‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 101 sur 134 · HABHONIE. LIV. III. GH. VI · texte numérisé non relu

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lable dans la commune fut mis sur les deots. La manie de destruction était devenue uoe affaire d'esprit de corps, et de point d'honneur pour toute la gent gamine du village ; cette manie sëtait élevée de l'action individuelle à l'action corporative. Les menaces ne servaient pas plus que les exhortations , les exhortations pas plus que les menaces; la loi, la morale, la crainte, toutes les choses les plus saintes, rien n'y faisait : les arbres étaient pelés, brisés, rasés, à mesure qu'on les mettait en terre. On y avait renoncé.

Mais voilà qu'une idée vient au curé du village! Il demande au conseil municipal la concession de quelques arpens du terrain communal pour Caire son expérience. Il rassemble la légion destructrice sur ce terrain , et lui apprend comment elle va devenirpropriétairededeux à trois arpens de jardins et de vergers, si elle veut défricher, planter et semer ce terrain sous sa direction. Le curé fut très-bien compris de sa petite armée, qui , sans plus de délibération , se mit à l'œuvre. On commença par enlever les pierres ; \es petits emportaient les petites, les grands les grandes; ils se réunissaient quatre et six pour pousser les plus fortes. Bref, la place fut nettoyée. Le bon curé fit distribuer des instrumens et arma sa légion comme il put ; les défrichemens commen-

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cèrent avec ardeur ; on eut des permissions pour enlever dans les bois des plants, que Ton arracha en bon ordre , et qui furent mis en terre, arroses et soignés avec intelligence et passion par toute la bande. Tous ces travaux étaient des fêtes et d'ardentes fêtes pour ces enfans; si bien ils prirent goût et parti pour les plantations, qu'ils travaillèrent très-activement à celles que la commune recommença sur ses routes, si bien encore que ce sont eux, maintenant, qui font l'entretien, la surveillance et la police de ces plantations ! — Ces enfans étaient-ils destructeurs, destructeur s-nés , destinés à la destruction? Q»e fait a été rendu public il y a quelques années; tous les journaux l'ont répété ; je regrette de n'avoir pas retrouvé dans mes notes le texte même du journal du lieu , qui le premier l'avait rapporté. Au reste, je n'ai choisi ce fait qu'à cause de son authenticité, car j'en aurais mille analogues à dire ; et quiconque sait observer et observe un peu les enfans, peut en voir de semblables tous les jours. Mais cela n'empêche pas les sottes idées de demeurer dans les cervelles où elles sont logées ; cela n'empêche pas de débiter toutes sortes de niaiseries sur les prétendus mauvais penchans natifs de l'homme; cela n'empêche pas de calomnier sans cesse les malheureux enfants, et, qui pis est, de les laisser dans les tristes conditions où ils se trouvent; —-quitte à

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les y écraser de sermobs inutiles» de morarei absurdes et de dures punitious. Parirre^ enfant, que vos pères et vos maîtres sont sots !

Je dis que persister avec un entêtement aveugle dans les vieiHes mauvaises idées, fermer l'oreille aux paroles si claires de rexpérience et des faits 9 abandonner, sans intelligence et sans pitié, Tenfance aux conditions douloureuses, aufx influences subversives, et ne savoir que la calomnier et la punir ; je dis que cela c'est plus voisin de la brutalité que de Thumanité ! encore fais-je tort aux brutes, car les brutes réchauffent, défendent, nourrissent leurs petits, et ne les calomnient ni ne les punissent.

Lès enfans ont besoin dèfaife et d'agir 2 vous ne leur donnez rien à faire, rien qu'ils puissent aimer à faire j'entends , et puis vous vous étonnez qu'ils défassent! ah! vous vous étonnez que les enfans brisent et détruisent par raison d'amusement, dans un état de choses si harmonique que les pères s'y organisent par bataillons et corps d'armée pour briser, détruire, brûler et tuer par raison d'utilité! vous entravez la nature , voi:s mettez des digues au ruisseau, et vous vous étonnez que la nature brise les entraves, que le ruisseau emporte les digues! le ruisseau n'est pas

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mauvais ruisseau, ruisseau destructeur, parce que les digues font monter ses eaux, et que ses eaux renversent les digues ou passent par-dessus. Ouvrez-lui un bon et libre cours , utilisez sa force et sa vitesse, usez de ses eaux, il deviendra source de richesse au lieu d'Être instrument de dégât; soyez intelligent avec le ruisseau, il deviendra bon ruisseau. — Nous tiendrons désormais pour certain, jusqu'à preuve du contraire , que la nature de nos enf ans est bonne, de la façon de Dieu, et que pour les facultés de l'âme, aussi bien que pour celles du corps, la tâche de l'éducation harmonienne est toute à favoriser le déyeloppement. Après la culture purement sensitive des deux premières années , nous voici donc amenés à l'époque où les vocations commencent à éclore : avisons à résoudre ce nouveau problème.

Il est dans l'œuf un germe; il est de la nature de ce germe d'éclore ; mais Técloslon n'aura lieu que si l'œuf est placé dans une température convenable. Il est dans l'enfant de nombreux germes de facultés industrielles, de nombreuses vocations ; mais ces vocations ne sauraient éclore si elles ne sont environnées des circonstances favorables à leur éclosion.

Si l'intelligence de l'homme est servie par des

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Organes, il faut que les organes se formenl d'abord. Il est donc logique que les exercices du corps, qui fortifient et développent le corps, précèdent chexTenfant les exercices de l'intelligence. La nature a dû spéculer ainsi et distribuer à l'enfant des Attractions proportionnelles à cette marcbe , conséquentes avec ce principe. L'Edu* cation harmonienne , conforme à la nature , se prêtera donc à ces Attractions, et laissera au développement matériel, aux exercices du corps, une salutaire prépondérance sur ceux de l'intelligence , dans les deux premières phases de Tenfance. C'est le meilleur moyen de travailler au développement postérieur de l'intelligence, que de préparer convenablement les organes qui doivent la servir. Chaque chose en son temps ; les bourgeons d'abord et les feuilles, puis après, les fleurs et les fruits. Vous étiolez, vous tuez la plante, si vous Tassujétissez à des procédés artificiels pour la contraindre à intervertir l'ordre naturel de son développement. Préservez, soutenez, arrosez, nourrissez, voilà votre lâche.

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ÉTUDE DES PRINCIPAUX RESSORTS d'ÉCLOSION DES

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