‹ Destinée sociale (volume 2)Chapitre 59 sur 91 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Conditions Qfnn-ûUs ^c l'(Ê^ucation.

T.'éducation unitaire doit élever les bonime au\ perfections du corpset de l'âme. Nos instituteurs, armes de fouets, de palettes et d'abstractions métaphysiques , savent former des Nérous et des Tibères ; laissons-leur ce honteux talent, fruit de l'éducation parlielle simple , et étudions le système d'éducation intégrale composée , qui saura, d'un Tibère et d'un INéron , pria au herceau , former un monarque plus vertueux que les Ântonins et les Titus.

Ch. Focbieb,

Qu'en résulteia-t-il pour l'éducation? Des élcTes bariolés. Jeah Pacl.

Tout cet échafaudage d'institution cÎTilisée n'est qu'un choc d'élémens inconciliables, un assemblage monstrueux de toutes les duplicités d'action. Ch. Foitrier.

Nous nous sommes attachés jusqu'ici à la partie officielle de l'éducation , à l'éducation pédagogique : le mot éducation a pourtant un sens général beaucoup plus large que la signification restreinte dans laquelle on l'enclave d'ordinaire.

On doit entendre par éducation l'ensemble des circonstances qui agissent sur l'individu, qui le modifient d'une manière quelconque. Rousseau, qui savait fort bien poser de bons principes généraux, quoiqu'il leur fût toujours inconséquent deux lignes après, l'a parfaitement reconnu :

« L'éducation nous vient de la nature , ou des hommes, ou des choses. Le développement interne de nos facultés et de nos organes est l'éducation de la nature ; l'usage qu'on nous apprend à faire de ce développement , est l'éducation des hommes ; et l'acquit de notre propre expérience sur les objets qui nous affectent , est l'éducation des choses.

» Chacun de nous est donc formé par trois sortes de maîtres. Le disciple dans lequel leurs diverses leçons se contrarient , est mal élevé, et ne sera jamais d'accord avec lui-même; celui dans lequel elles tombent toutes sur les mêmes points, et tendent aux mêmes fins, va seul a son but et vit conséquemment. Celui-là seul est bien élevé

» Puisque le concours des trois éducations est nécessaire à leur perfection , c'est sur celle a laquelle nous ne pouvons rien qu'il faut diriger les deux autres. »

Emile , liv. I .

Cette dernière conséquence est inévitable; il est clair comme le jour que l'éducation doit être Unitaire, et de plus, qu'elle doit se faire conformément à la nature. Or, voulez-vous juger l'éducation civilisée en vous plaçant au point de vue de cette condition de l'Unité des impulsions; voyez, je cite Fourier. Voici la tête du chapitre avec son titre :

CONDITIONS DE l/ÉDCCATION. /|0l

«jl'AI>Rtl.l.F. DE COXFMT E\ ÉDIC.VTIOX CIVIIJSÉE.

(Trailc de l'Jstociation dom.-agr. , tome J, p. 5B4-)

« Pur diversion , plaçons ici le tableau d'un équilibre à la mode civilisée : c'est tout h point un sujet d'entr'acte, propre à confirmer que nos régénérateurs sont partout au superlatif de perfection idéale , et au superlatif de dépravation réelle.

» On saitquelleest leur fécondité en illusions de balance et contre-poids , leur intelligence à nous donner:

» En finance , des équilibres de colonnes de chiffres , à défaut de comptes exacts ;

» En constitution, des équilibres de droits et de pouvoirs, à défaut de libertés réelles;

» En économisme , des équilibres de balance commerciale, à défaut de richesse effective;

» En morale , des équilibres d'abstractions et de perfectibilités, a défaut de bonnes mœurs.

1) Leur talent est de même force en éducation , où nous pouvons analyser %ine quadruple collusion d'enseignemens divergens, donnés au même élève. Le tableau serait plaisant, si les résultats n'en étaient déplorables. Ll va confondre le régime civilisé, en l'opposant à lui-même.

» Nos politiques, si exigeans sur l'unité d'action, n'ont pas observé que l'éducation civilisée, quelque soit le système adopté a l'égard d'un élève, entremet, pour l'endoctriner, quatre agences hétérogènes en principes et en intérêts ; qu'elles sont toutes quatre en conflit pour lui donner , durant son enfance , autant d'impulsions contradictoires, lesquelles , a l'âge de puberté , sont absorbées par une impulsion pivotale qui est Yesprit du monde, l'immoralité fardée et souvent affichée. Analysons ce bizarre mécanisme.

II, 26

4o2 HIRMOME. LIV. m. en. IH.

» D'ordinaire , un enlanl de la classe aisée reçoit , dans son Kis-âge , quatre sortes d'éducation :

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