‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 123 sur 134 · ÉDUCATION H ARM. — 3'*. DÉVELOPPEMENS · texte numérisé non relu

ÉDUCATION H ARM. — 3'*. DÉVELOPPEMENS

morcellement industriel , pourrait -elle adapter le mode mesuré à l'industrie générale?

En Harmonie 9 lemploi du mode mesuré est un fait qui dérive de l'essence même des conditions industrielles. Indépendamment des grands travaux extérieurs des armées industrielles de tout degré, la plupart des travaux intérieurs un peu considérables 9 comme les vendanges , les moissons, les fauches, les labours, les constructions, la direction des grands troupeaux, et cent autres opérations , s'exécutent journellemeiit , ' dans le sein de la- Phalange, par mouvemens de masses manœuvrant en mode mesuré. Le mode mesuré est le mode puissant, le mode industriel par excellence. Il est donc du plus haut intérêt d'habituer les Harmoniens dès l'enfance à ce mode d'action, pour lequel l'homme a d'ailleurs un si grand attrait. L'Opéra, qui réunit, comme nous l'avons vu, tous les genres d'actions mesurées , est donc l'école naturelle et attrayante où l'enfant se façonnera de bonne heure à tous les exercices matériels du mode mesuré ; c'est dans les Chœurs de l'Opéra qu'il acquerra la justesse de la voix et de l'oreille, la précision des mouvemens, l'obéissance passionnée dans les manœuvres d'ensemble, etpar-dessus toutl'amourderUnité, dont l'Opéra harmonienlui présentera toujours l'image:

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« L*Opéra harmooieDy » dit Founer, « est une école de morale en ima^ : c est-Hi qu'on élève la jeunesse k rhorreur de tout ce qui blesse la yéiité , la justesse et Tunité. Aucune faveur ne peut excuser , a TOpéra , celui qui est faux de la voix ou de la meanre , du geste ou du pas. L*enfant d'un prince , dans les figures el les chœurs, est obligé de soufirir la vérité, et les critiques motivées de la masse. G^est k TOpéra qu^il apprend à se subordonner en tout mouvement aux convenances unitaires, aux accords généraux. L'Opéra est donc Técole iiat6riellb d*nnité , îustice et vérité : il est « sous ces rapports , Timage de Teiprit ditin, le vrai sentier de la morale.

» G*est non-seulement en tableaux , mais aussi en relations sociales que rOpéra est sentier d*unité. Par exemple , en &it de langage, quelle honte pour lesGvilisés, qu'avec leurs jactances de perfectibilité ib ne pnissent pas se coiiq[>rendre de yoisiiis ï. voisins , ni régubriser le langage » pas même de province k province d'un même empire, vivant depuis mille ans sous les mêmes lois!

m C'est k l'habitude générale de la scène que les Harmoniens devront en grande partie l'unité de langage et raàne de pronondation r^lée en congrès universel. Tout est lié dans le système des unités; le langage est le premier anneau de cette vaste chajue : sa duplicité acluelle est le sceau de réprobation pour la sagesse philosophique. Ou donc prétend -elle établir l'unité, si elle ne peut pas même l'introduire dans la première des relations sociales , celle du langage , qui entraînerait toutes les autres unités matérielles , et par suite les spirituelles ?

» Nous reviendrons sur rexcellence de l'Opéra comme levier d'éducation et voie de lien amical entre tous les inégaux d'un canton. Avant d'insister suv ce sujet, il faut feire connaître plus amplement les Séries industrielles dont on retrouve l'emblème dans les Séries musicales et chorégraphiques. Aussi l'Opéra serat-il chéri des Harmoniens , à titre d'image du régime social qui fera leur bonheur. Chez nous , il n'est qu'un tableau sans intérêt, sans analogie : notre système social n'établissant qne le règne de

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toutes les duplicités politiques et mondes , quel chamie peut nous ofirir une image matérielle de toutes les unités , dont aucune , pas même celle de langage , ne nous est connue ? »

Nous croirions faire iojure au lecteur en nous considérant comme tenu de lui expliquer que l'Opéra harmonien est tout autre chose que rOpëra civilisé. L'Opéra est la Série la plus gêné-* raie , la plus complète du domaine des beaux-* arts ; c'est une Série si large , que tous les individus de la Phalange y interviennent à quelques titres et pour quelques emplois, car les autres Séries artistiques viennent chacune aboutir à celle-ci , qui les met toutes en réquisition et en action composée-convergente : peintres, musi'^ ciens, chanteurs, chorégraphes, mécaniciens, architectes, poëtes y agissent de concert. Aussi l'Opéra, tant par la vive attraction qu'il exerce sur la jeunesse, que par la réunion active de tous les beaux-arts qui s'y concentrent, devient-il V École souveraine d'éclosion de tous les nobles instincts artistiques que Dieu a déposés avec profusion dans l'âme humaine.

D'ailleurs, et ceci ne doit pas être oublié, les spectacles de l'Opéra harmonien se combinent en tout point avec l'ensemble de la vie harmonienne ; car le théâtre des Phalanges n'est autre chose que la représentation des manifestations de la II. 35

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