CRE
un cachet qu’elle appose sur la période de vie que cet être a déjà parcourue, pour en porter témoignage, pour en accepter la responsabilité, avant de l'introduire dans une vie nouvelle, où elle doit se montrer à lui sous d'autres formes, éclairée d'une tout autre lumière. |
Taudis qu’ici-bas nous pleurons un homme, comine nous n’aurions qu’un sujet trop réel de le pleurer s’il était privé pour toujours de la lumière du soleil, s’il allait s’égarant pour l'éternité dans ces immenses solitudes où n'existe pas la conscience de soi-même , s’il s'était enfoncé, pour n’en plus sortir, dans les sombres royaumes du néant, au-dessus de nous d’autres créatures se réjouissent sans doute de la naissance de cet homme à leur monde nouveau pour lui, comme dans celuici nous nous réjouissons à la naissance de l'un de nos enfans. Que le jour où je devrai
rejoindre cet homme arrive donc bientôt, je
laisserai le deuil et la tristesse à la terre que je quitterai, et ce jour, entre tous mes jours, sera le bienvenu de moi.
Et ainsi diminue, s’amoindrit, s’anéantit, pour ainsi dire, à mes yeux le monde extérieur dont je m'étais d’abord émerveillé.
L'ordre qu’il revêt pour mes yeux!, la vie qui le remplit, la perfectibilité qu'il en laisse entrevoir, ne sont en définitive qu’une sorte de rideau qui me cache un autre monde plus grand, plus magnifique, plus parfait. Mais la croyance saura bien écarter ce rideau : car la croyance veut voir et sait voir des choses qui ne sont contenues ni dans l’espace, ni dans
le temps.