‹ Destinée sociale (volume 4)Chapitre 50 sur 134 · VICES DU SIMPLISME EN ÉCOMOMIB · texte numérisé non relu

VICES DU SIMPLISME EN ÉCOMOMIB

Accusons d'abord le génie moderne sur la manie d* améliorations simples qui se contrecarrent et se neutralisai Tel canton, aidé d*une société d'agronomes, a légèreMit perfectionné une branche de culture : on chante YidoireyA sur quoi ? Sur ce que le bien a fait un pas, tandis que le nâ en a fait dix, par la dévastation des forêts et l'empirisme èi ciimatures. Les modernes se défieraient de pareilles Uloâoi^ si la science les eût habitués à calculer sur l'ensemble ds biens désirables, spéculer sur le tout combiné avec les piF ties; enfin, s'élever du mode simple au composé inlégni.

Observons ce vice de $impliime dans l'ensemble dtf voies et moyens d'enrichissement; puis nous desoendronidi tout à la partie, à la source, qui est la journée de tnraîl.

Il est deux principes constituants du luxe ou richesse :

L'interne ou santé proportionnelle aux âges; L'externe ou fortune proportionnelle aux classes;

La fortune nous assure les jouissances du lux» condi-

Bénéfieef détailiés de la geniim unitaire : greniers^ eeofeif tibUs, fruit* t traneporUf p. 318; — DisHneHon des béméflmim ydnériquee et puiêtaneiels, p. 3&9; — Enormili dti bémâ$099fé^' tifs : trenmpUy cemlupie, millaiple, inftmiiéHmai^ p. 387 1 — et k Poêi-ainbul$f p. 482 du même volume..

BtriLommiffL imiiTSTmiiL. 347

tionnellement, et sauf la santé ou luxe interne, essor complet des facultés sensuelles.

L'économisme composé doit spéculer sur le concours des deux luxes; il tombe dans le mode simple, s'il organise un régime où les deux luxes ne marchent pas de cx)ncert, ne se prêtent pas un appui réciproque.

Le contraire a lieu en Civilisation : Ton y observe que la classe opulente a moins de vigueur que le campagnard, qui, peu rétribué en richesse externe dite fortune, obtient davantage en richesse interne ou santé : on ne voit guère la goutte s'installer dans les cabanes; on la voit fréquemment sous les lambris dorés.

L'ordre civilisé établit de fait un conflit des deux luxes, une scission entre eux, car le luxe interne^ ou santé proportionnelle aux âges, est en raison divergente du luxe externe, ou fortune proportionnelle aux classes. Le riche est moins robuste que le pauvre ; ce qui est en mécanique la plus monstrueuse duplicité d'action. Les deux luxes doivent, selon l'unité, être convergents; chacun des deux doit soutenir l'autre et conduire à l'autre. Quoi de plus vicieux qu'un assemblage de deux éléments qui se contrecarrent! c'est l'image de ces mauvais ménages où chacun des deux époux mine à l'envi la maison.

Telle est parmi nous la' marche des deux luxes , toujours en conflit : l'externe ou richesse entraine à des excès qui altèrent la santé, ou luxe interne; et de même le luxe interne ou vigueur entraine à des abus de plaisir qui compromettent la fortune. Tous deux se détruisent l'un par l'autre : comment nos beaux esprits osent-ils parler d'unité d'action et

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d'économie de ressorte, quand la doplidté règnedans le jei discordant ou simple do ce mécanisme où Ton s'éloigiie de la richesse dans les fonctions qui donnent la santé, et où Too s'éloigne de la ssmté dans les plaisirs que proeura la richesse ? Peuvent^ils nier que le bonheur et la sagesse oqd» tendent dans un ordre de choses qui combiiierail richiMSUt santé, conduirait à Tune et à raoire simultanéiBeal? Mb est la propriété du régime sociétaire.

Un préjugé nous a abusé sur le désordre actnel, oa Ait des deux luxes : on a pensé que la ProiridenoB «nil voulu partager ses faveurs, donner au pâtre et am Sanvifi la vigueur en indemnité de leurs privations. Ge présente une idée de balance équitable ; il n'est pas erroné : ce n'est pas ainsi que Dieu spécule sur la jnslioe; nous verrons à Tarticie du malheur M-coaiposé, qa'il ne vont rien de simple dans la destinée de Thomme, et qu'il ne place pas l'équilibre dans une divergencoi mais dans une ooll1i^ gence d'éléments contrastés.

Tel est l'effet des Séries passionnelles.

Précisons bien ce tort radical de nos équilibrisles wih ciaux, tout aheurtés à spéculer en simple, *8avvMF :

Les politiques, sur la richesse, en négligeant la santé : Les moralistes, sur la santé, en négligeant la nchesse.

Tout étant composé dans la destination humaine, si la masse n'arrive pas aux deux luxes combinément, elle tombera dans les deux pauvretés cumulativement. Cest ce qui a lieu dans l'état actuel, où l'on voit une chute ;

DfTBlOPPnnfT lEfOVSmiL. 9lf

Des GRANDS en pauvreté relative,

en débilité comparative et relie :

l>e9 PETITS en pauvreté réelle,

en débilité relative et obligée (4).

Tels sont les résultats constants de l'état morcelé. Peu importe que les théories prétendent nous conduire au luxe composé, ou luxe interne et externe, ({uand il est notoire que le Civilisé est moins robuste que le Sauvage, et le citadin moins que le villageois ; qu'cnûn Tordre civilisé fait diverger les deux luxes, au lieu de les faire converger, marcher de front.

Voilà Terreur définie en sens général : j'ai analysé jeu shnple et conflit dans la tendance aux deux luxes ; attaquons maintenant le simplisme sur quelque errement spécial ; des-

(I) Elle est obligée, en ce que le besoin de travailler les force à fidre le sacrifice de leur santé dans des fonctions malsaines, des ateliers insalubres, des exercices outrés qui usent de bonne heure les tempéraments, exposent le peuple aux fièvres et épidémies, sans moyens de traitement. Il est donc en dcbilité relative et obligée; et Tien n'est plus faux que ces visions d'équilibre qui placent la santé ehci le peuple en dédommagement des richesses. Il a les germes de santé ; mais il est forcé à s'en priver lui-même, et se précipiter par misère dans les maladies, courir à la mort pour échapper à la liunine.

L'esprit civilisé, tout sophistique, aime à se repaître de eompensaUons illusoires comme celles que Je viens de réfuter. La vérité est que Thomme étant un être de destin bi-composé, doit arriver on au bonheur bi-composc dans l'état de choses voulu par Dieu, ou au malheur bi-composé sous les lois des hommes. C'est ainsi qu'on doit envisager la justice divine sociale : elle est franche quant aux votes et moyens ; invariable dans sa marche composée ; pleine eo bieniUtt comme en fléaux : témoin la peste bi-composéo ou quadruple dont nous sommes frappés aujourd'hui ; enfin, elle est toatà-fût Incompatible avec les escobarderics de contrepoids et de compeosatlon que le sophisme veut lui prêter. « x

3S0 BAftaOHlI. UT. I. €■• III.

cendons du tout à la partie, à la jonmie de IroiMul. Nous allons distinguer sa valeur en degrés multiples, et arguer de ce calcul contre l'Ëconomisme civilisé, qui ne spécule que sur la journée simple ou industrie apathique et réduite au plu bas degré de produit, à la moindre activité possible.

Comment travaillent nos athlètes salariés ? Ils ne cberdwit qu'à esquiver la tâche. Ils baguenaudent si le maître s'éloigne : Touvrage est double si le maître surveille sans relâche.

Un ingénieur me disait d'un travail : « cela n'avance pei du tout, il y a 40 pionniers. — Cependant, répondi»je, 40 hommes robustes. — Bah ! 40 pionniers font de rouvranB comme 5 hommes ; ils travaillent par punition, sans gratification ; ils en font le moins qu'ils peuvent.» Même raisoimement va s'appliquer au parallèle de Gvilisalion et d'Association. Nous allons voir que 40 Civilisés de la classe des maîtres, des bons ouvriers, font de Touvrage comme 5 Ha^ moniens; différence d'un à huit.

Analysons les incidents qui diminuent le produit de ta journiHî d'un salarié : estimons la valeur des ralentissements actuels et des stimulants à mettre en jeu par l'Association.

LEiprit de Propriété aidé de la Vérité.

L'esprit de propriété est le plus fort levier qu'on connaisse pour électriser les Civilisés : on peut, sans exs^ération, estimer au double produit le travail du propriétaire, comparé au travail servi le ou salarié. On en voit chaque jour les preuves de fait : des ouvriers d'une lenteur et d'une ma-i

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ladresse choquante lorsqu'ils étaient à gages, deviennent des phénomènes de diligence dès qu'ils opèrent pour leur compte.

On devrait donc, pour premier problème d'économie politique, s'étudier à transformer tous les salariés en propriétaires co-intéressés ou associés. C'eût été doubler la valeur des journées à gages, et par suite les avantages d'accélération.

Mais les salariés ne composent que les trois quarts de la population industrieuse (compte général établi sur les pays d'esclavage et de liberté). Ck)mment élever l'autre quart des journées, celles des maîtres, au dou])le produit?

Omettant ici les petits moyens, comme exemption de surveillance, retour des maîtres et commis aux travaux qu'ils inspectaient, je me fixe au levier le plus puissant, celui de la vérité qui règne en Association. Il suffirait, en agriculture et manufacture, de la garantie de vérité et fidélité des agents, pour que les chefsentreprissent une infinité do travaux auxquels ils n'osent pas même songer aujourd'hui. J'ai remarqué, en parlant des vergers, qu'on planterait vingt fois plus d'arbres à fruit, si on avait la garantie de n'être ni trompé sur la qualité du plant, ni volé du fruit, obligé de le cueillir en masse et avant maturité ; si on avait de plus la garantie de capitaux à prix non usuraire, comme on Taura en Harmonie, après la chute de l'agiotage.

Ces deux ressorts, propriété et vérité, fournissent déjà plus de moyens qu'il n'en est besoin pour élever la masst des joomées de travail à double valeur; et dans cette hypothèse, imeprovince d'un million d'habitants fournira le produit que peut étonner aujourd'hui celle peuplée de deux millions. n 34

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r pnssAXŒ.

L'ExUnsiùn de la Mécanique wuiltrielU H socUlaîre,

J'en ai cité en menus détails, des produits décuples, vingtoples, et même centuples en quelques branches. En y ajonlant le bénéfice des unités générales et du commerce véridique (avantages dont on se convaincra au 2« tome), on est fondé à doubler en masse Testimation précédente, et Téleter de deux à quatre. Dans ce cas, le million d'hommes en vaudra quatre, ou bien la journée de travail estimée aojoiird'hiii un écu, vaudra quatre écus.

Donnons un exemple partiel, tiré de Tirrigation, branche de mécanique matérielle. Son seul produit peut doubler, en moyen terme, les récoltes de tant de pays chauds, Espagne, Levant, etc., tout à fait privés de moisson lorsque les pluies viennent à manquer. Tant d'autres n'ont que demi ou quart de récolte, faute d'arrosage, et ne cultivent pas les objets que la garantie d'eau leur permettrait d'introduire dans les pentes ou les plaines, si le travail des hauts bassins et des rigoles de pentes était généralement entrepris.

Cependant l'irrigation générale de pentes et plaines, travail do si grand prix, ne serait qu'un des mille prodiges de l'Association : quelle source de bénéfices !

LEnlhouiiasme Sériaire, Fougue de laComposile.

Un travail réfléchi donne à peine, malgré son activité, moitié de ce que produit le travail passionné, d'où naissent la dextérité, la fougue industrielle, et les prodiges incroyables

DtTBLOPPSVBKT IRDUBTRIBL. 3S3

pour ceux mêmes qui les ont opérés. Ce levier suffit à lui seul pour élever un bénéfice déjà copieux par une bonne gestion. Ainsi la journée de travail dont le produit se trouvait quadruplé selon les chances des 4** et 2* puissance, parviendra au degré octupU par enthousiasme composé, levier de 3* puissance : il est attribut permanent des Séries pass., qui se jouent des obstacles: elles élèvent Thabileté, l'activité, â une perfection qui ne peut naître que des passions nobles, dont on ne trouve aucun germe dans les vils ressorts d'intérêt qui stimulent un maître en Civilisation.

4e PUISSANCE.

Le Retour des Improductifs au DravaiL

Quel est aujourd'hui le nombre des travailleurs actifs et positifs? Il ne s'élève qu'au tiers de la population. J'ai prouvé (^f* notice, 2" p.), qu'un ouvrier utile en apparence, ne fait souvent qu'un travail négatify comme le mur de clôture, qui n'est pas produit réel et positif.

Dans le parallèle des travaux de Civilisation et d'Harmonie, on reconnaîtra que nous avons en fonctionnaires nuls ou né' gatifs, les deux tiebs de la population ; savoir :

AabUau ^te ImftobntiiU en ^lotlûatttn.

t ^ i. Armées. | ^ , .

I 4. Femmes. f 5. Fiscaux. S /' S^^T^®"

1 2. Enfants. s e. Manufactures, x ^^' Sophistes.

I 3. Valets. l 7. Commerce. ! 1' 2 : •

* 5 o T«>«^««^ ^ *2. Scissionnaires.

;^ ^ o. iransport. j^

Y Agents de destruction positive.

j^ Agents de création négative.

3di HARVOMIB. LIV. I. CH. III.

Divimn antérieure. Les Parasites dombstiquis.

4"" Les trois quarts des fbuiies de la ville et moitié de celles de la campagne, par absorption aux travaux de ménage et à la complication domestique. Aussi leur journée n*estrelle estimée, en économisme, que le quint de celle de riiomme.

2<> Les trois quarts des enfants, pleinement inutiles dans les villes et peu utiles dans les campagnes, vu leur maladresse et leur malfaisance (1).

3» Les trois quarts des domestiques de ménage, non cultivateurs, dont le travail n'est qu'effet de complication, surtout en cuisine, et la moitié des valets d'écurie, qui n'étant nécessaires que par suite du Morcellement industriel, deviennent superflus en Association.

(1) « J'observais un Jour b enfants employés à garder 4 vaches ; (plus de bergers que de bêles). Que faisaient-ils ? Ils mettaient leurs vaches dans les blés verts et en épi. J'avertis le premier de faire retirer la vache placée devant hii. 11 me répondit : « Ce n'est pas la mienne. > Je fis même injonction au suivant, et j'en obtint pareille réponse. A les entendre, les i vaches n'étaient à aucnn des 5 ber&rers. Je me retirai en haussant les épaules sur nos perfectibilités économiques.

0 On prétend que les enfants de village travaillent beaucoup : rien n'est plus faux. On en Jugera par le tableau des emploU de l'enfance dans l'état sociétaire, où son service est d'un produit su • périeur à celui que donnent les pères en Civilisation, quoiqu'elle se borne à s'emparer des fonctions faciles qu'exercent aujourd'hui les pères ; fonctions qui, une fois envahies par les femmes et les enfants, laissent d'autant plus de marge aux travaux de force, oonune irrigation et autres, dévolus aux athlètes masculins, qu'abeoibent aujourd'hui la complication domestique et la répartition confine des agens. »

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Ces trois classes composant le ménage, forment une division à part dans la série des parasites. Elles cesseront d'y figurer dans Tétat sociétaire, où la répartition judicieuse, l'emploi opportun des sexes et des services, réduiront au quart ou au quint le nombre des bras qu'emploie aujourd'hui l'immense complication des ménages morcelés ou familles incohérentes.

Division iniérieure. Les Pabasitbs sociaux.

4<> Les armées de terre et de mer, qui distraient du travail la plus robuste jeunesse et la plus forte somme d'impôts, disposent ladite jeunesse à la dépravation, en la forçant à sacrifier à une fonction parasite les années qu'elle devrait employer à se former au travail dont elle perd le goût dans l'état militaire.

L'attirail d'hommes et de machines qu'on appelle armée, est employé à ne rien produire, en attendant qu'on l'emploie à détruire. Cette 2" fonction sera relatée plus loin. Nous n'envisageons ici l'armée que sous le rapport de stagnation.

&* Les légions de régie. On voit la seule douane absorber en France 24,000 hommes : ajoutons-y les droits réunis et autres armées de commis, gardes champêtres, gardes<;hasse, espions, etc., enfin toutes administrations complicatives , comme celles de finance et autres, qui seront inutiles dans un ordre où chaque Phalange paiera tous les impôts à Jour fixe et sur simple avis du ministre.

^ La franche moitié des manufacturiers réputés utiles, mais qui sont improductifs relativement^ par la mauvaise qualité des olijets fabriqués; objets qui, dans l'hypothèsa

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