DE LA DEUXIEME PARTIE. ID
tant du Theatre Francais. — Co qui les frappe d'abord, e'est l'ordre , la propretc , la bonne distribution des choscs : avee nos pre'juge's civilises et notre habitude de voir par toute la Fiance la salete et la misere dans l'agriculture et chez l'agriculteur, ccla scmble un prodige. lis nc tarissent pas sur la beautc des animaux , les soins dont ils sont l'objet dans les e'tables. Chaquc vachc a sa place marquee, avec indication de nom, d'age , de race, de regime, des quantite's et qualitc's du lait qu'elle four nit. Les champs aussi sont flanques d'e'eriteaux , indiquant le nom, le systeme d'assolement , le regime agricole auxquels ils sont soumis , et les resultats. Ces dispositions de'veloppent chez les bouviers et garcons de ferme, des germes de zele de'ja tresrcmarquables , et qui e'tonnent les Civilises a juste titre, car leur domesticite nest pas unc bonne terre a semer le zele. Mais cc qui enleve tous les spectateurs , e'est le concours. Dix ou vingl charrues , plus ou moins , bien propres , bien vernisse'es , bien attelees et c'quipe'es, sont range'es en ligne de bataille, aligne'es sur le front d'un vaste cbamp ; chacune delles a devant soi un jalon de direction, qui ltd indique son premier sillon : ce sera sa ligne d'ope'ration. Les attelages ne bougent; hommes et cbevaux . oreilles dresse'es et prets a partir, attendent le signal avec impatience.
La lutte s'engagera, tantot sur la profondeur et la perfection des sillons, inde'pendamment du temps; tantot sur la rapidite du labour ; d'autrcfois sur les deux e'lc'mens en mode compose'. — En ayant les charrues! cllcs partent comme des equipages d'artillerie : e'est la qu'on Aroit labourer an grand trot , et je vous reponds qu'il y a du feu dans la manoeuvre. Qu'est-ce pourtant que tout cela, bon Dieu ! comparativement aux grandes manoeuvres des regimens de labour des Phalanges? Un assaut d'armes a cole d'un lournois , un duel a cote' d'un combat; — le rapport d'unc lermc-modcle a un Plialanslere.. ..
On pent si bien mettre les hommes en Attraction sur la charrue, qua la ferme-inodele de Royille, — je tiens ceci d'amis qui v ont etudie I'agricnlturc, — c'esl , parmi les eleves, a qui aura un
labour a exe'cuter. On y inscrit les tours pour c'tablir lordre ties priorite's , et chacun se rnoutre tres-jaloux de ne pas laisser passer le sien; on crierait fort, si l'on far oris ait q\ie\qu\m d'un tour ds labour , an detriment des autres. Et cependant a Roville les plus fortes causes d'Attraction sont tres-peu de'veloppe'es , beaucoup raeme n'y ont pas sculemcnt germe'.
On cilerait des milliers de faits, et l'analysc prouverait toujours, en de'finitive, que par tout ou il y a plaisir ct entralnement sur une 03uvre quelconque, productive, improductive ou destructive, utile, futile ou nuisible, e'est que toujours quelques ressorts passionnels ont e'te'mis enjeu. — Appliqucz done a l'industrie lejeu des passions, si vous voulez que l'industrie devienne attrayante, et que, par ainsi, rhomme entre dans la magnifique voie de sa Destine'e de bonheur.
An reste , cette note, que j'aurais pu garnir d'un bien plus grand nombre de fuits, est ici moins encore pour prouver par les faits cite's, que pour mettre le lecteur a memc de re'fle'chir lui-meme sur la valeur de tous ceux dont il a e'te , et dont il pent cbaque jour etre teraoin.
P. S. Ls Temps nous jette, ce matin, un fait qui passera inapercu sans doute, et que je transcris ici en Post-Scriptum.
" L'ope'ration du fourragement qui se fait aux environs du » camp d'Erlon , a Bouffarick, avec autant d'activite' que de » succes , a donne' lieu, le 27 mai , a une fete champetre dont » l'entre'e au camp des premieres voitures de foin a e'te l'occasion. » Un te'moin oculaire nous en adresse le re'eit, que nous nous » faisons le plaisir de communiquer a nos lecteurs.
.. Camp d'Erlon, le 27 mai 1855.
» Ce matin , a 10 beures , six prolonges charge'es de foin ont » e'te conduites dans I'inte'rieur du camp, sur le terrain destine' a » reccvoir les meules qui doivcnl assurer la conservation de