ARGUMENT
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Tai- cela seul qu'il existe , l'iioniiiie .1 tous le (U'oits qui découlent du Tait de snn existence c'est-à-dire tous ceux dont il n besoin pon
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Vu 'est ici que nous aurions encore un compte à régler avec la Civilisation; car, ici, elle est en si flagrant délit d'absurdité et de malfaisance, que les Civilisés eux-mêmes n'ont qu'une voix; pour l'accuser.
Chez nous, d'abord, l'éducation est une exception. Sur trente-trois millions d'individus que contient la France, il y en a certes vingt-huit millions, au moins, qui n'ont pas reçu ce que
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l'on appelle l'éducation. — Dans celte société-cry vit qui peut, élève ses enfans qui peut. Elever les enfans, c'est la tâche de ceux qui les font; la société ne s'inquiète pas de savoir si ceux qui ont pu les faire, pourront les élever. — Seulement, elle a semé en quelques villes, çà et là sur le grand territoire de France, un certain nombre d'hospices d'enfans trouvés : encore nos savans économistes ont-ils récemment reconnu que celte ombre de prévoyance sociale est mauvaise et funeste chose, que cela augmente le nombre des enfans naturels. Ils prêchent maintenant pour que l'on ferme les portes de ces hospices. Il y aura alors, année commune, moins d'enfans naturels et plus d'infanticides; ce qui constitue un double avantage, ■ — vu les dangers de l'accroissement de population, contre lesquels ils ont encore les belles recommandations de prudence que vous savez. Donc, que l'on ferme les hospices pour les enfans, et que l'on élargisse les prisons pour les mères.... la morale y gagnera, et le bourreau aussi.
Mais je disais qu'en pleine Civilisation et sur toute la surface de la belle France, l'éducation, — ce que l'on appelle éducation, — est un privilège uniquement réservé aux enfans des familles riches ou aisées : les autres, — vingt-huit
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millions d'individus sur trenle-lrois, ^ — sont dépourvus de toute culture. Des populations entières, an sein de la France, ne vous présenteraient sous ce rapport aucun trait de difTérence avec n'importe quelle population barbare.
Que dites-vous de ce résultat, de ce lait de brutale statistique? Cela vous senible-t-il dans l'ordre de ce qui doit être? Une société dans laquelle les humains que l'on élève sont en proportion seulement de cinq sur trente-deux! Et «ncore cette éducation exceptionnelle n'est-elle pas un fait d'institution sociale; c'est un fait purement familial. La loi qui exige que le père donne à son fils sa fortune, n'exige pas qu'il lui donne l'éducation.
Quand vous méditez avec le sentiment du bon et du vrai, quand vous rêvez ce que devrait être une société humaine, je vous le demande, l'image évoquée par ce sentiment du bon et du vrai, — qui est le meilleur juge de tous les deux, — n'est-ce pas celle d'une mère tendre et prévoyante, qui, à toute la sollicitude de la maternité, joindrait la puissance et la vaste intelligence dont Dieu n'a pas fait l'apanage de l'individu, mais de l'espèce; d'une mère qui aurait pour tous ses enfans le lait de ses mamelles, de douces
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caresses, des soins, des secours; qui donuerail à tous, avec amour, aide et protection; qui tous les élèverait, les exercerait, les développerait dans le sens de leurs désirs et de leurs facultés; qui les doterait tous, qui les placerait tous, qui les bénirait tous?...
Oh! la société d'aujourd'hui n'est pas cette mère tendre, bonne, intelligente, prévoyante et secourable ! La société d'aujourd'hui, c'est une méchante marâtre, sans cœur et sans entrailles, qui a bien quelques sourires pour un petit nombre de riches, de fainéans et de fripons, mais qui chasse du pied et maudit les grandes légions de ses enfans pauvres , dont les mains sont calleuses, dont le corps se courbe au dur travail. Elle ne leur parle, à ceux-là, que pour leur demander argent, sueurs, sang. Quand sonne pour eux l'âge de vingt ans, elle prend les plus forts, les plus grands, les plus robustes, les mieux venus; elle leur apprend à marcher en ligne sur trois de profondeur, et à se présenter régulièrement à la gueule des canons chargés à mitraille. Voilà la seule éducation dont la société fasse positivement son affaire à l'égard des masses, en tout pays civilisé.
Et puis, à ces pauvres malheureux parias, ton-
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dus, écorchés, tués comme des bêtes de somme ou de boucherie, ou parle du respect qu'ils doivent à la société, de l'amour qu'ils doivent à la patrie. On leur parle bien aussi, par Dieu 1 de l'amour de la gloire.... et c'est avec cela qu'on les fait se ruer par masses compactes sur des redoutes garnies, sur des batteries serrées ; et quand ils se sont fait hacher au nom de la gloire, on jette têtes, troncs, bras et jambes, des blessés avec des morts, tout|pêle-mêle, dans les grandes fosses. On recouvre de terre, et c'est uni.... Oui, toute cette morale de devoirs, d'amour de la pairie, de respect à la société, d'amour de la gloire ; toutes ces saintes cordes du coeur humain, servant aux classes qui exploitent à entortiller lâchement leurs victimes, tout cela, pour qui scrute et voit à nu les choses, est bien odieux et bien infâme. C'est un grand abusement à la fois et un grand sacrilège; et ce serait une fière journée que celle où les masses viendraient à comprendre ce qu'il y a de peu respectable et de peu sacré dans tout ce qu'on les a depuis long-temps façonnées à vénérer —
Je sais bien que cette expression nue et crue de la vérité soulèvera la colère des hommes méchans qui exploitent avec connaissance de cause , aussi bien que celle des niais qui ont encore
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dans les oreilles les discours de leurs nourrices et de leurs grand'-mères ; mais qu'y faire? Il faut les laisser accuser et crier contre les novateurs, qui ne leur parlent pas d'ailleurs d'aller à l'Association par les révolutions, mais bien leur prédisent les révolutions, s'ils n'arrivent pas à l'Association : — ce qui sera pure justice.
La première condition pour que la société ait le droit de réclamer de l'individu amour et respect, c'est d'abord qu'elle se soit mise en frais d'éducation pour lui. Une mère qui abandonne son enfant, n'a pas droit à l'amour de son enfant ; elle a droit à sa haine.
La société doit l'éducation a l'individu.
Et maintenant, que doit être l'éducationl'
HARMONIE
L'ÉDUCATION,- SUBVERSIVE ET lURMOMQUE.