DE DIEU ENTRE LE TRAVAIL SERIAIRE ET LE TRAVAIL
morcele (0, rappelle d'abord trois principes souvent emis par la philosophic, et dont elle n'a jamais su faire aucun usage sense :
i°. Ne pas croirc la nature borne e aux moyens connus ;
2°. Garder que des crreurs devenues des prejuge's ne soient prises pour des principes ;
5°. Oublicr ce que nous avons appris en politique sociale, et reprendre les ide'es a leur origine.
" 1°. et 2°. Ne pas croire la nature hornee aux moyens connus : on pent done pre'sumer qu'clle tient en reserve quelque autre moyen que le Morcellement , qui, loin d'etre un proce'de d'art social, n'est qu'absence de genie, sceau d'ignorance et d'apathie imprime' sur la politique ancienne et modeine , et sur les sciences exactes qui devaient la supple'er.
» La nature brute assemble les bumains par couples dans les huttes sauvages : ceci est Tassemblage de reproduction et non de travail : il restait done a inventcr le procede d'asscmhlagc industriel.
» Pour se dispenser de celte recbercbe , la seule urgente , les pbilosopbes ont declare que le mode sauvage, l'e'tat de couple ou menage conjugal, e'tait destinee industrielle de l'hoinme. Cetle reunion pourtant n'est que Tabsence de toute combinaison, puis- Hu'elle est le moindredes assemblages domestiques.
» Mais la pbilosophie ne daigne jamais spe'cider sur les com-
(i) Traitc de l'Associaliou domfslir|ui;-,n^ricolc, t. ?. , pnj;- 327.
binaisons domestiques. Dcs anciens sophistes , entrave's dans ce calcul par la coutuiue dc l'esclavage , ct de plus tout pe'tris d'anibition , tout pre'occupe's de s'iramiscer dans les fonctions adminis tratiyes, n'envisagerent en politique sociale que le gouvernement, sans chercher a porter sur d'autres points les vues de re'formes et d'exploration. lis laisserent le travail doraestique dans l'e'tat brute ou e'tat de couple tel qu'ils Tavaient trouve'.
» ^oila leur negligence bien constate'e : aucune recherche en rae'canisme domestique sur les moyens de la nature, qu'ils nous peignent pourtant comme n'etant pas hornee aux moyens connus. Pourquoi done la supposer borne'e a un seul proce'de industriel, ait menage en couple, sans Association vicinale? N'est-ce pas la le vice qu'ils de'noncent eux-memes, en disant : Gardez que les erreurs, devalues des prejuges, ne soie?it prises pour des principes.
» 3°. Oublier ce que nous avons appris en politique sociale, et reprendre les idees a leur origine
» Or, quelle est l'origine des idees sociales ? est-ce dans les reveries de Socrate et Platon qu'il faut en chercher la source ? Non , sans doute ; il faut remonter aux conceptions divines, bien ante'rieures a celles de la raison humaine.
» Dieu , avant de cre'er les globes , n'a pu manquer de statuer sur leurs destine'es sociales, sur le mode le plus convenable a leurs relations industrielles et domestiques. C'est une verite' que j'ai e'tablie dans tout le cours de la lre. par tie des Prole'gomenes : il faut la reproduire quand il s'agit de reprendre les idees a leur origine. Remontons done a l'ide'e sociale primitive, a l'intcntion de Dieu sur Tordre domestique-industriel de nos socie'te's.
» Dieu ne peut opter pour l'exercice des travaux humains , qu'entre des Groupes ou des individus , qu'entre Taction societaire et co?nbinee, ou Taction incoherente et morcelee. C'est un principe a rappeler sans cesse.
» Gomme sage distributeur, il na pas pu spe'culer sur L'emploi des couples isole's, ope'rant sans unite, selon la me'thode civilise'e ; car, Taction individuelle porte en elle-meme sept gerines de disorganisation, dont chacun suflirait a lui seul pour engendrer une foule de de'sordres. Nous allons , par le tableau de ces vices, juger si Dieu a pu he'siter un instant a proscrire le travail morcele qui les engendre tons.