‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 66 sur 116 · VELOPPEMENT. INTELLECTUEL · texte numérisé non relu

VELOPPEMENT. INTELLECTUEL

de genie: de tjnoi on s'inquiele!) ne consenlira pas a sorlir de son cabinet pour aller travailler a la lerre. II ne se soumeltra pas a vivre sous un regime ou vous le forcerez de changer de travail de deux heures en deux heures. »

— « Ou vous le forcerez ! ou vous le FOR- CEPiEZ!!! e'est ce forcerez qui revient la toujours, expres, je crois, pour vous faire damner. Eh ! genie ou non, bon Dieu ! qui parle de forcer personne? Si un savant veut passer sa vie dans son cabinet, qui i'oblige a en sortir? qui le force d'interrompre son travail? Qu'il ne l'interrompe ni pour boire, ni pour manger, ni pour dormir; qu'il travaille dans son cabinet jusqu'a ce que mort s'ensuive, si cela. lui convient, est-ce que le regime seriaire s'oppose a cela? Ce que nous disons, — et cela est banal , — e'est que la nature use et tue I'homme qui occupe continuellement son esprit et laisse dormir son corps ; que la fatigue du travail de tete trop prolonge devient un supplice intolerable; qu'au lieu d'aller se promener sur une route , dans la rue , dans un champ, de mettre betement un pied devant l'autre, a la manierc des Civilises, pour prendre de l'exercice et se delivrer de l'obsession d'une pensee, le savant , apres son travail de tete , sera heureux d'aller au travail des champs ou des jardins. II

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Irouvera la des Groupesardens, intrigues, joyeux, qui vaudront bien , pour le distraire et l'exercer, le grand exercice et la grande distraction des Civilises , leur maussade , leur desceuvree , leur eternelle et insipide promenade! Et certes, qui a travaille de tete le sait : une idee maitresse d'un cerveau echauffe par une trop longue incubation de la pensee, c'est une cruelle torture!

Et quand elle s'y cramponne et s'acharne , qu'elle vous poursuit au bain, dans la rue, au lit,

partout! qu'elle s'est etablie sous le crane,

irritant, mordant, tenaillant toutes les fibres d'un cerveau qui tinte, c'est a rendre fou de douleur! Alois on la maudit, cette societe impuissante et flasque , qui n'a ni charmes ni exorcismes, et vous livre ainsi , sans secours et sans aide , aux griffes aigues du demon des cruelles insomnies. — Laplace a exprime quelque part ces tortures du savant, recriminant de ce que notre societe est trop pauvre en mobiles exterieurs capables de faire diversion a cette fievre de tete ardente. II declare que , pour lui , quand il avait eu le bonheur de rencontrer quelque forte et valable distraction au dehors, il retrouvait, dans son cerveau rafraichi, sa pensee alerte et vigoureuse, et qu'alors, et souvent sans effort et sans peine, il decouvrait ce qu'il avait trop long-temps et

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vaineinent poursuivi. — Messieurs de l'objection, accepterez-vous la reponse de Laplace ; vous parait-il competent, et serez-vous dorenavant Iranquilles sur le sort des hommes de genie an Phalanstere ?

§• iv.

Hois ficelle . point de salut.

Le CaUchisme.

Voici la these :

Tout homme a des forces musculaires et intellectuelles. C'est done que tout homme est appele a user de son corps et de son intelligence, — chacun, sans doute, en proportion de ses doses naturelles.

En outre, l'exercice doit etre proportionnellement integral; car si un seul memhre , un seul muscle est exerce, l'equilibre naturel des parties dans le tout est detruit. Les sues nourriciers et la force se portent d'abord sur le muscle dont l'exercice les appelle ; puis bientot il y a exces , exuberance monstrueuse, ou fatigue, extenuation, atonie , atrophic, — et les autrcs parties du corps non exercees s'appauvrissent , sc debilitent , s'alterent.

La sante , la vigueur du corps et de lame

2l4 HARMONIE. LIV. I. CH. If.

(mens sana in corpore sa?io)j sont au prix d'un excrcice integral equilibre des facultes de lame et du corps. Cela est d'une surabondante evidence. Point d'Harmonie hygienique sans cela. — Or, il n'y a pas d'exercice integral equilibre, ct par suite, de sante, de vigueur intellectuelle et corporelle, d 'harmonic psycho-physiologiquc dans l'liomme , hors du regime des Series, hors de la loi d'alternance des fonctions.

Admirez a quelles honteuses aberrations la raison humaine est pourtant parvenue, en pretendant faconner 1'homme a la Civilisation. A mesure que l'esprit se resserre , que lame se materialise , que le corps se petrifie, que les populations s'enervent, que I'cspece ouvricre 3 — car, au milieu de nos fanfaronnades de liberte, il est bien vrai qu'il existe chez nous des especcs, — que respeceouvriere,dis-je,s'abatardit...leursysleme industriel se perfectionne ! Et quand 1'homme est descendu plus bas en rang que la brute des bois, — plus bas, car elle bondit dans ses bois, forte, libre et fiere; — quand le titrc humain s'oblitere et s'ellace; quand ils out fait l'liomme, cheval aveugle, roue, piston, manivelle , oh! alors, e'est l'apogee de leur perfeclionnenicnt industriel ! — Eh ! quelle est done la valeur de votrc Industrie, si clle n'aboulil qua la degra-

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dulion du Iravaillcur , a l'esclavagc el a la miscre des populations?

C'etait bien justice, que la raison liumainc reeueillit celte honte, et fut trainee jusqu'au bout de ces monstrueuses consequences. Qu'il s'agisse dame ou de corps, n'est-ce pas toujours, en efFet , de repression qu'elle a parle? IS'a-t-elle pas voulu toujours se poser dorainatrice, el regenter la nature? Lame el ses passions, le corps et son organisme, l'orgueilleuse a pretendu faire tout entrer de force dans lc cadre de fer de la forme sociale et des lois qu'elle avait failes.

Voyez done! quaud tout change, se meut et se transforme; quand l'Alternance est le signe, la manifestation, l'acte raeme de la vie; quand, dans l'univers infini, il n'est mathematiquement pas une molecule en repos, et que la fixile absolue d'une seule molecule suffirait pour de- Iruire 1'ordre general, on veut immobiliser rhomine!... L'lionune, que Dieu a si richemenl dole d'inlelligence , de force , de passions varices, d'infinics faculles, on veut le souslraire a celte loi d'Alternance, mere desequilibres et des hautes Harmonies, loi de vie, avec laquclle un elre est en affinile d'aulanl plus intimc, qu'il ciccupe un degre plus eleve dans lechclle des etres! Mais

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c'est la line revoke corps a corps contre I'ordre naturel des choses, contre la volonte de Dieu, revelee par les besoins, les desirs et les Attractions qu'il a mises en nous. Races fletries, degenerees, souflreteuses, an sang impur! intelligences eteintes ! torpeur des ames! ennuis devorans ! maladies des corps et des esprits! deformations des etres! degenerescences !... vous temoignez, vous accusez, vous punissez!

Vienne done la reintegration paradisiaque, lc bapteme du bonheur, le temps des joies, des plaisirs changeans, des travaux varies, des contrastes infinis! Vienne sur la terre le mouvement, la vie, la liberie! Vienne enfin la loi d'Alternance eveiller les puissances endormies , delivrer les ressorts comprimes, les facultes esclaves.... Hommes! homines ! jusques a quand vous perdrez-vous done en des disputes vaines? Riches de la terre, Puissans de la terre, il n'en est pas un parmi vous qui ne puisse sonner lui-meme l'heure de la delivrance ! oreilles sourdes, intelligences sourdes, cceurs sourds, combien de temps encore faudrat-il vous jeter la parole, et combien de temps vous demander lepreuve.... l'epreuve sur une demi-lieue carree de terrain?

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