‹ Destinée sociale (volume 3)Chapitre 99 sur 116 · II · texte numérisé non relu

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4l8 HARMONIE. LIV. III. CII. IV.

La Phalange abandonnera-t-clle , comme le village, comme la commune morcelee, l'education a la charge des families? Dans le village, dans la ville, dans la Commune civilisee, vos enfans croissent comme ils peuvent. Yous ne leur donnez pas d'education, vous ne le pouvez pas! c'est a peine si vous pouvez les nourrir!... qu'est-ce que cela fait a votre voisin, a Pierre, a Jacques, a Philippe, aux trois, quatre, cinq cents families dont la juxta-position compose votre village, votre ville? — Rien. Vous ne vous tourmentez pas plus pour les enfans des autres, que les autres ne se tourmentent des votres, et, comme il y a iasolidarite complete, tous ces egoismes sont parfaitement justes et legitimes.

Pensez-vous qu'il en soit ainsi dans la Phalange ? La Phalange trouverait-elle son compte a laisser inoccupes, vacantes, oisives, destructives, les facultes de sa jeune generation? Est-ce qu'il n'est pas de son plus cher comme de son plus materiel interet, que toutes les recrues de sa jeune armee, qui se forme et grandit chaque jour, soient exercees, habiles, heureuses? Va-telle laisser ses forces naissantes se gaspiller, s'user a rien, se fausser, tourner a mal, par effet d'abandon et d'incurie? — Oh! non, non, mille fois non.

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C'est done l'interet raerae de la Phalange qui garantit l'education a tout enfant. Voila la providence sociale engendree au sein de la Phalange, et nee de la combinaison societaire. — Premier point. — Suppriraez tous les discours moraux et les sermons adresses aux parens sur l'obligation d'elever lenrs enfans. — Economie au budget de la morale.

Et maintenant, l'education de la Phalange ressemblera-t-elle a notre education universitaire? La Phalange va-t-elle faire de tous ses enfans des savans en us? Est-ce un besoin pour elle de les ferrer de grec et de latin, de les harder de toutes ces choses stupides que nous avons eues a subir pendant huit ans, nous autres de Civilisation? — la Phalange? Elle a besoin de tout; il lui faut des agronomes, des mecaniciens, des professeurs, des artistes, des savans, des poetes, des administrateurs : il lui faut des homines serieux, profonds, tenaces, suivant et poursuivant une idee, une ceuvre , une invention; il lui faut des hommes gais, actifs, legers, remuans, se melant a tout, voyant lout, portant la joie dans les Groupes : il lui faut les natures devouees, bravant les dangers et les repugnances industrielles, fortes el s'animant aux obstacles; il lui faut les natures dedicates, nuancees, scru-

puleuses, perfectionnant toutes choses, raflinant toutes choses, exigeant en toutes choses le fini, l'art exquis, le gout pur; il lui faut ceux qui aiment a tout commencer et ne rien finir, ardens au debut, et lachant pied bienlot apres; il lui faut ceux qui blament tout ce qui n'est pas commence et ne s'engagent qu 'apres les premiers pas; il lui faut ceux qui n'aiment que Gnir, achever, donner la derniere main ; les ebaucheurs ou metteurs en ceuvre , les occasionels et les finiteurs; natures complementaires, — inutiles, absurdes, malheureuses, fantasques, tourmenteuses dans 1'isolement des fonclions civilisees, et qui deviennent magnifiques d'action, de puissance, et de riches emplois quand elles se completent et s'emboitent au sein du milieu societaire ! II faut a la Phalange toutes les fonctions, tous les gouts, tous les caracteres; il lui faut pour ses modulations toutes les notes du clavier passionnel, toutes les cordes, tous les timbres et tous les tons; il faut sur sa palette toutes les teintes et toutes les nuances; il faut dans l'Unite la variete infinie.

C'est pourquoi, beaux, joyeux petits enfans, vous pouvez venir dans la Phalange. Venez, avec vos caracteres varies comnxe les couleurs et les parfums des fleurs de ses jardins; venez , tendres

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boutons qui etes tout l'avenir, venez vous epanouir au soleil d'Harmonie, qui dilate et fortifle, qui murit les moissons sans les bruler : venez; il y a pour les jeunes plantes, selon leurs besoins et leurs desirs, l'eau et l'air, 1 'ombre et le soleil.

L'education qui ressort naturellement des convenances phalansteriennes, sera done cette education de developpement qui aide les vocations a pousser, les caracteres a manife&ter leurs dissemblances.

La pieire que vous avez rcbutee esl c«lle dont on fera la tete de Tangle.

Psalm, cxvir. 22.

J'entends dire a mes oreilles : « Mais si les vocations de l'enfant ne conviennent pas au pere »

Ah! vraiment, n'est-ce pas?

Quaud, en Civilisation, une vocation parle, — car il arrive que certaines vocations vives se font quelquefois jour a travers les obstacles, — quand une vocation parle chez un enfant ou un jeune

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liomme, et que les plans de la nature sur ce caractere ne coincident pas avec ceux que son pere a concus dans sa sagesse, on trouve tout simple que la volonte du pere et les convenances de position l'emportent sur les convenances naturelles, et Ton a raison. C'est souvent le jeune homme lui-meme qui sacrifie les gouts qu'il se sent, pour se faire une carriere, un etat, un sort.

Mais qu'y a-t-il de commun entre les circonstances civilisees et les circonstances harmoniennes? Un pere civilise, dont le fils aurait du gout pour la ,maconnerie, et qui peut le faire secretaire d'ambassade, a raison de le mettre dans la diplomatic, dut-il raerae y rester gacheur ; car un gacheur diplomate est encore mieux colloque dans le monde qu'un maitre macon. Comment voulez-vous que cet enfant puisse donner cours a cet instinct, et que ses parens le veuillent? II irait vivre avec des goujats; il ferait scission avec sa famille et sa classe — Enfin, il est clair que , dans les circonstances civilisees, on ne peut pas suivre ses vocations et aptitudes naturelles; d'abord, parce qu'on ne les connait generalement pas, ensuite parce que, fussent-elles connues, l'arrangement des choses ferait obstacle pour le pauvre, et meme le plus souvent pour le riche aussi.

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Dans la Phalange, c'est autre chose : dans la Phalange, vous le savez, toutes les industries, tous les travaux sont honores, honorables, engrenes et compactes. Les fonctions les plus repugnantes, les plus meprisees aujourd'hui, sont les plus honorees dans la Phalange. Ou ce sentiment prend-il sa racine? — Dans l'interet, dans l'interet meme, dans l'interet individuel combine avec l'interet general , dans l'interet corporatit de la Phalange. II n'y aurait pour elle ni richesse, ni prosperite, ni existence meme, si les travaux repugnans, mais necessaires, indispensables, n'etaient pas executes dans son sein. Or, dans les Phalanges, il n'y a plus de mercenaires, de parias, de salaries, plus de ces miserables a qui on ferait tout faire pour cinquante centimes; ce ne peul plus etre la misere qui conduise au travail , mais la passion et I'enlhousiasme ; sans cela , il n'y aurait plus de Phalange. La Phalange tient done les travaux pour honorables en proportion des difficultes, des obstacles, des repugnances qu'ils presentent; elle les paie dans cette proportion, en fortune ou en gloire, C'est exactement 1'inverse d'aujourd'hui.

La masse honore le devouement dont elle a besoin. Toute la societe ancienne a glorifie le soldat qui tue et qui se fait tuer, parce qu elle

avait besom, pour premiere condition d'existe nee, de soldats tuant et se faisant tuer. — Rien n'etait plus caresse , plus flatte, plus honore, plus brillant, que le militaire pendant la revolution et l'empire : alors on avait besoin du soldat; les bourgeois sentaient que le corps du soldat etait le rempart qui les separait des Cosaques et du pillage ; les patriotes comprenaient que le corps du soldat les preservait de l'envahissement et du demembrement. Les laches eux-memes etaient les premiers a glorifier 1'armee.

Aujourd'hui, tous ces gens-la la meprisent, parce que Ton est depuis vingt ans en paix. Oui , je dis qu 'aujourd'hui 1'armee est en defaveur aupres du boutiquier, du notaire, de l'avocat, du liberal, du contribuable, et meme du patriote, qui n'a guere de sympathies dans 1'armee que pour les mauvais sujets, les hrouillons, les pratiques, et ceux des sous-officiers qui voudraient devenir officiers par l'expulsion generate de leurs superieurs qui ne sont pas patriotes, — conformement aux pures doctrines democratiques recues, et qui ne datent pas d'hier. — On defait les Comtes pour se faire Due. Connu. — Or, si domain Nicolas venait avec ses bandes, et qu'il fut d'humeur a faire la guerre en barbare, a piller et ravager quelque peu la France, oh!

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alors, le soldat francais grandirait subitement de dix coudees; il serait de nouveau fete, couronne; il redeviendrait heros , guerrier couvert de laurierSj favori de la glolre 3 /lis de la victoire 3 etc.

Voila le principe. — Dans le regiment ., on peut voir que deja les corvees les plus degoutantes, relatives aux soins et a la proprete de la caserne , n'ont rien de deshonorant. Chacun y passe ; les officiers et sous-officiers surveillent eux-memes; et s'il pouvait arriver dans le regiment discipline , ce qui arrivera dans la Phalange associee, si quelqnes escouades se chargeaient volontairement de ces sortes de travaux, pour en eviter les repugnances a la masse, ces escouades devouees seraient bien vues et honorees par les camarades.

— a Mais, Monsieur, s'il prend fantaisie a mon fils d'etre cordonnier, balayeur, je serai done oblige de le laisser prendre ces etats? » — Que voulez-vous repondre a des objections ainsi tournees, apres toutes les explications que vous avez donnees!... — Si vous ne pouvez pas vous transporter en esprit dans line Phalange, et la voir pour comprendre les effets de son mecanisme, attendez que Ton en ait construit et realise, et laissez ceci. Parce que vous avez le cordonnier,

Jebalayeurcivili.se sous vosyeux, vous transporlez tout cela dans les Phalanges, sans voir que tout celay est change et transformed Vous n'avez done pas compris le mecanisnie des courtes seances, des Groupes, des Series; vous ne vous representez pas la proprete et le luxe d'espece de tous les ateliers; vous ne sentez pas le point d'honneur de toute Industrie ; vous n'avez pas compris que la Phalange est un tout compact, a la prosperite duquel tous travaillent synergiquement , que tons les rameanx, toutes les branches se reunissent an tronc commun, qu'il y a fusion harmonique et convergente de tous les interets et de toutes les forces, que la Phalange proportionne les recompenses et les honneurs aux difficulties et aux repugnances des fonctions , qu'il n'y a plus le mercenaire dont l'un est cordonnier, 1 'autre balayeur, l'autre commissionnaire, plus d'hommesmachines que Ton meut avec un ecu ; mais des Series dont les differens Groupes se sont charges des travaux relatifs a la cordonnerie , aux services de proprete, etc., et qui expulseraient ignominieusement de leursein l'individu qui accepterait unsalaire particulier; que tel qui a passe ce matin deux heures a tailler des bottes dans les elegans ateliers de cordonnerie de la Phalange, vousdonnera le soir a l'amphitheatre une leeon de geometric descriptive , lui savant, a vous ignorant ; que

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tel enfant qui a verni vos souliers, est le fils du plus grand dignitaire de la Phalange , et commande lui-meme en plus de dix endroits; que votre cheval a ete panse ce matin par tel page qui se croit a juste litre de meilleur ton que pas une de nos nullites fashionnables du boulevard de Gand; que les vocations varices des enfans, des femmes, des hommes, elleurs nombreuses affections et relations dispersent tous les societaires indistinctement dans toutes les fonctions reliees el mariees en un seul grand corps; que les debuts industriels qui paraitraient les plus humbles a un civilise, s'allient aux plus grandes choses et auxplus grands caracteres, et conduisent lesHarmoniens auxposteslespluseleves; queLouisXVI, roi de France, n'en est pas moins roi de France, en Harmonie, pour etre un habile forgeron et maconner un mur dans le pare de Versailles; que les fonctions industrielles aujourd'hui reputees abjectes, sont des occasions et des moyens de developpement pour le corps et destruction pour l'espril; que tel enfant que ses gouts conduisent dans les ateliers de tannerie, de cordonnerie , de boyauderie, de boucherie, prendra dans ces ateliers, et dans les connaissances des hommes qu'il y trouvera, les premieres notions de chimie, d'histoire naturelle, d'anatomie, etc., et entrera par ces portes dans telle science ou

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il se rendra celebre plus tard; qu'on devient celebre d'ailleurs a titre de grand industriel , comme a titre de grand artiste et de grand savant speculatif; qu'il n'y a dans la Phalange ni manans, ni rustres, ni goujats, ni aristocrates impertinens; que tout Harmonien de quinze ans est plus instruit, plus adroit, plus habile, et sail mieux vivre que les plus distingues civilises de trente ans; en un mot, qu'il y a lien , engrenage et mariage des fonctions, des Groupes, des industries, ralliement des individns au sein du luxe general, fusion des classes dans l'unite harmonique de la Phalange , et par consequent du monde enlier, ct que le ton unitaire glorifie toute industrie sur la lerre —

Si Ton ne comprend pas ceci, on ne coiuprend pas le milieu phalansterien , et il faul l'etudier. — Si on le comprend, les objections tombent d'elles-memes : on sent que les peres ne sont plus en lutte contre les vocations de leurs enfans; qu 'ils sont enchanles, au conlraire, au fur et a mesure qu'elles naissent chez eux ct se developpent, et qu'ils voient garcons et filles prendre parti dans les industries miniatures* s'enroler dans les Groupes, gagner de lavanccment dans les Series et les cadres de l'enfance. — Quand un enfant, apres avoir fait preuve d'adrcsse el d'ha-

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bilete, et prouve son savoir-faire dans un examen pass*: sur. un nombre d'industries exige, est admis a un Chouursuperieurdontil convoile depuis longtemps 1'enlree, cet avancement est une grandc joie pour les parens, comme pour lui-meme. Les parens lirent vanite de lous les trophees industriels de 1'enfant, quelles que soient les industries; il avance, il monte, il se developpe en sante , en force, en intelligence; il est heureux sous les ycux de ses parens. Que faut-il de plus aux parens? Quel plus grand bonheur pourriezvous reserver a des meres, des peres, a propos de leurs enfans, dans le paradis, quand vousseriez maitre de disposer le paradis a voire gre ?

— Mais ce sera done en toutes choses un paradis qu'une Phalange d'Harmonie? — Ce sera mieux , beaucoup micux du nioins que toutes les descriptions qui nous en ont ete faites. Le paradis, e'est le royaume de Dieu. Quand les lois de Dieu regneront stir la terre , 1'homme aura reconquis le paradis perdu; — ou plutot, au paradis terreslre, etat de bonheur brut des premiers jours, il aura substitue, par sa propre virlualite creatrice, le paradis celeste, e'est-a-dire le regne integral du Bien et du Vrai dans l'ordre physique, dans l'ordre moral et dans l'ordre religieux. Et qui pourrait douter que le reel divin ne depassat

infiniment en splendeur et en bouheur Yideal humain tel qu'il a ele concu dans les epoques de l'affliction et des miseres !

Nous venons de voir que les parens seront bien eloignes de conlrarier les vocations natives de leurs enfants, et que, dans toutes les dispositions propres a faire eclore cei!es-ci , ils salueront les gages du developpement et du bonheur des etres qu'ils aiinent.

§• HI-

L'ordre socielaire se ralliera a la march* naturelle, i|ui est d'eduquer le corps avant I'esprit. Ch. Focrieh.

On sait d'aiileurs, en Harmonie, que c'esl par Je materiel que l'education doit commencer. — La tbeorie c'est la generalisation des faits; logiquement elle ne peut, elle ne doit venir qu'apres les faits. La pratique d'abord, la science apres : soyez soldats et manoeuvrez ; plus tard vous dirigerez la manoeuvre. Un enfant de quatre a cinq ans comprend et parle fort bien sa langue ; il n'a pourtant pas appris la syntaxe en nourrice; vous montrerez les regies quand on saura assez les mots ; vous arriverez aux abstractions , aux speculations, apres avoir parcouru le domaine des realit^s, des experiences. La theorie el la pratique se donnent la main, se soutiennent, s entr'aident ; mais les choses passent par les sens

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avail I d'arriver a 1 'intelligence : a la pratique active appartient done Y initiation. Formez d'abord un corps robuste, agile, alerte, si vous voulez avoir un esprit actif, solide et bien nourri. JNe surchargez pas un enfant d'etudes premalurees, qui aflaibliront son esprit, emousseront son intelligence , debiliteront son corps : vous faites un double mal a cet enfant; vous le tuez au moral , vous le tuez au physique. Rallions-nous a la nature, et toujours prenons-la pour guide; la nature, e'est Dieu.

La nature inspire a tous les enfans, des le bas age, des gouts industriels; ils aiment le bruit des ateliers, le maniement des petits outils. Voyezles aux Tuileries remuer, transporter du sable, creuser la terre et brouetter les deblais. Ils aiment a construire des maisonnettes, gacher du platre ou de la boue, diguer les ruisseaux, etablir des ecluses et des moulinets; ils sont toujours en ceuvre. Vous faites leur bonheur avec un petit marteau, un char, une petite pioche, une petite scie, un petit rateau , un jardinet dont vous leur confiez le soin. — Vous faites leur desespoir avec vos livres.

C'est done la nature qui a voulu cela. Elle a voulu que le corps se format et se fortifiat , avant

tout, par des exercices materiels; elle a donne aux enfans des vocations qui les entrainent a I'air, tpi les poussent auniouvement, a Taction, parce que l'air, le mouvement, Taction, leur sont choses bienfaisantes et necessaires. Elle ne leur a pas donne les gouts sedentaires qui conviennent a Tetude reflechie que vous leur imposez avant le temps. Quand vous assujetissez la nature mobile de Tenfant a un travail qui exige le calme, la meditation, et que Tenfant se revolte contre vous, qu'il ne vous ecoute pas, qu'il vous nargue et vous maudit, qu'il macule d'encre son livre et en dechire les feuillets, c'est lui qui a raison et vous qui avez tort, car il se defend contre vous qui Tattaquez. — II est fort sot de se plaindre des enfans en pareillescirconstances, et dedire qu'ils sont paresseux. Quand vous vous plaignez de ce qu'un enfant n'aime pas Tetude, c'est tout juste aussi raisonnable que si vous vous plaigniez de ce qu'il n'aime pas Teau-de-vie. Attendez. Plus tard, il sera homrae a suivre deux heures, sans distraction, la raerae pensee, et a boire une bouteille de rhum avec vous. Vous voulez avoir les graines avant les fleurs, et les fleurs avant que les tiges n'aient leve. A chaque chose son temps. Ne bouleversons pas brutalement toutes les convenances, a la maniere des infames coutumes et des odieuses institutions civilisees.

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