Il renverse les mets , souille tous ses vêtcmens
5. Il se brûle ; il ne sait pas manier le feu ; on est forcé ^ lut en interdire même les approches.
4. On n'a , dans une cuisine civilisée , ni gardiens , ni instructeurs, ni moyens pour le façonner au travail. ,
5. L'enfance serait dans nos cuisines en trop petit nombre pour y opérer par Séries de groupes , distribution hors de la- (juelle tout enfant est transfoimé en vandale.
6. Les menus travaux , comme plumage , épluchage , pelage , etc. , ne fournissent pas chez nous des masses d'ouvrage auxquelles on puisse affecter des groupes r^ulièrement équilibrés.
7. Nos cuisines manquent de la branche de confection en&ntine ; elles ne préparent pas les trois sortes de chère : Majeure pour hommes , tnineure pour femmes , neutre pour enfans , et pivotale ou commande.
» X Enfin , la cuisine serait pour l'enfant une école de dépravation , par les sottes complaisances des domestiques , et les accidens fâcheux qui souvent en seraient la suite.
» Ainsi la première école de Tenfant, b cuisine, lui est interdite en Civilisation. Je la place au premier rang, parce que U stimulant y est plus fort que partout ailleurs. La cuisine exerce en lui Tesprit et les sens ; car, au charme du mpbilier miniature qu'il trouve la comme dans d'autres ateliers , se joint l'influen^ç de la gourmandise , passion très-généralement dominante chez les enfans de deux premières phases, 0 k 9 ans.
u Sans doute ils ne sont pas friands de viandes ni de ragoûts ; mais sous le nom de cuisines séri aires, je comprends tous les ateliers de comestibles , entr'autres ceux de confiserie , fruiterie , II. 34
530 âÂKHONlt. LIV. Ht. CE. vit.
laiterie , qui sont les lieux les plus attrayans pour Tenianc ; la i)outique du confiseur est pour lui le paradis terrestre ; et c'est ao Séristère de confiserie , annexe des Cuisines , qu'est la première école des poupons et bambins. Le jardin, éminemment utile ^ Téducation de Fenfant , est en chômage une partie de Tannée ; la cuisine est constamment en activité.
» Parvenu k rage de raisonnement, aux cbœurs des séraphins, 6 1/2 k 9 ans , il apprendra aux cuisines mieux que partout ailleurs , la progression nuancée ou échelle des iantaisies dont se composent les trois corps d'une Série; il y prendra parti après option raisonnée , et il en épousera quelques rivalités.
u Gonune les intrigues de bonne chfcre sont les plus puissantes sur Tenfisint tout dévoué au sens du goût, on s'efforcera de rendre la cuisine attrayante pour le jeune âge , l'enrichir d*un mobilier bien adapté aux travaux de Tenfance , et tot^jours distribué en triple échelle, grande, moyenne et petite, avec nuances dam les trois divisions pour safisÊûre tous les goûts.
» Ce n'est pas un appât pour un en£int actuel , que de voir un rôti k la broche; mais c'est une amorce pour les eofans d'Harmonie, que de voir les broches nombreuses, disposées autour de trois feux saillans qui alimentent sept on neuf genres de broches. An grand feu , les grandes broches et fortes pièces ; au moyen feu , les pièces moyennes; au petit feu , le menu rôt, les brochettes.
M Cet assortiment fournit des fonctions pour tous les âges. Les chérubins soignent les broches sous- minimes d'alouettes , becfigues et oisillons, placées en étage sur l'un des cotés du petit feu, ou les séraphins soignent les broches sur-minimes , contenant cailles , grives et pigeons.
»> Les lycéens et gymnasiens surveillent, au moyen feu, les deux ou trois espèces de broches à volailles et pièces de moyenne force.
M Enfin , les fonctionnaires adolescens surveillent , an grand feu , les broches de grandes pièces.
ÉDUCATIO]^ H ARM. — 3". DÉVELOPPKHENS. 53 1
» Celte distribution échelonnée (i) amorce Ten&nt; elle ne lui plaît qu'autant qu'elle est graduée par nuances, et qa*il peut y jouer en petit le rôle de singe ou imitateur de ses aînés.
» Je n'étends pas la comparaison aux ateliers de confiserie et fruiterie : leur aiEnité avec les goûts de Tenfance est si connue, qu'il convient de s'attacher, dans la théorie , aux branches les moins attrayantes, comme le four et la broche, que j'ai dû préférer par cette raison.
(i) Par exemple, un grtnd four de pâlUsier, bien noir, bien malpropre, et garni de |rriiIons sifllans, ne Murait plaire ni aux enfans, ni aux hommes. Si nous supposons, au lieu de ce sale atelier, trois fours iné^ux, ornés alentour de marbre noir, pour éviter le noircissement causé par la fumée ^ si chacun des trois fours est adapté aux pâtisseries de diverses grandeurs, les groupes d^enfans seront cbarmcfs de faire cuire au troisième four les petits pâtés, petits gâteaux, mirlitons et menus objets qu'ils auront préparés. Leur intervention offrira triple avantage :
Exempter les hommes faits d'un ouvrage auquel suffisent les plus faibles enfans*,
Former ces enfans au travail , à Pécole d^hommes exercés \
Ménager à ces mêmes hommes une rivalité piquante, en ce quelle sera exercée par les enfans, leurs inférieurs.
Ainsi le régime sériaire ou industrie progressive crée pour les enfans une foule dUppâts dont le travail morcelé n^oflre aucun germe. Nos travaux ne sont jamais assez étendus ni assez gradués pour comporter Péchelle d^ateliers en degré septénaire ou novennaire. Tout Séristére offre celte variété nuancée, au moyen de trois laboratoires de genre , subdivisés en deux ou trois laboratoires d^espéce.
Une telle échelle ne peut, se former régulièrement que dans une association très-nombreuse , comme une Phalange de grande Harmonie à i5 ou 1600 sociétaires. On ne pourrait pas établir cette graduation dans une Phalange d^ordre simple, de 4 â 5oo personnes ; encore moins dans une petite réunion de ao ou'3o ménages, qui ne sauraient fournir les assortimens de passions nécessaires.
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groupes de faisanderie et d'œilleterie , veut apprendre a lire pour s'introduire \ la bibliothèque , et y voir les gros livres qui contiennent tant de belles images, Nisus Eût part de ce projet k son ami Euryale , et tous deux forment le noble complot d^apprendre \ lire. Une fois Tintention éreillëe et manifestée, ils trouveront assez les secours de l'enseignement : mais 1 e'tat sociétaire veut les amener k demander VinstruoHon ; leurs progrès seront trois fois plus rapides , quand Tëtode sera tra/vail d'attraction, enseignement sollicité,
o Ici j*ai mis en jeu Tun des goûts Êiyons de Ten&nce, le goîit des gravures enluminées , représentant les objets auxquels Tenknt s'intéresse activement par connexion avec ses travaux.
M Ce ressort parait suflisant pour éveiller Tid^ d'apprendre k lire : analysons mieux Tamorce , et distinguons- y un mobile bi-composé , double en matériel (M) et double en spirituel (S).
» M. i*. L'impatience de connaître Texplication de tant de belles images.
» M. a*. Lo rapport de ces gravures avec les animanx ou végétaux qu'il soigne de préférence.
» S. 5°. L'envie de s'élever du sous-chœur des mi-chérobios au sous-chœurs des hauts chérubins , qui ne le recevront pas s'il ne sait pas lire.
» S. 4°. Les ironies de plusieurs des hauts chérubins qui, sachant déjà lire , se moqueront du retardataire.
» Mettez, en jeu ces véhicules d'attraction bi-composee , et le succès sera aussi prompt qu'il serait lent et douteux û on recourait aux mobiles civilisés, k Tordre du père et du pédant, aux pénitences et châtimens y aux faibles appâts de quelques méthodes actueUes , dont la plus vantée , le mutualisme, n'atteint pas même au véhicule composé , encore moins au bi-composé.
» Pareille méthode régnera dans les diverses branches d'étude ; écriture, grammaire, etc. On y entremettra toujours l'amorce bi- composée, les refus concertés et ruses innocentes pour éveiller l'émulation. Elle ne peut naître que sur les brandies d'études analogues aux travaux que l'enSuit exerce passionnément.
ÉDUCATION HARH. — 3*'. DÉVELOPPElfENS. 535
C'est donc en tout sens par &e matériel d'industrie que doit commencer son éducation; et rien n'est plus mal entendu que la méthode simpliste des Gyilisés , qui veulent faire de Tenfant un géomètre , un chimiste , avant de Tavoir amorcé aux fonctions propres^ éveiller en lui le désir de connaître les mathématiques et la chimie , et de combiner ces théories avec la pratique par ou il a débuté.
» C'est donc aux jardins et basses-cours , aux cuisines et k l'Opéra que doit commencer l'éducation de Tenfant; il ne doit passer \ Técolc que pour y étendre les notions dont il a déjk pris ime teinture confuse en exercice industriel. »