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réunion^ OU Séries (ï escouades formant les Compagnies, comme les bifurcations d'un grand arbre, parvenues aux rameaux et aux ramilles, s'épanouissent finalemeut en bouquets ou Séries de feuilles, organes de travail et de vie de F être végétal.
L'industrie organisée en métbode naturelle, en système logique, comme le demande le pur bon sens, est loin, — on le voit, — de reproduire l'anarchie de l'industrialisme civilisé , la mêlée nommée libre concurrence, et l'extrême incohérence de tous les travaux exécutés par nos ménages morcelés. Dans le Régime sociétaire, la convergence industrielle est parfaite, le travail EST ORGANISÉ. La Phalange est une armée compacte, manœuvrant librement comme les corps les mieux disciplinés. Depuis les innombrables escouades adonnées aux fonctions minimes, aux variétés les plus ténues, on remonte par les Séries d'espèces , de genre, d'ordre et de classe , jusqu'à la Régei^cb centrale , réunion des sommités des différentes hiérarchies, qui imprime à ^'ensemble des Séries et des travaux le mouvement harmonique convergent.
Il est donc entendu que l'industrie sociétaire opère par réunions nombreuses, intriguées, joyeuses, en séances suffisamment courtes et varié^s^ et que ces réunions nommées groupes, se combinent et se hiérar" chisent dans les SÉRIES des différents degrés.
* L'amalgame jodicîenx des trois Ordre* d'a^ricoltare est
le moyen d'allier le bon et le beao. Ces Ordres pe sont pas même connus des agronomes civilisés, qui n'en peuvent employer qoe les trois caricatores.
Ch. FoinusB.
Venons maintenant à la distribution matérielle di*s cultures qui doivent, ainsi qu'on le pense bien, être mii^s en harmonie avec le principe déclassement que nous
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veiaons (VesquissiM-, ot se prêter en tout point aux opérations (les Groupes et des Séries.
Cette distribution s*exccutera suivant trois méthodes ou Ordres agricoles, déterminés par la nature môme des choses, et dont nous allons emprunter la description à l'auteur du Traité de l'Association; il s* exprime ainsi sur ce sujet, tome 2, page 50 :
40 L'ordre simple ou massif, est celui qui exclut lesentre- Jacemeots ; il règne en plein dans nos pays de grande culture, où tout est champ d'un côté, tout est bois de l'autre. On voit dans la masse des terres à blé, beaucoup de points qui pourraient convenir à d'autres cultures, et surtout aux légumineuses; de même que dans la masse des bois on trouve beaucoup de pentes douces qui pourraient convenir à une vigne, beaucoup de plaines intérieures qui pourraient conve* nir à une clairière cultivée, et améliorer la forêt où il faut ménager des espaces vides pour le jeu des rayons solaires, la circulation de lair et la maturité du bois.
2<^ L'ordre ambigu ou vague et miœle, c'est celui des jardins confus qu'on nomme anglais, et qu'on devrait nonuner chinois, puisque l'Angleterre a emprunté des Chinois cette méthode , fort agréable quand elle est employée à propos , mais non pas avec la mesquinerie civilisée, qui rassemble des monlasnes et des lacs dans un carré de la dimension d'une cour.
L'Harmonie étant ennemie de l'uniformité, emploiera sur divers points d'un canton et notamment dans les pays coupés^ comme le pnys de Vaud, celte méthode chinoise, ou vague et ambiguë, qui rassemble comme par hasard toutes sortes de cultures et de fonctions : elle formera un contraste piquant avec les massifs (méthode 4), et les lignes engrenées (méthode 3).
3«» L'ordre composé et engrené est l'opposé du système civilisé, selon lequel chacun tend à se clorre et s'entourerait volontiers de bastions et batteries de gros calibre. Chacun en Civilisation veut se retrancher et faire une citadelle de sa propriété. On a raison en Civilisation, parce que cette société n'est qu'un ramas de voleurs gros ou petits, dont les gros font pendre les petits ; mais en Harmonie, où l'on ne peut pas essuyer le moindre vol, et où un enfant ne volerait pas mêrn9
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une grappe de groseilles, on emploie autant qa'il se peut, dans les distributions de cultun», Tordre malériel composé ou méthode engrenée, selon laquelle chaque série s'efforce de jeter des rameaux sur tous les points, engage des lljînî»» avancées et des carreaux détachés dans tous les postes des Séries dont le centre d'opération se trouve éloigné du «en.
L'ordre massif est le seul qui ait quelque rapport avec les méthodes grossières des Civilisés ; ils réunissent toutes les fleurs d*un côté, tous les fruits de l'autre, Ici toutes les prai ries, là toutes les céréales : enfin ils forment partout des masses dépourvues de lien. Leur culture est en état d'incohérence universelle et d'excès méthodique*
D'autre part, chacun d^eux, sur son terrain, fait abus de la méthode engrenée ; car chacun voulant recueillir, sur le sol qu'il possède, les objets nécessaires à sa consommation, aocumule vingt sortes de cultures sur tel terrain qui n'en devrait pas compter moitié. Un paysan cultivera pêle-mêle blé et vin, choux et raves, chanvre et pommes de terre, sur tel sol où le blé seul aurait convenu : puis le village entier mettra en blé exclusivement quelque terrain éloigné qu'on ne peut pas surveiller contre le vol, et qu'il aurait convenu de mélanger de diverses plantations. Une Phalange exploitant son canton en système combiné, commence par déterminer deux ou trois emplois convenables à chaque portion : Ton peut toujours faire avec succès des mélanges, hors le cas de vignobles trèsprécieux, qui encore peut compter fruits et légumes en accessoires de la culture pivotale. Ces alliages ont pour but d'amener divers groupes sur un même terrain, de leur ménager des rencontres qui les intéressent aux travaux engrenés avec les leurs, et de laisser le moins que possible un groupe isolé dans ses fonctions.
A cet effet, chaque branche de culture cherche à pousser des divisions parmi les autres : le parterre et le potager, qui chez nous sont confinés autour de l'habitation, jettent des rameaux dans tout le canton. Leur centre est bien au voisinage du Phalanstère, mais ils poussent dans la campagne de fortes lignes, des masses détachées qui diminuent par degrés, s'engagent dans les champs et prairies dont lo sol peut leur convenir ; et de nxéme les vergers, qiuK^fàe m*A^A rapprochés du fhalanstère, ont à sa proximité ^ji^q/u^ XHH^ d» rallit-
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qaelques lignes ou hiocs d 'arbustes et espaliers engagés dans le potaj;er ec le parlerre.
Continuant les applications des principes fixes et inrariables d'après lesquelles se règlent toutes les harmonies sociétaires, Fourier poursuit le calcul des résultats, entre dans les détails du milieu phalanstérien, et nous les décrit comme un voyageur racontant les mœurs des contrées qu'il a parcourues.
^ Cet engrenage agréable sous le rapport du coup-d'œil, tient encore plus à l'utile, à l'amalgame des passions et des intrigues. On doit s'attacher surtout à ménager des mariagei de groupes, des rencontres de ceux d'hommes avec ceux de femmes, par suite de Tengrenage des cultures ; Tidée de mariage des groupes est plaisante et prête à l'équivoque. Maif ce sont des rencontres industrieuses fort décentes, et aus«« utiles que nos réunions de salon et de café sont stériles ; par exemple :
Si la Série des cerisistes est en nombreuse réunion à son grand verger, à un quart de lieue du Phalanstère, il convient que, dans la séance de quatre à six heures du soir, elle voie se réunir avec elle et à son voisinage :
Une cohorte de la Phalange voisine, et des deux sexes, venue pour aider aux cerisistes ; un groupe de dames fleuristes du canton, venant cultiver une ligne de cent toises de mauves et dahlias, qui forment perspective pour la route voisine, et bordure en équerre pour un champ de légumes contigu au verger;
Un groupe de la Série des légumistos venu pour cultiver les légumes de ce champ;
Un groupe de la Série des mille fleurs venu pour la culture d*un autel de secte placé entre le champ de légume et le verger de cerisiers ;
Un groupe de jouvencelles fraisistes, arrivant à la fin de la aéaDce, et sortant de cultiver une clairière garnie de fraisiers dans la forêt voisine.
A cinq heures trois quarts, des foui^ns suspendus, partis du Phalanstère, amènent le goûter pour tous ces groupes : il est servi dans le castel des cerisistes, de cinq heures trois uarts à six un quart ; ensuite les groupes se dispersent après
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avoir formé des liens amicaux et négocié des réuui<Mis indiistrielles ou autreî^ pour les jours suivants.
Plus d'un civilisé va dire qu'il ne voudrait envoyer ni sa femme, ni sa fille à ces réunions; c'est juger des effets de l'état sociétaire par les effets de la Civilisation : les pères seront les plus empressés de voir leurs femmes et Biles dans les Séries industrielles, parce qu'ils sauront que rien de ce qui s'y passe ne peut rester inconnu. Or, les femmes sont bien circonspectes en lieu où elles sont certaines que toutes leurs actions seront connues de père, de mère, de rivales; c'est ce qui n'a pas lieu dans une maison civilisée où le père , s'il veut surveiller femmes et filles, est trompé par tout ce qui l'entoure. Les mariages étant très-faciles en Harmonie, même sans dot, les filles sont toujours placées de 46 à 20 ans. Jusque-là, on peut leur laisser pleine liberté, parce qu'elles se surveillent entre elles , ainsi 'qu'on le verra aux chapitres spéciaux ; or, il n'est pas de garde plus sûre auprès d'une femme que l'œil de ses rivales.
Il est certain que plus d*uii niais trouvera à gloser sur la facilité, Taisance, avec lesquelles Fourier décrit les habitudes d'Harmonie; plus d'un croira motiver gravement ses facéties en disant que, quelle que soit la valeur des principes , on ne peut pas aller aussi sûrement des principes aux conséquences ; que la pratique fait toujours mentir la théorie; que la liberté humaine est un élément qui ne s'arrangerait pas de données aussi précises et pour ainsi dire mécaniques.— Mais les hommes d'intelligence comprendront, eux, que la pratique ne ment qu'aux mauvaises théories, qu'elle redresse les théories fausses et confirme les théories vraies; que la précision des déductions n'est qu'une preuve de plus de la validité des principes; que Fourier, qui a réalisé dans sa tète et préconstruit, par puissance de génie^ le monde harmonien dans lequel il vit depuis trente ans, est trèsadtiiissible à nous en raconter les habitudes et les mœurs: enfin, ils comprendront que c'est tout justement de la précision mécanique et delà parfaite régularité des choses que peut seulement résulter la parfaite liberté des
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individus ! Pour mettre ce dernier principe dans tout son jour au moyen d'un seul exemple pris dans nos mœurs de Civilisation^ n'est il pas évident que si les heures des spectacles n'étaient pas précises et déterminées, si ces heures étaient variables et irrégulières, rindividu n'aurait pas , pour disposer ses affaires et son temps de manière à y assister, la facilité , la liberté qu'il trouve quand les heures sont fixes , régulières, connues? D'où il résulte bien nettement, en élargissant cet exemple , qu'à la plus grande précision des mouvements , à la plus exacte ponctualité des affaires , à la plus parfaite mécanisation des choses , correspondra la plus complète liberté des personnes.
Encore une citation :
En terminant cet aperçu du matériel, insistons sur le point principal, sur la nécessité ^e combiner les trois ordres.
On en fait dans Tét&t ac c«l un emploi si mal entendu, que chacun des trois devient une caricature. Jugeons-en par l'ordre mixte ou ambigu dont nous voyons une ombre dans les jardins anglais, teî« r ,e Petit-Trianon, Navarre, Schwetzingen, etc.
Ces jardins pittoresques sont, C/Omme les bergers et les scènes de théâtres, des rêves de beau agricole , des gimblettes harmoniques, des miniatures d'une rampagne sociétairement distribuée. Mais ce sont des corp^ sî .is âme, puisqu'on n'y voit pas les travailleurs en activité. U vaut mieux encore n'en point trouver, que d'y apftr^evïlf les tristes et sales paysans de la Civilisation.
De tels jardins auraient bes'/'n d*être animés par la présence d'une vingtaine de groupes industriels, étalant un luxe champêtre. L'état sociétaire saura, jusque dans les fonctions les plus malpropres, établir le luxe d'espèce, Lee sarraux gris d'un groupe de laboureurs, les sarraux bleutés d'un groupe de faucheurs, seront rehaussés par des bordures, ceintures et panaches d'uniforme ; par des chariots vernissés, des attelages à parure peu coûteuse, le tout disposé de manière que les ornements soient à l'abri des souillures du travail.
Si nous voyons, dans \m beau vallon distribué en modo am- I. vo