‹ Destinée sociale (volume 5)Chapitre 21 sur 95 · CIV1U(»\T10K · texte numérisé non relu

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donne les tensons et les lais d amour, i'Es|Nigae a les romanceros et la Germanie les ballades. Vous retrouva* ri'z les mêmes symptômes chez les (Ihrétiens du Nord ou du Midi , chez les Maures de Grenade et de ia côte africaine; à Teutour des moùtiers, des cloîtres et des monastères , et sous les frais ombrages de FAlhambra.

Lors de leur expulsion d'Espagne, les Maures étaient eu belle ascendance de première phase : ils rivalisaient avec les Chrétiens en courtoisie, et les dépassaient dans l'étude des sciences et de l'astronomie. Déjà ils avaient inventé les caractères arithmétiques qui portent leur nom; et chacun ne sait pas de quelle puissance a été, pour le mouvement des sciences et ae l'industrie, ce système de numération et la connaissance de l'algèbre, magnifiques instruments de progrès dont ces infidèles avaient pourtant doté l'Europe chrétienne, et fort igno« rante à cette époque; car nos pieux chevaliers tenaient en grand mépris les travaux de l'esprit et les choses de la science.

 partir de ce point, ce n'est plus seulement la force brutale qui gouverne; mais, comme les meilleurs germes do'vent toujours en Civilisation produire des fruits verreux, vous verrez bientôt grandir la ruse, l'astuce « la fraude et l'hypocrisie

Dans la période de Barbarie, la domination est absolue; dans la première phase de Civilisation elle est déjà partagée , et la fédération des grands vassaux fait contre-poids à l'autorité royale. Cette, disposition favorise l'affrancbissemeut des industrieux qui , esclaves en Barbarie, passent au servage dans la première phase de Civilisation.

Les seigneurs se plaisent à accorder protection à leurs vassaux, a soutenir les droits du faible; ils se font redresseurs de torts. La galanterie, résultat du premier pas de la femme vers la liberté, jointe à cette tendance des seigneurs à la protection, donne naissance à l'esprit chevaleresque, qui est le ton de cette phase.

On sait assez comment les éléments intimes de la vie sociale se traduisirent dans toute l'Europe , au moyenâge, par l'institution de la chevalerie et son cortège de règlements, de lois, He cours d'amour, et de courtoises

cérémonies; oa sait combien ce premier degré d'émand-

Îation de la femme adoucit les allures de Ter de la Bararie. — Pour Dieu et ma dame I cette devise du chevalier qui s'élance au combat n'est déjà plus le féroce cri de guerre des soldats d'Attila, le urrha ! des Huns et des Vandales.

Fouillez maintenant vos connaissances historiques, remémorez-vous cette première époque de la Civilisation chez tous les peuples, et dites si elle n'est pas résumée tout entière, avec une admirable sagacité, par les cinq caractères de première phase inscrits dans la formule du mouvement de la Civilisation.

Deuxième Phase de la Civilisation.

▲DOLSSCENCB.

AoOLBSCBiTO oa Dinxiàtis wmasu.

Germe aimpte , Pririlâges communaax.

— *- comf osé , Culture des adeaces «t arti.

PlTO», Aljranrhif m i.l rffM m-'nisi-i^ux.

Conirepoid» , Système représentatif.

Ton . Illusiou en liberté.

Ch. FoniamK.

Ailes dire à votre maître que nous ommes id par la volonté du peuple, et que nous n'en sortîroos que par la force dû baïonnettes.

MiaAsm4o.

Pro-a-peu les vassaux oui travaillent, qui cultivent rindustrie, les sciences et les arts, acquièrent force et vigueur: les communes obtiennent des privilèges, et ce ne sont pas des constitutions qui les leur donnent; les chartes et les édits d'aflranchissement ne sont promulgués que lorsque les Communes ont grandi en puissance, lorsque l'aiTranchissement est conquis de fait. Si de pa- 'relis édits sont accidentellement promulgués avant cette époque , ils restent sans force; et l'autorité féodale subsiste toujours: — tant il est vrai que les constitutions écrites ne font pas les émancipations, mais les enregistrent et les consacrent.

CITIIISATION. ^07

Le développement de rintelligence , du travail et de la richesse ctiez les anciens vassaux , les investit d'une puissance ^xà va croissant dans leurs mains , tandis que la domination féodale s^aHaiblit par la cause inverse.

Les anciens vassaux sont devenus peuple et bourgeoisie. Bourgeois et peuple se liguent contre la Téodalité, et la victoire leur est promise, car ils grandissent incessamment sous la lutte engagée entre 1 élément féodal et l'élément monarchi(|ue.

 cette époque de la Civilisation , les forces des clas* ses hostiles étant voisines de Fégalité, la lutte et les ré volutions sont imminentes.

Une fois raDranchissement politique des industrieux opéré — de gré ou de force, — le système représentatif remplace, comme contre-poids au pouvoir, la fédération des grands vassaux.

Cependant, dès l'origine de la lutte, dès que le Tiers a commencé à grand r, il a repoussé la protection chevaleresque du seigneur, il a même fait don Quichotte pour s* en moquer : il a réclamé ses droits et Tépalité de* vaut la loi : c est ainsi qu'aux illusions cheva[eres(|ues succèdent les illusions en liberté. Nous disons les illusions , car il y a pour réaliser la liberté bien d*autres conditions vraiment à remplir, que d'écrire le mot sur un papier constitutionnel ou républicain.

APOGEE ou PLÉNITUDE.

AvoafB oa w A n — a.

Oermt» , Art naatiqii* , cUmM mpArloMBltte.

Caraetire» , Déboisamenta, «mpranta limas.

C». FovAU».

Je ta dis qu'il faat faire des ponts, des eanaox , des routes et des cbemins de fer 111

Emtebtbmps, la Civilisation atteint son apogée. Elle a fempli sa tâche, elle a créé l'art nautique et la chimie expérimentale* Voilà qui est bien : avec ces ressources , elle peut organiser la période suivante et passer au Garantisme , c^t-à-dire à la générali3ation du système des garanties, dont nous possédons déjà quelques germeâ

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remarquables. Malheureusement , nous n'avons sa fair« à cette période que des emprunts partiels, sans nous élever jusqu'à elle par Tadoption de quelque caractère pivotai (\).

On doit comprendre que les deux premiers caractères d*apoçée inscrits au tableau , résument fidèlement toute la tàcne sociale réservée à la Civilisation , la croation des arts , des sciences , de la grande industrie. — C*est , en effet , sur la chimie expérimentale que repose Ten* semble des procédés des arts et de l'industrie; c*est la chimie qui leur donne une constitution stable, qui les maintient et les perfectionne d'une manière régulière. — Mais ce n'est pas tout d'inventer les procédas des scien* ces et des arts : la Civilisation a pour mission de les commuoiquer, de les répandre , de les asseoir sur une base

(I) Sur une liste d'environ cinquante caractères de répercuuioo harmonique, il en est très-peu qui ne «oient d'un vif intérêt par la surprise et la confusion qu ils exciteraient, en i^rouvant que la QvUisation n'a de bon que ce qu'elle vole aux périodes supérieoet, comme les caractères suivants, qui sont autant de larcins, ou, »! Too veut, des emprunts, des engrenages sur le mécanisme des garantie!, —6« période. ,

I. L'unité scientifique ou accord des sociétés savantes malgré les ^aerres et rivalités nationales.

Sf. La guerre mixte, ou relations amicales, hors de C4>mKAt, entre les troupes belligérantes.

3. Les ouvriers artistes, figurant au théâtre en acteuri^ et rhu Fiâtes. (Usage d'Italie, de Toulouse.)

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