‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 46 sur 116 · DE LA DEUXIEME PAKTIE · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIEME PAKTIE

a ['immense retake qui a e'te' l'aite, et qui se continue conformc- » mcnt aux intentions de M. le gouverneur-ge'nc'ral. Ce premier » produit d'une operation dont les re'sultats depassent de'ja toutes » les previsions , et prouvent aux plus incre'dules ce que peuvent » des homines dont la sollicilude, e'trangere a des inte'rets par- » ticuliers , se rattache exclusivement a l'honneur national et a » la prospe'rite publique , a laquelle chacun a pris part avec un >< e'gal sentiment denthousiasme et d'alle'gresse.

» Ces six premieres voitures , marcbant en file , sont parties » ensemble du lieu oil se fait le fourragenient , sous la direction » du capitaine Mallet , de la legion e'trangere , charge' spe'ciale- » ment, par ordre de M. le lieutenant-general Rapatcl, du » fourragcment , avec MM. Chastaing, lieutenant, Baumer, sous- » lieutenant au 1". regiment de chasseurs, qui lui ont e'te' ad- >< joints pour cette operation. lis e'taient precedes par les lam- » hours, les clairons et la musique de la legion e'trangere , et du » premier regiment de chasseurs, qui, pendant toute la marche, » n'ont cesse' de ballre ou de jouer.

» La premiere de ces voitures avait sa charge surmonte'e d'un m bouquet de fleurs , dont Te'clat et la variete donnaient a la >■ marche un air a-la-fois triomphal et ptintannier. Les faucheurs, » faneurs et bottelcurs au nombrc de 500 , appartenant tons a la » legion e'trangere, portant a leur tete des fleurs, et a la main » des branches de verdure, en signe de re'jouissance , servaient » d'escorle aux cinq autrcs voitures. Leur demarche here et leurs >« chants joyeux qui se melaient aux sons de la musique, ajou- » taient encore au charme de cette fete improvise'e dans la plainc » de la Mitidja, au pied de l'Atlas, par des Europeens , qui, par » Tillusion des souvenirs, se croyaient transported sur le sol » natal , a cette heureuse epoque de Tanne'e ou les richesses de >■ la tcrre deviennent celles de lhommc.

\pres une demi-heiue de marche , les voitures sont entrees » an camp ; range'es autour du terrain , dispose a 1'avance par

i 56 NOTE I>E LA DEUXIEME PARJ1L.

< les soins do M. Rol)ert, sous-lieutenant, et ou vont s'e'levei , i comme par ciichantement , ces mettles colossales : elles out

> e'te de'charge'es en presence du colonel de Scbauenbourg, charge ■ de la principale direction des trayaux de fourragement , et du

> colonel Brenelle , commandant la legion etrangere et le camp i d'Erlou , an son de la inusique et an bruit des tambours , avec

lesquels se confondaient les chants incessans des soldats culli vateurs.

» Des spectateurs militaires et bourgeois , en grand nombrc , » animaient cette fete par leur presence , et prenaient part a la » joie des troupes. Uue pcnse'e plus prof'onde pouvait aussi les » pre'occuper : tout en rendant un hommage justemcnt rae'rile » aux braves officicrs, dont lhabilete et le zele soutenu stimu o lent si bicn la bonne volontc et lardeur de nos soldats culti- » vateurs , cbacun , en presence de ces ricbesses que des mains o barbares refusent de recueillir sur un sol de fertilite et de pro - » ductions incalculables , semblait vouloir repe'tcr le mot d'un » orateur a la Tribune nationale : " Desormais la rigence » a" Alger sera la continuation de la Provence, et la Me- » ditcrranec un lac franeais. »

Et les Civilises sont si boucbe's, et le gouvernement si aveugle, que lout cela neleur apprend rien! En face de cet enthou siasme des soldats pour des travaux de culture en grande ecbellc, de racharnement des regimens du genie a leurs mouvemens de tcrre, de racbarnemcnt plus grand encore des oibciers de cette arine a leurs operations et constructions de toute nature, a peine commence-t- on unc experience pour retablisscmcnt des routes strate'giques. — Pareille impL:ritie, pareil aveu d'impuia .^ance, sont quelque cbose de bien miserable et de bien hontcu\!

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