‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 104 sur 116 · EDUCATION ACTIVE. INITIATION DE LENFANT A LA VIE SOCIALE-INDUSTHIELLE · texte numérisé non relu

EDUCATION ACTIVE. INITIATION DE LENFANT A LA VIE SOCIALE-INDUSTHIELLE

J'aime tes mouvemtns , si souplcs quand lu joues-. .1 '.i i ii ii- a voir les couleurs qui Duancent le9 joues , Tes pas legers glissant sur les ga/.ons foules , Ta bouche qui sourit , et ta grace ingenue , Et tes cheveui tombant sur ton cpaule nue , Tout blonds et tout boucles.

AnViS SeGU^AS.

Nous concevons ['hesitation et le decouragcment des pcrsonnes qui ont jete un regard intelligent sur les principes et les systemes divers qui se disputenl 1c champ de 1'education. Cependant, nous les supplious de ne point desesperer, et de chercher avec nous le bien , loin des vieilles ornicres.

Desire Laveiidant.

Votre science cgale celle de ccs docleurs de la Ioi qui voulaient Eloigner de Jesus ce petit peujile dVnfans qui s'en approcbait curieuz et confiant, par un sentiment instinctif, et comme pour recevoir un sonflle de delivrancc el de vie du divin Redemptcur.

ClSJIISSE A'lCOCBEl'X.

Si estil difficile de forcer les propensions natu relies: d'oi'i il advint que par faute d'avoir bien choisi leur route, pour neaiit se travaille on souvent, et employe on beaucoup d'aage , a dresser des enfanfl auv cliosr*, ausquelles ils ne peuvent prendre pied.

Montaicne.

Si Ton veut que le mot Education ait un sens, un bon sens, il faut, nous l'avons vu, placer les etrcs a elever, clans des milieux et sousdes regimes 11. 3o

speciaux et correspondant aux exigences speciales de leurs diverses natures; en un mot, il faut etablir les classifications naturelles, autrement dit, avoir reconrs au procede seriaire. Si nous avons reconnu la necessite de locaux, de salles , de regimes, de fonctionnaires distincts pour les differentes varietes d'enfans au berceau et a la lisiere, adaptcs en tout point aux exigences particulieres a ces varietes, on comprend la necessite de se conformer a des convenances analogues pour les ages posterieurs. Autre chose est l'enfant a la mamelle, autre chose est l'enfant qui court dans les jardins. II est facile maintenant de saisir la haute valeur de la classiGcation que nous avons fait connaitre, page 95 (0, la distribution de la Phalange en seize Tribus et trente-deux Chceurs. Ce n'est plus seulement I'ordre de parade , la magnifique manifestation de cette vie totale et unitaire de la Phalange , composee de toutes les vies moleculaires de ses membres reunis par affinites electives en un tout harmonique , en un seul Etre social, agissant,

(1) RectiGons ici une erreur qui s'est glissee tout lc long du tableau de la page g3. Le mot Chccur s'y Irouve sept fois re'pe'te' a la place du mot Tribu. La Tribu est la division d'age •, et chaque Tribu se divise en deux Chceurs, le masculin et le f'e'minin. La Serie est ainsi composee de 16 Tribus et 32 Chceurs. Ces deux expressions sont parfaitement choisies pour le sens auquel tiles sont affecle'ts chacunc.

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manoeuvrant , vivant com me un seul homme ; celte distribution, cette echelle dcs ages est encore le cadre oblige, le cadre donne de {'education naturelle. Les Chceurs successifs sont en rapport avec les conditions successives de la vie; au fur et a mesure de ses developpemens, de ses progres, 1'enfant s'eleve sur les degres ascendans de l'echelle. Monter ainsid'un Chceur a un autre, c'est, pour 1'enfant, prendre ses grades dans la vie. Rappelons ici les premiers termes de l'echelle :

Phases Tribus. Genres. Ages. de 1'Education.

: / Nourrissons. . . 0 an a 1 an. j

: < Poupons 1 an a 2 ans- f ^rc. Phase

I v Lutins 2 ans a 5 ans- 1 Basse-Enfance.

1". Bambins 5 ans a 4 1/2.]

2e. ( Che'rubins. ... 4 1/2 a 6 1/2. | 2e. Phase, 3e. ( Se'rapliins. ... 6 1/2 a 9 ans. jMoyenne-Enfauce.

4e. f Lyce'ens 9 ans a 12 ans. | 3e. Phase,

ST. j Gyranasiens. . . 12 ans a 18 1/2. j Haute-Enfance,

6". I Jouvcnceaux. . . IS 1/2 a 20 ans. \ f: PhASE' \ I Adolesci'iice.

Les trois premieres Phases sont les cadres de la jeunesse impubcre ; la quatrieme contient la jeunessc pubere (0.

(1) La vie forle el active de la jeunesse liarmonicnne relardera, au profit de la vigueur , Pe'poquc de la puberte. II ne faudrait done pas s'e'lonner de voir porter ici a i5 ans 1 J-2 le tenne moyen de cetlc e'poque.

/j68 IIABMONIE. LIV. III. CII. VI.

Chaque Tribu renferme deux Choeur.s, le Choenr masculin et le Cliceur feminin. Les seize Tribus et les trente-deux Choeurs, presentant le cadre du personnel actifde la Phalange, les trois premiers termes, Nourrissons, Poupons, Lutins, qui ne renferment que des enfans de moins dc trois ans, sont liors du cadre d'liarmonie active. La Tribu des Bambins (enfans de 3 a 4 ans 1/2) commence seulement a intervenir dans l'industrie active ; aussi cette Tribu est-elle le terme de transition* le passage de la passivite a Yactivite.

PROBLEME DE l'eDUCATION ACTIVE; OU ECLOSION DES VOCATIONS.

Des ressorts cTeclosion (1).

Seic fort, vous accusez vos 101s quand vous manqucz dc liberte, ct tous mime ne l'avez jamais clierchee que pour vous scul , et comme tos rois , vous avez asservi le faiblc.

Si vous souhaitez la liberie pour vous , rlierebez-la dans la Loi qui la donnera ■< lliunianite entiere.

O.AIUSSE Viooubkdi.

Nous ne nous sommes occupes jusqu'ici, comme on le voit, que de la premiere partie de l'edu-

(1) La me'laphore, ressorts cfeclosion, qui, au premier aspect, peutchoquer un puriste, devient legitime dans l'applicaliou qvTelle va reccvoir ici.

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cation de la Basse-Enfance, de cette epoque ou la vie n'est pour ainsi dire que vegetative. Nous avons montre quelles elaient les conditions de bonne culture pour la jeune plante. Jusqu'a deux ans, l'education se borne a calculer avec intelligence eta realiser avec sollicitude toutes les convenances de developpement de la vie sensitive; jusque-la , elle pourvoit aux besoins, et veille sur la sante. Elle nourrit et preserve, elle seconde la nature en l'aidant a former les sens. Yoici done que quand lame s'eveillera, elle s'eveillera dans un corps sain, apte a la vie, et prepare a s'assimiler le maximum des forces que la nature a reservees a sa constitution organique. Et plus tard, quand la force et 1'intelligence seront developpees chez l'enfant, quand il aura les yeux bien ouverts a la vie, il entrera dans le jeu de 1'activite generale , il sera , corame tous les autres elemens mobiles autour de lui, attire par ses puissances naturelles, emporte par les forces qui parleront alors en lui, et le conduiront elles-memes, dans 1'ceuvre de 1'Harmonie sociale , a tous les actes correspondans a ses predispositions individuelles. Une fois l'enfant entre dans le courant de la vie active, ce sont les circonstances de cette vie qui font son education ; il se developpe en marchant dans le monde , et se mouvant dans sa libertcv

/f70 IIARMONIE. LIV. III. GH. VI.

Maisleiifant ne passe pasbrusquement tie l'elat passif ou nous 1'avons laisse, a l'elat aclif don I nous parlons. Son ame ne s'eveille que graduellement ; la conscience de ses facultes ne peut lui venir qu'au fur et a mesure de leur developpement. Ainsi, entre le moment ou l'enfant aura lui-meme liniliative active dans la conduite de sa vie, et les temps de passivite ou la force dirigeanle lui est lout exterieure, entre ces deux epoques se trouve une epoque fort interessante, caracterisee par Je passage de la vie vegetative et purement individuelle, a la vie sociale; l'epoque de l'eveil progressif des facultes, de la conscience, de la liberie. Cette importante transition correspond a la seconde partie de la ire. phase de l'education , qui renferme les deux derniers termes de la Basse-Enfance, savoir : les Lutins ou enfans de 2 a 5 ans, commencant a cssayer leurs forces; et les Bambins ou enfans de 3 ans a 4 ans 1/2 , commencant deja a les employer ; — les premiers ne figurant pas encore dans le cadre d'activite , les seconds y inlervenant deja quelquefois , et formant pour cetle raison la Tribu de transition.

Or, evidemment, le probleme d'education qui se presenle pour cette nouvelle classe d'enfans, c'esl le probleme de Iecxosios i>es vocatioi\s.

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JNous avons suivi le principe souverain de nous rallier a la nature ; c'cst de ce principe seul que nous avons deduit les lois du regime des deux premieres annees de l'enfance ; nous avons vu que le vrai et bon regime etait celui qui se ployait facilement aux exigences de loutes les individualites. Le regime que nous avons decrit est bon et intelligent, parce que, au lieu d 'imposer des lois arbitrages, independantes de la nature de l'eni'ant, il en epie, au conlraire, toutes les exigences, poury conformer ses lois. — Abandonnerons-nous ici ce principe? Voici lame qui s'eveille; ellc sommeillait tout a l'heure. Tout a l'beure que le corps seul vivait, il etait sage de demander a ce principe les conditions du developpement. Maintenant que lame vient vivre avec le corps, n'ecouterons-nous pas les desirs de lame, commc nous avons ecoute les bcsoinsdu corps? La nature bumaine serait-elle plus digne d'etre ecoutee, d'etre prise pour boussole dans les besoins du corps que dans les attractions de lame ? et faut-il croire que l'harmonie de la nature humaine est detruile a l'avenement de lame? Non , certes non. — INous avons vu qu 'il fa 11 ait prendre pour guide les besoins de la vie corporellc , quand il n'y avait encore que la vie corporelle ; a present que la vie animiquc va venir, nous prendrons pour guide les indications, les besoins, les desirs

decelte vienouvelle. Et maintenantla laehe, loulc delicate qu'elle soit, n'est plusingrate comme aux premiers temps. Les indications de la nature deviennent claires, faciles a saisir; car l'enfant, maintenant , va, vient, eomprend, parle, aime et rit. Ecoutons done la voix de nos enfans, preparons pour eux une education convenante a leur nature, afin de pouvoir, au sein de l'Harmonie, a ces tendres creatures si longtemps opprimees, oclroyer aussi la belle liberte. Voici que les premieres plumes sont venues a nos jeunes couvees ; voici qu'elles battent deja l'air de leurs ailes ; or, les ailes sont faites pour les champs du ciel, et les plumes brillantes ne doivent pas s'arracher aux barreaux des cages odieuses, s'y ternir, s'y ronger, et y pourrir dans les ordures! L'air done, le soleil et l'espace aux couvees du printemps ! A nos beaux enfans, que la vie et le plaisir provoquent, le ciel et la liberte !

« Vous voulez done qu'on laisse faire aux enfans tout ce qu'ils veulent ; toutes les sottises imaginables !... Est-ce qu'il n'est pas connu que les enfans sont indociles, desobeissans, menteurs, paresseux, destructeurs?... Nierez-vous que les enfans ne soient pas possedes de la manie de bri-

ser et de detruire, etc., etc -> Ceci est l'ob-

jection inevitable, et je vous assure que, memc

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ici , apres tout ce qui precede, elle sera mille fois presentee. Or, je reponds :

i°. Que l'enfant ne sera pas desobcissant quand on ne lui commandera rien , ce qui est le cas general en education harinonienne. Quand vous n'aurez plus a lui defendre ce qu'il aime, et a lui imposer ce qu'il n'aime pas, il ne sera plus desobeissant ;

2°. Que l'enfant n'etant pas paresseux pour s'amuscr, il travaillera quand vous aurez su rendre pour lui le travail amusant ;

5°. Enfin, que l'enfant ne sera pas destructeur quand il sera occupe, ardemmenl passionne pour linduslrie ; de cela, voici la preuve.

Dans je ne sais plus quel village du deparlemenl de la Meurthe, resolution fut prise au conseil municipal de planter darbies le bord des routes de la commune. Les plantations furent faites. Les enfans du village les detruisireut. On repara les desastres, on planta sur nouveaux frais, et la commune prit ses precautions contre les enfans ; mais ce fut bien inutile. Maire , adjoint, maitre d'ecole, gardes champetres, tout le personnel du pouvoir, tout ce qu'il v a d'olliciellement respec-

table dans la commune fut mis sur les denls. La manie de destruction etait devenue une affaire d'esprit de corps, et de point d'honneur pour toute la gent gamine du village; cette manie s'etait elevee de Taction itidividuelle a Taction corporative. Les menaces ne servaient pas plus que les exhortations , les exhortations pas plus que les menaces; la loi, la morale, la crainte, toules les choses les plus saintes, rien n'y faisait : les arbres etaient peles, brises, rases, a mesure qu'on les meltait en lerre. On y avait renonce.

Mais voila qu'une idee vient au cure du village ! II demande au conseil municipal la concession de quelques arpens du terrain communal pour faire son experience. II rassemble la legion destructive sur ce terrain , et iui apprend comment elle va devenirproprietaire de deux a trois arpens de jardins et de vergers, si elle vent defric her , planter et semer ce terrain sous sa direction. Le cure fut tres-bien compris de sa petite armee , qui , sans plus de deliberation , se mit a Tceuvre. On commenca par enlever les pierres ; les petits emportaient les petites , les grands les grandes; ils se reunissaient quatre el six pour pousser lesplus fortes. Bref, la place fut nettoyee. Le bon cure fit distribuer des inslrumcns et arma sa legion comme il put; les defrichemens commen-

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cerent avec ardeur ; on eut des permissions pour enlever dans les bois des plants, que Ton arracha en bon ordre , et qui furent mis en terre, arroses etsoignesavec intelligence et passion par toute la bande. Tous ces travaux etaient des fetes et d'ardenles fetes pour ces enfans; si bien ils prirent gout et parti pour les plantations, qu'ils travaillerent tres-activcment a celles que la commune recommenca sur ses routes, si bien encore que ce sont eux, maintenant, qui font 1'entretien , la surveillance et la police de ces plantations 1 — Ces enfans etaient-ils destructcurs , dcstructeurs-nes 3 destines a la destruction ? Ce fait a t'te rendu public il y a quelques annees; tous les journaux l'ont repete ; je regrette de n'avoir pas retrouve dans mes notes le texte meme du journal du lieu, qui le premier l'avait rapporte. Au reste, je n'ai choisi ce fait qu'a cause de son authenticity, car j'en aurais mille analogues a dire ; et qu icon que sait observer et observe un peu les enfans, peut en voir de semblables tous les jours. Mais cela n'empeche pas les sottesideesde demeurerdans les cervelles ou elles sont logees ; cela n'empeche pas de debiter toutes sortes de niaiseries sur les pretendus mauvais penchans natifs de riiomme ; cela n'empeche pasdecalomnier sanscesse les malheureux enfants, et, qui pis est, de les laisser dans les tristes conditions ou ils se trouvcnt; — quille ;»

lesy ecraser de sermons inutiles, de morales absurdes et de dures punitions. Pauvres enfans, que vos peres et vos maitres sont sots !

Je dis que persister avec un entetement aveugle dans les vieilles mauvaises idees , fermer l'oreille aux paroles si claires de l'experience et des faits , abandonner, sans intelligence et sans pitie, l'enfance aux conditions douloureuses, aux inlluences subversives, et ne savoir que la calomnier et la pnnir ; je dis que cela c'est plus voisin de la brutalite que de l'humanite ! encore fais-je tort aux brutes, car les brutes rechauffent, defendent, nourrissent leurs petits, et ne les calomnient ni ne les punissent.

Les enfans ont besoin de faire et d'agir : vous ne leur donnez rien a faire, rien qu'ils puissent aimerafaire j'entends , et puis vous vous etonnez qu'ils defassent! ah! vous vous etonnez que les enfans brisent et detruisent par raison d'amusement, dans un etat de choses si harmonique que les peres s'y organisent par bataillons et corps d'armee pour briser, detruirc, bruler et tuer par raison d'utilite ! vous entravez la nature, voi:s mettez des digues au ruisseau, et vous vous etonnez que la nature brise les entraves, que le ruisseau emporte les digues! le ruisseau n'est pas

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mauvais ruisseau, ruisseau destructeiir, parce que lcs digues font monter ses eaux, et que ses eaux renversent les digues ou passent par-dessus. Ouvrez-lui unbon et lihre cours , utilisez sa force et sa vitesse , usez de ses eaux , il deviendra source de richesse au lieu d'etre instrument de degat ; soyez intelligent avec le ruisseau, il deviendra bon ruisseau. — Nous tiendrons desormais pour certain, jusqu'a preuve du contraire , que la nature de nos enfans est bonne, de la facon de Dieu , et que pour les facultes de Fame, aussi bien que pour celles du corps, la tache de l'education harmonienne est toute a favoriser le developpcment. Apres la culture purement sensitive des deux premieres annees , nous voici done amenesa I'epoqueou les vocations commencent a eclore : avisons a resoudre ce nouveau probleme.

II est dans l'ceuf un germe; il est de la nature de ce germe d'eclore; mais l'eclosion n'aura lieu que si l'ceuf est place dans une temperature convenable. II est daus l'enfant de nombreux germes de facultes industrielles, de nombreuses vocations ; mais ces vocations ne sauraient eclore si elles ne sont environnees des circonstances favorables a leur eclosion.

Si l'intelligence de 1'homme est servie par des

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organes, ii faut que les organes se forment d'abord. 11 est done logique que les exercices du corps, qui fortifient et developpcnt le corps, precedent chez 1'enfant les exercices de l'inte]ligencc. La nature a du specnler ainsi et distribuer a 1'enfant des Attractions proportionnelles a cette inarche , consequentes avec ce principe. L'Education barmonienne , conforme a la nature, se pretera done a ces Attractions, et laissera au developpement materiel , aux exercices du corps, une salutaire preponderance sur ceux de 1'intelligence , dans les deux premieres phases de l'enfance. C'est le meilleur moyen de travailler an developpement posterieurde l'intelligence, que de preparer convenablemenl les organes qui doivent la servir. Chaque chose en son temps ; les bourgeons d'abord et les feuilles, puis apres, les fleurs et les fruits. Vous eliolez, vous tuez la plante, si vous l'assujetissez a des procedes artificiels pour la contraindre a intervertir Tordre naturel de son developpement. Preservez, soutenez, arrosez, nourrisse,> , voila votre lache.

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ETUDE DES PRINCIPAUX RESSORTS d'eCLOSION DES VOCATIONS.

Ilatons-nous , u mes sffurs ;

Car des groupes d'enfans pressent leurs pas agilcs , Pour nous ravir bientut nos couronnes fragiles

£t nos sceptres de fleurs.

AjiAIS StGALAS.

Cest auprcs des voleurs , des meurtncrs . qu'il joue , Qu'il sourit ; c'est aflreux I s'ils le rendaient mechant ! Tous ces bommes souilles , tacbes dt sang , de boue . Vout le salir en le toucbant.

A\A'is Skgalas.

La nature a donne aux enfans des gouts geueraux qui president merveilleusement a l'eclosion de leurs vocations individuelles; examinons quelques-uns des plus remarquables, designespar les noms suivants :

1°. Le FURETAGE ;

2°. he Fracas industrial ;

3°. La Singerie;

4°. La Miniature industrielle ;

5°. L ' Entrawement progressif.

i°. Le furetage ou penchant a tout manier, tout visiter, tout parcourir, varier sans cesse de fonctions. Ge penchant est incontestable ; a peine

l'enfant est-il en mesure de marcher, d'aller, de voir, de saisir, qu'il s'y livre ardemment. lltouche a totd3 le mot est consacre ; et 1'on sail bien que cette manie desole les parens, et fait faire a l'enfant dans la maison beaucoup de sottises. C'est la un vice des enfans, un grand sujet de collisions, de punitions et de larmes. Quoi qu'il en soit, prenons actedu fait; ce penchant existe, enregistrons-le.

2°. Le Fracas Industrie 1 3 gout pour les travanx bruyans. Autre sujet de desolation pour les parens ; mais, tout desagreable qu'il puisse etre pour cux, cet amour du bruit, ce penchant a l'entendre et a en faire , est bien reel et bien constate. Vice si vous voulcz, nous lecrivons.

5°. La singerie , on manic imitative ; troisieme vice aussi connu que les deux precedens. Des qu'il peut agir, l'enfant cherche a repeter les mouvemens qu'il voit faire, il imite. N'avez-vous pas vu aupres des macons , des groupes d'enfans frappant, faute de marteaux3 avec de petites pierres sur de grosses pierres, pour lacher de tailler ces dernieres? ne les avez-vous pas vus chercher a faconner du bois aupres des charpentiers et desmenuisiers? ne font-ils pasl'exercice quand ilsont eu sous les veux dessoldatsa la manoeuvre?

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ne jouent-ils pas la comedie quand on les a conduits au spectacle? au jardin ils veulent un petit jardin ; a la cuisine ils veulent cuire, preparer, eplucher, petrir; les cuisinieres ne peuvent pas s'en debarrasser : enfin tout ce que les enfans voient faire , ils veulent le faire.

Dans certaines provinces de France, ou tout esprit social n'est pas encore tue par 1'egoisme et le mercantilisme civilises, au village, bien entendu , on voit quelquefois un spectacle curieux, joyeux et touchant. Lorsqu'un homme ou tine famillepauvre doitse construire une chaumiere, tout le village se donne rendez-vous, le dimanche, pour le travail de l'appretdes materiaux. Chacun s'y mettant, la besogne est bientot faite; les pierres , la terre , les bois , les materiaux sont amenes sur le terrain , et, en partie souvent, donnes paries travailleurs a l'envi les uns des autres; il n'en coute qu'un dejeuner, qui egaie encore le travail et auquel chacun s'empresse de fournir Eh bien ! c'est une chose infaillible que dans ce fetes de travail , decorees de gaiete et de bons sentimensd'humanite, les enfans sont les athletes les plus ardens, les plus infatigables. La contagion du travail setend sur toute lechelle des ages, et Ton voit les marmots amonceler du sable , et apporter des cailloux au tas, avec une patience et

une gravite dcs plus comiques. — INous le repetons, tout ce que les enfansvoient faire, ils veulent le faire.

4°. La miniature induslrielle , gout des petils ateliers, petits instruments, etc. II est constant qu'on fait le bonheur des enfans en leur donnant un petit menage, de petites amies, de petits chariots, des scies, pioches, pelles et brouettes miniatures. Ils s'amusent et travaillent des joiirnees entieres avec ces sortes de jouets ; vous voyez des enfans de trois ou quatre ans passer des semaines a colorier des soldats ou des animaux , si vous leur avez fait cadeau d un petit attirail de peinture, etc.

5°. L'Entrainement progressif du faible au fort. Definissons ceci par un exemple, et, hatons-nous de le dire, nous serons assez heureux pour pouvoir fournir de ce caractere un beau , un bon, un brillant emploi , connu, realise, pratique de nos jours.

Cet emploi, e'est notre Ecole mutuelle. Je decris ce que j'ai vu de mes yeux, et eludie.

Le procede etant le meme pour tous les sujets d'enseignement , je me borne a parler de ce qui est relatif a la lecture et a 1 ecriture. C'etait dans

Education harm. — 2€S. developpemens. 4^3

une grande salle oblongue, propre, blanche, haute, aeree et bien eclairee. A Tune des extremites s'eleve le bureau du directeur, qui voit toute la salle, comme il est en vue de tons les points* En face du bureau sont ranges parallelement, jusqua ] autre extremite , douze bancs semblables a ceux de nos colleges. Le premier, au pied du bureau, est occupe par de tout petits enfans qui font avec leurs doigts de grandes lettres surdu sable. Puis, derriere celui-ci, on commence aecrire engrossuc l'ardoise, et progressivement, progressivement on arrive aux derniers bancs, ou 1'on voit fort joliment ecrire en fin sur le papier. Ces douze bancs occupent le milieu de la salle. Voila pour l'ecriture.

Pour la lecture, c'est une disposition analogue. — A droite et a gauche des bancs, a hauteur d'appui et contre les murs, on a elabli des demicercles en fil defer gros comme le doigt. Chaque demi-cercle forme balustrade devant un tableau noir place contre le mur, et les enfans ranges autour de la balustrade font face au tableau. Sur le premier tableau noir, on place de grandes lettres blanches, et c'est aux enfans du groupe a nommer ces lettres. Au demi-cercle suivant elles sont plus petites; plus loin, elles sont aceouplees pour former des syllabes, puis des mots.

Plus tard on passe de la lecture des imprimes a Ja lecture des manuscrits, et le dernier Groupe dechiflre des manuscrits fort difficiles.

Sans nous occuper de la valeur des metkodes particuUeres employees pour enseigner lecriture et la lecture, on voit que cette heureuse distribution repartit progressivcment les difficultes de 1'art de lire et de l'art d'ecrire, depuis le premier Groupe ou Ton ne sait encore ni lire ni ecrire, jusqu'au dernier, ou on lit et ecrit tresbien. Dans chaque Groupe, leleve qui a fait les plus belles preuves sous les yeux des autres, est nomme Moniteur pour la semaiue suivante; il recoit la medaille et dirige le travail du Groupe, dont il occupe la premiere place, les autres le suivant par ordre du merite constate dans la semaine. Puis, quand il a convenablement exerce le professorat sur un banc ou dans un demicercle, et que quelqu'autre devient capable de le remplacer, il quitte le Groupe dont il depasse la force, et monte plus haut. — On le voit, ce sont deux Series progressives ascendantes. Ces deux Series sont d'ailleurs independantes, et tel est au 4e- banc d'ecriture qui n'est encore qu'au 2e. cercle de lecture, ou reciproquement (0.

(») Lc plus souyent , chose qui a paru bizarre, el qui nc l'est

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Or, I'influence de cette disposition est telle que, dans chaque Groupe, tous les eleves rivalisent avec une ardeur extreme, et sont possedes d'une incroyable passion tie s'elever sur Yechelle des grades et des Groupes. La force de cette aspiration ascendante ne peut etre comprise de qui n'en a pas ete temoin. Quand une Ecole mutuelle est bien gouvernee, comme l'etait celle que j'ai eu occasion d'etudier a Salins , les resultats de cette distribution progressive tiennent du prodige; car c'est vraiment un prodige que de voir, en Civilisation , des enfans mepriser en masse les jeux libres pour l'etude, quitter les balles, les billes et les palets pour se precipiter dans la classe a la premiere ouverture des portes et avant que la cloche les appelle ! c'est un prodige que de voir quatre-vingts enfans de trois a douze ans s'instruisant passionnement les uns les autres, sous la direction d'un seul homme, sans ferule, sans punitions, sans reprimandes — Ces enfans tenaient trois heures et quatre heures a l'etude le matin ; ils y rapportaient trois heures

pourtant pas , les enfans avancent plus vile dans la Serie de I'ecriture que dans celle de la lecture. Ecrire, dessiuer des caracleres que Ton a sous les yeux, est un acle plus concret, plus materiel , que l'acte de lire, c'esl-a-dire de se rappeler des sons et des combinaisons de sons en voyant des caracteres et des combinaisons de, caracleres.

ct quatre hemes de zele acharne dans l'apresmidi. J'ai vu l'inlluence de la passion corporative s'exercer sur des enfans si petits, qu'en verite , si je ne l'avais vu , je n'y pourrais croire. Quand on les avait amenes line fois dans la salle, c'etait force majeure a les y ramener tou jours.

Je sais qu'il taut, pour que les choses aillent aussi bien , un directeur habile , un homme qui connaisse les enfans, qui sache les comprendre. Mettez la un pedant sans tact, il pourra sansdoute deranger la machine, en diminuer infininient la puissance et l'efifel utile. Mais un butor aussi peut detraquer le meilleur chronomelrc de Breguet , sans que cela prouve rien contre le chronometre.

Certes, avant que les resultats du Mutualisme aient ete produits , c'etait un probleme qui semblait entierement insoluble et chimerique dans son but, que celui de passionner des enfans en bas age pour les ingrates etudes de l'ecriture et de la lecture : on aurait ri au nez de quiconque eut affirme a priori, qu'il avait une theorie , un procede , un moyen pour rendre ces etudes ATTRAYANTEsa une masse d 'enfans, plus atlrayantes que leurs jeux sur la place. Rendre ce genre de travail altrayant a des enfans aurait paru, a bon

EDUCATIOiN BARM. — 2C*. DF.VELOPPEMENS. 4&7

droit, probleme plus difficile que la proposition generale de rendre le travail altrayant pour les homines. C'est pourtanl chose acquise maintenant , et consacree par l'irrecusable consecration du fait. Et a quoi ce beau resultat est-il du? Tout simplement a ce que, dans l'ordre de ces etudes, on s'est rallie p ar tie Heme nt a la nature ; tout simplement a ce que Ton a utilise une3 line settle des tendances passionnelles de 1'enfance, au lieu de la briser sous la violence des procedes arbitraires anterieurs. Jugez done des effets que vous pouvez atlendre en vous ralliant integr a lenient a la nature de l'enfant , en utilisant toutes ses tendances passionnelles !

II taut distinguer entre le procede du Mutualisme et 1'application que jusqu'ici Ton en a faite. Le procede est juste et bon , et prouve avec eclat la puissance de I'esprit corporatif ascendant , de I' entrainement progressif du faible au fort ; — et c'est la ce que nous voulions mettre en lumiere. Mais 1'application de ce procede est encore incomplete, simple, restreinte, et par suite, fausse : en efl'et, au lieu de letendre au developpement de toutes les vocations de l'enfant , en laissant a chaque enfant la liberte d'aller aux objets speciaux vers lesquels sa nature el son age Tatlirent, a des travaux industriels et intellectuels de toutes

sortes, dans lesquels il aurait a choisir, — on ne 1'applique encore qu'aux etudes intellecluelles et abstraites de l'ecriture, de la lecture, de la grammaire, etc. , c'est-a-dire a des etudes fort ingrales par elles-memes, eu egard aux ages, et dont le temps n'est pas encore venu pour la plupart des sujets auxquels on les propose. — Remarquez bien que cette lueur, si brillante au milieu des tenebres de notre systeme d'educalion , n'est pas autre chose que l'effet d'une application restreinte de la distribution en Groupes contigus et progressifs , c'est-a-dire de la Loi Seriaire.

Nous en avons assez dit pour faire connaitre le ressort nomme entrainement progressif oli ton ascendant, dont la puissance git dans l'inclination des enfans a suivre l'impulsion de leurs camarades un peu plus forts, un peu plus ages. Remarquonsque l'influence se communique dans l'echelle par les Groupes voisins. Le soldat ambitieux est beaucoup plus preoccupe du desir d'etre caporal et sergent , que du desir d'etre colonel ; ce terme est trop eloigne. De merae un Groupe de quatre ans recevra l'impulsion des Groupes de cinq et six ans, plutot que des Groupes de douze et quinze; la distance est trop grande. Les enfans de quatre ans reverent ceux de douze et quinze, mais ils sont bien plus vive-

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ment impalsionnes par ceuxde cinq et six, a cause des rapports d ages, de fonctions et de forces. Les convenances du developpement nature! exigeaient que 1'Attraction frit ainsi disposee.

Aujourd'hui, en dehors de l'exemple que nous venons de ciler, ou J'on a su utiliser l'energie de l'entrainement progressif pour les etudes de YEcole mutuc/lej en dehors de ce seul emploi, ce ressort ne conduit nos enfans qu'en des voies subversives. Ceux de dix ou douze ans brisent , cassent , maraudent , narguent les professeurs, meprisent le travail, fripent la classe, se ballent, sont impudents, menteurs, et font mille tours pendables. Ces lecons-la profitent immediatement a ceux de huit ans; ce sont des lecons aulreraent etudiees et suivies que celles des maitres ! puis les garnemens de huit ans forment ceux de sept, et ainsi de suite des le commencement de la frequentation. Toutes les bonnes habitudes des polissons civilises se propagent si bien sur celte echelle, que Ton connait les peines prises assez vainement, en general, paries parens des enfans bien nes, pour empecher ces pernicieuses, et souvent tres-pernicieuses frequentations; car tons les vices descendent lechelle et vont a l'enfance.

Or, en lout ceci, on ne manque pas d'accuser

le penchant, la nature de 1'enfant. — « On ne » pent pas les tenir, » disent Jes parens et les surveillans, « on ne peut pas les empecher de courir » avec les polissons! a peine a-t-on tourne latete, » crac ! ils vous echappent pour joindre les troupes »> de mauvais sujets. Ils n'aiment que le mal, ils « n'ont de joie qua faire des sottises entre eux ! » — Et voila ! ce meme penchant, que nous avons vu tout a 1'heure titre a YEcole mutuelle de noble emulation studiense ascendante, ce meme penchant est ici litre de Vice! Qn'y voulez-vous faire? les Civilises ne veulent absolument pas que Ton distingue les causes de leurs effets. On and il y a quelque mal , c'est toujours la nature qui a tort, jamais leurs cotnbinaisons. Ce principe est admis. Deblatercz contre les passions naturelles de l'homme et de 1'enfant, a la bonne heure ! on vous ecoutera, vous serez couronne par les societesphilosophiques, politiques, morales, etc. , votre livre vous vaudra le prix Monthyon — Mais mal lieu r a vous, si vous etablissez, clair comme le jour, que les circonstances de l'education sont mauvaises, que les circonstances sociales sont funestes, que c'est la nature qui a raison , et que Ion obliendrait, des passions natives, les plus niagnifiques resultats, si on voulait les employer, an lieu de les comprimer et de les fausser ! Ah ! les pedans et les saints du Sanhedrin vous feront

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une belle affaire, et Barabas serait un bien honnete homme a cote de vons. ... (0

Mais, si vous voulez etre consequens, faites done des lois conlre les couteaux, les beches, les pioches , les batons, les chaises, et tous les objets avec lesquels on a coupe des bras, casse des jambes , blesse , tue ! Punissez, incarcerez les rivieres qui debordent ! Nous dirons qu'il vaut mieux leur ouvrir un lit, faire rouler mille usines, et feconder les campagnes avec leurs eaux sur les bords.

Les enfans recoivent l'impnlsion d'en haut. Si le haut est plein de vices, les vices descendent le long de l'echelle des ages. Quand les peres ont les mains remplies d'immondices , les immondices coulent de leurs mains sur la tete des enfans, et les marmots ramassent ce qui en tombe a terre. Si 1 age mur fait deborder sur 1'enfance ses vices el ses debauches , c'est une monstruosite dont lage mur ne doit pas faire responsable la nature de l'enfant. Quand les hommes seront probes, honorables, ardens au travail et a toutes les belles et nobles choses, les enfans les imiteront dans la

(i) Voyez, pour preuve, ]es trois discours a i/hotel nr. ville ( anuonce's a la fin iln volume), et la polemique a laquclU ils oui donne iieu.

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voie du bien, comnie ils les imitent aujourd'hui dans la voie du mal. Que le haut se purifie, le bas deviendra proprc

Le miroir reflete, I'eponge s 'imbibe ; si le miroir reflete les laides images qu'on lui presente, si I'eponge s'imbibe de la liqueur degoiitante dans laquelle on la trempe , ce n'est ni le miroir ni I'eponge qu'il faut accuser. De meme pour l'enfance, qui reflete com in e le miroir, qui s'imbibe comme I'eponge. Tels pens, tels fits, le proverbe est vrai quand on le prend au pluriel. N'accusons pas les enfans.

Ensomme, nous venonsde defmirle Fu ret age,. le Fracas Industrie I, la Singer ic3 la Miniature Industrie lie 3 I'Entrainement progressif (0, penchans fort peu honores par les pedagogues.

Pour nous, nous allons faire 1 education de nos enfans, par la verlu de ces cinq vices, et de

(i) II serai t facile de faire voir que les ciuq tendances que uous venons dVxaminer cbez les enfans, ne sout autre chose que des diffe'rens modes, plus spe'eiaux a cet age, d'expansion des douze passions primitives, dont la gamine a etc expose'e page 129. Ceci n'e'tantqu1 une question d'analysc scienlifique, uous nous contenlons de Tindiquer, en c'noncant , par cxemple, que Yentruinemenl progressif ascendant est une combinaison d'Amilie et d'Ambitiou, surexcite'e par la Composite qui vient s"y joiudrc en se manifestaut dans Taction.

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quelques autres encore qui viendront plus tard. Yoyons d'abord le point de depart , 1'eclosion

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