‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 58 sur 116 · TON UNIT A I RE. I · texte numérisé non relu

TON UNIT A I RE. I

forte, pleine et roulante, la vie passionnee, la vie vivante ! Vous croyez en Dieu mainlenant, ct le jeuiie homme n'est plus desillusionnc, glace au contact de cette vie-la, quand il l'aborde avec le cu3ur que Dieu lui a fait. La reahte passe vos desirs, les plaisirs et les joies passent vos faculties. Le bonheur coule a flotssurJa terre d'Harmonie; tout est luxe et richesse, tout est mouvemcnt, amour et poesic. . . car travail est devenu plaisir.

Done, en terre d'Harmonie, le ton entraine les homines au travail productif altrayant : l'humanite a pris son Globe corps a corps; ellc est lancee dans sa carriere active, comme une fregate pavoisee, faisant voile au vent de toutes ses voiles : tout est emporte au grand torrent d'activite, au grand courantd eleclricite human iiairc. L'homme est a son poste dans l'univers alors, et fait son ceuvre ! Et qui voudriez-vous qui ay parlicipat pas dans 1'espece? — Oh! vos oisifs , vos « gens dils comme il faut, passant leur vie a ne rien faire : » si, par impossible, il en tombait une compagnie au milieu du grand atelier humanitaire, comme ils sembleraient une race Strange ! On irait les voir; les jeunes lilies en riraient ; les

enfans les hueraient Ces nobles faineans se-

raient plus fletris par 1'opinion que nc le sont aujourd'hui vos vagabonds, que voire societc

1 84 HARMONIE. PUOLOGUE.

abandonne sans asile, sans travail, sans pain, et que vos riches faineans fletrissent pour ce qu'ils faineantisent et vagabondent. ... Mais ces hypotheses sont oiseuses, car de pareils phenomenes ne pourraient se produire en terre d'Harmonie.

Voyez done! l'esprit de corps, l'honneur et le ton, ont sufli, en milieu subversif, pour anoblir ce qu'il y a de plus repugnant au monde, la guerre. Croit-on que ce soit chose nalurelle a 1'homme et contre laquclle rien ne se revolte chez lui, que d'aller enfoncer un sabre dans le ventre d'autrui? Croit-on que des individus isoles, calmes, pourraient, sans causes, sans passions, de sang froid, exercer cette ignoble et sanglante industrie?... Eh bien! formez les bataillons, developpez les esprits de corps , creez les rivalites , donnezdes drapeaux, appelez l'honneur pour les porter et les defendre ; aux braves, des distinctions et des grades! aux morls, des funerailles! des triomphes aux vainqueurs! a lousune grandc voix, la voix de la patrie.... eveillez les passions humaines , en fin , et vous verrez ces memes hommes se ruer en chantant au combat, vous les verrez, pour fouitler avee le sabre le ventre de leur semblable, affronter eux-memes la douleur et la mort , e'est-a-dire tout ce qui repugne le plus a la nature humainc!!!!

Page 1