ORGANISATION. LIV. II. CHAP. V
bîgu, dit anglais, tous ces groupes en activité, bien abrita par def> lentes colorées, travail lent par masses disséminées, ciiculant avec drapeaux et instrumenta, chantant dans leur marche des hymnes en chœur ; puis le canton parsemé de castels et de belvédères à colonnades et flèches, au lieu de cabanes en chaume, nous croirions que le paysage est enchanté, que c'est une féerie, un séjour olympique; et pourtant ce local ne serait encore qu'une monotonie, parce qu'il ne contiendrait qu'un des trois ordres agricoles , que l'ambigu ou 2®, dit anglais. On n'y verrait pas le mode engrené , 3', qui est bien autrement brillant, et qui donne à l'ensemble des végétaux d'un canton l'aspect d'une grande armée exécutant différentes évolutions, chacune représentée par quelque Série végétale.
Au lieu de ce charme unitaire , on ne trouve dans les cam pannes civilisées qu'une dégoûtante et mineuse confusion. Trois cents familles villageoises cultivent trois cents carreaui de pois ou d'oignons , confusément assemblés et enchevêtrés c'est un travestissement complet de Tordre engrené, qui dis Iribuerait dans le canton trois compartiments d'un même vé gétal, distingués en carreaux de genre, d'espèce, de variété de ténuité, minimité, selon les convenances de terrain, et lié* par des divisions d'ailes , centre et transitions adaptées aui divers sols.
Fourier continue : il met en scène les opérations de deux Séries sur les coteaux d'une Phalange, et il Fait in tor-?cnir très-plaisamment un philosophe comme spec tateur des manœuvres. Sans nous engager pour le mo ment dans les descriptions des travaux d'Harmonie , nous nous résumerons en ces mots sur le mode distri butif et les trois Ordres agricoles des cultures sodé taires :
On emploiera dans les campagnes phalanstériennes les trois Ordres agricoles, combinés suivant la nature du sol et les convenances des expositions ; — Talliage de ces frois Ordres, leurs mélanges enchanteurs, leurs harmonieux contrastes, donneront à ces Ciimpagnes plantureuses un aspect si pittoresque , si vivant, si riche, qu'une \ive imagination d'artiste peut è peine aujourd'hui s'en
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Àire une idée approximative. Et la magnificence des aspects accusera l'excellence intrinsèque des dispositions; car en toutes choses le Beau est la forme, la splendeur du Bon.
Plus loin , quand nous examinerons le roulement de la Phalange, nous traiterons de la haute importance et de Y effet utile et productif de l'introduction du luxe dans les ateliers et dans les cultures sociétaires. Les masûh et los corbeilles de fleurs, les végétaux de parure jetés dans les champs et les prairies en bouquets et en longues ceintures , feront aux travailleurs des campagnes plus belles que les jardins d'Aimide. a On formera, » dit Fourier, a des Séries d'apparat champêtre, » cultivant les autels et bordures de fleurs et arbustes » » autour des pièces aSectées à chaque espèce de végé- » taux. Ce luxe est une branche d'attraction et d'intrigue » très-précieuse. »
n dit encore, et c'est par là que nous terminerons ce paragraphe :
Une Phalange régulière, telle qu'elles seront au bout de quarante ans, aura trois ou quatre châteaux placés sur les points fréquentés de son territoire ; on y portera le déjeuner et le goûter, dans le cas où des cohortes du voisinage se seront réunies surre point pour quelque travail : elles perdraient du temps en revenant prendre un repas au Phalanstère, qui peut ne pas se trouver dans la direction de leur chemin de retour.
Chaque Série aura aussi son casteLsur un point situé à portée de ses cultures : chaque groupe aura son belvédère ou petit pavillon d'entrepôt; mais on n'aura pas tout ce luxe dans la Phalange d'essai ; quelques hangars et abris modestes suffiront. Il faudra seulement s'attacher à bien disposer le Phalanstère, et les moyens de séduction comme les communications.
Après avoir donné Fidée générale du dispositif des cul* tures barmoniennes, disons un mot des ateliers,