‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 18 sur 134 · TENDANCES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

TENDANCES GÉNÉRALES

uns des autres, celui-ci seul dans un champ, celui-là seul dans un atelier, disséminés comme on voit la plupart des travailleurs civilisés... non, certes, vous ne pensez pas cela.

Ce seul fait de la liberté des individus placés au sein d'un milieu sociétairement préparé , vous révèle donc que le Groupe, ou réunion volontaire d'un certain nombre de travailleurs^ se substituerait naturellement à la solité, dans toutes les fonctions qui pourraient s*y prêter, c'est-à-dire, dans toutes les fonctions d'industrie active en agriculture, fabrique, ménage, éducation, science, beaux arts, etc.

La nature pousse l'homme aux nombreuses réunions, où elle lui a ménagé l'emploi de son activité, le jeu de ses facultés, le développement de ses vives et nobles affections ;

La Civilisation, elle, trace autour de l'homme un cercle étroit d'intérêts égoïstes, dépourvus de liens avec les intérêts extérieurs ; elle l'enferme au centre de ce cercle, et quand il y est bien enfermé , dûment attaché la chaîne au cou à son métier, à sa fonction, à son travail solitaire, la morale intervient pour prêcher à ce pauvre esclave isolé... quoi? l'amour du travail... oui, elle lui corne aux oreilles qu'il DOIT adorer ce travail abrutissant, odieux, insupportable! — quelle qualification donner à une pareille aberration ?

Ainsi, vous le voyez , ce principe de Morcellement,

MO 0RGA1V1SAT10N. LIT. III. Ctt. I.

dont nous avons si bien reconnu rextrëme malbisuce (|uand nous dissertions sur le matériel de l'éconoimesDrialo. continue ii jouer son nMe subversif dans le mode d emploi d<* I arti\ité humaine en régime civilisé. Notf \v retrou^<)ns dans les relations d'industrie active, livrant rhomme. sans grâce ni merci, aux ennuis moiids de risolement, à rahurissante atonie de la solitè, comme nous l'avons vu précédemment livrant rhomme, ce roi de la terre, à la dent de la misère. Nous le retroovons ici, ce principe fondamental des sociétés subveisives, faisant obstacle aux mouvements des penchants et des facultés, étendant la nature sur un lit de Procuste et honorant l'homine, ccmime nous Tavons vu faire obstacle à la création des richesses , à Tenfantement des éléments matériels du bien-être, et desséchant toutes les sources de la production.

Et vous voyez le i)riucipe d'Association, et les grandes et fécondes dispositions (jui en dérivent, se prêter merveilleusement, au contraire, au développement des affinités , au j(ui (U'^ affections et des facultés, à Tessor des passions corporatives et sociales, qui ne peuvent édOTe ({u'au s(Mn des grandes réunions humaines, dont les prtmiers éléments sont les Groupes.

Mais, avant daller aux conséquences, nous devons légitimer d'abord, [)ar de bonnes preuves, ce que nous avons (lit sur la tendance de la nature au Groupe, — mot tout-à-fait technicjue en science passionnelle , et qu'il faut dès maintenant accepter comme tel. — Nous devons étudier encore les phénomènes qui se manifes-

TBKDAlfCBS 6ÉK<RAIIg. 444

tent dans la formation des Groupes et dans leurs contacts. Ces démonstrations et ces études sont si faciles, (ju'elles consistent uniquement à savoir observer et bien voir ce qui se passe chaque jour sous nos yeux. Nous voulons reconnaître les lois des impulsions naturelles ? examinons les effets de ces impulsions dans les milieux où elles ne sont pas enchaînées et contraintes.

Page 1