HARMONIE. PROLOGUE
VOUS attend au service de Thumanité ! ce n'est plus Fatmosphcre de Civilisation, avec ses lourds nuages, ses odeurs de misère , pesante atmosphère qui décourage, accable, tue. Cest le grand ciel pur, bleu, doré, infini.... On ne se suicide pas à vingt ans, sous ce ciel-ci I
Aujourd'hui on court après les places, on se presse dans les services du gouvernement. — C'est que, si mal qu'ils le soient par rapport aux vœux de la nature, ces services, civils ou militaires, sont organisés ; c'est que, si mal qu'ils soient généralement payés, il y a là pour chacun au moins un espoir d'avenir et de carrière ; c'est que le sous-lieutenant et le dernier des commis rêvent de grades plus élevés, de chances d'avancement; c'est encore qu'il y a dans des fonctions rattachées à un grand ensemble, formant corps et se liant aux intérêts généraux du pays, quelque chose de plus large et de plus honorable en soi, que dans le travail de celui qui ne spécule que pour lui seul, qui n'est lié d'intérêt qu'avec sa famille, qui aune du drap dans son étroite boutique, qui vend de la chandelle sur son comptoir graisseux. Puis, dans les services du gouvernement, le produit du travail, les émoluments sont fixes, réguliers, et soustraits à cette variabilité dont les chances ruinent souvent l'agriculteur , le fabricant, le marchand, isolés et insolidaires.
En Ilarmonie, la solidarité de toutes les branches de production dans la Phalange, des Phalanges dans le département, etc., établie par un système universel d'as-
TON UNITAIRB. 261
surances mutuelles graduées, promet des appointements certains à tout fonctionnaire en toute fonction. Un minimum lui est garanti comme point de départ : de là, il n'a plus qu'à marcher en avant sur les mille routes de fortune et d'honneur que la corporisation régulière des industries ouvre toutes grandes au mérite et au zèle.
Et puis le fonctionnaire des Phalanges n'est plus m SALARIÉ comme le fonctionnaire civilisé. — En Civilisât tion, le roi lui-même n'est qu'un salarié; et c'est pitié encore de voir, à chaque commencement de règQe, comment se débattent et se marchandent les gages de de la royauté. — Aux Phalanges, le fonctionnaire est un associé qui vient, sans mendier, prendre ce qui lui appartient dans le produit général. Ce sont des bénéfices partagés entre gens qui ont concouru. On n'est pas payé par le tiers et par le quart, par un maître, par le peuple, par le roi. On prend sa part, sa part à soi. Dans la récolte des fruits du travail, il ne reste plus ni trace, ni vestige de servitude : pas plus que dans l'œuvre du travail elle-même, où la liberté individuelle est parfaite, où l'on embrasse les fonctions qui plaisent, où l'on ne se lie qu'à ceux qu'on aime, où l'on n'écoute que ses propres penchants, ses propres sympathies. — Il n'y a plus d'oppression possible. C'est la liberté humaine, belle, forte, sans ennemis, solidement assise.
Ainsi, toutes les industries, toutes les fonctions sont honorées et honorables. Elles s'entrelacent, forment corps et convergent ensemble à la prospérité publique.
S6â HARMONIE. PROLOGUE.
— Vous u*avcz pas pris parti dans les Groupes du labour, dans les rangs du professorat, ailleurs....: Mais toutes ces fonctions sont des branches de Tarbrc , dont le feuillage vous protège, dont les fruits vous nourrissent. Tous ces travaux sont des sources qui viennent mêler leurs eaux au fleuve où vous vous abreuvez. C'est votre Phalange ! Sa richesse, c'est votre richesse. Sa prospérité, sa gloire, vous sont chères, et toutes les Séries forment soutenance entre elles dans les Phalanges, comme les bataillons et les régiments d'un corps d'armée dans un combat. — Et la Phalange est lice à sa province, la province à sa nation, la nation à son continent, et le continent à rhumanitc du Globe, comme l'individu à sa Phalange.
Appreoex , pnèlc qui cherchez un* gloire jtt94|k kî noarelle et inconnue, appren», et dîtes au maai» à quelle destinée il est appelé !
Cl.AftIS«K VlUOUAXl-X.
£t alors que l'humanité a ainsi compris et accepté sa Destinée, il en résulte psir le monde un ton.
Ce ton, ce n'est pas le bon ton de la Civilisation, qui consiste à ne rien faire, à passer toute sa vie comme toutes les nullités et les oisivetés màlcs et femelles, qui se prélassent sur les canapés de Paris et de la province. — Ce n'est pas rc ton-là .
A la guerre, savez-vous, le ton c'est d'être brave, et