‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 57 sur 116 · TON UNIT AIRE · texte numérisé non relu

TON UNIT AIRE

parfaile, ou l'on embrasse les fonclions qui plaisent, 011 Ton ne se lie qua ceux qu'on aime, 011 Ton n'ecoute que ses propres penchans, ses propres sympathies. — II n'y a plus d'oppression possible; c'est la liberte humaine, belle, forte, sans ennemis, solidement assise.

Ainsi, toutes les industries, touteslesfonctions sont honorees et honorables; elles s'entrelacent, forment corps et convergent ensemble a la prosperity publique. — Vous n'avez pas pris parti dans les Groupes du labour, dans les rangs du professorat, ailleurs. .. Mais toutes ces fonctions sont des branches de 1'arbre, dont le feuillage vous protege, dont les fruits vous nourrissent; tous ces travaux sont des sources qui viennent meler leurs eaux an fleuve 011 vous vous abreuvez. C'est voire Phalange; sa richesse, c'est votre richesse ; sa prosperite , sa gloire, vous sont cheres , et toutes les Series forment soutenance entre elles dans les Phalanges , comme les bataillons et les regimens d'un corps d'armee dans un combat. — Et la Phalange est liee a sa province, la province a sa nation, la nation a son continent, et le continent a l'humanite du Globe, comme l'individu a sa Phalange.

100 IIARMONIE. PROLOGUE.

Apprenea, poctfe qui cherchez une pluiie jusqu'ici nouvelle ct inconnue, apprenci, etdites an nionde a quelle destiDee il est appele ! Clahisse VlGOUREm.

Et alors que Thnmanite aainsi compris el accepte sa Destinee, il en resulle par le monde un ton.

Ce ton, ce n'est pas le bon ton de la Civilisation, qui consiste a ne rien faire , a passer sa vie comme toutes les nulliles et les oisivetes males et fenielles, qui se prelassent sur les canapes des salons de Paris et de la province. — Ce n'est pas ce ton-la.

A la guerre, savez-vous, le bon ton c'est d'etre brave, et de marcher au feu, t&te haute et sans broncher. Au jeu, le bon ton, c'est, quand on perd, de perdre avec grace et sans sourciller. Au bal , 1'honneur est a quidanse avec intrepidite, six heures durant, sueur au front, sans se plaindre ni se reposer. Dans une assemblee politique, 1'honneur est a laparole entrainante et passionnee, a la voix forte et puissante, qui, de la tribune, saisit les volontes et les petrit, commande aux flots de l'opinion, conduit a son gre la vague.... — Et dans les Phalanges?

Oh! dans les Phalanges, c'est honneur aux plus puissans dans Taction, aux plus gais au tra-

TON UNITAIRE. l8l

vail, aux plus habilcs a la manoeuvre! Honneur aux hataillons qui ont deploye dans leurs operations, adresse et force, intelligence et courage! Honneur aux beaux etats de services industriels! Honneur a l'activite, au travail, au talent, au savant qui decouvre, au genie qui cree! Honneur surtout aux corporations intrepides, qui se chargent des travaux durs et repugnans ! Honneur et gloire a elles, ces saintes milices de l'unite , car cllescomptent dans leur sein les caractereslarges et fonces en couleurs tranchees, les soldats devours, les ames trempees!

A l'ceuvre done, jeunes homines et vieillards, enfans, femmes et jeunes filles, le ban et l'arriere ban de l'humanite! Quel soldat faiblirait dans les Series et les Groupes, quand les Series rivalisent, quand les Groupes se snrveillent, se tiennent en haleine , se critiquent, s'encouragent, s'excitent, s'actionnent ets'enlrainenl? Qui done, au milieu de ces mouvemens, au sein de cc tourbillon d'actions et de reactions passionnees el convergentes, resterait froid, musard, nul , inutile? A l'oeuvre done, vieillards; le service unitaire reclame vos talens, votre experience et vos lumieres; a vous le conseil , aux jeunes 1'execulion! Au sexe fort les grandes manceuvres , au scxe faible les travaux qui exigent mo ids de force,

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plus de gout et d'adresse ; a chacun suivanl scs facultes et ses desirs ; a tons, la liberte !

Que de passion dans ces masses ! que d'entrainement dans ces grands Accords de camaraderie ! Et puis, il y a dans les Series des louanges a meriter, des couronnes qui vont bien sur les tetes, et, dans les rangs des Phalanges, bien des yeux bleus j bien des yeux noirs, bien des levres a faire sourire, bien des cceurs a se faire aimer! mouvement et passions, amours variees, hasards de la guerre, intrigues sans fin !

Oh ! ce ne sont pas des Civilises guindes, vernis, raides, petrifies, froids au contact comme du marbre en hiver! Ce n'est plus une societe pale, terne, gelt^e; le beau soleil du chaud printemps s'est leve fort et lumineux sur la terre ; il a dissipe les froidures, eehauffe les nations! Sur la terre maintenant, on se connait, on se voit, on se lie , on se livre , on s'aime. . ! La vie circule , la passion eclate et bondit, elle anime les individus, elle meut les masses; l'humanite qui dormait en de mauvais r6ves, s'est eveillee. Amitie, Amour, Ambition, Famille, Accords eclatans, seductions de Tame, seductions des sens, tous les charmes agissent , toutes les poesies debordent , toutes les puissances humaines sont en jeu! C'est la vie, cela! la vie mobile, variee, intriguee, joyeuse, la vie

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