‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 12 sur 95 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Joxmnit Qinivùlt in moMtmenU

Soyez met gvidM, fille* dn CM et d« la Tem, divine» Harmonirs 1 C'est tobs qui ueenblci et divuez le» élémcnls; c'est tobs qui formrs tous les êtres qui Tcgèteat, et toos oe«x qui respirent. La nature a réuni dans Toe mains le double flambeau de l'exis* tcnoe et de la mort... Tour-à«tour tous donnez la vie et vous la retirez , non pour le plaisir d'abattre, mais pour le plaisir de créer sans cesse. Si vous ne faisiez pas mourir^ rien ne pourrait vivre, si vous ne dctrni»i«c pas. rien ne pourrait renaître. Sans tous. tout »erait oans un éternel repos; mais partout où TOUS fiortez vos doubles flambeaux , tous faîtes naître les doux contrastes des couleurs, des fonnes, des mouvements. Le* amours vous préoèdent , et les gé« nérations vous suirent. Vous agissez sans cesse, an sein de la terre, an fond des mers, au haut des airs.

Baavijioix oa Sr.-Ptxua.

Plusieurt de ces corps (a>rpe célestes— soleils) ont disparu; d'autres présentmt, seulement, des indice* non équivoques d*affaiblissemeut ; d'antres, enfin, au^entent d'éclat. Axaoo.

Nous venons de faire la critique générale de la société actuelle ; cette critique n'a été rien autre chose que 1 observation, la mise en relief des faits , et leur appréciation pratique et rationnelle. Elle nous a déjà dévoilé pourtant 1* incohérence profonde d'un régime social qui a pour effets nécessaires :

7s • CRITIQUE. SECT. II. CHAP. I.

4^ De faire pulluler les agens improductifs et les classes ruineuses, parasites ou destructives ;

2** De ne tirer des travaux productifs , vu leur anarchie et leur caractère de répugnance, qu'une très-faible somme de richesses;

30 Enfin de fomenter dans toutes les relations humaines , entre toutes les classes et tous .^es membres de ces classes , des luttes et des hostilités revêtues de mille noms , dérivant toutes d'une cause primitive , la dîver-

Sence des intérêts sociaux, l'opposition de l'intérêt inividuel avec l'intérêt collectif.

Tous ces vices ont leur source primordiale , dans l'inorganisation de l'industrie et du travail. Les travaux sont exécutés par des méwiges familiaux ; ces ménages ne sont pas reliés entre eux dans la Commune; de telle sorte que la société, l'atelier général qui devrait avoir pour élément intégrant le grand ménage sociétaire^ composé de la réunion organique de trois ou quatre cents familles combinées, ne repose que sur-la base étroite de la famille.

La famille, réunion de reproduction, est restée iosqu'ici la réunion de production industrielle. Or, l'œuvre de la production industrielle doit se faire dans de tout autres conditions pourtant que l'œuvre de la reproduction Je l'espèce : c'est ce dont on ne s'est pas encore • douté, quoique ce fiHt assez simple.

Il est certain que l'organisation des travaux, la régularisation des services , l'assortiment des talents, des facultés, des caractères et le nombre des coopérateurs, sont des conditions nécessaires pour bien faire Topuitc industrielle. Serait-on, à deux, mari et femme, tète à tête dans l'atelier, dans l'usine, la fabrique, la vigne ou le champ, en conditions plus favorables pour obtenir de puissants résultats, que quand le groupe de travailleurs est fort en nombre, compact et bien oraonné? — Voyez seulement vos manufactures : n'y employez vous au travail qu'un homme et sa moitié?

Le ménage familial, — de quelque puissance qu'il soit doué pour la reproduction de l'espèce , ne peut pas» être l'élément industriel , la base économique d une société bien ordonnée. L'élément nouveau sera donc le

FOBHULB aintKMM. TV

Brodait de la combinsisoB d'nne mun niffiiuit* d'moividus M de ramilles. C'est cette combinaison qne dow apuelterons la Phalangf.c'cft la Commune sociibire, l'alvrole des soriétrs harmonique dnnt nous nurons ii rerhercher liientAt l'organisation naturelle. Mais avant d'aborder l'avenir, jetons un côiip-d'œi) sur le passé.

La Civilisation dans laauelle nous vivons n'étant ni la première ni ta dernière des p<^rio(ies sociales, nous devons, avant de parler des érhelons supérieurs, nous rendre compte de la marche de l'humHnité jusqu'à nous. Noos nous borneron<ià un exposé sucrinct; l'intelligence du lerteur suppléera farilement aux lacunes des dëmonstralions et des faits de détail.

Tout ce qui rst, végétal, animal , homme . monde ou tourbillon , est soumis 6 la loi générale de vie et mort. Il n'est plus possible do douter de rette vérité de raison émise par Fourier, comme loi universelle, au commencement du siècle [1808). Les découvertes astronomiques ne permettent plus d'en excepter aujourd'hui même les

Plus grands corps célestes. Un a (leine à comprendre ébanissement que témoigne M. Herschell en rapportant les faits astronomiques qui te forcent à conclure que tes astres sont, comme d'autres êtres, soumis à la naissance et à la mort. Ce serait, en vérité, bien nutn'iiunl mer- . veilleux qn'it n'en fût pas ainsi! Comment comprendraiton la création sans la destruct on , la naissance sans la mort, et la Vie sans l'une et l'autre?

Quelle ijue soit la nature d'un Etre, sa puissance vitale varie incesssamment : elle se développi;, atliinl une apogpc qu'elle ne peut dépasser, décroît et s'éteint: — Et l'Être rentre dans des formes de vie et des combimd' sons nouvelles.

Or, si vous considérez l'univers comme un grand TOUT, vous concevrez que la somme des accroissements des êtres qui acquièrent , balance la somme des décroissements de ceux qui perdent. Bien ne sort du néant, rien n'y rentre: le grand Tout, uni oQ infini, n'augmentent ne diminue; la somme de la força universelle, comme la somme de la matifere universelle, reste constante. Cette force, individualisée dut des myriades d'Êtres divers , croit chez les une , décroît

9ê CBITIQCE. ^E4.1. H. CHAP. I.

dies les autres. la jetuesBe |«cBd, h TieOlesse rend ; la oaisBance balance h mort, la mort permet la iiaiaeiinoe. La naîssance et h mort ne soot que les transitions extrêmes des existenoes. Chaque Être fi vaut diange incessamment de forme et d'état : il soit, à partir de la naîssance, nn mouvement ascendant qui se ralentit aux approches de l'apo^ ou plénitude ; — là, après on temps d*équilibre qui correspond au maximum des facultés de TÊtre, commence le déclin qui amène la caducité et la mort.

Ainsi la plus grande somme de force se trouve au milieu* de la carrière: elle diminue insensiblement de chaque côté jusqu'à s'annuler aux points extrêmes de naissance et de mort.

Or, tout ce qui change et se transforme , tout ce qui a vie et mouvement, c'est-à-dire tout dans la nature , esl soumis à cette loi générale. La loi régulière et normale de tous les développements peut donc se formuler ainsi :

FOBMULE GÉNÉnALS OU MOUVEMENT.

TranBftion ascendante. Nainance.

Première phase. erfangb.

Deuxième phase. JEUI IESSE.

Apogée et plénitude. MATUBITK.

Troisième phase. DECLIN.

Quatrième phase. vieillesse.

Transition descendante. Mort,

Gi tableau n'est point disposé par pur caprice : le renflement symétriquement pros;ressif du blanc mtermédiatre figura aux yeux le caractère du développement régulier que ce tableau a pour but de manifester. — On fait maintenant dans la mécanique, la physique et la chimie, un emploi trèsingf^nieux et fort élégant des courbes figuratives. U serait à désirer qu'on généralisât Pusage de cette méthode si féconde, en trnnsformant, — pour en faciliter Tintelligence à ceux qui ne connaissent pas le système des abscisses et des ordonnées, — les courbes figuratives en surfaces figuratives,

La généralité de la loi du Mouvement n*est nullement altérée « on le sent bien , par la maladie , Faccident . V exception, qui causent une mort prématurée.

Si nous appliquons à la carrière sociale de rtiuinanitr 068 principes démontrés par la raison absolue et l'expé • rience universelle, nous voyons que cette carrière nest

FORMUu: a r.N Éi; i.i: . Ni

pas indéfinie et sans cesse progressive, ainsi que quelques uns en ont émisTopinion contrHiremeutaux croyances les plus vulgaires. Puisqu*il est, d'ailleurs, prouvé par le témoignage du télescope que les soleils naissent et meurent, une planète aurait mauvaise gr&ce à se donner pour immortelle, et l'humanité postée sur cette planète en partage nécessairement le sort. — Une humanité et yn astre, comme un homme, vivent, meurent et renaissent dans le temps et dans Tespace, suivant les lois générales qui règlent les destinées des êtres dans i*étermté.

Tout globe est conGé à une humanité (1); car tout globe est un domaine auauel il faut un gérant. Le gouvernement de la surface des globes est 1% fonction ou la destinée terrestre des humanités.

L'humanité, plaœe sur un globe , ne peut accomplir sa haute gestion dès son enfance. On conçoit qu'elle doit avoir conquis, pour être apte à pareille 'oeuvre, de la sève et de la force. 11 faut qu'elle se soit créé des instruments, des moyens de puissance qui ne lui viennent au' à la suite du développement des arts, des sciences et ue l'industrie.

Ponc, à ses débuts, pendant les premiers âges de faiblesse, l'humanité n'est pas encore dans sa vraie destinée ; elle ne saura t encore réaliser la con^inaison des individus, des nations et des races, et l'homme hors de destin, ne peut trouver le bonheur dans l'incohérence des premières sociétés. C'est pendant la durée de ces sociélés, désignées par Fourier sous la dénomination de périodes lymoiques ou subversives , me la terre est réellement a une vallée de larmes et de aouleurs. »

Mille circonstances neuvent favoriser on contrarier le mouvement d'ascendance. Une découverte l'accélère , une guerre , une catastrophe , qui ruinent la nation la plus avancée, le retardent Ceci est d'ordre naturel pour les sociétés humaines, comme il est d'ordre naturel qu'un

(1) On entend par humanité en général TÊlre pivotai, doué dMntellit^ence et de la conedence réfléchie de soi-ménie , qui forme , quelles que soient d'ailleurs les conditions physiques de son existence, le sommet de la création, ou, en d'autres termes, le développement supérieur de la >ie à la surface d'un globe quelconque.

bon OU un mauvais régime accélère ou retarde le développement d'un enfant.

Mais l'humanité subit ses initiations successives et traverse les périodes douloureuses ; elle atteint les époques harmoniques ; elle arrive à son otat normal ; elle remplit sa gestion et conc|uiert à la fois sa destinée et le bonheur, l^le suit régulièrement dès-lors la loi de sod mouvement, qui est ascensionnel jusqu'à ce que le globe sur lequel elle est placée, après avoir atteint sa plénitude de vie, perde peu à peu sa force vég< tative et productive. Enfin, la vieillesse du globe et son appauvrissement entraînent un décroissement social , — très-lent, il est vrai , et insensible par rapport à une vie d^homme , — mais qui n'en amène pas moins la caducité , la destruction de THarmonie et la chute en Incohérence ou Subversion postérieure. — La race humaine, perdant peu à peu ses forces et ses traditions, retombe en Sauvagerie , jette une dernière lueur, et s'éteint comme un vieillard glacé parles ans, que la vie abandonne avec raiïaissement de toutes ses facultés. — Cette fin est le commencement d'une carrière nouvelle.

Il est sensible que les phases extrêmes , les âges de faiblesse et de souffrance sont, pour une humanité comme pour tous les êtres, de courte durée comparativement aux époques harmoniques. Ils forment l'exception à la rèele : la théorie doit évaluer le rapport des temps de Subversion et des temps d'harmonie pour les êtres de tout degré.

Les quatre âges principaux et l'apogée du mouvement social sont différenciés par des caractères successifs.

Cette loi est conforme, en tous points, à l'analogie universelle et à la raison pure ; elle est vérifiée d'ailleurs

[)ar les données les plus avancées de la zoologie , de a géologie, de l'astronomie et des sciences naturelles, aussi bien que par l'histoire.

Les quatre grandes phases de la carrière humanitaire se divisent, chacune, en un certain nombre de périodes ou formes sociales distinctes. La phase d'enfance en comprend sept, la Civilisation est la cinquième. En void le tanleaa.

POBMULl GENEBALB.

TABLBAU DB L*EKPANCB SOCIALE *

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