ALTERNANCE ET VARIÉTÉ
— « ^h 1 SUT Dieu ! est-ce nous qui soutenons que rindustrie civilisée est bien organisée, et ne là condamnons-nous pas, nous autres, précisément pour ce qu'elle ne présente qa' eœceptionnellement des exemples de travail attrayant ! x>
— «Bien, c'est fort bien. Vous prouvez sans doute que dans certaines circonstances le travail peut éveiller le plaisir et s'exécuter en joie. Mais tout cela est bon pour un jour, pour une heure. Imposez donc à vos amateurs un travail continu, impérieux, un travail de tout le jour pendant toutes les journées du mois, et de tous les mois de Tannée pendant toutes les années de la vie ; une fonction... D
— «Ali!!I.. Vous reconnaissez donc qu'un travail long, impérieux, continu ; un travail comme vous dites, de toutes les heures de la vie, durant toute la vie, vous reconnaissez qu'un pareil travail est une chaîne au cou, un boulet au pied, im plomb sur la poitrine, un supplice !!! Vous reconnaissez que le plaisir ne peut durer qu'un temps sur une occupation, . . Hé bien ! tout simplement, tout bonnement alors... allons! concluez, c'est vous qui le dites. . . tout simplement : il ne faut pas clouer, qui pour la vie à son bureau, qui pour la vie sur son champ, qui pour la vie sur son établi, qui pour la vie à son comptoir, — l'homme à la chose. . . . comme aujourd'hui...
Etrangeté I un beau drame, — je demande pardon de ceci à M. Hugo, — un beau drame qui dure quatre heures fatigue les spectateurs ; — s'il durait six heures, ils seraient écrasés ; si on fermait les portes du théâtre, et qu'on voulût leur imposer ce plaisir pendant huit heures, dix heures... oh ! ce serait une fureur, un combat, une tempête dans la salle (1)... Et quand il est ainsi reconnu qu'un plaisir qui dure trop long-temps devient
(1) Voyez dans lo 2» volume de la Réforme induattielle, la disscr taUoa de Foorier sur Topera de quar^atc-huU heures. n 8
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Insupportable, odieux, on ne veut pas comprendre que ce joug de plomb de la continuité sous lequel on courbe la tête du travailleur , doit rendre nécessairement son travail répugnant, et qu'il faut le briser, ce joug , poiu* que rhomme se relève ! Ah ! c'est trop fort I — Ce n'est pas le travail en lui-même qui est répugnant, c'est cette continuité mortelle à laquelle votre absurde régime de travail a marié le travail ; c'est ce mariage de la mobilité et de la vie à l'immobilité, à la mort; — donc permettez le divorce.
Si vous alliez aux Barrières, par un soir de dimanche, vous verriez beaucoup danser dans les guinguettes. Examinez, et choisissez le plus acharné danseur. Puis, s'il est fort de la halle ou du port, gagnant trois francs par jour à porter sur son dos des sacs de trois cents livres, proposez-lui trois francs de sa journée pour venir danser chez vous, seul dans votre chambre, douze heures du jour, six avant midi, six après. Je fais le pari qu'il préférera son train du port ou de la halle ! En tout cas, s'il accepte un jour, il ne recommencera pas le lendemain.
Si les séances solitaires, longues, continues, sont insipides et mortelles en industrie et en toutes choses , écoutez la voix de la Nature, et concluez avec elle que le travail utile ne peut devenir plaisir qu'à la condition d'être exécuté 4® en réunions nombreuses, 2® en séances courtes et variées.
C'est ainsi que marchent les choses dans les Phalanges. Quand les Groupes ont terminé leurs séances, longues de deux heures au plus, en cas ordinaire, leurs membres se divisent, se séparent et vont dans d'autres Groupes, auxquels ils sont affiliés , fournir avec des >isages nouveaux une nouvelle carrière de courte durée aussi comme la précédente. Ainsi se 'succèdent les travaux en contraste , et se servant les uns les autres de délassements mutuels. — Rien de plus agréable, après une séance de science, après avoir écouté un professeur une heure et dcmid durant, ou professé soi-même, que d*aller se mè-