implanté le premier balustre de la rampe.

Les marches sont formées chacune d'une seule pièce de bois (fig. 9), et elles se recouvrent les unes les autres dans toute leur longueur. Elles sont profilées sur le devant et plafonnées en dessous. Le limon fait saillie au-dessus des marches et au-dessous du plafond, et une rainure y est pratiquée pour maintenir l'enduit dont ce dernier est formé. La marche palière (fîg. 6) est scellée par ses deux extrémités dans le mur, et le limon s'appuie contre elle.

Nous avons donné (fig. 40 et 44 ) un exemple d'une autre disposition des marches. Cette disposition admet un limon, mais le dissimule ; il ne s'étend plus au-dessus des marches, il est entaillé au droit de chacune d'elles, de manière à présenter une suite de gradins. Les extrémités des marches ne sont plus reçues dans des cavités ménagées sur la face cachée du limon ; elles reposent sur les gradins, et elles y sont fixées par de fortes vis ou par des équerres qui les saisissent en dessous.

Ces marches ne sont pas pleines; le dessus est formé par une forte planche ou madrier, et la contre-marche par une planche assemblée à rainures et languettes dans les deux marches auxquelles elle se rattache. Toutes les marches se profilent latéralement, comme dans les escaliers sans limons (voyez fig. 4). Le lattis du plafond est fixé sur de petites solives scellées, d'un côté, dans le mur, et supportées, de l'autre, par le limon.

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