S. HI
On dit que plosieurs sages-femmes prelendent. en petrissant la tete des eufans nouveau-nes . leur donner une forme plus convenable : et on le soulTre ! Nos teles seraient mal , de la fa^on de l'Auteur de notre etre ; il nous les faut faconner au-dehors par les sages-femmes, et au-dedans par les philosophes. Les Caraibes sont de la moitie plus heureux que nous. J. J. Ror'S7iC.
Mauvais naturel ! mauvais caracteres!...
Comment, messeigneurs ! ces naturels sont mauvais, ces caracteres sont pervers, ces enfans sont des creatures mal faites, parce que leurs estomacs et leurs intelligences ne peuvent pas digerer la nourriture que vous y fourrez de force ! ils sont pervers, parce qu'ils renvoient et
rendent tout cela ! parce qu'ils sou (Trent des poisons que vous les contraignez a prendre \ parce qu'ils ne s'acclimatent pas sous les latitudes universitaires! parce que, encore, ils se revoltent contre vos tyrannies odieuses et insupportables!! — Ils ne vous ^coutent pas, ils vous narguent, ils vous meprisent, ils vous haissent. Bon ! Ne leur faites-vous pas reciter chaqne jour quelahaine de la tyrannie est la premiere vertu? ne trouvez pas mauvais qu'ils mettent vos lecons en pratique. En ceci, il est vrai, ce n'est pas a vous qu'ils obeissent , c'est a la nature ; c'est elle qui leur revele la haine et le mepris pour vous , pour se venger de ce que vous la meprisez vous-memes.
S- iv.
On nous a tant assujcti aux coides. que nousn'avons plus de franobes allures : nostre vigueui et liberte est esteinte. Kunquam tutela sum
fiunt. MONTAKJSE.
C.eux qui ont le plus a souffrir sont ceux qui ont icqu d'eu baut les grandes inesures.
St.-Miiitin.
Les caracteres pauvres, vulgaires, les intelligences mediocres , les volontes faibles , depourvues de reaction , se soumettent moius difficilement que les autres, aux reglemens et