‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 68 sur 116 · DE DIEU ENTRE LE TRAVAIL SERIAIRE ET LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

DE DIEU ENTRE LE TRAVAIL SERIAIRE ET LE TRAVAIL

morcele (0, rappelle d'abord trois principes souvent emis par la philosophic, et dont elle n'a jamais su faire aucun usage sense :

i°. Ne pas croirc la nature borne e aux moyens connus ;

2°. Garder que des crreurs devenues des prejuge's ne soient prises pour des principes ;

5°. Oublicr ce que nous avons appris en politique sociale, et reprendre les ide'es a leur origine.

" 1°. et 2°. Ne pas croire la nature hornee aux moyens connus : on pent done pre'sumer qu'clle tient en reserve quelque autre moyen que le Morcellement , qui, loin d'etre un proce'de d'art social, n'est qu'absence de genie, sceau d'ignorance et d'apathie imprime' sur la politique ancienne et modeine , et sur les sciences exactes qui devaient la supple'er.

» La nature brute assemble les bumains par couples dans les huttes sauvages : ceci est Tassemblage de reproduction et non de travail : il restait done a inventcr le procede d'asscmhlagc industriel.

» Pour se dispenser de celte recbercbe , la seule urgente , les pbilosopbes ont declare que le mode sauvage, l'e'tat de couple ou menage conjugal, e'tait destinee industrielle de l'hoinme. Cetle reunion pourtant n'est que Tabsence de toute combinaison, puis- Hu'elle est le moindredes assemblages domestiques.

» Mais la pbilosophie ne daigne jamais spe'cider sur les com-

(i) Traitc de l'Associaliou domfslir|ui;-,n^ricolc, t. ?. , pnj;- 327.

binaisons domestiques. Dcs anciens sophistes , entrave's dans ce calcul par la coutuiue dc l'esclavage , ct de plus tout pe'tris d'anibition , tout pre'occupe's de s'iramiscer dans les fonctions adminis tratiyes, n'envisagerent en politique sociale que le gouvernement, sans chercher a porter sur d'autres points les vues de re'formes et d'exploration. lis laisserent le travail doraestique dans l'e'tat brute ou e'tat de couple tel qu'ils Tavaient trouve'.

» ^oila leur negligence bien constate'e : aucune recherche en rae'canisme domestique sur les moyens de la nature, qu'ils nous peignent pourtant comme n'etant pas hornee aux moyens connus. Pourquoi done la supposer borne'e a un seul proce'de industriel, ait menage en couple, sans Association vicinale? N'est-ce pas la le vice qu'ils de'noncent eux-memes, en disant : Gardez que les erreurs, devalues des prejuges, ne soie?it prises pour des principes.

» 3°. Oublier ce que nous avons appris en politique sociale, et reprendre les idees a leur origine

» Or, quelle est l'origine des idees sociales ? est-ce dans les reveries de Socrate et Platon qu'il faut en chercher la source ? Non , sans doute ; il faut remonter aux conceptions divines, bien ante'rieures a celles de la raison humaine.

» Dieu , avant de cre'er les globes , n'a pu manquer de statuer sur leurs destine'es sociales, sur le mode le plus convenable a leurs relations industrielles et domestiques. C'est une verite' que j'ai e'tablie dans tout le cours de la lre. par tie des Prole'gomenes : il faut la reproduire quand il s'agit de reprendre les idees a leur origine. Remontons done a l'ide'e sociale primitive, a l'intcntion de Dieu sur Tordre domestique-industriel de nos socie'te's.

» Dieu ne peut opter pour l'exercice des travaux humains , qu'entre des Groupes ou des individus , qu'entre Taction societaire et co?nbinee, ou Taction incoherente et morcelee. C'est un principe a rappeler sans cesse.

» Gomme sage distributeur, il na pas pu spe'culer sur L'emploi des couples isole's, ope'rant sans unite, selon la me'thode civilise'e ; car, Taction individuelle porte en elle-meme sept gerines de disorganisation, dont chacun suflirait a lui seul pour engendrer une foule de de'sordres. Nous allons , par le tableau de ces vices, juger si Dieu a pu he'siter un instant a proscrire le travail morcele qui les engendre tons.

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