‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 100 sur 134 · VOCATIONS · texte numérisé non relu

VOCATIONS

Des ressorts d'èelosion (i).

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Si ?eus loubaites la liberté pour voos , cfcefdMi4a dem la Loi «foi la donnera i lïamaBité entière

CiauiN Vmovuiix.

Nous ne nous sommes occupés jusqu'ici, comme on le voit, que de la première partie de Tédu-

(i) La mëUphore, restons d^êciosion^ qui, »a premier as|>eci, pctal choquer un puriste, dericat légitime cbns l'application quVUe va recevoir ici.

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cation de la Basse-Enfance, de cette époque où ia vie n'est pour ainsi dire que végétative. Nous avons montré quelles étaient ]es conditions de bonne culture pour la jeune plante. Jusqu'à deux ans, l'éducation se borne à calculer ayee intelligence et à réaliser avec sollicitude toutes les con-^ venances de développement de la vie sensitive ; jusque-là , elle pourvoit aux besoins, et veille sur la santé. Elle nourrit et préserve, elle seconde la nature en l'aidant à former les sens. Voici donc que quand l'âme s'éveillera, elle s'éveillera dans un corps sain, apte à la vie, et préparé à s'assimiler le maximum des forces que la nature a réservées à sa constitution organique. Et plus tard, quand la force et l'intelligence seront développées chez l'enfant , quand il aura les yeux bien ouverts à la vie, il entrera dans le jeu de l'activité générale , il sera , comme tous les autres élémens mobiles autour de lui, attiré par ses puissances naturelles, emporté par les forces qui parleront alors en lui, et le conduiront elles-mêmes, dans l'œuvre de l'Harmonie sociale, à tous les actes correspondans à ses prédispositions individuelles^ Une fois l'enfant entré dans le courant de la vie active, ce sont les circonstances de cette vie qui font son éducation ; il se développe en marchant dans le monde , et se mouvant dans sa liberté*.

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Mais Teufant ne passe pas brusquement de l'état passif où pous l'avons laissé, à l'état actif doot nous parlons. Son âme ne s'éveille que graduellement; la conscience de ses facultés ne peut lui venir qu'au fur et à mesure de leur développement. Ainsi 9 entre le moment où l'enfant aura lui-même l'initiative active dans la conduite de •a vie , et les temps de passivité où la force dirigeante lui est tout extérieure, entre ces deux époques se trouve une époque fort intéressante» caractérisée par le passage de la vie végétative et purement individuelle, à la vie sociale; l'époque de l'éveil progressif des facultés, de la conscience, de la liberté. Cette importante transition correspond à la seconde partie de la i". phase de l'éducation , qui renferme les deux derniers termes de la Basse-Enfance, savoir : les Lutins ou enfans de n à 3 ans, commençant à essayer leurs forces; et les Bambins ou enfans de 3 ans à 4 ^d^ i/^ ' commençant déjà à les employer ; — les premiers ne figurant pas encore dans le cadre d'activité, les seconds y intervenant déjà quelquefois , et formant pour cette raison la Tribu de fransction.

Or, évidemment, le problème d'éducation qui se présente pour celte nouvelle classe d'enfans, c'est le problème de 1 bclouoh des tocahoiis.

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Nous avons suivi le principe souverain de nous rallier à la nature ; c'est de ce principe seul que nous avons déduit les lois du régime des deux premières années de l'enfance ; nous avons vu que le vrai et bon régime était celui qui se ployait facilement aux exigences de toutes les individualités. Le régime que nous avons décrit est bon et intelligent, parce que, au lieu d'imposer des lois arbitraires, indépendantes de la nature de l'enfant, il en épie, au contraire, toutes les exigences, pour y conformer ses lois. — Abandonnerons-nous ici ce principe ? Voici l'âme qui s'éveille ; elle^ sommeillait tout à l'heure. Tout à l'heure que le corps seul vivait, il était sage de demander à ùe principe les conditions du développement. Maintenant que l'âme vient vivre avec le corps, n'écouterons-nous pas les désirs de Târae , comme nous avons écouté les besoins du corps? La nature humaine serait-elle plus digne d'être écoutée, d'être prise pour boussole dans les besoins du corps que dans les attractions de l'âme ? et faut-il croire que l'harmonie de la nature humaine est détruite à l'avènement de l'âme? Non, certes non. — Nous avons vu qu'il fallait prendre pour guide les besoins de la vie corporelle , quand il n'y avait encore que la vie corporelle ; à présent que la vie animique va venir, nous prendrons pour guide les indications, les besoins, les désirs^

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de cette vie nouvelle. Et màiotenant la tâche, toute délicate qu'elle soit, n'est plus ingrate comme aux premiers temps. Les indications de la nature deviennent claires, faciles à saisir; car i enfant, maintenant, va, vient, comprend , parle, aime et rit. Ecoutons donc la voix de nos enÊms, préparons pour eux une éducation convenante à leur nature , afin de pouvoir, au [sein de l'Harmonie , à ces tendres créatures si longtemps opprimées, octroyer aussi la belle ubebté. Voici que les premières plumes sont venues à nos jeunes couvées; voici qu'elles battent déjà l'air de leurs ailes; or, les ailes sont faites pour les champs du ciel, et les plumes brillantes ne doivent pas s'arracher aux barreaux des cages odieuses, s'y ternir, s'y ronger, et y pourrir dans les ordures! L'air donc, le soleil et l'espace aux couvées du printemps! A nos beaux enfans, que la vie et le plaisir provoquent, le ciel et la liberté !

* Vous voulez donc qu'on laisse faire aux enfans tout ce qu'ils veulent; toutes les sottises imaginables!... Est-ce qu'il n'est pas connu que les enfans sont indociles, désobéissans, menteurs, paresseux, destructeurs?... Nierez-vous que les enfans ne soient pas possédés de la manie de briser et de détruire, etc., elc • Ceci est l'objection inévitable, et je vous assure que, même

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ici , après tout ce qui précède, elle sera mille fois présentée. Or, je réponds :

i"". Que l'enfant ne sera pas désobéissant quand on ne lui commandera rien , ce qui est le cas général en éducation harmonienne. Quand vous n aurez plus à lui défendre ce qu'il aime, et à lui imposer ce qu'il n'aime pas, il ne sera plus déso* béissant ;

â^ Que l'enfant n'étant pas paresseux pour s'amuser , il travaillera quand vous aurez su rendre pour lui le travail amusant;

3^ Enfin, que l'enfant ne sera pdis destructeur quand il sera occupé, ardemment passionné pour Tindustric ; de cela, voici la preuve.

Dans je ne sais plus quel village du département de la Meurlhe, résolution fut prise au conseil mu. nicipal de planter d'arbres le bord des routes de la commune. Les plantations furent faites. Les enfans du village les détruisirent. On répara les désastres, on planta sur nouveaux frais, et la commune prit ses précautions contre les enfans ; mais ce fut bien inutile. Maire, adjoint, maître d'école, gardes champêtres, tout le personnel du pouvoir, tout ce qu'il y a d'officiellement respec-

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