‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 20 sur 116 · ALTERNANCE EI VARIETE. 5 I · texte numérisé non relu

ALTERNANCE EI VARIETE. 5 I

tance, — on a de ces travaux surtout l'idee qu'ils sont essentiellement et par nature, penibles et repugnans. Or, une fois demontre Yattrait industriel en fonctions de culture, menage, fabrirjii - — on admettra de reste l'extension du charme aux travaux des sciences et des beauxarts. Ce sera un a fortiori. Si, par contre , nos exemples etaient choisis dans ces derniers travaux , on refuserait de conclure de ces travaux aux autres. Ainsi , parlons culture.

Certes, pour le paysan qui mene sa charrue , tout le jour durant, pieds nus dans la terre froide, seul dans son champ, battant sa paire de boenfs maigres et harasses, certes, pour ce paysan, la journee est rude et triste, et le travail repugnant.— Ptude est aussi la journee, et repugnant le travail pour ce pauvre homme isole au milieu de la vigne de son maitre, face-a-face avec la terre qu'il beche, du matin, lui aussi, jusqu'au soir.

Oui : mais viennent les temps de la fauche, de la moisson, des vendanges, et voici que les journees sont des fetes.

Yoyez , dans la plaine, cetle ligne de jeunes homines aux bras nerveux, qui marchent de front, abattant circulairement sous leurs faux des

andains d'herbes vertes et tondant la prairie : puis, derriere cux, les faneuses armees de fourches et de rateaux blancs, tournant et retournant les foins, soulevant les andains, formant les veillottes. Tout cela est vivant, gai, anime; on rit, on chante, et plus on est nombreux, plus l'ouviage marche vite et gaiment. Quand viennent les voitures pour charger, tous les travailleurs se concentrent autour d'elles a l'envi , peres et fds, garcons et jeunes fdles, et c'est merveille combien sont promptement executes ces joyeux chargemens. — Qui a connu les mceurs des campagnes, a observe ceci comnie je le decris , moi, qui ai pris plus d'une fois la faux des faucheurs, la fourche et le rateau des faneuses. — Et les vendanges!...

Au temps des vendanges, en Comte , les populations des montagnes descendent par troupes nombreuses d'hommes, de femmes et d'enfans. La migration se developpe sur toute la ligne du Jura et se mele dans chaque canton, pour la cueillette, avec lesindigenes. — LesGroupes sedistribuent dans les vignes. On se met en alignement a deux pas les uns des autres; il y en a un qui mene la bande; chacun a son panier, recolte, cueille en marchant en avant, et verse dans la bouille, — la hotle du porteur. — Quand les co-

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