‹ Destinée de l'homme dans les deux mondes [microform]Chapitre 1 sur 20 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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PRÉFACE

On ne rendra désormais quelque jeunesse à la race humaine, qu'en revenant à la religion par la philosophie, au sentiment par la raison.

M-^e de Staël.

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Aujourcrimi des questions d'une haute importance s'agitent, des travaux nombreux se multiplient, et la philosophie , négative au siècle dernier, est en quête d'affirmations sur Dieu, sur l'àme et sur l'immortalité. Aujourd'hui le doute paraît plus que jamais pénible, et, pour en sortir, si les uns se rattachent obstinément aux crovances anciennes, d'autres s'enquèrent de croyances nouvelles qui soient dignes d'abriter à leur tour et de rallier l'humanité.

CM

^ PRÉFACE

Animé d'une foi sincère , nous désirerions aussi être entendu dans ce débat où nous apportons quelques idées qui ne nous paraissent pas indignes de fixer Fattention. Le concours de tous les hommes de bonne volonté n*est-il pas désirable pour Fétude de ces questions qui se posent impérieusement, et dont, à notre époque, la solution ne peut être ajournée sans péril.

Si la difficulté de traiter un sujet était en rapport avec son importance , nous n'aurions pas osé sans doute, aborder le grand problème. Mais ce rapport n'existe pas toujours , et les lois providentielles ont rendu facile l'intelligence des choses que tous les hommes sont intéressés à comprendre ; elles ont laissé des difficultés seulement à celles-là qu'un petit nombre suffit pour élaborer.

Ainsi le bien de l'humanité n'exige pas que nous devenions tous de savants astronomes , et quelques -uns seulement sont organisés pour s'attaquer aux calculs compliqués de cette science, à ses transcendantes spéculations.

II en est de même de toutes les sciences ph} -

PRÉFACE. 5

siques, mathématiques, naturelles. Pour chacune d'elles il suffit d'un petit nombre d'hommes spéciaux, qui communiqueront aux autres les résultats de leurs recherches , et c'est dans des proportions restreintes que les aptitudes spéciales ont été distribuées.

Mais il en est tout autrement des sciences religieuses; chacun a besoin de les comprendre, puisque chacun a la préoccupation de la vie future, le souci de l'immortalité. Sur ces points qui nous touchent tous personnellement, nous voulons tous voir par nous-mêmes, et les affirmations d'autrui ne suffisent à personne.

Si la providence a donné satisfaction à des désirs si légitimes, les questions de cet ordre, quelle que soit leur grandeur, sont accessibles à tous ceux qui cherchent, sans préjugés, sans préventions, avec un cœur droit.

Combien il serait à désirer que les femmes fussent persuadées des vérités que nous venons de dire , qu'elles eussent pour les questions qui nous occupent, une plus grande confiance dans leur propre raison. Elles exercent sur le mou-

* PRÉFACE

vemeDt religieux une action considérable , et Ja défiance de leur jugement qu'on a su leur inspirer dans un intérêt de castes, les livre, désarmées, ù des influences trop souvent rétrogrades. Tendres mères, sans soupçonner le mal qu'elles font, elles abandonnent pieusement à l'esprit des ténèbres, leurs enfants, les jeunes générations. Elles compromettent ainsi, autant qu'il est en elles, le progrès de notre espèce , l'avenir de nos sociétés. Puissions-nous en compter quelques-unes parmi

nos lecteurs ! si nous devons avoir des

lecteurs ! . .

Nous voudrions bien encore parvenir à nous faire écouter précisément de ces hommes qui ont sur les femmes un si grand empire, des prêtres, des ministres de tous les autels. Nul n'est comme eux en position de parler aux ignorants et aux faibles, ainsi qu'aux savants et aux forts. Par eux le progrès religieux prendrait une marche rapide et sûre, si, cessant d'étendre les bras pour barrer la route à l'humanité qui veut avancer, ils se tournaient aussi du côté de l'avenir afin d'en étudier les abords, et d'y guider les multitudes.

PREFACE

Mais nous n'espérons guère être compris par les hommes de celle classe, et nous échouerons sans doute devant leur prétention surhumaine au savoir absolu. C'est un malheur pour nous , et un malheur pour l'humanité qu'ils afl'ranchiraient du mal, en un jour, s'ils voulaient. C'est un malheur pour eux aussi , car la mesure de ce qu'ils peuvent est , en même temps , la mesure de leur respou- 4 sabilité ! . . .

Quelques-uns de nos amis, et nous les remercions cordialement, ont bien voulu lire noire travail en manuscrit, et nous donner des avis dont nous avons profité avec empressement, comme ils pourront s'en apercevoir.

11 est un de ces avis cependant que nous n'avons pu suivre, bien que nous le reconnussions salutaire, et que nous eussions un grand désir d'y déférer.

On nous reproche de ne pas toujours exprimer nos pensées avec assez de calme , de paraître passionné, quand nous devrions simplement exposer et raisonner.

Nous avons essayé de nous amender dans ce

PREFACE

sens , mais nous n'avons pas pu. Dès que nous cherchons pour communiquer nos senlimenls, d'autres paroles que celles qui nous montent spontanément du cœur aux lèvres, il nous semble que nous ôtons en même temps toute couleur à notre langage, et toute vigueur à nos démonstrations ; en un mol, que nous ne parlons plus comme parle un homme convaincu le premier des choses qu'il prétend faire accepter aux autres.

Qu'on veuille donc bien cire indulgent pour un déliiut qui part, il est vrai, d'un cœur plein d'enthousiasme pour le juste et de mépris pour le faux; mais qui n'a de haine contre personne, qui ne ressent, pour les méchants eux-mêmes, que des sentiments de pitié.

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