‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 63 sur 116 · DEVELOPPEMENT INTELLECTUEL. 20J · texte numérisé non relu

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Mais, voila : vous voyez le mal, vous le elites, vous le failes sentir aux aveugles qui ne le voient pas. C'est bien, mais ce n'est pas tout. Si vous concluez par dessenlimen tables sur tout cela, votre ocuvre est vaine. Et puis, encore une fois, vous aitaquez bien a tort le principe de la division du travail, qui n'a rien a faire ici. C'est la continuity seule qui, dans votre argumentation meme, est en cause. Et voyez la consequence de votre erreur : en vous en prenant a la division du travail , vous n'avez pas de remede, pas de solution, rien a conseiller : la division du travail est un principe heureux, fecond, produclif, qu'il faut savoir employer favorablement a l'lndustrie et au travailleur. Pourquoi l'attaquez-vous? La division du travail n'empeche pas de varier ses travaux ; au contraire, elle s'y prete eminemment. Si vous aviez dit, « le vice, c'est le principe de continuitt v> — comme vous deviez dire pour etre consequent a voire tres-jusle critique, — le remede s'offrait a vous de lui-meme ; vous posiez que le physique et le moral de l'homme exigent l'exercice de l'lndustrie en seances courtes et variees ; et la division du travail, au lieu d'etre pour vous un obstacle, devenait des-lors un moyen. Vous avez bien compris, vous avez exprime la superiority que donne aux laboureurs et a certains ouvriers la variete dc fairs travaux; pourquoi done, en-

core uno fois, vous butter contre la division dn travail j qui pent favoriscr merveilleusemcnl la varUU dcs travaux ?

Et vous aussi, M. Lombard, tie la phthisis pulmonale, j'aurais bonne enviede vousraillerpour celte conclusion bizarre et saugrenue que vous mettez au bout de voire bon memoire : « que » les ouvriers devraient aller chaque jour, en » plein air, agiter les parties de leur corps qui » sont en repos dans leur travail. » — Allons , on nc dit pas des choses comme cela, M. Lombard.

Vienne maintenant l'academic , avec le prix quelle oflre, de temps a autre, a la decouverte de quelque procede sanitaire, applicable a tel ou tel genre d'industrie. Kile devrait laisser la son savant microscope, et regarder avec scs yeux, i'academie ; et alors elle apcrcevrait que , dans noire regime industriel , toutes les industries soul dcleteres au corps et deleteres a lame, et elle proposerait son prix sur l'ensemble. Mais non. — J'ai vu dans l'incendie de Salins, une bonne femme, — elle avait perdu la tele, — qui eteignait bravement, avec unc carafle d'eau et un

voire, la devanlure de sa boulique La maison

ct la villc flambaient.

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li ricudra un icnips ou les peoples dejabusi

doi roni trois sons par titc- il'Ki :onoraisl i

(ju'oii leui apportera dans un panier.

Lio* GoZLAH.

Passons a present an dire de 1 economie politique. C'est Transon qui la mene, comme vous allez voir : — un article charmant.

o Lcs e'conamistcs confesscnt tous que si la separation des travaux est un puissant moycn d'accroltre la production et d'ameliorer les produits, c'est aussi pour le producteur une cause certaine d'abrutissement ; et cependant ils ne font nul effort pour ti 'oiivcr une issue a ce veritable ecrele vicieux qui ne laisse plus qu'a choisir entre la degradation de lhomme el Timperfection du travail. Ecoutons , a ce propos, un de ceux qui ont le plus contribue a vulgariser parmi nous la science cre'e'e par Adam Smith : « Un homine, dit M. Say, qui ne fait pendant toute sa » vie qu'une meme operation , parvient a coup stir a exe'euter » mieux et plus promptement qu un autre homme ; mais en meme » temps il devient moins capable de toute autre occupation , soil >■ physique , soil morale ; ses autres facultes s'cteicjnent, et il » en resulte une degenerescence dans V homme considere » individuel lement . » M. Say montre meme que ce n'est pas seulement l'ouvrier qui degencre de sa nature par Implication a une fonction unique; c'est encore, dit-il, Thomme qui par e'tat exerce cxclusivcment lcs facultes les plus de'lie'es de son esprit. Mais c'est principalement par rapport a la classe infe'rieure gu'il s'attache a montrer les facheuscs consequences de la division du travail. « Dans la classe des ouvriers, dit-il, cette incapacite » pour plus d'un emploi rend plus dure , plus fastidieuse et moins » lucrative la condition des travailleurs. lis ont moins de facility

m pour re'clamer une part equitable dans la valeur totalc du prow Quit. L'ouyrier qui porte dans ses bras lout un metier , pent » aller partout exercer son industrie et trouver des moycns de ii subsister ; l'autre n'est qu'un accessoire , qui , se'pare' de ses » confreres, n'a plus ni capacite, ni independance, et qui se » trouve force d'accepter la loi qu'on juge a propos de leur im » poser. »

» Ay ant si bicn de'crit le mal (i) , vous croyez peut-etre que lc docte professeur y va cliercber remede. Point! ce n'est pas son affaire. Exposantles phe'nomcnes de la production, distribution , consommation des richesses , il dit ce qui est pour, il dit ce qui est contre, lc tout avec une luciditc de style tres-remarquable , et il ne s'embarrasse pas du reste. Voici la conclusion finale de son chapitre sur la division des trayaux : " En re'sultat , on peut dire » que la separation des travaux est un habile emploi des forces >- de Thomnie : » (habile emploi, M. Say! un proccde d'oti re suite selon yous-meme la degenerescence de la nature huraainc ; habile emploi, un me'canisme qui eteint les facultes de l'ouvrier, qui lui ote sa capacite et son independance ! certes , il y a ici un e'trangc abus de langage) , « qu'elle accroit en con - » sequence les produits de la socie'te , e'est-a-dire sa puissance et » ses jouissanccs (non pas sans doute la puissance et les jouissances n de Fouyrier), mais qu'elle ote quelquc chose a la capacite de » chaque homme pris individuellement . » Quelque chose! est un peu bien faible apres les aveux pre'eedens de l'auteur ; mais

(i) Transon fail honncur ici a M. Say d'un me'rile qui appartienl tout cnlier a Lc'monlcy, dont on retrouve les phrases a peine allere'es dans le texte de M. Say. C'est ici de la part du coryphee de rEconomisrue un merile de pure incruslalion et non pas de sagacile personnelle. L'Economie politique, avertie par Pexcellente critique de Le'montey, redisant des phrases entieres de cette critique, et n'en conlinuant pas moins hardiment son commerce, aux applaudissemens du liberalisme de la restauration , e'est un phenomena d'inintelligence et de charlalanisme suflisaaiment rcmarquable !

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je vois bien cc qui a mis son esprit en repos ; c'est le « chaque » homme pris individuellement. » M. Say avait deja eu la precaution de nous dire que s'il re'sulte de la division du travail uric dege'ne'rescence , e'est dans I' homme considere individuellement. (Voir plus liaut la citation). J'cntends ; — Les individus de'ge'nerent ; ils perdent la diguite' de leur nature , lcurs faculte's , leur liberte! Ce ne'anmoins LA soci£t£ va toujours se perfectionnant. — Cela rappelle tin pen ce bon simple qui donnait a perte le detail de sa marchandise , espe'rant qu'il pourrait se re'eupe'rer sur l'ensemble de la vente.

» Des l'anne'e 1808, M. Fourier, se garant de l'engouement general qui commencait a gagncr les esprits en fayeur de l'economie politique, la signalait comme une science fausse, une illusion, un cercle vicieux. — En 1829, indigne de voir les e'eonomistes re'duire de'finitiyement leur science a une simple analyse du mal existant, et ne chercher aucune voie d'amelioration; « C'est agir, s'e'criait-il , comme un me'decin qui dirait an malade : « Mon ministere consiste a faiie l'analyse de votre » fievre , et non pas a vous en indiquer les moyens curatifs. a — Un tel me'decin nous semblerait ridicule ; c'est pourtant le role que veulent prendre aujourd'hui quelques economistes qui , s'apercevant que leur science n'a su qu'empirer le mal , et embarrasses d'en trouver l'antidote , nous disent comme le renard au bouc : Tache de t'en tirer et fais tons tes efforts. » (N. M. Ind., page 59.)

» Et maintenant, s'il est constate que M. Fourier apporte le vrai moyen de tirer du putts le pauvre here, ne trouvera-t-on pas qu'il a le droit de remontrer severement les economistes sur la nullite de leur science?

» Voici le probleme que les economistes devaient re'soudre , ou au moins proposer : ° Conserver les avantages incontestables de la division du travail , meme Vintroduire dans tous travaux de culture et de menage, ou Tindustrie actuelle n'opere que par complication la plus grande, affectant a tin seul individu toutes les nuances d'une fonction , et cependant e'chappei

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