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Amicitias animal harmonica contemperatio.
J. Ksppleb. (lntraduisible )
Nous venons de montrer comment se regularisent et se generalisent, au sein du regime seriaire , les effets si remarquables de justice distributive que nous manifestent, en tout pays, les approximations de ce regime auxquelles arri-
vent les enfans, en suivant l'impulsion naturelle dans l'organisation confuse de leurs jeux. Jetons maintenant un coup-d'osil sur la generalisation des effets de ralliement et de concorde dont ces memes jeux nous ont ofifert des germes et quelques developpemens.
Si vous exposez a des gens comme il en est beaucoup, qu'une des conditions debasedu probleme de l'Association, c'est de repartir proportionnellement au Capital, au Travail et au Talent, ils vous declarent d'autorite, tout d'abord, qu'il est impossible d'obtenir un mode depreciation du Travail et du Talent. — Si vous parvenez a leur faire entrevoir que et comment Ton peut obtenir cette appreciation , les voila qui vous declarent, d'autorite encore, que ce seront alors d'effroyables hostilites entreles concurrens, entre les Groupes rivaux et les Series rivales, et tout de suite ils vous evoquent les discordes, les guerres, les trois furies du Tartare grec, et leurs torches flamboyantes, enfin, tout ce que vous savez sur l'histoire des rivalites humaines.
« Certainement, » disent ces homines hates d'objecter, « certainement, quand la Rivalite se sera mise entre vos Groupes, ils n'auront plus ni cesse, ni repos: 1'esprit de corps sen melera,
iis seront actionnes a lceuvre , ils prendront l'oeuvrc a deux mains , ils s'acharneront au travail. Oh! vous aurez des prodiges de science, dart, d'industrie ! Oui, tout ccla est incortestable.... malheureusement ils ne resteront pas huit jours sans se battre , et adieu alors votre mecanisme et tous ses prodiges! »
Voila ce que Ton dit ; voila ce que disent les esprits superficiels et sans portee , qui ne peuvent pas embrasser et apprecier Yensemble des faits qu'on leur presente, qui ne veulent voir qu'un seul fait, et qui tirent de ce fait, place dans le milieu societaire , les consequences qui formeraient son cortege naturel en mi'ieu civilise. — Ils ne veulent pas tenir compte du milieu nouveau dans lequel jouent les forces anciennes !
Oui, certes, les Rivalites individuelles et corporatives et les concurrences portent le desordre dans votre ordre civilise, morcele et mauditj qui repand sur la terre tous les fleaux infernaux. Qui nie cela? Est-ce que nous l'ignorons, nous qui vous faisons un tableau assez fonce en couleurs de tous les vices inherens a la concurrence insocietaire; et quelle simplicite est-cc de venir nous objecter les resultats de la concurrence raise en jeu dans le milieu faux dont nous avons produit II* 21
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la critique, quand il s'agit de la concurrence developpee dans un tout autre milieu? — Parce qu'un enfant frappant a coups de poing sur le clavier d'un piano, vous ferait nne musique d 'enrage, seriez-vous admis a dire : il y a dans cet instrument des notes horriblement dissonnantes; done cet instrument ne produira jamais qu'un fracas odieux a l'oreille? Eh! non : ecoutons le bon sens; raisonnons dans l'hypothese de l'Association et du fait seriaire ; tenons compte de ce fait, si nous voulons calculer la resultante des forces que ce fait combine
Voyons : vous craignez que les Groupes rivaux n'en viennent a de facheux debats, qu'ils ne se prennent au collet si ce sont des hommes , aux cheveux si ce sont des femmes; sais-je ce quo l'on ne dit pas? — Allons, de bonne foi, examinons un peu la position et l'etat des choses : nous prononcerons apres.
Tenez, je veux faire beau jeu a l'objection, je veux accumuler tout ce qui peut sembler le plus defavorable, je veux passer par la supposition la plus extreme : je veux prendre les deux Groupes les plus passionnes de la Phalange, deux fiers Groupes entre lesquels il y a rivalite plus active que ne nous en ont manifesto ces memorables
campagnes litteraires de la restaur at ion , romanliques contre classiques , la pointe moyen-age contre la perruque sacree. Ces deux Groupes, voyez-vous, sont jaloux l'un de l'autre au delire , et, si vous le desirez, nous swpposerons que vous et moi, enroles respectivement dans chacun de ces Groupes antagonistes, nous serions les deux natures les plus passionneesde la Phalange; deux Groupes composes de maniaques; vous et moi, les maniaques les plus ardens, engages dans ces deux Groupes; c'est bien la certes le cas extreme en examen des concurrences corporatives.
Eh bien! entre nos deux Groupes, entre leurs membres respectifs , entre vous et moi , y aurat-il pour autant une rencontre? — Une rencontre? Oui, sans doute, il y aura entre nous une rencontre; il y en aura mille mais pas a la ma-
niere des Civilises perfectibles et betes fauves, qui se mettent des balles de plomb dans la tete et des lames de fer dans la poitrine. Oui, nous deux, qui a midi rivalisons corporativement dans deux Groupes emules , nous allons nous rencontrer a deux heures peut-etre, ce soir, demain, vingt fois la semaine, cent fois le mois, dans des Groupes ou nous sommes freres d'armes, ou nous avons epouse les memes querelles, ou nous servons sous le raeme drapeau.
Et je vous prie d'observer que plus nous possedons de puissance passionnelle, plus notre nature est ardente, plus nous sommes gens a prendre vivement fait et cause pour les fonctions auxquelles nous nous adonnons, plus nous sommes actifs a la rivalite, plus, en meme temps, nous sommes riches en liens, en esprit corporatif, en Accords; car vous sentez que le lien n'est jamais plus fort entre les membres du Groupe, que quand la Rivalite exterieure est plus puissante. L'action est egale a la reaction. Plus on rivalise a l'exterieur, plus alors a 1'interieur on serre les rangs. — Or, comme, par suite de la courte seance, de l'engrenage des Series, de la migration des individus dans differens Groupes , et de leur rencontre dans nombre de Groupes amis ou allies, comme, par suite de ces combinaisons , dis-je, les Rivalites sont purement corporatives et nullement individuelles, et comme aux plus fortes Rivalites corporatives des Groupes ou des Series, correspondent au contraire les plus energiques ralliemens individuels dans les Groupes et dans les Series, il resulte clairement et rigoureusement de la ce brillant, ce magnifique, ce merveilleux theoreme :
Que 3 dans le regime des Series 3 grdce aux courtes seances et a l'engrenage general des Groupes
1EQUIL1BRES SOCIAUX. 325
par migrations et dispersion de leurs membres dans la masses les Phalanges qui auront organise dans leur mecanisme actif les Rivatite's les plus vives et les plus nombreuses, serontj toutes choses e'gales d'ailleurSj non-seulement les plus fecondes en attrait industries les plus ardentes a tous travaux, mais encore celles oii\ Von verra eclater les plus vives sympathies j, les plus fortes affections , oil les sentimens gene'reux seront le plus e'ner giquement developpes ; le de'vouement k la masse ^ le plus complet ; l'ordrc3 le plus par fait :
Autrement dit,
Que dans le milieu harmonien , les natures individuelles concourent d'autant plus encr giquement a la multiplication et a I' ' accroissement des forces sociales et des liens sociaux , ii I' Accord general et superieur, a I' unite collective^ a I'ordre^ qu'elles sont plus riches en Discords et en facultes d' antagonisms
3li6 HAIi.MO.ME. L1V. II. CII. III.
Toute la nature est une immense mecaniquc lie sympathies et antipathies , tres-methodiquement rcglee , — et tres-peuetrable au genie.
Cn. Fouriko.
La musique , e'est ['association par excellence. G. Sand.
Voila done changeesenelemens de prosperite, de bon ordre , d'harmonie sociale , ces natures cabalistiques, ces caracteres a i'acultes antagonistes, qui font de si beaux degats au sein du milieu actuel, soit qu'ils jouent dans le menage et la vie privee, soit qu'ils jouent dans le gouvernement et la vie publique ! Et, en verite, le souverain Ordonnateur les aurait-il creees, ces actives et puissantes facultes, s'il ne leur eut ete donne de ne produire que les desordres et les fatales haines? — Une harpe qui n'aurait que les cordes ut 3 mi^ sol , notes toutes a la consonnance, et qui manquerait ainsi des dissonnancesde la harpe adouze sons de gamme, serait-elle aussi riche , aussi capable d'harmonie que cette derniere? Non, non sans doute. Ne nous plaignons done pas des richesses de notre nature, et avisons a les employer a noire bonheur.
Ah! vous craigniez que les Groupes d'une
EQUILIRRES SOCIAUX. 3^7
Phalange n'en vinssent aux mains? — Mais vous n'aviez done pas reflechi encore que, dans ce Groupe qui fait a cette heure du jour Rivalite avec celui ou vous etes, se trouvent vos amis, votre frere , votre pere, votre enfant, votre femme ou votre maitresse — des etres enfin avec qui vous avez contracte mille liens passionnes, mille affections corporatives, echange mille bonheurs?
Et puis encore vous n'aviez pas reflechi que ces Groupes , qui rivalisent si ardemment entre eux, sont aflilies a la meme Serie ; ce sont des compagnies du meme regiment; elles ont un drapeau comraun , ces compagnies industrielles ; ces rivales sont scEurs et bonnes soeurs.
Et tous ces Groupes, et toutes ces Series, nc sont-ils pas associes dans la Phalange? tous ne sont-ils pas du meme corps d'armee? s'ils sont travailles par d'ardentes emulations, s'ils ont interet d'amour-propre et d'honneur a se surpasser les uns les autres , ne sont-ils pas relies et absorbes tous dans l'interet general , dans l'interet de la Phalange, qui est l'interet personnel et direct de tons 3 — a ne parler qu'interet?
Trois Groupes contigus dans Fechelle dc la
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Serie travaillent,perfectionnent, raffmental'envi; mais il ne convient nullement a chacun des trois que les deux autres manoeuvrent mal et pericliteni, car cela compromettrait l'aile de Serie dans la coalition de laquelle ils se reunissent contre une autre aile j cela compromettrait la Serie elle-meme, dont ils ont tous l'honneur a defendre; cela mettrait merae immediatement en danger le Groupe vainqueur, prive de son mecanisme de Rivalite par defaut ou mauvaises manoeuvres de voisins dans le clavier de la Serie. — II est de 1'interet de chaque note d'etre juste, pleine , sonore et bien vibrante ; mais il n'est pas de son interet que la note voisine soit fausse, etouffee ou criarde. Supposez que Petzold put facturer un piano dont les touches fussent intelligentes : croyez-vous que la touche rc3 qui discorde avec les touches ut dleze et re dieze 3 ses voisines, desirerait que Yut dieze et le re dieze se brisassent? Won, non, non ; elle serait la toute premiere a y perdre.
II en est de raeme des Groupes dans la Serie, et des Series dans la Phalange. Pour fiers rivaux et ardens emules en sciences, en arts, en toute industrie, que soient les Series et les Groupes , tous sont interesses au succes les uns des autres. Plus brillans et prosperesseront les resultatsfour-
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"is par chacun des Groupes, plus la richesse generale augmentera, plus abondante sera la moisson commune, et plus forte, par consequent, larecolte individuelle de chacun. — Ici done on ne rivalise que pour bien faire, pour mieux faire, pour parfaire. Est-ce que tous les interets individuels convergens au grand foyer societaire, toutes les affections individuelles concourant au lien unitaire, n'entrament pas toutes choses a 1'harmonie? est-ce que, en pareil milieu, le ton ne proscrit pas comme incongruite honnie et deshonorante, l'ombre meme d'une querelle? — D'aigres disputes, des rixes dans un pareil milieu, quand tous les interets humains font voile de conserve ! allons , vous n'y pensez pas ; vous transportez en Harmonie de tristes fruits de Civilisation ; vous attribuez au beau figuier les rudes et dechirantes epines des ronces. Oh! en Civilisation, a la bonne heme , parlez-moi d'aigres disputes, de rixes et de guerres... C'est leur terrain, un bon terrain ! l'opposition radicale, directe, tranchee, des interets et des passions, y developpe une ftrocite degoisme a laquelle i'avenir croira plus difficilement sans doute, que les Civilises ne peuvent croire a l'Accord unitaire, au concert afTectueux de I'avenir. Cela est force. Ayez, au lieu d'inleVets opposes, des interets convergens; au lieu du Morcellement, l'Association ; au lieu de
I 'an archie civilisee, l'organisation seriaire, et vous verrez bien que l'homme n'est pas ne pour hair son semblable.
Eh bien ! pourtant, ils on I prefere decreter que l'homme est essentiellement hostile a l'homme, que la guerre est d'essence humanitaire ; ils ont prefere faire un dogme de cette brutale et stupide impiete et mettre ainsi le mal sur le compte de la nature de l'homme et de la volonte du Createur, que de suspecler leur milieu social! — Que le vulgaire des hommes , par habitude du mal et parefletde desespoir, accepte cette funeste idee, c'est bien : mais qu'en 1827 011 28, un sophiste, pretendant au role de soleil intellectuel de I'll 11manite , et parlant Dieu , ame , harmonie universale, sen vienne etayer ce dogme monstrueux d'une ambilieuse theorie philosophique ; qu'il jouisse d'un grand succes de vogue philosophique en produisant une sorte de science supreme qui apprend que la guerre est un fait fondamental, inherent a sa condition d'etre, neces-
sairement co-existant avec elle ceci passe
toule permission a laquelle ait droit un philosophe d'etre absurde. Le vulgaire dit simplement : Je crois qu'il y aura toujours des guerres, parce qu'il y en a loujours eu jusqu'ici. Le philosophe. lui, elablit une theorie transcendentale pour
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prouver que cela doit etre ainsi , et qu'il est philosophique qu'il eii soit ainsi. — Avouons que les philosophes sont bien utiles a l'hunianite qui les admire, et a l'etat qui les paie !
En resume, j'ai demontre mon theoreme , savoir :
Qu'au sein d'une Phalange, il y a Accord general des Groupes et des Series qui la composent, et que les Puvalites qui poussent energiquement au travail et au raffinement en toute branche d 'operations, loin d'entrainer de facheux effets de desordre, concourent au contraire a creer les affections corporatives et resserrer le lien social en proportion de leur degre d'intensite;
i°. Parce que les corporations rivales sont toujours ralliees entre elles dans des ligues corporatives d'ordre superieur, les Groupes dans la Serie d'espece, les Series d'espece dans la Serie de genre, et ainsi de suite dans la Phalange, et que les ralliemens sont d'autant plus forts, que les Rivalites sont mieux nouees;
2°. Parce que les corporations rivales sont formees par des membres mobiles, engages les uns les autres dans une foulc d'Alliances et d' Accords
de toutes sortes, d'autant plus puissans que les Rivalites, et par suite les esprits de corps, sonl. plus vigoureux ;
3°. Parce qu'il est de l'interet immediat de chaque corporation d'avoir son mecanisme de Rivalites internes et externes solidement etabli;
4°. Parce que tous les membres de toutes les corporations de la Phalange etant coassocies, copartageans, la prosperity, larichesse etlagloire de la Phalange etant pour chacun d'eux un interet personnel et direct, chaque individu et chaque corporation desirent necessairement le succes de toutes les operations.
5°. Enfin, parce que la convergence generale des interets et des affections etablit necessairement un Ton qui entraine tout element d'activile au grand foyer d'Harmonie, et previent jusqu'a l'idee merae, inconnue dans les mceurs des populations phalansteriennes, de la querelle, de la rixe et de la guerre.
Sans entrer dans de plus grands details, sans accumuler des preuves superflues sur la question de 1 equilibre des rivalites corporatives et du ralliemcnt des Groupes et des Series antagonislcs.
nous ferons remarquer que ce ralliement puise sa force dans deux fails fondamentaux :
i°. L'association ou la combinaison convergente, qui reunit a un meme centre superieur tous les interets inlimement lies et tous les amours-propres corporises ;
2°. L'engrenage et la mobilite des Groupes et des Series, qui disperse chaque individuality dans une foule de corporations differentes , et rattache par mille liens, les uns aux autres et a l'ensemble, les membres des corporations rivales.
A cote du jeu des Rivaliles societaires, voyez le jeu des concurrences civilisees; voyez, dans le milieu actuel , deux maisons en concurrence. Chacune tend a ruiner, ecraser, aneantir l'autre : menees, intrigues, depreciation, manoeuvres de toute espece , avilissement du prix des produits , elles font tout pour reussir : les economistes imbecilles trouvent cela magnifique ; rien ne leur parait plus admirable qu'un mecanisme industriel qui consomme chaque jour de monstrueux ecrasemens, dans lequel on voit a tout instant mille entreprises enfoncees et detruites par l'avenement d'une entreprise du meme genre etablie sur des capitaux et des moyens superieurs. Comme ces
mines parliculieres, comme ces forces usees, perdues, brisees, concourent puissammenl a la prosperite de l'ensemblc! Et puis, n'est-ce pas, comme en pareils coupe-gorges, les hommes doivent etre bien disposes a s'aimer les uns les autres? Quelle base bien calculee pour asseoir les affections generales et les sentimens sociaux !
Le Morcellement, qui, opposant ainsi directementles interets et concentrant la Rivalite industrielle sur les individus, met forcement entre eux la haine, a le tort, en outre, de ne creer aucune Rivalite emulative entre les travailleurs. — Voici deux chefs de fabrique qui se haissent a mort par effet de concurrence ; les ouvriers des deux fabriques prennent-ils fait et cause, rivalisent-ils d'ardeur au travail pour faire triompher les produits de la fabrique par laquelle ils sont salaries, epousent-ils la querelle, eux qui n'epousent pas les benefices? Oh! non , mon Dieu , ils se soucient et s'inquietent peu du maitre qui les paie au jour le jour. Chacun fait sa journee en travaillant le moins possible ; ils vont bien prendre a cceur la prosperity du maitre qui les exploite ! Le plus souvent ils le haissent, — et ce n'est pas moi qui les en blame.
Bans les Series, au contraire , toule I'energie
EQUILIBRES SOCIAUX. :jjj
de la Rivalite est pour chacun une cause d'ardentes emulations corporatives, de surexcitation industrielle, et nullement de disaffection, puisque, portant sur les Groupes, elle n'a rien d'hostile pour les individus, quelle unit au contraire par de puissans et nombreux liens.
Les Rivalites corporatives des Groupes et des Series sont done des Rivalites de bon aloi, entrainant au perfectionnement de toutes choses, au bien general, armees de critiques gaies, facetieuses, piquantes, variant de couleurs, suivant la nature des reunions, et susceptibles de tous les tons, depuis la galanterie chevaleresque des unes, jusqu'aux bouffonneries et aux tranches charges des autres.
§• HI
L etat societaire , en donnant a une passion I. plus vaste developpement , l'essor en tout degre de gamme, est assure d'en Toir naotre des gages de Concorde gen e rale , et des ral liemens entre les classes Ics plus opposees. Ch. FotJBren.
Que si vous avez etudie et bien compris ce qui precede, vous etes a memo de resondre toute difficulte relative au jeu des Rivalites corporatives et des Ambitions individuelles dans le mecanisme industriel de la Phalange.
Si Ton vous objectait la possibility de la discorde dans le sein du Groupe entre candidal* concurrens, vous exposeriez comment, en tout cas, le Groupe en ferait promptement justice, combien un ressentimenl personnel, en presence de la masse des juges naturels du merite des candidats, serait ridicule d'abord, et ensuite etrange chez des etres habitues a se mouvoir dans un regime de parfaite justice distributive, et ou euxmemes sont appeles et habitues a rendre cette justice aux autres; que pareils sentimens seraient du plus mauvais ton*, dans des Groupes composes de gens qui se conviennent, qui se sont acceptes et choisis, qui sont unis entre eux par l'esprit de corps, par de vives passions, par les affections diverses dont le coeur humain est susceptible; vous montreriez que tous les individus sont societaires d'interet et de cceur, et, surtout, vous developperiez le grand principe des ralliemens, la multiplicite des chances, la surabondance des essors. — Arretons-nous-y un instant.
Le grand principe des equilibres passionnels en toute passion, c'est, en effet, d'ouvrir a chacune une surabondance d' essors. — La politesse, la gaite, l'affection , viennent aux convives, et le sourire du bon vouloir court sur leurs levres,
quand ils sont assis a une table somptueuse et assures d'un service aussi brillant pour le lendemain. — Les memes hommes se prennent en haine, si tous les jours ils ont a se disputer uae chetive etinsuffisante nourriture. Vous aurez beau precher des affames et leur dire : « Moderez votre appetit; la faim, la soif , sont vos dangereux ennemis; defiez-vous de la nature qui vous excite a manger les bons morceaux; » la faim, la soif et la nature seront plus fortes que vous. Et quand la morale crie aux Civilises, qui sont des affames ail propre et au figure : « moderez votre Ambition ; l'amour des richesses et des grandeurs est votre dangereux ennemi; defiez-vous de la nature qui vous excite a solliciter les bonnes places, (0 » l'Ambition, l'amour des richesses et la nature sont, encore aussi, plus forts que la morale. Par Dieu ! vous en avez depuis assez long-temps de belles preuves.
Tant que vous restez dans le denuement social, vous avez beau faire tomber a verse des predications de vertu , pousser sur les hautes et basses terres des marees de morale , vos flots purificateurs ne roulent ton jours que haines, conflits, guerres, lachetes, trahisons, turpitudes de
(i) Traite de TAssociatiou , torn. 2, pag. 5oo.