CHAPITRE TROISIEME
Slnalgsr >f5 ]Dé9rloppnimit5 it laCioiliButtro.
Foiwvis, s.f (algibf*), est im rérallat général tiré d\a caleal algébrique , el l e ufaui ant une infinité de cas ; en sorte qu'on n'a pins à subsdtner que des nonfares particuliers aux lettres pM* trouver le résultat parti* enlier dans quelque ras proposé que ee xoit. Une Ibnnule est donc une méthode facile pour opérer ; et si l'on peut la rendre absolument générale , c'est la plus grand avantage qu'on puisse lui procurer C'est sonrent réduire à une Mule ligne tonte une acienoe.
Tn sauras , si le Ciel le veut , que la nature. Semblable en toutes choses , est la même en tons Hcnx.
L* ANALYSE de tous les caractères de la Civilisation exigerait un travail immense. Fourier en a tracé le cadre et rempli avec une étonnante vigueur de pinceau les plans les plus importants. — Voici ce cadre :
DISTRIBUTION DES CARACTÈRES DE LA CIVIlISATIOlf .
{îi(m\>ta^k Monde ^ pageSOS".)
CaractAres De BASE : les
De UBN : les
De PABAL : les
Successifs régissant une phase.
Permanents régnant dans k phases.
Commerciaux en genres.
Commerciaux en espèces,
RÉCURRENTS harmoniques.
RÉCURRENTS subversifs.
\ DÉGÉNÉRANTS occidenUls.
U faudrait à ces huit sortes en ajouter deux qui en foiment le complément.
Les PiYOTAux, di vision à extraire des pemumenU; tels
sont les trois suivants :
Effet composé, jamaiê simple, en bonheur et en malhear. Alliage de politique astueieuee et tioUnte, Contrariété des nUèréU eolleeUfê et individmU.
Les Ambigus , empruntés franchement ou fortuitement sur des périodes inférieures ; tels sont :
Le Code militaire, emprunt sur la Barbarie.
Le DroUd^aiT^eeee^ — sur le Patriarcat.
VÂbandon du faible f — sur la Sauvagerie.
Il est d'ailleurs neuf caractères qui appartiennent à la fois et dans toute leur durée , aux périooes suBviasi- TES organisées en ménages familiaux : nous les avons déjà désignés précédemment sous les noms de : Indigence, Fouroerie, Oppression, Carnage, Intempéries outrées. Maladies provoquées, Cercle vicieux, Bgolsme géoéral et Duplicité d'action. — Ce sont les caractères permanents de toute l'enfance sociale.
De même que ces neuf fléaux régnent sur tout le cours des époques lymbiques, de même il est des caractères , particuliers à chacune des périodes, à la Civilisation par exemple, qui régnent pendant toute la durée de cette période : ce sont les caractères permar^ents de la période. D'autres sont successifs et se montrent dans ie cours de la période.
En principe : la loi qui régit un développement régit aussi chacune des périodes successives doni le développement se compose.
La généralisation de cette loi est la raison de TunitS DNiTERSELLB , c'cst-à-dlrc la raison du lien systématique des choses dans la Nature , du concert étemel des éléments du Tout, entre eux et avec le Tout lui-même.
C'est , suivant la même loi , en effet, que se meuvent les Vibrations de tous les ordres (1), dans tous les domai-
(0 Cette donnée pourrait se traduire dans une formule mathé- DBtlqne, où la fonction représentant Tuniversalité deschotet. De serait autre que la somme des intégrales prises entre les limita» atrémes (finies ou infinies, ce qui ne fait rien à l'affaire), de
nés de l'existence : cette similitude des vibrations modulées toutes sur la même loi mathématique , est la base de la théorie de Tanalogib universelle, et donne à rhomme la clef des Destinées générales.
La recherche de cette loi suprême, lien encvclopédique de toutes les branches du mouvement, âe toutes connaissances , la recherche de cette vérité une et primordiale, c'est la grande énigme sur laquelle ont si infatigablement travaillé les cerveaux de Pytbagore, de Ké- Eler, et de tant d'autres génies illustres , antérieuremeot Técole matérialiste et fragmentaire, qui achève aujourd'hui de régner. — La découverte de cette loi c'est l'initiation de l'homme à la science de Dieu, initiation qui est dans sa destinée, puisqu'il a I'Intelligbngb, et que l'Intelligence est , par sa nature ontologique , une, inunie et divme.
En appliquant à la marche de la Civilisation la loi générale du mouvement , nous obtiendrons la formule normale et rég;ulière de la période : cette formule sera la véritable loi historioue de la vie de l'humanité à cette époque de son développement — Rappelons-nous ce-
1)enaant que les petites différences observables entre la oi et les faits, sont prévues par la théorie, comme nous l'avons déjà démontré. Tont^ les Civilisations ont grandi dans un milieu troublé et incohérent, en contact avec d'autres sociétés, et ont été plus ou moins fortement in*
toutes les fonctions prticulières Wes êtres de différents ordres : — toutes fonctions d'ailleurs analogues entre elles. — l/intégraJe to'al^ finie ou infinie, prise entre les mêmes limites de temps , serait toujours une même constante.
Autrement dit, — et pour se débarrasser complètement de l'idée de l'Infini, tout en exprimant la même pensée : — si Ton circoascrivait dans l'univers total un espace déterminé sur lequel on opére> rait comme on vient de l'expliquer, les intégrales finies de cet uni* vers partiel, prises entre des temps égaux, à même diiitancedu maximum de la fonction ; — maximum qui correspond à une Tâleur du temps égale à la moitié de la durée totale ; •* ces Intégrales fiDlet, dis- je . seraient égales entre elles : et la différence positive oii négative de deux intégrales consécutives finies de cet univers partiel, correspondrait toujours exactement à une différence de stgn^ inverse, entre les Intégrales synclirontqaes de l'expression représeutant la somme de ce qui serait resté en dehors de l'espace ctrcon- Mrtt que l'on aurait considéré. {JYote de la p«mi*r# éditimt.)
CIVILISATION. 4 (il
fluencee:» par Icb traditions des Civilisations qui les ont précédées. En principe : L'existence simultanée sur le même globe de plusieurs faits sociaux diiïérents, amène nécessairement oansla marche du Mouvement, des perturl>ations plus ou moins sensibles ; comme le rapprochement de deux planètes détermine toujours une perturbation , une déviation d*orbite.
Cest an caractère des époques de préparation que /a. vibration ascendante^ composée des deux premières phases d'une Période^ crée généralement les forces au moyen desquelles la société peut s'élever à la Période supérieure.
Si Ton ne Tait pas usage des forces d'apo£ée pour opérer cette transition, la société déncrit Le dernier terme de sa di'cadence naturelle la conduit aussi , il est vrai , k la Période plus avancée d*un degré en échelle; mais la décadence est semée de crises terribles, et les commotions qu'elles engendrent peuvent faire retomber la so* ciélé en Période inférieure, ainsi au'il est arrivé à toutes les Civilisations antérieures à la notre (1).
Nous allons étudier les caractères successifs de la Civilisation à partir de sa naissance, c'estrà-dire depuis le moment ou la Barbarie vieillie et altérée , s'éteint et passe à la foi me civilisée.
Yoici Tadm'rable Formule des développements successifs de la Civilisation, que Fourier publiait en 1808.
(1) Aujourd'hui que l'on soutient tout soptitsme et que Ton ni? le soleil 11 y a des proneurs du progrhM continu qui prélendenl que-le mouvement social a toujours marctiê depuis le commencement des diodes, van* jamais rétrograder. La Providence a m* né l'espAi^e humaine par l*oreille. Tout ce çul e^t arrivé a été pour le mii'ux, tout cela devait arriver a^nsi, c'était fatal, c'était d'oidre divin, cVtalt providentiel, c'était tout ce que vous voudrez, c'était le progr^. Un crime? c'était la punition d'un autre crime, qui l'était d'un autre, •t a^nsi de suite en enillade. Uernièrement, le Journal ties Debatt expliquait ainsi tous les événements de ia révolution Trançaise : U doigt de Dieu était paitout, et avait plus à faire que la hache du bourreau et le tribunal révolutionnaire. Je cite le journal de* De* bau, parce que c'est ce qui m'est venu tout d'abord en mémoire ; on pourrait citer presque tous les écrivains d'aujourd'hui. Le doigt de Dieu est à la mode s d'abord, comme littérature, c'est d'un bon effet, et puis la movale y gagne. L'histoire faite à ce point de vue cffvira sans doute à former Tesprlt et le cœur des hommes d'Etat
102 CRITIQUE. SBGT. II. GHAP. III.
C'était une page tout à la fois historique et propbéfiqoe. Cette simple page contient autrement de proibnaeur et de science, que tous les grands radotages qu'on nous donne maintenant pour de Thistoire transcendfante.
Ne perdons pas de vue que , conformément à Tordre des destinées sociales, la fonction particulière de la Ci-vilisation étant de parachever la création des moyens de puissance dont l'humanité doit être pourvue pour réjg;ir son globe, le progrès doit se mesurer, dans la vibration ascendante surtout , par l'avancement et l'affranchisse-
ment des arts , des sciences et de l'industrie.
de l'avenir, concurremment avec Petit-Poucet et Barbe-Bleu. Cesl - toujours très>méritoire de la part des auteurs et bonne intention dont on doit leur tenir eomptc. Cependant je ne sais si la Providence serait bien flattée du rôle qu'on lui fait jouer, et je crois qu'elle trouverait singulièrement ridicule cette assertion : € qu'elle a toujours fait avancer et progresser les nations, » quand on cûdnait 1 liistoirc des chutes et des décadences de ces mêmes naiioai. On répond que la Civilisation actuelle est plus puissante, plos forte, plus morale, plus spirituailsée que les Civilisations ancienoei. La vérité de tout cela, c'est que les Civilisations anciennes ont péri, que les nations ont rétrogradé en retombant «n Barbarie, ^ue des Civilisations nouvelles se sont formées, et qu'héritant des débris littéraires, scientifiques et industriels des précédentes, elles se sont trouvées mieux nanties à leur apogée. Cela n'empêche pas qui] y ait eu réellement des chutes, des décadences, des rétregradaliom, et deux mille ans de gaspillés pour lo progrès. Une humanité est oo être libre, spontané et sujet à l'erreur, comme un homme. U n'est pas d'humanité qui ne fasse des sottises dans son enfance, et la nôtre parait de ceUet qui en ont fiiit beaucoup. {JYoïê de la première Hon.)
CIVIUSATIOM. 105
VOmHULB DU MOUVEMENT DB LA GIVIU8AT10N.
(NowMoumondtf p«g«458,)
BVFANCB OU l'* PHASE.
G€rme êimpie , Martage eidoslf on monogamie.
— composé t Féodalité patriarcale et noSUiaire.
B PIVOT , Droits civils de tépouse.
»| Comepoids , Grands vassaux fédérés.
Q Ton , Illusions chevaleresques.
ADOLESCENCE OU ir PHASE.
^ Germe simpte^ Privilèges eommunaox.
^ ^ composé f Caltur«{ des sciences et arU.
PIVOT, A/franehissemeni des imdusiritux.
Contrepoids , Système représentatif.
Tom, Ulusioos en liberté.
^^^ Germes , Art nautique, chimie expérimentale.
nJniTvvB. Caraciiretf Déboisemenls, emprunts Qscaux.
DÉCLIN OU Ill< PHASE.
Germe simple, Esprit mercantile et fiscal.
— composé. Compagnies actionnaires.
PIVOT, MmopoU fnariitm#.
Contrepoids, Commerce anarchique.
Ton , Illusions économiques.
CADUCITÉ ou IV*' PHASE.
Germe iimple, Monts-de-Piété ruraux.
— composé. Maîtrises en nombre fixe.
piyoT, Féodalité industrielle.
Contrepoids , Fermiers de monopole féodal.
Ton , Illusions en associatioa.
iiii CBinOPS. SBCT. II. GBA». III.