‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 124 sur 134 · HAKMONIE. LIV. III. CE. VII · texte numérisé non relu

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grande activité humaine , concentrées daus lear «ssence la plus haute et la plus poétique.

Ces spectacles offrant l'expression brillante et mesurée du mouvement social » entraînent toutes les individualités dans l'œuvre de l'ensemble par la puissance des séductions qu'ils exercent sur la masse, et se coordonnent ainsi au grand concert des actes industriels , au Ton unitaire dont ils donnent le diapason général en mode matériel M. Voilà donc, employée au bien, régularisée pour le bien , cette puissance des grands spectacles sur les masses, puissance dont on ne peut nier l'énergie , et qui, dans noire société, n'est pas réprouvée sans bonnes raisons par la classe religieuse et par la classe des moralistes sévères, puisqu'elle n'entraîne guère aujourd'hui qu'aux dissipations, aux folles dépenses et souvent à la démoralisation. — D'ailleurs, c'est toujours ici le procédé harmonien, qui consiste, non pas à détruire les forces en haine des mauvais effets qu'on en a tirés jusqu'ici, mais bien à les diriger avec intelligence à de bons , à de beaux, à de nobles effets.

(i) Dans un aiurc ouvrage, qui sera consacre à Télude ei à la dcscriplion des hautes harmonies sociales et cosmogoniques , nous verrons que le culte donnera le diapason gênerai du Ton unitaire en mode religieux et spirituel.

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L'Opéra est la Série pivotale en ordre matériel, ou la réunion harmonique de tous les mouvemens mesurés de cet ordre. Nous ayons dit en commençant ce chapitre, que l'Opéra harmonien, c'est-à-dire la grande école du mode mesuré, devait être une haute institution d'éducation ; ce paradoxe est déjà démontré : nous avons dit encore que l'opinion n'était peut-être pas fort éloignée aujourd'hui d'admettre ce que nous avions alors à démontrer; c'est ce qu'il nous reste à faire comprendre.

Ne sait-on pas, en effet, déjà, que c'est pat l'emploi du mode mesuré ^ que nous sommes parvenus à mouvoir nos armées régulières, des armées de deux cent et quatre cent mille hommes? Comparez nos pauvres conscrits, ces jeunes paysans gauches, lourds et sans tenue, qui arrivent au régiment en sabots, avec les soldats qui ont une ou deux années seiïlement d'uniforme, c'est-à-dire avec ces mêmes conscrits après les premiers temps de leur éducation militaire. Certes la différence est grande pour le maintien, la prestesse, le dégagement et l'habileté. Eh bien ! comment celte éducation aurait-elle pu être conduite sans l'emploi du mode mesuré? N'est-ce pas en mode mesuré qu'ils apprennent à manier le sabre , le fusil , le canon , à manœuvrer à pied

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OU à cheval? N'est-ce pas aux sous mesarés des tambours, des dairous et des marches de la musique militaire placée en tête de chaque régiment , que les évolutioDS s'exécutent , que les pelotons et les batailloos accommodent leurs pas et leurs mouTemeos? Et les conmandemeos partis du colonel, transmis hiérarchiquement aux cbefs-^e-bataillon , aux capitaines , et sîmnltanément exécutés sur toute la ligoe, n'est-ce pas là aussi du mode meturé mis en action ? Ainsi , l'on admet bien que l'emploi dn mode meturé, pour l'éducation des troupes et pour U direction des mouTemeos militaires, est la condition même de l'ezbtence de nos grandes armées.

Voici maÏDtenant un autre exemple qui renlie mieux dans la spécialité du sujet que nous traitons. C'est l'exemple des talkt d'atytê. Les salles d'asyle sont déjà nombreuses à Paris, où la pre> mtère a été fondée en i8a&. Allez visiter one salle d'asyle, si vous ne connaissez pas encore ces bons et pieux établissemens ; aucun spectacle « Paris ne vous donnera de meilleure et de plus douce émotion. Le but de la salle d'asile est de recevoir pour la journée tes enfaos, en bas âge, du quartier environnant. L'établissement se compose d'une cour plantée d'arbres, munie d'un auvent spacieux. Quand il fait beau, les enfans

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jouent dans la coar an soleil ; ils se réunissent sous l'auvent quand il pleut. Dès sept heures du matin les mères ou les grandes sœurs amènent les petits enfans à l'Asyle, où ils restent jusqu'à sept heures du soir; on les reçoit depuis l'âge de vingt-deux mois jusqu'à six ans.

Or, vous verriez dans la cour trois cents petits enfans, pleins de gaieté et de gentillesse, jouant, sautant, dansant à la corde et se roulant sur le sable au soleil , — et pour ces trois cents enfans un seul surveillant ! J'ai vu dans la cour de la salle d'asyle de la rue St.-Hypolite, un petit jardinet tout éblouissant de fleurs, et au milieu des fleurs un cerisier nain, pas plus haut que les enfans de trois ou quatre ans, qui jouaient à côté; ce cerisier était couvert de belles cerises rouges, que chacun des enfans aurait pu cueillir en avançant la main. Eh bien ! aucune de ces jolies cerises n'était cueillie, aucune de ces jolies fleurs n'était touchée , toutes ces jolies tentations étaient respectées ! et notez , s'il vous plaît , que ces petits enfans sont bien libres, car souvent le directeur est à côté et reste des demi-heures entières sans paraître. — Mieux que cela! quand de nouveaux enfans arrivent à l'Asyle, sitôt qu'ils s'approchent du petit jardin , ce sont les autres qui leur apprennent quonn'y touche pas^ et aucun

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Et les voilà marchant en mesure sur deux files, toujours chantant en mesure, et chantant, sur un air d'abord, puis sur un second, puis sur un troisième, tous les mouvemens qu'ils font, toutes les évolutions qu'ils exécutent pour aller, en bon ordre, prendre les places accoutumées sur les bancs de la salle. — Le maître donne-t-il un coup de sifflet, tout s'arrête, marche et chant. C'est un silence parfait , vous entendriez une mouche voler. — Quand la mesure reprend, la marche et le chant reprennent. C'est merveilleux.

Je ne décrirai pas la série des petits exercices de lecture, de numération, de mouvemens, qu'on leur fait exécuter pendant deux heures que dure la séance , et qu'ils exécutent tantôt en chantant, tantôt sans chanter, mais toujours régulièrement, toujours simultanément, toujours en mesure. Cela serait trop long à dire ; allez voir la salle d'asyle de la rue St. -Hypolite;- c'est la plus intéressante, parce quec'est la plus nombreuse. Allez la voir, et vous ne regretterez pas votre course, et vous comprendrez ce que l'on peut, sur des masses aussi jeunes , avec le chant, avec le pas régulier, avec le mouvement cadencé, avec un emploi , encore si faible et si confus cependant du mode mesure !

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A côté de ia cour et de la salle des tout petits, il y a la cour et les salles d*école mutuelle pour les grands. Trois cents garçons dans l'école mutuelle des garçons» trois cents filles dans l'école mutuelle des filles, apprennent à lire, à écrire, à dessiner, font de l'arithmétique, de la géométrie et du solfège, sous la direction d'un seul maître et d'une seule maîtresse ! ! Yoilà donc , grâce à l'imitation, grâce au mutualisme, grâce à l'entraînement progressif ascendant , et grâce surtout à un emploi encore fort restreint du mode mesuré, six cents enfans et plus, tenus, gouvernés, instruits sous la direction seulement de trois grandes personnes !

Je dis six cents et plus , car il y a eu quelquefois jusqu'à onze cents enfans présens dans l'établissement de la rue St.-Hypolite. En vérité, il n'est pas permis de fermer les yeux à de pareilles révélations. Représentez-vous seulement ces onze cents enfans passant, isolément chacun, la journée dans leurs familles, et calculez ce qu'ils feront de sottises; que d'ennuis et de désolations ils coûteront à leurs parens; ce qu'ils pousseront de cris, ce qu'ils verseront de larmes ! Aussi le maître de la salle d'asyle vous le dira-t-il , comme il me l'a dit et comme je le savais d'avance : « Il bst bien plus facile d'en tenir et d'en élever

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» TROIS OU QUATRE CENTS, QUE DEN TENIR ET d'eN » ÉLEVER TROIS OU QUATRE. »

Et qu'est-ce encore, bon Dieu ! que la puissance des moyens de nos pauvres salles d*asyle, à côté de la puissance immense , de la richesse exubérante , de la fécondité inouïe des moyens d'éducation de la moindre Phalange ? Yoilà que cependant, déjà, pour les petits enfans des riches, on commence à fonder des salles à l'imitation de celles qui n'ont été fondées qu'en 1828 pour les enfans des pauvres ! — Allez visiter une salle d'asyle, et si vous avez seulement jeté les yeux sur la théorie de l'éducation phalanstérienne, vous en reviendrez Phalanstérien.

Nous ne pouvons plus craindre d'être arrêtés par aucun homme intelligent et sensé, en prenant nos conclusions et en résumant ainsi ce que nous avons établi sur l'Opéra des Phalanges.

L'Opéra est l'Ecole des harmonies du mode mesuré, c'est-à-dire du mode dont l'emploi est le plus fécond, le plus puissant, le plus magnifique dans le domaine de la grande Industrie phalanstérienne.

L'Opéra est l'Ecole à'éclosion des vocations ar^ tistiques et la cause incessante du perfectionne»

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