‹ Destinée de l'homme dans les deux mondes [microform]Chapitre 20 sur 20 · SECONDE VIE · texte numérisé non relu

SECONDE VIE

Par le D^ J.ïllVGER, de Colmar

Dans Vouvrage qui précède, fai étudié la question de la seconde vie , en partant du sentiment du bon et du juste que Dieu nous a mis dans iâme, auquel, par conséquent, sea lois sont tenues de satisfaire. Le docteur J/ENGER, mon ami, m' ayant expliqué comment il arrivait aux mêmes conclusions, par une tout autre voie , en s'appuyant simplement sur les propriétés de tout organisme vivant — propriétés communes aux plus élémentaires comme aux plus compliqués — je l'ai prié de mettre ses idées par écrit, et je dois à sa complaisance de pouvoir terminer mon livre par le remarquahh

rhapitre quon va lire.

L'étude scientifique de la question de la vie

future peut faire valoir «comme éléments de

démonstration deux ordres de preuves.

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C'est un fait d'observation que dans riiommc il surgit, delà profondeur de l'être, des aspirations, des attractions sollicitant l'action dans une direction déterminée. Ces aspirations indiquent les fonctions que l'être est appelé à accomplir et sont ainsi révélatrices de ses destinées. C'est par ces attractions que chaque être affirme sa nature , sa vocation , sa valeur dans le présent ; mais Tètre étant de soi indestructible, étend son affirmation au futur , et c'est ainsi que dans le cœur humain a surgi, de tout temps, le sentiment intime , plus ou moins prononcé, de la persistance de l'être, base de la croyance en une vie future. L'observation, en effet, a constaté l'existence de faits qui prouvent que cette voix intime a parlé à toutes les époques et chez tous les peuples. Acceptant ces faits, rintelligence, d'accord avec le sentiment, reconnaît qu'une aspiration généralisée a nécessairement sa raison dans les plans de la vie universelle; qu'un état de réalité objective doit répondre à cette aspiration ; et que celle-ci, loin d'être un mirage de l'àme , est l'indication précise d'un état futur correspondant; dès lors la science est autorisée à reconnaître cette aspiration généralisée comme révélatrice et donnant la preuve d'une vie future.

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Ce genre de preuve, dans son isolement, n'aurait toutefois qu'une valeur dubitative et insuffisante pour donner une démonstration et baser une conviction scientifique; pour lui donner sa puissance, il faut l'appuyer d'une preuve confirmative et l'élever ainsi à l'état composé.

La valeur de l'aspiration du cœur étant admise comme preuve de la vie future , il reste à déterminer quel est l'état objectif, réel, répondante cette aspiration , quelles sont les conditions d'existence , le but et la destinée dans cette vie future.

Si la science répondait avec succès à cette «juestion, elle viendrait d'une manière triomphante appuyer la preuve tirée de Faspiralion simple, et donner la solution parfaite de la question de la vie future.

H est de constitution de notre être que, lorsque le cœur a posé un problème , l'esprit se met à l'œuvre et n'a de cesse qu'il n'ait trouvé une solution. Dans ce labeur, la question de la vie future est une de celles qui ont le plus occupé l'esprit humain. A toutes les époques et dans tous les lieux, partout où l'homme a reposé sa tête, la question a surgi et une réponse a été donnée. Quand on contemple tout ce que l'histoire a

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conservé de solutions sur cette question , Tesprit reste en admiration devant la puissance de l'imagination, dont l'action créatrice a peuplé le domahie de l'illusion de fantaisies si diversement diaprées. Toutefois gardons nous de croire que dans ces créations l'imagination a subi sans mesure et sans contrôle une impulsion juvénile, exubérenle ; non , c'est sous les données compassées de la raison , empruntées aux exigences qui dominent la terre, que l'imagination a élaboré son œuvre, et c'est avec une logique sévère que les destinées du ciel sont calquées sur les doctrines qui dirigent et régissent la réalité terrestre. Le plus souvent ces doctrines se sont produites et imposées avec le prestige d'une intervention supérieure et miraculeuse, établissant pour la plupart le dogme, d'antique provenance, que riiomme, par l'effet d'une faute première, est déchu, frappé d'indignité et réduit à Timpuissancc de connaître sa destinée. Une révélation mystérieuse lui dicte la loi avec l'autorité qui impose le mutisme à la raison, et commande la soumission absolue de la volonté. Ces doctrines antipathiques au fond à la nature humaine et basées sur la contrainte , sont acceptées avec la résignation du besoin; car, à une période donnée de l'évolu-

tion de l'humanité , elles peuvent être la condition d'un progrès relatif, et ont ainsi leur raison d'être dans leur utilité momentanée; mais, par le fait même du progrès accompli , le dogme a épuisé sa virtualité ; le moment arrive où il est frappé d'impuissance; la foi se retire et l'humanité demande des solutions nouvelles et plus vivifiantes. Nous traversons une de ces époques où l'homme proteste contre les dogmes de compression et repousse la loi de contrainte. Se sentant recordé dans la profondeur de son être , il proclame la légitimité des aspirations qui surgissent du cœur et démontre , par les découvertes de la science et les merveilles de l'industrie, la puissance des facultés dont il est doué. Par toutes les manifestations de sa vie , l'humanité confesse la communion harmonique avec les êtres qui l'entourent , et cherche son bonheur dans la réalisation de cette harmonie. En vérité, la terre se prépare à la réalisation de destinées nouvelles; cette évolution s'accomplissanl, le ciel devra subir une métamorphose adéquate. Le problème des destinées de la vie présente et future se pose ainsi sur de nouvelles données et avec des exigences nouvelles. Dans ces données, l'humanilé ne veut plus être considérée comme étrangère

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à la terre , où elle se Irouverail en lieu d'exil et pour ainsi dire en station pénitentiaire. Elle se sent dans une solidarité intime avec la planète qu'elle habite el les êtres qui en peuplent lu surface. Ils sont dans leur ensemble une unité vivante. La terre forme ainsi un puissant organisme dans lequel les différents règnes d'êtres constituent autant de systèmes fonctionnels dont le concours harmonique s'exprime en action unitaire dun titre déterminé î La terre est appelée à produire sa note spéciale dans le concert sidéral qui rallie les astres de notre tourbillon au soleil , son pivot central. A la hauteur de celte conception, le problème des destinées de l'humanité dans ses deux étals d'existence consiste , pour son existence présente, inférieure, à déterminer le caractère de la fonction qu'elle accomplit dans l'organisme terrestre; el pour le problème de la vie future , supérieure , à démontrer que sur notre planète, considérée comme organisme vivant , il est une fonction nécessaire , indispensable el qui ne peut être accomplie que par l'humanité dans son existence supérieure ou de vie future.

Le problème étant posé en ces termes , si la science parvenait à en donner une solution

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limpide à l'esprit, nous croyons qu'elle aurait fourni l'appui conflrmatif de la preuve simple basée uniquement sur l'aspiration de l'âme ; la solution du problème de la vie future serait ainsi complète.

C'est avec l'espoir de contribuer à cette solution que nous entrons maintenant dans le cœur de la question.

Dans ces recherches, l'esprit a besoin d'un principe qui lui serve de mesure pour apprécier la rectitude el la valeur de ses affirmations. Nous trouvons ce principe dans la conception abstraite de l'idée de l'être organisé. Possédant cet idéal, nous l'emploierons pour juger si , dans l'hypothèse qui considère notre globe comme une unité organique vivante, la fonction que nous y assignons à l'humanité , en ses deux existences , en mode mineur et en mode majeur , est conforme à la conception que nous posons comme pierre de touche. Disons comment nous concevons cet idéal.

Tout être organisé est une unité vivante , close et déterminée, à type fixe el invariable ; il est une virtualité se manifestant par des impulsions passionnelles, se réalisant en actes au moyen d'un appareil organique fonctionnel.

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Cet appareil est eu harmonie , à la fois , et avec la virlualité passionnelle de l'être , qu'il doit traduire en acte, et avec le milieu approprié où il est appelé à agir et à accomplir la mission de sa vie. Cet instrument fonctionnel, dans son ensemble est constitué de deux parties distinctes et affecte la disposition composée: d'un côté, un système nerveux, incilaleur et régulateur, portant en soi la mesure d'après laquelle l'action doit se produire , en vue du but à atteindre; d'un autre côté, d'un système d'organes réalisateurs, animés chacun de son attraction spéciale, et agents actifs de la vie; ils exécutent, sous la direction régulatrice du système nerveux, avec rythme, mesure et proportion Taclion combinée qui est la fonction de Tensemble.

Si ou considère Tètre organisé dans ses éléments constitutifs, l'analyse peut en distinguer trois ordres: l'élément actif, posant l'individuaHté; il contient la virtualité de la mission ou fonction que cette individualité doit accomplir ; il manifeste le caractère tle cette mission par des aspirations, des attractions , des mouvements passionnels qui surgissent dans l'être et l'incitent à l'action, l'élément passif, matériel, gravide, agent de plasticité; subissant la direction de l'élément actif, se modelant sous son impulsion en organisme plastique; il

constitue l'instrument de réalisation des impulsions passionnelles , dans un milieu déterminé ; enfin l'élément neutre, intermédiaire, force dans son essence, comprenant l'ensemble des dynamides, à l'état de calorique, lumière, électricité, magnétisme, od; il constitue le lien entre l'élément actif et l'élément passif; ayant affinité pour les deux contraires, il les réunit en une unité vivante harmonique. Sous l'impulsion de l'élément actif, l'élément force détermine dans l'élément passif les combinaisons si diversifiées, nécessaires à la construction et à la conservation parfaite de l'appareil instrumental qui constitue le corps.

L'union intime et harmonique de ces trois éléments constitue l'être organique vivant , dans les conditions d'existence présente. Si l'analyse les sépare, dans la réalité ils sont une unité où les trois sont indispensables ; et nul acte de la vie ne peut s'accomplir sans leur concours intime. C'est une erreur déplorable de croire qu'il y a antagonisme hostile entre l'esprit et la matière, de glorifier l'un comme source du bien et dégrader l'autre comme élément du mal. Le bien et le mal ne sont comme attributs ni dans l'un ni dans l'autre de ces éléments. Le bien, c'est l'unité d'action, l'harmonie réalisant l'ordre, la liberté, la justice; le mal,

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c'est rantagouisine d'action, la scission du particulier avec le général, Tégoïsme, source de désordre, d'injustice et d'oppression; et ce fait domine l'évolution de la vie à tous les degrés de manifestation. La mort est la résolution de l'être dans ses éléments constituants. Dans cette transition l'élément actif individualisé passe à de nouvelles fonctions, dans un nouveau milieu ; l'élément passif rentre dans le milieu ambiant, se résolvant en molécules prêtes à entrer dans de nouvelles combinaisons organiques; l'élément force, se divisant dans sa polarité, d'une part, s'allie à l'élément actif individualisé , et lui construit un nouvel appareil instrumental, dans le nouveau milieu; de l'autre, il reste combiné à l'élément passif et active sa tendance à entrer dans des combinaisons nouvelles.

L'être organisé, un dans son essence, pour réaliser sa fonction, de l'état confus, amorpbe, passe au développement et se pose en multiplicité. Il irradie sa virtualité en individualités graduées, dans un appareil fonctionnel , composé d'organes très-divers et très-nombreux, cbargés, diacun d'une action spéciale et délerminée. H est important d'établir comment dans cet appareil les actions individuelles si diversifiées se rallient et convergent

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en un accord unitaire, réalisant Tbarmonie de la vie , à travers les pbases qui conduisent tout être organisé du moment initial à l'état d'extinction.

Etudions l'action dans un organe isolé et voyons quel en est le caractère. Nous constatons d'abord ce fait capital que : dans tout organe , pris individuellement, l'action a toujours un but composé; son activité a un résultat à la fois subjectif et objectif. Subjectivement tout organe se développe, se nourrit, se conserve ; objectivement, tout organe produit une action par laquelle il engrène son activité avec celle d'autres organes, constitués en groupe , réalisant une fonction plus complexe. Par cette afliliation au groupe l'organe isolé s'élève en puissance et agrandit sa sphère d'importance et d'utilité.

Par l'action composée il y a dans l'état normal, accord parfait entre le subjectif et l'objectif, ce qu'on appelle droit et devoir. C'est une erreur de penser qu'il y a opposition entre ces deux pôles de l'action ; ils sont au contraire dans un accord nécessaire, indispensable à l'harmonie de l'être. Cette opposition n'existe que dans l'état de sul)version de l'ordre, et l'on peut affirmer avec une certitude absolue : que toutes les fois que celte opposition existe, l'organisme oii ce désordre se

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manifeste est conslilué sur des bases vicieuses ou se trouve dans des conditions anormales. L'ordre ne se rétablit que par le retour de l'équilibre entre le subjectif et l'objectif; et Ton comprend que tous les systèmes, toutes les institutions spéculant, pour réaliser le bien, sur la prépondérance du du devoir sur !e droit, sont condamnés en principe et frappés d'impuissance pour faire produire à un système organique quelconque, tout le bien qu'il est dans sa mission d'accomplir ; ces moyens ont tout au plus une valeur négative pour atténuer le mal et en relarder l'explosion. La scission entre le droit et le devoir, avec prédominance subjective constitue, dans lu sphère sociale et morale l'état d'égoïsme, et se traduit dans l'organisme animal par l'état d'inflammation. Dans cet état, la tendance subjective rompt la loi de justice ; elle attire avec exubérance, dépassant la mesure de ce qui lui est dû; il en résulte congestion, engorgement, endurcissement, et si l'état persiste, dégénérescence ou corruption par fluidiOcation purulente. En même temps le concours objectif est refusé ou prend un caractère irritant, avec tendance à propager et généraliser le désordre. Cet état est d'autant plus grave que Forgane initiateur du trouble est plus élevé en importance, et que la vitalité

organique du système était antérieurement affaiblie et dans un état d'équilibre instable. Dans ces conditions la dissolution de l'être est imminente.

C'est une erreur d'admettre que l'état d'inflammation, cet égoïsme organique, est une augmentation de la vitalité ; en réalité c'est une scission avec tendance unilatérale j)répondérante et désordonnée ; elle amène comme résultat définitif l'épuisement et la ruine locale et générale.

Le remède au mal le plus direct et le plus eflicace n'est pas dans une intervention à effet débilitant ; pour éteindre le mal dans son foyer il faut provoquer dans l'organe en scission d'action une impression monitoire, au mo}en de substances à virtualité analogique avec la vitalité spéciale de l'organe et le mode de déviation de son action. Il résulte de celte impression, dans l'organe affecté , un mouvement de conversion, déterminant un effort convergent , pour engrener de nouveau son action dans l'harmonie générale de l'organisme.

Revenons de cette digression et continuons à étudier l'action composée. Par cette action, l'isolement d'un organe vivant est hors de possibilité; un organe appelle nécessairement d'autres organes avec lesquels il entre en affiliation pour constituer le groupe. Ce passage de

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rélat d'isolement à Télal de solidarité étend, pour tout organe , la sphère d'action et élève son titre d'importance. Dans la composition du groupe , les organes sont distincts de structure et d'action ; la diversité dans leur action objective, s'absorbe en un accord supérieur, qui est la fonction du groupe. Cette fonction, du groupe, elle-même est parcellaire d'une fonction plus complexe; aussi le groupe appelle rafliliation à d'autres groupes composés de manière à faire converger leur action diversifiée dans un accord supérieur , qui est la fonction de la série. La série est ainsi une affiliation de groupes , chacun à fonction spéciale dans sa variété , et qui font converger leur action en une fonction supérieure, qui est fonction de genre pour la série entière. Les séries de genre combinant leurs fonctions se constituent en série d'ordre, résumant les fonctions générales de Télre organisé. Celte progression de combinaisons sériaires conduit à l'unité harmonique de l'organisme, réunissant eu accord unitaire les actions diversifiées , et réalisant la mission que l'être est appelé à accomplir. Si cette réalisation se fait régulièrement et dans toute son amplitude , la fonction de l'être est complète et parfaite en sa sphère.

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Mais de même que l'essor composé domine l'action de l'organe isolé et la fonction des organes disposés en ordre sériaire, de même cet essor dichotomise la fonction de l'être entier , en action subjective et objective , en vie à mode mineur et à mode majeur. Par cette disposition , l'existence d'un être demande nécessairement l'association de son existence à celles des êtres divers de même espèce. Cette unité Constituée , elle appelle d'autres unités. Dans celte gradation sériaire, les manifestations diversifiées de la vie sur notre planète , se combinent dans Tunité de la vie de la planète ; et la planète à son degré , associe et et harmonise son action avec les corps sidéraux, constituant ainsi , sous l'influence pivotale du soleil , l'unité de notre système sidéral.

Nous nous arrêtons ici dans cette progression sériaire ascendante. Il nous reste à examiner les résultats combinés de l'action composée et de l'ordre sériaire dans l'évolution de la vieil est évident que l'action composée est le lien de solidarité , qui relie par une dépendance réciproque les parties diversifiées d'un tout en une unité. Cette solidarité s'étend en gradation ascendante de l'individu isolé, à travers le groupe et les séries successives jusqu'à l'unité de l'orga-

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nisme. Elle est d'autant plus intime que les liens sont plus nombreux à mesure que l'état composé, étendant son influence à tous les degrés du développement sériaire , s'élève en puissance par la multiplicité des services réciproques. Dans celte ascension , de l'état d'isolement à l'état de solidarité, tout organe, jusqu'au plus infime, étend sa sphère d'importance et d'utilité; le concours de tous est nécessaire à l'harmonie générale; et par sa scission, un organe de minime degré peut provoquer un trouble qui t'ait péricliter le système entier.

Si l'action composée a la propriété d'établir un lien de solidarité entre les parties d'un tout, elle est impuissante à développer l'action de l'ensemble d'une manière harmonique, et à coordonner l'essor des fonctions au but à atteindre. Pour ce résultat, l'action composée appelle le concours du mécanisme de la série. Ce mécanisme, disposant les parties d'un tout dans un ordre méthodique , réunissant les similaires en groupe , et classant les groupes en échelle compacte, fait converger les efforts partiels vers un but général . exprimant la fonction de l'ensemble.

Dans cet arrangement, l'activité étant stimulée chez les coopérateurs dans chaque groupe, à

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l'intérieur , par l'accord né de la similitude du but; à l'extérieur, par l'influence des groupes rivaux une fougue, à la fois enthousiaste et réfléchie, porte le travail à sa plus haute puissance en quantité et en perfection.

C'est par cette combinaison mesurée d'accord d'identité et de contraste, que l'action de l'organisme se développe harmonique, réalisant l'ordre, la liberté et la justice; l'ordre , par la convergence des efforts partiels vers un but unitaire; la liberté, par le concours libre, spontané, enthousiaste de chaque organe dans l'action de l'ensemble ; la justice , enfin , par la répartition du produit obtenu entre tous les organes, à chacun en proportion de sa coopération. La série, réglant et puissanciant le développement de l'action composée, devient ainsi l'instrument de Tharmonie dans tout être organisé ; et ce n'est que sous ce régime , qu'un organisme quelconque , de quelque degré qu'on le suppose , est en puissance d'accomplir régulièrement et dans toute sa plénitude la mission qui lui est dévolue.

Nous venons d'esquisser l'idée générale de l'être organisé. Avec ce guide , nous essaierons de déterminer quelle est, dans l'hypothèse qui accepte notre globe comme être organisé, la

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fonction qu'y remplit riiumanilé , dans son existence présente, inférieure; et s'il existe sur la planète une fonction indispensable à sa vie , et qui serait pour l'humanité l'existence future, supérieure. Dans cette étude , pour donner une démonstration complète , la méthode est de déterminer les différentes fonctions générales de la planète , en liaison régulière et compacte. Nous devons reconnaître que dans l'état actuel de la science l'étudo de notre planète est loin d'être complète ; que l'analyse n'a pas encore fourni l'ensemble des données que la synthèse doit élucider et relier en un tout unitaire. Nous ne donnerons de ces fonctions qu'une vue sommaire dont la valeur de probabilité sera corroborée par les rôles que nous assignerons à l'humanité, en ses deux existences , en conformité de l'idée générale de l'être organisé.

Si nous examinons les résultats des investigations sur l'origine et le développement de notre globe , nous voyous qu'en période initiale , il se trouvait dans la confusion amorphe de l'état embryonaire. Les éléments s'étant séparés et classés en masses solides et liquides, avec une enveloppe gazeuse distincte, la vie individualisée périastrale a surgi, en fonction de végétalité et

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d'animalité. Pendant de longues périodes d'élaboration pour l'appropriation de la surface du globe et le raffinement de l'atmosphère, les organismes se sont élevés en perfection de structure et richesse de fonction. Alors l'humanité a paru, répartie par centres distincts, limités en nombre d'individus, et circonscrits en espace restreint. Par une rapide multiplication et une diffusion nécessitée par la pénurie locale des des ressources , la surface du globe a été successivement occupée par des centres de population plus étendus , noyaux des nations diversiflées en variétés de types, de vocations, de facultés et de fonctions. Ce développement posant les nationalités distinctes , a dû se faire en mode individualiste, divergent avec l'ensemble, pour mieux consolider Fétat subjectif de chacune d'elles. L'humanité est encore engagée dans cette période, et se prépare à peine , chez les nations les plus avancées, à entrer dans le mode convergent, tendant, par l'effort objectif de la vie, à unir les peuples par un lien de solidarité , et constituer ainsi l'unité humanitaire. C'est dans cet état harmonique que l'humanité, exerçant sa fonction dans toute sa plénitude, la vie de la planète, en développement croissant, entrera en vibration

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ascendante, et pourra épanouir, en apogée , toute la richesse de ses harmonies. Par un mouvement de retour elle reviendra en vihralion descendante, allant vers le déclin ; et c'est ainsi que , après avoir accumulé les siècles, la vie de la planète, épuisée dans son action, arrivera à Textinclion. Nous voyous dans ce mouvement de la vie de la planète, l'analogue du mouvement de la vie chez tout être organisé.

Entrons dans plus de détails : la formation minérale, à caractère squélélique , nous apparaît comme élément de conflguralion et hase de suhstentation pour la création périastrale. Nous ne confondons pas avec elle la croûte humoïde qui est la gangue plastique, servant de foyer d'incuhalion et d'élément nutritif partiel à la vie végéto-animale. A la surface de la planète s'épanouissent , en individualités innombrables , les tribus graduées en développement des végétaux et des animaux. Types fragmentaires de la vie, ces êtres, tout en développant, chacun sa virtualité spéciale , forment dans leur ensemble, dans l'unité organique de la planctC , deux grands systèmes fonctionnels; ils constituent dans leur état de solidarité —le végétal, en degré inférieur et d'ébauche, et l'animal, en degré supérieur et

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de raffinement — un grand appareil d'élaboration d'une part, de la matière organique, d'autre part, des éléments impondérables qui constituent la force ou le dynamide au service de

la vie.

La matière organique , par cette élaboration à travers les organismes , semble acquérir dans ses éléments l'aptitude à entrer dans des combinaisons plus délicates et former des organismes de litre plus élevé. L'élaboration du dynamide est de très-haute importance ; versé par le soleil et se combinant avec le dynamide inhérent à la terre , il subit dans les organismes végétaux et animaux une élaboration spéciale qui liti donne un titre et des qualités déterminés, et l'approprie à la nutrition et à la conservation de la vie de la planète. Dans l'accomplissement de cette fonction, l'intervention de l'élément liquide et de l'élément aériforme joue un rôle important.

Les êtres organisés qui vivent à la surface du globe empruntent, au milieu ambiant, les matériaux liquides et aériformes dont ils ont besoin pour l'accomplissement de leurs fondions. Le corps planétaire est dans une autre condition ; il porte avec lui d'origine génétique , et comme parties composantes, d'une part, Léiément liquide,

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occupant une grande partie de sa surface, et d'autre part, l'élément aériforme, disposé en enveloppe gazeuse ; il ne tire de l'extérieur que l'élément impondérable, force , dynamide , qui lui est versé en abondance , plus spécialement par le soleil. Il y a entre les deux éléments , air et eau, une relation intime de fonctions. Les mouvements réguliers et périodiques de la mer , en état de flux et reflux, et les mouvements également réguliers et périodiques de l'atmosphère , accusés par le baromètre, en sont un indice. Mais cette dépendance d'action devient plus évidente lorsqu'on considère que , de l'immense surface de la nappe liquide, continuellement en mouvement , il se fait une évaporation constante de molécules aqueuses. L'eau ainsi réduite en vapeur et déjà combinée au calorique, se dissout dans Tair où elle continue à se charger de principes vivifiants , par absorption de gaz (oxigéne, acide carbonique) et d'éléments impondérables dont l'atmosphère est imprégné. Dans ces conditions , les mouvements atmosphériques, opérant un mélange intime et une difl'usion générale , dispensent soit sous forme d'air chargé de vapeur d'eau , soit de liquide aqueux imprégné d'air , cet élément vivifiant , cette sorte de sang artériel , à tous les êtres de la création périastrale.

Chacun y puise selon ses besoins déterminés par la spécialité de sa fonction. Ce qui n'est pas consommé , comme ce qui est épuisé par l'action vitale , en état de vapeur retourne à l'atmosphère, à l'état de condensation est repris à la surface de la planète par des canaux spéciaux et conduit par de puissantes veines de retour au réservoir général , pour reprendre , après une nouvelle vivificalion , son mouvement circulatoire. Nous croyons que, dans cette liaison de fonctions et cette solidarité d'actions entre le réservoir des mers et l'atmosphère, îl est impossible de méconnaître l'analogue de la solidarité qui existe entre les fonctions de circulation et de respiration chez les êtres organisés.

Chaque organisme isolé devient ainsi un foyer spécial d'activité vitale, où se combinent l'élément vivifiant, supérieur et l'élément inférieur, plus compacte , emprunté au corps de la planète ; cette activité est à la fois , d'une part , un efi'ort (le développement ascendant, pour chaque être individualisé, et d'autre part, par la virtualité qu'acquièrent les éléments de la matière organique , et plus spécialement par l'élaboration et l'appropriation de réiément impondérable, une • ondition indispensable de nutrition , de con-

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SB

servation et de développement général pour la

vie astrale.

Cet ensemble de considérations et cette vue sur l'ordonnance générale de la vie de la planète, nous conduisent à reconnaître dans les fonctions indiquées, le caractère de la vie à mode mineur ayant pour but la conservation subjective de Tastre, par l'élaboration et l'assimilation de félément de nutrition.

Pour compléter cette esquisse , il nous reste à déterminer la fonction de Tbumanité dans l'évolution de ce mode inférieur de la vie planétaire. Pour connaître cette fonction de l'homme collectif, il est indispensable d'avoir une idée claire de l'homme individuel.

L'homme dans son essence est une unité aniraiquc, constituant une individualité à titre harmonique déterminé; sa virtualité se manifeste par des attractions , des impulsions passionnelles sollicitant l'action qui doit leur donner satisfaction. Quand on étudie ces impulsions passionnelles , l'analyse peut les classer d'après les buts généraux qu'elles tendent à atteindre. Ainsi, unité de l'homme en lui et avec ses semblables; unité avec le monde extérieur; unité avec ce qui est, comme cause première et foyer d'harmonie;

toiles sont, indiquées d'une manière générale et sommaire, les manifestations des besoins de Tàme humaine. En effet , en lui , l'homme demande l'accord dans la satisfaction des besoins du cœur , de l'esprit et du corps ; comme être social , il éprouve l'aspiration de s'unir à son semblable , et par cette évolution , en être collectif, d'étendre sa sphère d'action ; comme gérant et régulateur de la vie du globe , il cherche l'harmonie avec le monde extérieur , tant pour son bonheur subjectif que pour la prospérité générale de la planète. Sous le charme de ces unités cumulées , l'àme enthousiaste s'élève vers l'unité foyère , source d'amour , de sagesse , de puissance et d'harmonie, et sollicite l'expression de sa vénération par un culte.

L'être humain , pour passçr de l'aspiration à la réalisation , est doué d'un appareil fonctionnel, objeclivisalion adéquate des impulsions passionnelles de l'àme. Cet appareil, dans son ensemble, affecte la disposition composée ; système de combinaison et de régularisation de Faction, et svstème d'exécution; dans leur union intime, ces deux systèmes composent le corps, instrument de réalisation parfait.

Ces généralités établies , éludions l'être hu-

1 Si

tf

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main dans les fonctions de cet appareil organique : Nous divisons ces fonctions en quatre classes , selon les buts généraux qu elles réalisent. Entrons dans quelques développements :

r Fonction de nutrition et de conservation subjective du corps ; celte fonction est accomplie par un appareil d'organes , disposé en série de groupes rangés, d'une part, en ordre ascendant, afférent; d'autre part, en ordre descendant, effèrent. Cette fonction en mouvement afférent , puise dans le monde extérieur les éléments d'assimilation, les élabore, transforme, approprie, et sous forme de sang artériel , les distribue à toutes les parties du corps. Les organes y puisent et s'assimilent les éléments nécessaires à leur développement, réparation, conservation, et quelques uns à l'élaboration de liquides à destination spéciale. Cet acte de nutrition a un caractère composé ; il n'est pas seulement matériel, il a aussi pour effet de dégager l'élément force , sous l'état de calorique et autres dynamides. Le sang appauvri dans ses éléments, revient par les canaux veineux reprendre de nouvelles ([ualilés vivifiantes. Mais par l'acte de la vie, dans tous les organes , leurs éléments subissent des métamorphoses ; alors commence le mouvement

ÉTUDE SLll LA SECONDE VIE.

effèrent ou d'élimination. Dans l'intimité de tous les organes , les éléments usés sont résorbés, rentrent dans le mouvement circulatoire qui les transporte dans des organes spéciaux, destinés à reprendre et à rejeter ce qui est mort et impropre à l'entretien de la vie. C'est par ce double mouvement d'assimilation et de désassimilation que l'organisme se conserve et reste un en se renouvelant sans cesse. L'harmonie de ce ' mouvement est déterminée par l'influence reclrice d'une division spéciale du système nerveux, disposé en ganglions rangés en ordre bilatéral , le long de la colonne vertébrale. Tous ces ganglions , sous la direction d'un centre principal , sont autant de foyers partiels d'où se détachent des lilels nerveux , qui enveloppent les vaisseaux et pénètrent avec eux dans la profondeur des organes disposés en ordre sériaire. C'est par ce système , présent partout , qu'est réglé le mouvement organique de la vie à mode subjectif, ayant pour but final le développement et la conservation du corps, dans toute l'intégrité de la force et de la santé; le système nerveux ganglionaire est ainsi le régulateur de la vie , en

mcde mineur.

2" Fonction de reproduction de l'individu et

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conservation de l'espèce, par le renouvellemeni des individus. Le cycle de la vie est très-limité chez l'individu qui en parcourt rapidement les phases, et arrive bientôt à l'extinction. Pour que l'humanité se maintienne dans son intégrité et sa fonction, elle doit se renouveler dans ses individus composants. Un appareil fonctionnel , réparti sur deux individus et divisant l'espèce en deux sexes, est disposé en série conjuguée. D'un coté, élaboration de l'élément fécondateur, de l'autre , développement de l'ovule , élément destiné à être fécondé. Par un rapprochement intime , dans un transport d'effusion de la vie, la fécondation s'opère, et l'individu nouveau est posé dans le sein maternel; il s'y nourrit, se développe et bientôt détaché il est introduit dans le milieu social, où, comme élément nouveau, il vient remplacer ceux qui sont épuisés et éliminés par la mort. Comme l'èlrc individuel , l'être collectif se conserve en se renouvelant dans ses éléments composants.

5« Fonctions intellectuelles. L'homme n'a pas seulement une existence corporelle, subjective; une mission élevée , à fonction objective, l'appelle à un poste de gérance , et l'incite à tout connaître, à tout comprendre dans la création ; à s'élever à

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la conception de la loi qui la régit, et à saisir le mécanisme de ses harmonies.

A cette hauteur, la science lui remet en main l'administration et la gérance de la vie du globe. Son action directrice se combinante la vie générale, l'homme devient ainsi, par sa fonction objective, agent recteur de la vie subjective de la planète, en essor de mode mineur. Un appareil organique, disposé en série mesurée, avec un centre cérébral, puissant, coordonnant à son action, d'un côté, celle des organes des sens , de l'autre celle des organes moteurs, est l'instrument harmonieux de cette éminenle fonction.

4^ Fonction de la parole appliquée à l'enseignement. L'humanité étant composée d'êtres à vie limitée, les conquêtes intellectuelles doivent être transmises pour que la vie spirituelle, condition de l'action rectrice, soit conservée. Un système d'organes, placés à la partie supérieure de l'appareil respiratoire, constitue l'instrument admirable de la phonation. Par la parole parlée et la parole écrite, l'homme instituant l'enseignement et fécondant la virtualité de l'avenir par la science du présent , transmet aux générations qui surgissent ce que le passé et le présent ont conquis et accumulé de richesses dans le domaine du senti-

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ment, cle l'idée et de la réalisation. Par celte fonction, espèce de génération spirituelle et collective, l'actiou rectrice de l'humanité composée d'individus périssables, est assurée; elle prend, avec un développement progressif, une influence toujours plus Henfaisanle, tant pour le perfeclionnemcnl de riuimanité, qui s'élève en dignité et en puissance , que pour Tensemble de la planète dont la vie s'épanouit avec une splendeur croissante. Si nous jetons un coup d'œil général sur Tensemble de cet appareil fonctionnel si richement organisé , nous reconnaissons que la fonction de nutrition , à caractère spécialement individuel appartient au mode mineur de la vie ; son action est soumise à l'influence rectrice du système nerveux ganglionaire, qui est soustrait à la direction de lu volonté et agit d^innéité. D'un autre côté, l'appareil cérébral avec ses dépendances sensitives et motrices, soumis à la direction de la volonté, constitue, dans sa fonction le côté objectif, le mode

majeur de la vie.

La fonction de nutrition, mode mineur, forme un ensemble circonscrit dans les limites de l'individu; tandis que les fonctions intellectuelles nécessitent une relation qui engrène avec le monde extérieur; l'homme dans son action extense,

objective, ne saurait en être détaché, et forme avec lui une unité plus étendue. En effet, par ces fonctions , l'homme recevant en lui le reflet du monde phénoménal, l'élabore, en dégage la loi qui le régit, et, muni de la science, réagit sur ce monde, pour régler et dominer son action. Dans cette grande sphère de la vie objective, l'homme intervient comme agent recteur. Les fonctions intellectuelles sont donc à la vie objective, comme le système nerveux ganglionaire est à la vie subjective. Ces deux modes de la vie, quoique distincts, sont cependant dans une solidarité intime, et, dans leurs fonctions se lient par des services réciproques. C'est ainsi que la vie de nutrition entretient les organes de la vie de relation, et que le système nerveux de relation recevant, des profondeurs des organes de la vie de nutrition, des sensations, des sollicitations de concours, provoque des mouvements et donne une intervention complémentaire des fonctions de nutrition ; le désordre se manifestant dans l'une ou l'autre sphère , met en danger le système entier.

Considérés dans leur essor , ces deux modes de la vie sont dans un balancement d'action avec prédominance alternant de l'un à l'autre. Le mode mineur, plus spécialement actif pendant le sommeil,

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restaure les organes el répare les forces ; le mode majeur, latent pendant le sommeil, développe son activité pendant l'état de veille, et étend son action sur le monde extérieur. Leur rapport de durée est donc comme 1 est à 2 ; et évaluée en heures, pour la révolution diurne, comme 8 est à 16.

Dans ces deux sphères de la vie, il se trouve de chaque côté une fonction complémentaire. L'humanité ayant à accomplir une fonction générale dans la vie de la planète, et étant composée d'individus qui passent; pour se maintenir, d'une part, se conserve en mode subjectif, par reproduction d'individus; d'autre part, en mode objectif, transmet et conserve , par une espèce de génération spirituelle, la vie collective acquise.

Nous remarquerons que dans cette classification des fonctions, les physiologistes n'en admettent que trois : fonction de nutrition , de reproduction et de relation. Nous croyons, par le rôle important que nous avons assigné à la fonction de la voix et de la parole, avoir justifié la division quaternaire. Dans cette classification , nous n'avons eu égard qu'au caractère pivotai de chaque fonction ; loin de rejeter les caractères accessoires nous les reconnaissons nombreux, et importants dans l'acte

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de la vie; pour la phonation spécialement, elle nous apparaît comme instrument puissant de sociabilité.

L'ensemble de l'appareil fonctionnel dans l'organisme humain a donc une disposition bicomposée. C'est avec ce puissant et harmonieux instrument que l'âme humaine va réaliser ses aspirations dans le milieu où elle est appelée à accomplir sa mission.

L'homme isolé, malgré la disposition harmonique qui existe dans toutes les sphères de son être en face de la nature et du rôle important que l'humanité doit y accomplir , disparaît dans sa minimité. Ce roi supposé, frappé d'impuissance, trône dans la misère. Le roi légitime de la création, celui qui est appelé à y exercer sa bienfaisante influence rectrice, c'est l'homme collectif. Avant d'étudier son action, disons comment il se constitue.

L'homme, unité harmonique dans son être, pris individuellement, n'est qu'une touche à litre déterminé ; il est destiné, non à une action isolée, mais à entrer comme élément dans une unité organique supérieure. Par cette solidarité, élevé en puissance dans une harmonie plus compréliensive, il pourra développer , en mode composé , la virtualité de sa

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nature, pour sa prospérité individuelle et celle de rassocîatîon dont il fait partie. Le premier desrc de celte unité supérieure est la commune constituée d'après le principe de solidarité. Elle exploite environ une lieue carrée de terrain , au moyen d'un personnel de 1000 à TôOO

habitants.

Dans la commune actuelle, ces personnes sont réunies en mode divergent ; les familles sont juxtaposées et non associées; dans une foule de rapports il y a lutte et opposition d'intérêts ; l'activité mal coordonnée est loin de donner les résultats que les forces dépensées permettent d'espérer.

Dans la commune sociétaire , les rapports sont converirents et les intérêts solidarisés. L'activité est dirigée avec unité d'action, de manière à mettre l'ordre dans l'ensemble du travail, la liberté dans le concours individuel , et la justice dans la répartition du produit. Ce résultat est obtenu non par contrainte et violence, mais par l'application à l'organisme communal, de la loi que nous avons reconnue être la condition d'harmonie dans l'organisme de tous les êtres de la création. Cette loi se réalise par le mécanisme sériaire.

Il n'entre pas dans le plan de cette étude de donner la description de l'organisation et du

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travail dans la commune sociétaire. Il suflit à notre but de faire connaître que c'est dans ce mode de rapports en convergence avec les impulsions natives de notre être, que l'homme collectif peut donner l'essor complet à son activité , tant pour le perfectionnement subjectif que pour le bien objectif des êtres soumis à sa direction.

Un modèle de commune sociétaire existant, et ayant donné, par un fonctionnement régulier, la démonstration de la valeur de son mécanisme, ces créations, à l'instar de toute autre découverte, se multiplieront et par la contagion du bien s'étendront sur le globe entier. Celte organisation disposée en ordre régulier et hiérarchisé présentera le spectacle d'un immense réseau à centres ganglionaires , gradués en importance et variétés de fondions ; l'action rectrice de l'humanité , par un travail combiné, irradiera en tous lieux sur la surface du globe et développera la vie dans toute la création. Sous la direction de la science, l'agriculture associée à l'industrie donnera en abondance des produits perfectionnés, adaptés à la satisfaction de tous les besoins. L'art, de son côté, respirant dans une atmosphère d'harmonie et de bonheur, par ses créations diversifiées, répandra le charme par la profusion du beau, et embellira la vie dans

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toutes ses manifestations. Sous rinfluence de ce régime, la planète pleine de vigueur par l'équilibre de sa vie subjective, de nutrition, parée et rayonnante de splendeur vitale, avec bonheur étalera ses harmonies dans le concert sidéral.

Ces détails nous permettent de conclure que l'humanité, dans la vie présente, exerce la fonction rectrice dans le développement subjectif, ou mode mineur, de la vie planétaire. Celte fonction de l'humanité vis-à-vis de la vie astrale est l'analogue, dans l'homme individuel, de la fonction du système nerveux ganglionaire, régulateur de la vie subjective du mode mineur.

L'humanité est loin d'accomplir aujourd'hui celte haute fonction dans sa plénitude ; les peuples qui sont encore engagés dans des étals sociaux inférieurs sont dans des conditions d'incohérence et de désordre qui empêchent le développement des forces de production ; chez les nations avancées en civilisation, les progrès accomplis dans le travail paciflque sont considérables et grandissent tous les jours ; mais l'activité est encore divergente, d'ailleurs une grande partie des forces et des ressources est distraite pour maintenir la compression et la répression à l'intérieur et soutenir la lutte à l'extérieur.

 ces obstacles provenant de l'incohérence de développement et d'organisation , vient se joindre l'influence des doctrines qui engourdissent et paralysent l'action. Le progrès dans les sciences lèvera cette entrave, contre laquelle la nature humaine a toujours réagi; en effet, indépendamment des protestations directes, on a vu de tout temps les fauteurs de ces doctrines , amants passionnés de la macération , de la douleur et de . la misère , ne pas se faire faute de s'emparer des biens de la terre et d'en tirer des jouissances ; se constituant ainsi en flagrante contradiction avec leurs doctrines, ils rendent un hommage involontaire et indirect à la légitimité des aspirations natives de la nature humaine. Malgré toutes ces entraves l'humanité atteindra son but, sous l'incitation incessante des attractions qui l'entraînent à l'accomplissement de sa haute mission.

Nous avons établi que, dans l'existence présente, la fonction spéciale de l'humanité, dans son activité objective, consiste dans une action régulatrice de la vie de la planète; et nous avons reconnu que cette action régulatrice ne s'étend qu'aux fonctions de nutrition et de conservation subjective, à la vie en mode mineur. Mais, comme loul être vivant, la planète doit être douée d'une

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vie objective, en mode majeur, d'une vie établissant les relations externes. Cette fonction est indispensable à la planète pour compléter sa vie en la solidarisant avec les corps co-planétaires ; elle agrandit ainsi la spbère de sa vie en apportant son concours spécial et en coordonnant son action à Tunité de la vie du système sidéral.

Dans Torganisme individuel de riiomme nous avons vu Tensemble du système nerveux se dualiser, d'une pari, en sphère ganglionaire régulatrice de la vie subjective de nutrition ; d'autre part, en sphère cérébrale, manifestation de la vie objective de relation. Nous considérons, dans l'organisme de la planète, l'humanité comme représentant le système nerveux. Son action aussi se dualise en mode mineur et majeur. Nous voyons d'une part l'humanité dans la vie présente, existence inférieure, accomplir les fonctions d'agent recteur de la vie subjective du globe, en analogie avec la fonction du système nerveux ganglionaire, dans la vie subjective de l'individu; d'autre part, nous devons trouver cette même humanité agissant dans la vie du globe , en analogie avec le système nerveux cérébral , et constituer dans la vie de la planète l'état fonctionnel objectif ou de mode majeur, liant des relations avec les corps sidéraux.

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C'est là précisément la fonction que nous attribuons à l'humanité, et qui constitue pour elle l'état de vie future et d'existence supérieure. Résumant notre pensée, nous la formulons dans la proposition suivante : dans l'organisme de la planète, la fonction de l'humanilé dans la vie présente, Dwde mineur, est à la fonction de la vie future, mode majeur, comme dans l'organisme individuel la fonction du système nerveux ganglionaire, mode mineur, est à celle du système nerveux cérébral, mode majeur. Cette conclusion à laquelle nous sommes arrivés dans la recherche de la détermination de la vie future , fournil ainsi l'appui confirmatif de la preuve simple, puisée uniquement dans l'aspiration de l'àme généralement exprimée par la croyance à l'existence d'une vie future. Nous n'avons pas la prétention d'entrer dans l'exposé détaillé de cette existence supérieure; cependant nous pouvons, avec le guide de l'induction analogique en donner quelques caractères

généraux.

Dans ce mode d'existence la virtualité de Tètre est augmentée et se manifeste par des impulsions passionnelles qui demandent une satisfaction plus raffinée. L'appareil instrumental de réalisation a pris dans ses facultés spirituelles cl corporelles un

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développement proportionnel. Dans la vie présente la composition matérielle des organes présente des éléments solides, liquides et gazeux, combinés par l'élément force, dynamide, et appropriés au milieu actuel de même composition. Dans la vie future, le milieu étant plus élhéré, le corps est composé des éléments plus raffinés de l'atmosphère, en combinaison avec l'élément dynamide, en proportion prépondérante. L'instrument de Tàme ayant ainsi plus de délicatesse et de puissance d'action exerce ses fondions avec un degré supérieur de développement, en étendue, énergie et précision. Cette élévation en puissance de la même fonction ne doit pas nous paraître invraisemblable. Dès ce monde nous constatons le fait ; ne voyons-nous pas dans le sommeil les fonctions intellectuelles ramenées le plus souvent à l'état latent ; ces fonctions entrent en action pendant l'état de veille et peuvent manifester une puissante activité ; enfin dans cet état exceptionnel qu'on appelle clairvoyance magnétique, l'on a vu des cas, rares à la vérité, où certaines facultés se sont élevées à une lucidité supérieure. Cet état nous apparaît comme une transition indicative de cette puissance supérieure des facultés, qui constitue l'état normal dans l'existence future.

Dans ses deux existences , l'humanité , faisant un même système à action dualisée, eu mode mineur et en mode majeur , se trouve , dans ces deux états, dans un lien de solidarité intime ; il y a influence réciproque de l'un sur l'autre. L'on peut affirmer que, de même que dans l'organisme individuel, la santé du corps est une condition indispensable à l'activité puissante et régulière de l'intelligence, « mens sana in corpore sano » ; de même l'harmonie de l'humanité dans son existence inférieure et la régularisation de son action sur la planète , pour y développer la prospérité de la vie subjective de nutrition, est une condition indispensable pour que l'humanité dans son existence supérieure puisse donner toute l'extension à sa fonction objective et jouir d'un bonheur complet. Toutes les subversions qui bouleversent la terre ont un retentissement profond et douloureux dans

le ciel.

Dans ces deux modes de la vie, l'humanité, tout en contribuant par l'exercice de ses fonctions au perfectionnement de la vie générale de la planète, s'élève elle-même en virtualité d'aspirations , en sagesse et en puissance. Mais considérée dans sa collectivité elle ne peut progresser qu'à la condition de la réalisation du progrès chez les indivi-

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dus; et ce progrès, pour èlre complet, doit se faire dans les deux modes d'existence, inférieure et supérieure. De là la nécessité d'alternances. Dans le système nerveux chez l'individu l'allernance d'action existe entre la sphère ganglionaire el la sphère cérébrale. Dans l'humanité , faisant fonction de système nerveux dans la vie de la planète , l'allernance ayant pour effet de développer le progrès en mode composé, a lieu pour les existences individuelles. Ce sont les êtres humains qui sont doués d'existences alternées entre les deux états de vie. La mort est le passage du mode inférieur au mode supérieur; la naissance, le passage du mode supérieur au mode inférieur. Si nous cherchons à déterminer le rapport de durée entre ces deux existences,. nous devons procéder par voie analogi([ue avec ce qui existe dans la vie individuelle. Nous avons trouvé dans celle-ci le rapport de durée entre le mode mineur et le mode majeur comme 1 est à 2. Ce même rapport existe entre les stations eu vie inférieure et supérieure. Une existence supérieure sera en moyenne le double de la durée d'une existence inférieure.

Si nous scrutons théoriquement le caractère spécial de la fonction de l'humanité dans cette existence supérieure, nous pouvons dire d'une

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manière générale que d'abord elle établit ses harmonies internes, par des conditions de sociabilité coordonnées avec les combinaisons sériaires ; elle réalise ainsi le bonheur interne par la moralité la plus élevée. Dans son action externe, elle établit des relations, d'une part, avec la sphère subjective de la vie de la planète ; d'autre part, elces rapports sont les plus impartants et les plus étendus, elle est en communication et en solidarité de fonction avec les humanités des corps co-planétaires , et participe aux harmonies de l'ensemble de notre

système sidéral.

Dans les deux existences, quand l'humanité sera arrivée à accomplir sa fonction dans sa plénitude, l'organisme de la terre aura atteint le complément de son développement, et rayonnera les splendeurs de l'harmonie dans toutes les manifestations de son être. Dans celte évolution normale, la vie de la planète el tout ce qui a vie en elle, agrandissent la puissance et élèvent la virtualité de leur être ; rélément actif, dans sa collectivité conquiert ainsi l'aptitude d'entrer dans un tourbillon de vie à harmonies plus riches el plus élevées. Lorsque après avoir traversé les phases de la vie, la planète épuisée dans son action, à travers un déclin gradué arrive à l'extinction ; l'élément actif entrant dans

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un nouveau milieu, revêtu d'un nouveau corps astral, recommence une nouvelle existence classée au degré que sa virtualité lui aura mérité.

Dans le mouvement de la vie universelle , les existences astrales se renouvellent, comme sur un corps planétaire se renouvellent les existences individuelles. C'est en se coordonnant aux riches combinaisons de l'harmonie sériaire, que l'élément actif astral sème ses existences dans l'éternité du temps et l'infinité de l'espace.

Ici je dois clore le développement de ces inductions, basées sur l'analogie des degrés gradués de la vie. Mon but était de placer la question de la vie future dans un nouveau jour et d'indiquer la direction où la solution nouvelle est à trouver.

Ce travail aura atteint son but si ces lignes peuvent appeler les méditations des penseurs sur les hautes questions que soulève l'étude de notre planète, considérée comme unité organique vivante.

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