ORGANISATION. LIT. III. CH. I
Nous voîcî éonc face à face avec le problème fondamental, a La détermination du meilleur mode d'emploi dé Vactîviiê humaine, autremeW dit, de rôrgànisation du travail. »
Or, puisque la PHalange «stTitrii«r Màal élémentaire, ce problème général se précise de prime abord sous renoncé suivant :
' Étant donnée um populaUçn de quatre cents familles, associées j pour former une Phalange, sur un canton possédé actionnairement par elles ^ et préparé comme il a été dit précédemment , déterminer une organisation induetrieUe aéaptée aux goûts , aux penchants des travailleurs , apte au développement libre de toutes leurs facultés individuelles » capable^ en un met, de répandre battrait et le charme sur leurs travaux»
Cette manière de poser la question nous donne sans transition une réponse singulièrement importante, une réponse qui condamne tranchëment, dès le premier pas, tout le régime industriel des Civilisés; car tous ne pensez pas.
Que les travailleurs de la Phalange, parfaitement libres d'organiser leurs opérations comme il leur aurait plu, sèmeraient avisés dejes morceler pour s'isoler les uns des autres, celui--ci seul dans un champ, celui-là seul dans un atelier, disséminés comme on voit la plupart des travailleurs civilisés... non, certes, vous ne pensez pas cela.
Ce seul fait de la liberté des individus placés au sein d'un milieu sociétairement préparé , vous révèle donc que le Groupe, ou réunion volontaire d'mn certain nombre de travailleurs^ se substituerait naturellement à la solité^ dans toutes le^ fonctions qui pourraient s'y prêter, c'est-à-dire, dans toutes les fonctions d'industrie active en agriculture , fabrique, ménage, édi^oation, science, beaux arts, etc.
La nature pousse Thomme aux nombreuses réunionSi
TENDANCES GÉSÊttALES. 103
OÙ elle lai a ménagé remploi de son activité, le jeu de ses facultés, le développement de ses vives et nobles affections ;
La Civilisation, elle, trace autour de Thomme un cercle étroit d'intérêts égoïstes, dépourvus de liens avec les intérêts extérieurs ; elle l'enferme au centre de ce cercle, et quand il y est bien enfermé , dûment attaché la chaîne au cou à son métier, à sa fonction, à son travail solitaire^ la morale intervient pour prêcher à ce pauvre esclave isolé... quoi? Tamour du travail... oui, elle lui corne aux oreilles qu'il DOIT adorer ce travail abrutissant, odieux, insupportable! — quelle qualification don* ner à une pareille aberration ?
Ainsi, vous le voyez , ce principe de Morcellement, dont BOUS avons si bien reconnu rextrémc malfaisance quand nous dissertions^sur le matériel de Tcconomie so* ciale, continue à jouer son rôle subversif dans le mode d'emploi de l'activité humaine en régime civilisé. Nous le retrouvons dans tes relations d'industrie active, livrant l'homme, sans grâce ni merci, aux ennuis mortels de l'isolement, à l'ahurissante atonie de la solité, comme nous l'avons vu précédemment livrant l'homme, ce roi de la terre, à la dent de la misère. Nous le retrouvons ici, ce principe fondamental des sociétés subversives, faisant obstacle aux mouvements des penchants et des facultés, étendant la nature sur un lit de Procuste et hongrant l'homme, comme nous l'avons vu faire obstacle à la création des richesses , à l'enfantement des éléments matériels du bien-être, et desséchant toutes les sources de la production.
Et vous voyez le principe d'Association, et les grandes et fécondes dispositions qui en dérivent, sfc prêter merveilleusement, au contraire, au développement des affinités , au jeu des aSections et des facultés, à l'essor des passions corporatives et sociales, qui ne peuvent éclore qu'au sein des grandes réunions humaines, dpnt les premiers éléments sont les Groupes.
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