JOYEUSES REUNIONS
Dira -t-on que c'est la nature du travail , la satisfaction de recolter, de recueillir. .. et ceux qui recoltent, recueillent, fanent, vendangent et moissonnent pour autrui? — J'ai vu des paysans commandes de corvee par la commune pour reparer des chemins, arriver tres-mecontens et jurant fort, — car on sait que ces sortes de travaux, qui n'interessent que toute la commune, paraissent tres-ingrats au vertueux peuple souverain de nos villages! — He bien ! j'ai vu le mecontentement disparaitre, la mauvaise humeur se fondre, et la grosse gaite campagnarde naitre par enchantemenl au contact du Groupe.
Et puis voici un raisonnement pour en finir :
Brisez les Groupes, separez-moi faucheurs et faneuscs , vendangeurs et vendangeuses; semez tout ce personnel la a de grandes distances , isolez chacun, faites que chacun tout seal. ait tout a faire, et vous verrez bien alors si Ton rit encore, si Ton chante encore, si la jonrnee va semblerlegere, si le travail ne devient pas subitement morne, terne , et par ainsi REPUGNANT.
L'ennui naquit un jour de l'uniforniile
BoiLEAl .
Le travail est la Deslinee de l'homme, et Dieu ne peut pas avoir lie une malediction a la Destinee de l'liomme qu'il a cree. C'est done qu'il y a deux lois de travail : le travail morne , terne, egoiste, isole, force ; et le travail joyeux et libre, concentrant au meme foyer de nombreux efforts sympathiques, plein de vie et de passion.
Or, a laquelle de ces deux lois de travail Dieu pousse-t-il l'homme par toutes les puissances de son organisme, par toutes les Attractions de sa nature, a la premiere, ou a la seconde?...