‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 48 sur 134 · HÀIHONIB. LIT. I. CB. II · texte numérisé non relu

HÀIHONIB. LIT. I. CB. II

Comme 80D travail est d*uQe extrême simplicité , et qu'il peut y être remplacé par le premier venu ; ccmune lui-mdoie ne saurait , sans un hasard inespéré , retrouver ailleurs la place qu'il aurait perdue, il reste vis-à-vis du maître de l'a* telier, dans une dépendance aussi absolue que décourageante; le prix de sa main-d'œuvre, regardé autant comme une grka que comme un salaire, sera calculé par cette froide el dore économie qui est la base des établissements manufacturiers. Nous trouverons donc partout l'ouvrier-machine, pauvre, servile et sans émulation.

La population dont nous parlons sera pha

exposée que toute autre aux séductions. Pour qui n*a point d'idée , toute idée est une nouveauté , tout conune l'ivresse est prompte dans celui qui n'avait jamais usé de liqueurs fortes. C'est au sein des troupeaux pacifiques que les vertiges font les plus grands ravages. Une foule de stupides se précipite, sous le plus vil des chefs, avec l'aveuglement de Tignorance et l'impétuosité des impressions nouvelles.

On aperçoit en dernière analyse, que le principe de la division du travail fortifie en malignité Tinflence déjà peu avantageuse que la vie manufacturière avait sur le caractère d'un peuple. On demeure convaincu que si ce principe atlont le développement où la cupidité ne cessera de le pousser, il formera une race d'honmies lâche, dégradée, impuissante à rien entreprendre pour la défense de la patrie , et yoisiiie d'excès d'autant plus funestes, qu'elle s'y jettera avec la sécurité de l'innocence, et la profonde incapacité de discerner Fabsurde et Tinjuste.

BÊTBLOPPiaBNT IHTBLLBCTUEL. 985

Plus loin, Lémontey ajoate, dans une note :

Est-ce par imitation, est-ce par Teffet simultané d'une cause générale, que dans nos temps modernes l'homme a soumis ses plus nobles facultés à la même division que les arts mécaniques? Nous sommes frappés d'admiration, en voyant parmi les anciens le même personnage être à la fois, dans un degré éminent, philosophe, poète, orateur, historien, prêtre, administrateur, général d'armée. Nos âmes s'épouvantent à l'aspect d'un si vaste domaine. Chacun plante sa haie, et s'enferme dans son enclos. J'ignore si, par cette découpure, le champ s'agrandit, mais je sais bien que l'homme se rapetisse.

Mais, voilà : vous voyez le mal, vous le dites, vous le faites sentir aux aveugles qui ne le voient pas. C/est bien, mais ce n*est pas tout. Si vous concluez par des sentimentalités sur tout cela, votre œuvre est vaine. Et puis, encore une fois, vous attaquez bien à tort le principe de la division du travail^ qui n'a rien à faire ici. C'est la continuité seule qui, dans votre argumentation même, est en cause. Et voyez la conséquence de votre erreur : en vous en prenant à la division du travail, vous n'avez pas de remède, pas de solution, rien à conseiller I La division du travail est un principe heureux, fécond, productif, qu'il faut savoir employer favorableno^nt à l'industrie et au travailleur. Pourquoi l'attaquezvous ? La division du travail n'empêche pas de varier ses travaux ; au contraire, elle s'y prête éminemment. Si vous aviez dit, <c le vice, c'est le principe de contitinuUé^ 9 — comme vous deviez dire pour être conséquent à votre très-juste critique, — le remède s'offrait

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à vous de lui-mômc : vous posiez que le physique et le moral de riioninie exigent l'exercice de Tlndustrie en séances courtes et variées ; et la division du travail, an lieu d'être pour vous un obstacle, devenait un moyen. Yous avez bien compris, vous avez exprimé la supériorité que donne aux laboureurs et à certains ouvriers la variété de leurs travaux ; pourquoi donc, encore une fois, vous butter contre la division du tra^ vail, qui peut favoriser merveilleusement la variété du travaux?

Et vous aussi, M. Lombard, de la phthisie pulmonaire, j'aurais bonne envie de vous railler pour cette conclusion bizarre et saugrenue que vous mettez au bout de votre bon mémoire : a que les ouvriers devraient al- » 1er chaque jour, en plein air, agiter les parties de leur D corps qui sont en repos dans leur travail, a — Allons, on ne dit pas des choses comme cela, M. Lombard.

Vienne maintenant l'Académie, avec le prix qu'elle oiïre, de temps à autre, à la découverte de quelque procédé sanitaire, applicable à tel ou tel genre d'industrie. Elle devrait laisser là son savant microscope, et regarder avec ses yeux, l'Académie; et alors elle apercevrait que, dans notre régime industriel, toutes les industries sont délétères au corps et délétères à l'âme, et elle proposerait son prix sur l'ensemble. Mais bah ! elle s'en gai^ dera bien. — J'ai vu dans l'incendie de Salins, une bonne femme, — elle avait perdu la tête, — qui éteignait bravement, avec une caraffe d'eau et un verre à

boire, la devanture de sa boutique La maison' et la

ville flambaient.

BÉYSLOPPIIISKT IKTtUICTinBL. 287

Il TMiidrt nn tampi où les peuples d^sebus^ donneront trois soos par léte d'Économiste qu'on leur apportera dans nn panier. Lfo» GoiLur.

Passons à présent au dire de l'économie politique. Cest Transon qui la mène, comme vous allez voir : — un article charmant.

Les économistes confessent tous que si la séparation des travaux est un puissant moyen d'accroître la production et d'améliorer les produits, c'est aussi pour les producteurs une cause certaine d'abrutissement ; et cependant ils ne font nul effort pour trouver une issue à ce véritable cercle vicieux qui ne laisse plus qu'à choisir entre la dégradation de l'homme et l'imperfection du travail. Écoutons à ce propos un de ceux qui ont le plus contribué à vulgariser parmi nous la science créée par Adam Smith : v Un homme, dit M. Say, » qui ne fait pendant toute sa vie qu'une même opération, 2> parvient à coup sûr à exécuter mieux et plus promptcment » qu'un autre homme; mais en mémo temps il devient moins > capable do toute autre occupation, soit physique, soit mo- » raie ; ses autres facultés s'éteignent, et il en résulte une dé- » GÉNEREscENCE dans Vhomvie considéré individuellement. » M. Say montre lui-môme que ce n'est pas seulement l'ouvrier qui dégénère de sa nature par l'application à une fonction unique; c'est encore, diMl, l'homme qui par état exerce exclusivement les facultés les plus d/-liées de son esprit. Mais c^est principalement par rapport à la classe inférieure qu'il s'attache à montrer les fâcheuses conséquences de la division du traraii. « Dans la classe des ouvriers, ditril, cette incapar

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» cité pour plus d*un emploi rend plus dure, plus fastidieuse eC » moins lucrative la condition des travailleurs. Ils ont moiiis » de facilité pour réclamer une part équitable dans la vaknr » totale du produit. L'ouvrier qui porte dans ses bras toot » un métier, peut aller partout exercer son industrie et » trouver des moyens de subsister; Tautre n*est qu'un aco» » soire, qui, séparé de ses confrères, n'a plus ni capacité, » ni indépendance, et qui se trouve forcé d'accepter la loi » qu'on juge à propos de leur imposer. »

Ayant si bien décrit le mal (1), vous croyez peut-être que le docte professeur y va chercher remède. Point ! ce n'est pai son affaire. Exposant les phénomènes de la production, delà distribution, et de la consommation des richesses, il dit ce qui est pour, il dit ce qui est contre, le tout avec une lucidité de style très-remarquable, et il ne s'embarrasse pas du reste. Voici la conclusion finale de son chapitre sur la division des travaux : a En résultat, on peut dire que la séparation des » travaux est un habile emploi des forces de Thomme : > (habile emploi, M. Say ! un procédé d'où résulte selon voasméme la digénéreseence delà nature humaine; habile emplot, un mécanisme qui éteint les facultés do l'ouvrier, qoi lui ôte sa capacité et son indépendance! certes, il y a ici un étrange abus de langage), « qu'elle accroît en conséquence » les produits de la société, c'est-à-dire sa puissance et ses

(1) Transon fait honneur ici à M. Say d*un mérite qui appartient tout entier à Lémonley> dont on retrouve les phrases à peine altérées dans le texle de M. Say. C'est ici de la part du coryphée dt rÉconomfsmc un mérite de pure incrustaUon et non pas de sagacUé personnelle. L'Économie politique, avertie par l'excellente critique de Lémontcy, redis^int des phrases entières de cette critique, et n'en continuant pas moins hardiment son commerce» aux applaadissemens du libéralisme de la restauration, c'est un phénonièM d'inintelligence et de charlatanisme sofllsanunent remarquable!

BftTBIOmnilT HfTKLLVCTOBL. 389

» jouissances (non pas sans doute la puissance et les jouis- » sances de Touvrier), mais qu*ellc ôto quelque chose à la ca- » pacité de chaque homme prig individuellement, » Quelque chosel est un peu bien faible après les aveux précédents de Fauteur; mais je vois bien ce qui a mis son esprit en repos; c'est le n chaque homme pris individuellement. » M. Say avait déjà eu la précaution de nous dire que s'il résulte de la division du travail une dégénérescence, c'est dans fhomme eonsidéré individwllement. (Voir plus haut la citation.) J'entends ; — Les individus dégénèrent ; ils perdent la dignité de leur nature, leurs facilités, leur liberté ! Ce néanmoins LA sociÉré va toujours se perfectionnant. — Cela rappelle un peu ce bon simple qui donnait à perte le détail do sa marchandise, espérant qu'il pourrait se récupérer sur Pensemble de la vente.

Dès l'année 4808, M. Fourior, se garant de l'engouement général qui commençait à gagnor les esprits en faveur de l'économie politique, la signalait comme une science fausse, une illusion, un cercle vicieux, — En 4829, indigné (le voir les économistes réduire délinitivement leur science A une simple analyse du mal existant, et ne chercher aucune voie d'amélioration : a C'est agir, s'écriailril, comme un médecin qui dirait au malade : v Mon ministère consiste à faire » l'analyse de votre fièvre, et non pas à vous en indiquer les j> moyens curatifs. » — Un tel médecin nous semblerait ridicule ; c'est pourtant le rôle que veulent prendre aujourd'hui quelques économistes qui, s'apercevant que leur science n'a su qu'empirer le mal, et embarrassés d'en trouver l'antidote, nous disent comme le renard au bouc : Tâche de Ven tirer et fais tous tes efforts. » (N. M. Ind., page 39.)

Et mamtenmit, s'il est constaté que M. Fourier apporte

le vrai moyen de Hrer du puits le pauvre hère, ne trouvera- II 19

390 HAiMOnis» uv. I. a. ii«

t-on pas qu'il a le droit de remontrer aévèrement les éeoM>' mistes sur la nullité do leur science?

Voici le problème que les économistes devaient rëtoadii^ ou au moins proposer : a Conserver les avantages inoonteiliblés de la division du travail, même l'introduire dans travaux de culture et de ménage, où Tindustrie n'opère que par compliealion la pltu grande, agèeêami à m seul individu toutes les nuances d'une fonction^ et cependant écbapper aux graves inconvénients signalés par M. Say, ii^ convénients inévitables dans les grands ateliers de fabtiqm où l'industrie des civilisés opère par séances de la plus Um§m durée et de la plus grande monotonie.

Le procédé d'industrie sociétaire, exercée en courtes séances et distribuée par Groupes et Séries de Groupes^ satisfait pleinement à cette double condition. Dans U Phalanstén toute fonction agricole, ou do fabrique, ou de ménage, est ao* compile par des Groupes de travailleurs. La tâche ainsi pa^ tagée entre plusieurs se fait avec rapidité, de sorte que, dans une même journée, le même individu peut s'appliquer successivement à des fonctions très^liverses.

La division parcellaire du travail devient la condition essentielle de l'application du procédé; car elle seule peut pe^ mettre d'affecter sans cohue un grand nombre de travailleura à une même fonction. Mais en même temps la courte durée des séances introduit la variété des travaux, et ainsi procore à chacun le développement de toutes ses facultés, la satisfiM)tion de tous ses goûts.

On objectera peut-être que, pour accomplir un travail avec perfection, il ne suffît pas que l'ouvrier n'ait à s'occuper qte d'un simple détail ; que, pgur acquérir ce qu'on appelle dans

DiTBLOfnmiT nfnuMfui.. 9M

les artB U Umr de mam^ il lui làut aussi une longue pratique. — Ceci est un fait incontestable, mais qui n'entraine aucunement la nécessité d'une prcUique en hngues séances. — Quand les riches de la société actuelle veulent acquérir de l'habileté dans quelque exercice de corps, comme danse, escrime, natation, manège, ils ont besoin aussi d'une longue pratique; mais s'il leur fallait danser ou chevaucher tout le long du jour, et toute la semmne, et toute Tannée, ce qui leur est un exercice salutaire leur deviendrait une fatigue insupportable. —11 en est de même de la dexUriiè industrielle, qui n'exige nullement une application exclusive et sans relâche. (Le Fheh lanêlère.)

§ra.

Faites ordonner bm pnrgation à Tootro eumXl» éU y Mra taUnix «i^oyé* «im% Tottro «ttomach.

MoatAian,

Ici, je voudrais bien en avoir fini avec ma thèse : mais, hélas I je sais les objections ; elles oit assez souvent traversé mes oreilles : les voici, bien typées en ma mémoire.

— c Monsieur, un homme ne peut pas être universel ; il ne peut tout savoir et tout foire. »

— Eh ! c'est tout-à-point pourquoi nous proclamons l'impuissance de Thomme isolé, les vices du Morcelle-* ment, la nécessité de la convergence de forces différentes, de l'alliance des capacités divenes, la néceeaité de rAseodation.

99S BAimmi. iiv. i. ci. n.

— a Mais un homme ne peut pas avoir vingt étate, et être habile en tous. »

— Aussi ne s*agit-il nullement de donner à chacoi vingt états. La Civilisation, qui fait tout de travers, tombe dans les deux excès opposés d*extréme simplicité et d*extréme complication. Ou bien elle opère la division parcellaire du travail, c^onime dans ses manniactiires, et alors elle applique la vie d'un homme à une opération qui dure une minute, une seconde, et reoommence toujours. —Ou bien elle n*établit pas la divisk», et alors elle force le travailleur à se charger de tous les détails relatifs à son art, à son métier. Elle oblige un jardinier, par exemple, à savoir et à exécuter tout ce qui concerne la culture de deux ou trois cents plantes différentes ; ce qui est impossible en pratique. L'exploitation d'un domaine quelconque exige, pour être bien faite, une masse de connaissances théoriques et pratiques, en agriculture, en botanique, en physique, en administration, en relations commerciales, etc., etc., qu'au* cun homme ne peut cumuler : hé bien I la Civilisation n'a pour cela qu'un fermier, un paysan ignorant ! Elle jette toutes les affaires, tous les détails d'un métier, d'une profession, d'un état, sur les bras d'un homme. En Harmonie, au lieu d'un jardinier affecté à la cultore de trois cents plantes différentes, vous avez pour cette culture, — faite en grande échelle, bien entendu, — trois cents Groupes. — Il en est de même pour tontes les Industries, et vous ne vous affiliez qu'au nombre de Groupes qui est en rapport avec vos focultés, votre vonioir-faire, et votre savoir-faire.

BttBLOmMtn INTliAMfOBL. 993

— - tf Mais, Monsieur, un homme de génie (Ixm! voici la sollicitude obligée pour Thomme de génie. De quoi on s'inquiète ! ) ne consentira *pas à sortir de son cabinet pour aller travailler à la terre. Il ne se soumettra pas à vivre sous un régime où vous le forcerez à changer de travail de deux heures en deux heures, d

— a Où vous le FOECSRïz! où vous le FORCEREZ !I! c'est ce forcerez qui revient là toujours, exprès pour vous faire damner 1 Eh I génie . ou non, bon Dieu ! qui parle de forcer personne? Si un savant veut passer sa vie dans son cabinet, qui l'oblige à en sortir? qui le force d'interrompre son travail? Qu'il ne l'interrompe ni pour boire, ni pour manger, ni pour dormir ; qu'il travaille dans son cabinet jusqu'à y crever, si cblà lui coifviBifT, est-ce que la forme sériaire s'oppose à cela ? Ce que nous disons, — et cela est banal, — c'est que la nature use et tue l'homme qui occupe continuellement son esprit et laisse dormir son corps ; que la fatigue du travail de tète trop prolongé devient un supplice intolérable ; qu'au lieu d'aller se promener sur une route, dans la rue, dans un champ, de mettre bêtement un pied devant l'autre, à la manière des Civilisés, pour prendre de l'exercice et se délivrer de l'obsession d'une pensée, le savant, après son travail de tête, sera heureux d'aller au travail des champs ou des jardins. Il trouvera là des Groupes ardents, intrigués, joyeux, qui vaudront bien, pour le distraire et l'exercer, le grand exercice, la grande distraction des Civilisés, leur maussade, leur désœuvrée, leur éternelle et insipide promenade I Et certes, qui a travaillé de tète le sait : une

S94 flAMom* II?. 1. Ci* if«

idée maîtresse d'm cervem échaofii iw

incubation de la pensée, c*est nne abominable tartare !

Et quand elle 8*y cramponne et s'acharne, kmqu'elle tous poursuit au bain, dans la me, an lit, pvtout !... qu'elle s'est établie sous le crâne, iiritant, matdant, tenaillant toutes les fibres d'un cerveau qui tinte, c'est à rendre fou de douleur I Alors on la maudit, cette société impuissante et flasque, qui n'a ni charmes m exorcismes, et vous livre ainsi, sans secours et sas aide, anx griffes aiguGs du démon des cruelles insomnies.... — Laplace a exprimé quelque part ces tortures du savant, récriminant de ce que notre société est trop pauvre en mobiles extérieurs capables de faire à cette fièvre de tête ardente. H déclare que, pour quand il avait eu le bonheur de rencontrer quelque forte et valable distraction au dehors, il retrouvait, dans sob cerveau rafraîchi, sa pensée alerte et vigoureuse, et qu'alors, et souvent sans effort et sans peine, il déconvrait ce qu'il avait trop long-temps et vamement poursuivi. — Messieurs de l'objection, accepterez-Tons la réponse de Laplace ? vous paratt-il compétent, et sere^ vous dorénavant tranquilles sur le sort des faonmies de génie au Phalanstère ?

iHiTiuvftttirr immuctOBL. 995

Hors dlMlU, point ûê nkit.

Le QOéfMsme,

Yoid la thèse :

Tout homme a des tarces musculaires et intellectaeiles. C'est donc que tout homme est appelé à user de son corps et de son intelligence, — chacmi, sans doute, ea proportion des doses naturelles de ses facultés.

En outre, l'exerdce doit être proportionnellement intégral ; car si un seul membre, un seul muscle est exercé, l'équilibre naturel des parties dans le tout est détruit. Les sucs nourriciers et la force se portent d'abord sur le muscle dont l'exercice les appelle ; bientôt il y a excès, exubérance monstrueuse, ou fatigue, exténuar tion, atonie, atrophie, — et les autres parties du corps non exercées s'appauvrissent, se débilitent, s'altèrent.

La santé, la vigueur du corps et de l'&me (mens sana tf» oorpore sano)^ sont au prix d'un exercice intégral, équilibré, des facultés de l'àme et du corps. Cela est d'une surabondante évidence. Point d'Harmonie hygiénique sans cela. — Or, il n'y a pas d'exercice intégral équilibré, et par suite, de santé, de vigueur intellectneDe et corporelle, d'harmonie psycho -physiologique dans l'homme, hors du régime des Séries, hors de la loi d'attemance des fondions.

296 HAUIOMIX. LIY. 1. GU. II. -

Admirez à quelles honteuses aberrations la nisoo humaine est pourtant parvenue, en prétendant façonner rhommc à la Ci\11isation'! A mesure que l'esprit se resserre, que rame se matérialise, que le corps se pétrifie, que les populations s'énen^ent, que l'espèce ouvrière,

— car, au milieu de nos fanfaronnades de liberté, il est bien vrai qu'il existe chez nous des espèces , — que Fe»pèce ouvrière, dis-je, s'abâtardit.... leur système indnstriel se perfectionne ! Et quand Thomme est descendu plus bas en rang que la brute des bois, — plus bas, cv elle bondit dans ses bois, forte, libre et fière ! — quand le titre humain s'oblitère et s'efface ; quand ils ont bà l'homme, cheval aveugle, roue, piston, manivelle, oh ! alors, c'est l'apogée de leur perfectionnement industriel!

— Eh ! quelle est donc la valeur de votre Industrie , a elle n'aboutit qu'à la dégradation du travailleur, à l'oclavage et à la misère des populations ?

C'était bien justice, que la raison humaine recueîlltt cette honte, et fût traînée jusqu'au bout de ces monstrueuses conséquences. Qu'il s'agisse d'àmc ou de corps, n'est-ce pas toujours, en effet, de répression qu'elle a l>arlé? N'a-t-elle pas voulu toujours se poser dominatrice, et régenter la nature? L'àmc et ses passions, le corps et son organisme, l'orgueilleuse a prétendu faire tout entrer de force dans le cadre d'acier de la forme sociale et des lois qu'elle avait faites.

Yoyez donc ! quand tout change, se meut et se transforme ; quand l'Alternance est le signe, la manifesta-

de la vie ; quand, dans l'univers inlement pas une molécule en re-

DiTILOPPBHIlIT INTILLICTUIL. 297

pos, et que la fixité absolue d'une seule molécule suffirait pour détruire Tordre général, on veut immobiliser l'homme I.... L'homme, que Dieu a si richement doté d'intelligence, de force, de passions variées, d'infinies facultés, on veut le soustraire à cette loi d'Alternance, mère des équilibres et des hautes Harmonies, loi de vie, avec laquelle un être est en affinité d'autant plus intime, qu'il occupe un degré plus élevé dans l'échelle des êtres ! Mais c est une révolte corps à corps contre l'ordre naturel des choses, contre la volonté de Dieu, révélée par les besoins, les désirs et les Attraits qu'il a mis en nous. Races flétries, dégénérées, souflreteuses, au sang impur ! intelligences éteintes ! torpeur des âmes ! ennuis dévorants ! maladies des corps et des esprits ! déformations des êtres! dégénérescences!... vous témoignez, vous accusez, vous punissez !

Vienne donc la réintégration paradisiaque, le baptême du bonheur, le temps des joies, des plaisirs changeants, des travaux variés, des contrastes infinis! Tienne sur la terre le mouvement, la vie, la liberté I Vienne enfin la loi d'Alternance éveiller les puissances endormies, délivrer les ressorts comprimés, les facultés esclaves.... Hommes ! honmies I jusques à quand vous perdrez-vous donc en des disputes vaines ? Riches de la terre, puissants de la terre, il n'en est pas un parmi vous qui ne puisse sonner lui-même l'heure de la délivrance! oreilles sourdes, intelUgences somrdes, cœurs Munby combien de temps encore faudra-t-il vous jeter la iSirole, et combien de temps vous demander l'épreute.... l'épreure sur une demi-lieue carrée de terrain ?

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