‹ Dessin géométrique et lavis: suivis de notions élémentaires d'architectureChapitre 87 sur 91 · ENTABLEMENT DU TEMPLE DE PŒSTUM · texte numérisé non relu

ENTABLEMENT DU TEMPLE DE PŒSTUM

Données. — L'échelle du dessin est de 60 mill. pour 4 mètre. Tracé. — Voyez les explications des pi. 21 et 22. Lavis. — Tracez les contours des ombres propres ainsi que des ombres portées. — Appliquez la teinte d'ébauche. Comme

(1) SouTeut, lorsqu'un lavis est terminé, on étend des teintes très-faibles et même des teintes d*eaa, qu'on appelle glacis, pour atteindre le but précité et donner de la transparence aux ombres.

cette teinte est assez étendue, son intensité doit être produite en plusieurs fois (472).

L'ombre portée par la saillie du larmier sur la frise, en s'étendant, doit nécessairement perdre de son intensité à son contour extrême (149). — Il faut donc commencer par étendre, sur la totalité de cette ombre, à partir des mutules, des teintes do valeurs moyennes en les fondant vers la partie inférieure (173), sans considérer, pour le moment, le relief des triglyphes.

Cette dégradation totale de l'ombre étant obtenue, il s'agit d'exprimer les différents reliefs des triglyphes et des plates-bandes qui les couronnent. — Appliquez dès teintes plates superposées sur 'Chacun des plans obliques des rainures des triglyphes, et, en même temps, étendez ces teintes sur la face parallèle de ces mêmes triglyphes et formez alors la courbure reflétée de leur partie supérieure. — Posez ensuite des teintes plates sur les surfaces planes des plates-bandes sous le larmier, en ménageant les reflets (155) lors des dernières teintes que vous appliquerez. — Faites un travail semblable sur les sur^ces des métopes, en ne négligeant pas d'observer les pénombres.

Les grandes ombres amenées à la valeur convenable, occupezvous des ombres de moindre étendue, telles que celles du bandeau sous les triglyphes et celles du larmier. Car l'intensité de ces dernières ombres devant être réglée sur celle des premières, et n'ayant plus alors d'indécision à avoir, on peut avec sûreté les produire à l'aide d'un moins grand nombre de teintes.

Faites ensuite le modelé des gouttes, qui sont de petits cylindres, et celui de la surface concave de la cymaise de la corniche.

Terminez en étendant les demi-teintes sur les surfaces planes éclairées, en observant la différence d'intensité qui doit exister entre celles de la corniche et celles de la frise et de l'architrave (4 42).

Mettez une teinte faible de carmin sur la partie coupée du profll de l'entablement.

PLANCHE tS.

CORNICHE D'UNE lÉGLISE, A ROME, PAR YIGNOLE.

Données. — L'échelle est de 25 centimètres pour 1 mètre.

Lavîs. — Tracez les ombres propres et les ombres portées. — Appliquez la teinte d'ébauche.

D'après la marche indiquée pour les deux lavis précédents, on a dû comprendre qu'il convient toujours, dans un lavis, de com-

mencer le travail par la partie qui a le plus d'importance dans l'ensemble, soit par l'étendue des teintes à appliquer, soit par le nombre assez considérable de teintes que nécessite cette partie. Car, comme il importe de mettre de l'harmonie entre les différentes parties du dessin pour obtenir l'effet voulu, et qu'on doit toujours chercher à produire cet effet avec le plus possible d'économie de temps, on comprendra qu'en commençant par une partie sur laquelle on doit appliquer un grand nombre de teintes, et dont par conséquent le degré définitif d'intensité est incertain, il résulte que, cette partie du lavis étant faite, elle devient un guide pour le travail qui suit. Ce dernier travail, par sa nature, nécessitant moins de teintes, peut alors être fait en toute assurance en se réglant sur le travail antérieur.

Dans le cas présent, on doit commencer par l'une des deux moulures courbes, soit la doucine, soit le quart de rond. Il est préférable que ce soit par ce dernier. — Pour l'exécuter, on no doit considérer d'aboM que la partie éclairée, et étendre les teintes nécessaires pour en exprimer la courbure en les continuant chaque fois sur les parties d'ombres projetées sur elle (voyez notre explication du lavis de la pi. 42^). La partie éclairée achevée, il ne reste plus alm^s, pour compléter le modelé de la surface courbe dans l'ombre, qu'à continuer l'augmentation d'intensité de la dernière teinte employée (146, 4 47).

Faites ensuite la moulure supérieure en procédant de la même manière, quoique ici l'ombre portée soit complètement séparée de l'ombre propre. Car, remarquez bien qu'il y a toujours avantage à agir ainsi, puisque, lorsque vous achèverez l'ombre propre, les dernières teintes que vous emploierez seront convenables pour commencer le modelé de la concavité de l'ombre portée. Toutefois, observez que l'ombre propre, ainsi que l'ombre portée sur cette moulure, doivent être beaucoup plus intenses que celles sur le le quart de rond, car celui-ci est sensiblement en retraite relativement à la doucine (4 47).

Les intensités à appliquer aux surfaces planes doivent être subordonnées aux valeurs qu'ont prises les deux moulures dont nous venons de nous occuper. — Si vous avez eu la précaution de les préparer, ainsi que nous l'avons dit enexpliquant là pi. 26, il ne reste plus alors qu'à en compléter l'achèvement.

PLANCHE «e. PORTE DANS L'ARSENAL DE VENISE, PAR SAN MICHELI.

Cette porte est composée d'une arcade en plein cintre, de deux pilastres surmontés par un entablement, le tout est couronné par un fronton. Les pilastres et l'arcade sont à refends et bossages, et l'entablement décoré de triglyphes.

L'entrée de la porte est surélevée d'une marche, laquelle continue en ressautant pour former la plinthe des piédestaux et celle du mur en arrière-corps.

Une coupe horizontale, faite suivant un pfan pris au-dessus des bases, montre la saillie des pilastres sur les pieds-droits de l'arcade ainsi que celle que l'ensemble de la porte fait sur le mur auquel elle donne ouverture.

Données. —L'échelle est de 36 millimètres pour 4 mètre.

Tracé. — Pour le tracé des refends, on divisera en seize parties égales la distance ab comprise entre le contour supérieur de l'astragale d'un des pilastres, et la cote 200 au dessus de la base; on portera ensuite au-dessus et au-dessous de chaque division la moitié de la largeur, 40 mill., des refends.

Les divisions des claveaux de l'arcade ne sont pas égales, la clef a plus de largeur que les autres divisions; cette largeur est 380 mill.

On i^emarquera qu*il n'y a que deux rainures aux triglyphes de la frise, et que les intervalles sont égaux aux rainures ; il faudra donc diviser la largeur du triglyphe, qui est de 360 mill., en dix parties égales. On observera aussi qu'il n'y a pas de gouttes divisées dans l'architrave; elles sont remplacées par la masse qu'elles forment ordinairement par leur réunion.

Les profils devront être tracés au compas pour celles des moulures où on pourra faire usage de cet instrument ; les profils des petites moulures devront être tracés à la main.

Pour tracer le fronton, employez le moyen indiqué (305). — Les moulures rampantes sont les mêmes que celles de la corniche, et ont même hauteur; — il suffit donc, après avoir obtenu les deux lignes supérieures du fronton, d'élever une perpendiculaire à chacune d'elles, et de porter sur ces perpendiculaires les différentes hauteurs de ces moulures prises sur celles de la corniche.

Lavîs. — Tracez les ombres propres et les ombres portées par

les différentes saillies, en déterminant d'abord celles du plan le plus rapproché; puis celles portées par l'entablement et les pilastres sur le plan des pieds-droits de l'arcade, qui forme second plan; et, en dernier lieu, sur le mur qui forme troisième plan.

Appliquez la teinte d'ébauche sur les ombres déterminées, ainsi que sur l'ouverture de la porte. — En raison du peu d'étendue de ces ombres, on peut ébaucher avec une teinte plus intense que celle dont on a fait usage aux dessins précédents, car il importe surtout que cette teinte détermine nettement les contours des ombres; le travail ultérieur en sera facilité. — On exceptera cependant l'ouverture de la porte; l'ébauche, sur cette partie, devra être beaucoup plus faible que celle des ombres, à cause de la grande étendue de la teinte à appliquer.

Il y a peu de mouhires courbes dand ce dessin, et elles peuvent être exprimées au moyen.de très-peu dé teintes; la difficulté de ce lavis consiste principalement dans la soin à apporter pour conserver la netteté des contours des ombres portées, ainsi que celle des contours de la baie de la porte.

La dégradation de la teinte appliquée sur cette ouverture devra être faite en employant le procédé 477.

Lors de l'application des demi-teintes, on devra avoir égard à l'échelle réduite du dessin. Les filets de lumière, ainsi que les reflets, devront donc être beaucoup plus étroits qu'aux dessins qui précèdent.

Le lavis à l'encre de Chine terminé, on étendra une teinte trèsfaible de carmin sur les parties coupées de la projection horizontale. On posera aussi la même teinte, en bande étroite, sous la ligne de terre, à la projection verticale.

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