HARMONIE. UT. III. GH. V
des deux premiers ordres de Basse- Enfance. Or, que peasez-Tous du résultat? que pounriez- ▼ous désirer, que pourriez-vous imaginer de mieux? je vous suppose tout-puissant , je suppose que vous allez être obéi par enchantement, que vous n'avez qu'un mot à dire pour que Ton se conforme à votre volonté autour de vous. Qu'ordonnerez-vous de mieux pour l'éducation de la Basse-Enfance? Est-il un système, une méthode, une combinaison plus heureuse, plus souhaitable? — Non, n'est-ce pas» non, de bonne foi, non.
Eh bien ! cette combinaison si belle , si bonne, si intelligente , cette combinaison qu'il faudrait réaliser par des sacrifices , par des réglemens , par des lois, cette institution qu'il faudrait construire à grandes peines, — elle se réalise spontanément, elle se construit d'elle-même , tous ces élémens viennent volontairement se mettre à leur place, au sein des conditions harmoniennes ! qui contestera l'amour des femmes de la Phalange pourlesenfansde la Phalange? pour leurs enfans, pour les enfans de leurs sœurs , de leurs frères, de leurs amis, de leurs amies, de tous les êtres pour qui elles sont passionnées à un titre quelconque ?
Refusera-t-on que le cœur de la femme est
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attiré par un doux et divin magnétisme vers toute douleur pour la calmer^ vers toute faiblesse pour la secourir? est-ce que le cœur de la femme ne la mène pas près du berceau de Tenfant qui pleure, près du fauteuil du vieillard , au chevet de tous l€s malades, « des malades qu'elles touchent sans les blesser? • Qui oserait dire que les petits enfans courraient risque d'être abandonnés, pleurans et malades , et leurs salles désertées par les femmes de la Phalange, parce que le service de ces enfans est devenu un service intelligent , noble, libre et pieux, au lieu d'être un service inintelligent de domesticité salariée , et salariée d'un misérable salaire? Dirait-on encore que les pères de la Phalange, que la Phalange tout entière refusera d'environner de tous les honneurs qu'elle mérite, cette noble et dévouée corporation de la maternité? cette Providence vivante qui veille sur le berceau des générations^ et dont l'œil ne se ferme pas? Non, on ne le dira pas ; non, on ne calomniera pas, on ne blasphémera pas ; — et nous disons ce dernier mot, parce que calomnier le cœur de la femme et l'esprit de l'humanité, est le plus grand de tous les blasphèmes (0.
(i) Mille autres usages aussi ëirsDgers à nos mœurs ont éié conseryés dans le Léonais. Quand une femme devient mère, du pain blanc et du yin chaud sont enyojrés de sa part à tontes les
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Comparons lès choses :
Aajouttl'hiii , nous avons des ènfans, et en grand nombre , abandonnés par leurs pauvres mères , des eiifans liaissés là , exposés ; il noos faut des tours et des hospices d*enfans-troairés pour les recevoir, pour qu^ls ne meurent pas sur DOS routes , sur le pavé de nos mes. —En Harmonie, un enfant serait sansparens, il sorUrait
femmes enceintes do Toisinage. C^est à la fois «ne aanoace et on souhait d^heurense dëlivrance : c^est an repas de communion entre la jeone épouse derenue mère, et celles qui attendeni ce doai non. Dn reste , la naissance est on Mnement rell|pnmi et solennel f enfeonré de mille détails toodians. L'aeoonditfe a anloar d^eUe tontes les jeunes mères du yoisinsge; chacone aollicite comme une grâce la faveur de présenter la première son.seîn au nouTeau né\ otr, à leurs jreuz, Penfant qui fidttl da v<dr le fomr^ est nn an|^ qoi arrive du oiel^ les Urnss innocentes aanotifient le am qnVllcs pMSsent pour la première fois ti portent hokkêurl Cette erojance est si f i?e , que le nou?eau-né passe de bras en liras, et ne retourné sur le sein de celle qui lai a donné le jour, qu*aprèe avoir trouvé autant de mères -qu^il y a de jeunes éponSM. Si par malheur la mort lui enlève sa mère véritable , ne crai|çnes pas qu^il reste sans appui. Le reclenr de la paroisse vient près de son berceau , que les femmes entourent silencieusement, et prend l*en£uit dans ses bras , et choisissant parmi les mères quî'sont là devant lui celle qui lui parait la plus digne de ce dépôt préôcux :
— Tenez , lui dii-il , voilà on fils que Dieu vous donne !
— Merci ! dit la pauvre femme \ et elle emporte Pentet dans ses bras.
Parfois, cependant, lorsque les voisines de la morte sont trop misérables pour qu*ancune déciles se charge senle da nouveau né, il leor reste en commun, et comme nne propriété indifise.
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tout nu de terre , qu'il n'en serait pas moins assuré de soins aussi dévoués , aussi tendres que tous ceuxquî ont des mères. En Civilisation, vous voyez des enfans perdant leurs mères, des mères perdant leurs enfans; — dans les Phalanges, l'enfant qui n'aurait pas de mère trouverait des mères , et la femme à qui la nature refuse des enfans trouverait aussi des enfans.
Chez nous, les enfans des classes les plus nom- Une d'elles le loge, nuit chacuiie a son heure pour le soigner, lai donner son lait. Nous avoDS yu de ces femmes qui se levaient la nnii pour aller à des distances assez grandes pajer ainsi leur impôt de mère, et jamais une plainte n^esi teone frapper noê oreilles.
A Saint-Pol, les nourrices ne commencent jamais à ti%ifr an enfant sans faire le signe de la croix, et elles arroseaid^eau bënite les fanges dont elles Penveloppent.
Du reste, Tespéce de sainteté et de reapéct dont les nations stayages entourent Tenfance, existe aussi dans le Léonais. INul ne passera prés d^une femme tenant un nourrisson sqr ses genoux , sans lui dire avec une inclination de tête amicale :
•^ Dieu vous bénisse !
Si vous négligez cette salutation bienveillante, la mère toos suivra d^un regard inquiet, car vous avez jetë un maut^ais œil sur son enfant; et il n'y a que les amis da démon, disent les £imme8 des campagnes, qui passent devant une nourrice sans lui souhaiter la bénédiction du ciel. Les haines les plus envenimées se taisent également à la vue d^un faible enfant. Il safiit qu^un homme porte son fils dans ses bras pour arrêter le pen^Bas (i) de son pins im|4acnbl« ennemi»...
(Emilv SovyssTEE, Les Derniers Bretons, )
(1) Bètra i têt«.